La cible

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Vu l'empressement du cycliste, Lanchant pencherait pour un problème d’assurance. Vu la rage du motard, il devait tenir à sa moto. La chaise grince toujours, comme pour accompagner les débats de comptoir. Lanchant se demande : tous les motards sont-ils matérialistes ? Son point d'interrogation dessiné, il égare ses yeux sur les passants. Certains ne regardent pas, comme s'ils ne voulaient être témoins de rien ; surtout aucune implication, mais au contraire anonymat, intimité, confort et calme. La plupart jette un oeil indiscret et déçu ; de l'animation, peut-être le début d'une bagarre, mais pas de sang sur le bitume. Et certains s'arrêtent, assumant leur curiosité, bloquant de leurs corps figés le passage pour ceux qui - étrange destination - voudraient passer d'un bout du trottoir à l'autre.

Ses yeux tracent maintenant une horizontale, de gauche à droite, et s'arrêtent doucement sur un visage familier : l'homme de la veille, son modèle, son portrait !

Il a l'air de regarder l'accident en passant au ralenti. Bizarrement, on croirait lire sur son visage un sentiment inattendu, comme une légère compassion. Lanchant est intrigué. Non pas par ce sentiment-là, mais par ses circonstances, par le fait qu'il croit reconnaitre la même expression neutre, voire légèrement bienveillante, que l'homme tenait devant le violoncelliste. Alors qu'il essayait de se remémorer la scène de la veille, il voit le portrait se déformer. Son visage change, se crispe, se tend du nez aux oreilles... Il éternue. Le type est immobile un instant, accuse le coup, puis s'anime soudainement pour reprendre sa marche. Il perce la foule jusqu'à n'être plus qu'un des atomes qui la compose.

Lanchant reste à fouiller du regard les environs et se demande quelle réaction serait la plus intéressante à peindre. Il se dit qu’il est drôle de penser que certains besoins physiques dépassent parfois nos sentiments : éternuer devant un accident, devoir pisser à un enterrement et, à l’inverse, lorsque l’intensité de quelques situations nous font oublier notre corps, endorment nos symptômes, faire l’amour grippé sans jamais avoir besoin de tousser.

Lanchant est intrigué par ce visage qu’il imagine réagir à d’autres contextes. Il pose un billet sur la table, de quoi payer deux additions comme la sienne sans qu'il puisse attendre la monnaie. Il s'engouffre à son tour dans l'essaim de piétons et poursuit dans la rue suivante cet homme, devenu modèle malgré lui.

C'est devant un supermarché qu'il le retrouve, mais, maintenant qu'il le voit franchir les portes automatiques du magasin, il hésite. Pas pour la morale de sa filature, pour le magasin. Rien que l'extérieur lui fait horreur : ce tas de tôles camouflé derrière des logos courbes et criards et des affiches géantes et des prix et des promotions et des offres spéciales et des ouvertures exceptionnelles et des "deux pour le prix d'un". Le supermarché arbore son nouveau logo, plus rond, plus bleu, plus souple, avec des lettres minuscules pour être plus proche, plus simple, plus populaire. Grande tendance du début du millénaire.

Alors que les grandes vitres se referment, Lanchant se décide à faire face à son dégoût. Il avance, "Pour l'art !" se murmure-t-il, "Pour savoir." pense-t-il.

Voilà les caddies et les emballages et les codes-barres et les antivols et les bips et les caisses et les nouveautés et les réductions et les vingt pourcents offerts et les satisfaits ou remboursés. Les couleurs sont saturées. Les allées de carreaux beiges, toutes éclairées au néon, portent des consommateurs creux dans un courant fort, dans une anarchie très préparée. Au premier étage du hangar-en-ciel, un responsable placement garde un œil statistique sur son écran. Il y contrôle les flux de personnes dans les rayons, leur densité, leur vitesse, leurs parcours. Il se dit qu'en déplaçant les brioches plus loin du café, il arrivera à faire passer les clients du petit déjeuner par ces nouvelles sucrettes. On déplacera les produits dans la nuit pour voir. En bas, la lumière continue de se moquer du teint pâle des clients. Elle se plaque contre leur peau comme un révélateur, contaminant ainsi la chair cliente de vapeurs marketing.

Lanchant peste contre la tôle et tout ce qu'elle renferme. Il préfère l'ambiance tamisée, rouge, des bars de la ville. Il s'imagine dans le calme chaud d'une ampoule à filament ; un filament brûlant prêt à rompre ; dans la douce pesanteur d'une flamme, là où les gens s'effeuillent et s’étendent dans le confort d'un sofa.

Retour au monde du préhensible. Il se fraye un chemin parmi les zombies et aperçoit au travers sa cible, sans panier ni chariot, juste là, l'air d'errer sans trop savoir où elle va. L'homme zigzague d'un rayon à l'autre, se penche sur un bocal de sauce tomate à la napolitaine, plus loin sur des mouchoirs, pour finir prend un parapluie. Il commence à pleuvoir dehors. Et du pain.

Lanchant commence à se sentir mal. Sa tête tourne, les néons tournent. Son corps se pousse juste devant son corps, décalage impossible. Il a envie de vomir. Il sort.

En face de l'entrée, il trouve un bac à fleurs en béton. Il s'assoit sur le rebord et regarde en l'air. Une fine pluie calme ses paupières sèches. Il s'interroge, il se demande, il ne sait pas. Il regrette d'avoir suivi cette personne. Ça n'a aucun sens, ça ne veut rien dire, ça n'apporte rien, ça ne produit que du bruit dans sa vie. Il examine les géraniums morts dans le bac. "C'est très moche" se dit-il. Tout, le bac en béton, les fleurs mortes, le ciel qui pisse. Il doute un peu de sa santé mentale... et surtout de la moralité de sa démarche. Il doit abandonner son idée. Mais quelle idée d'ailleurs ? Il n'y a rien.

A travers les portes vitrées du supermarché, là, dans l'axe du couloir, il reconnaît l'homme qu'il pistait. On dirait qu'il a finit de payer et qu'il s'apprête à sortir. Les nuages ont trop bu, les gouttes d'eau s'empâtent. Lanchant regarde les géraniums. Il se lève, trempé. La faute à qui ? La pluie est innocente, seulement traître, responsable mais pas coupable. Il rentre chez lui. Mettre son esprit à sécher. Laisser son carnet de dessin dans cette poche. Ne plus le regarder pendant un moment, quelques semaines peut-être. Il doit faire autre chose maintenant. Il a mal à la tête.

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Défi
Gaelle Laurier

DESCRIPTION GÉNÉRALE :

1 : Quel est ton nom ?
Gray, Alexander Gray.
2 : Utilises -tu un pseudo ? Que signifie-t-il ?
Non et j’ai horreur que l’on me donne des surnoms ridicules. Tel que Simba comme le fait régulièrement cette espèce d’andouille qui est mon frère d’adoption.
3 : Quelle est ta taille ?
Moyenne, un mètre soixante-dix-huit.
4 : Quel est ton poids ou ta corpulence ?
Cela fait un bail que l’idée de me peser ne m’a pas effleuré, pourtant j’ai de quoi faire au boulot. Je suis fin comme haricot.
5 : De quelle origine ethnique es-tu ?
Caucasienne, je suis originaire des îles britanniques.
6 : Quel est ton âge ? D’où viens-tu ?
J’ai trente ans, je suis né près de Cardiff.
7 : Décris tes cheveux : leur coupe, leur couleur...
Hé bien, on n’a pas fini avec vos questions. C’est pour quel genre de sondage déjà ? Une marque d’après-shampoing ? Bon, allons-y. Ils sont brun foncé, ils bouclent lorsque je les laisse trop pousser, ce que j’évite. Je dois tout de même paraître un minimum civilisé.
8 : De quelle couleur sont tes yeux ? Portes-tu des lunettes ou des lentilles de contact ?
Ils sont verts et non, pas de lunettes. Pas encore.
9 : Es-tu en bonne santé ? Possèdes-tu des caractéristiques physiques particulières ?
En bonne santé ? Ma foi, oui. Sauf les fois où je reviens amoché. Mais ça va, je régénère assez vite. Quant à mes caractéristiques, sérieusement, vous ne regardez jamais le journal ? Ni la presse ? Je suis un changelin, ça vous va comme caractéristique ou vous voulez un dessin ?
10 : As-tu des cicatrices, marques de naissance ou des tatouages ?
Quelques-unes. À force de me frotter aux suceurs de sang, difficile d’y échapper. Ces saletés font rarement de manucure, vous savez.
11 : Portes-tu des bijoux ou des accessoires ?
Une batte de cricket avec lame d’acier intégrée, ça compte ?
12 : De quelle façon es-tu généralement habillé ?
Ça dépend, je me balade parfois à poil si vous voulez tout savoir, mais cela m’étonnerait qu’en me voyant, ce soit la première chose qui vous choque. Sinon, normal. Jeans, chemise, classique et pas tape à l’œil. Je suis pas très mode.
13 : Quelle expression est le plus souvent affichée sur ton visage ?
La consternation.
14 : As-tu des habitudes gestuelles particulières ou des tics ?
Je fume beaucoup trop, mais là, j’essaie d’arrêter.
15 : Utilises-tu régulièrement une expression ou une citation particulière ?
Non, mais vous êtes sérieux ?
Heu… c’était ça la citation hein. FAMILLE ET PASSÉ :

16 : Qui sont ou étaient tes parents ? Parle-nous un peu d’eux.
Oh p****, je savais qu’on y viendrait. Bon… ma mère s’est barrée lorsque j’ai fait ma première transformation. Apparemment, élever un gosse ça allait, mais un lionceau, c’était un peu trop pour elle. Mon père m’a élevé, il a été tué par un vampire. On peut s’arrêter là ? Merci.
17 : As-tu des frères et sœurs ? Si oui, que peux-tu nous dire à leur sujet ?
Non. Enfin si, Jonah. Mon père est devenu son tuteur, ça compte comme un frère même s’il aime me taper sur les nerfs. Avec le temps, je crois qu’on est parvenus à se supporter.
18 : Parle-nous du reste de ta famille.
Pas grand-chose à dire, j’ai fais le tour. Je construis la mienne à présent.
19 : Comment décrirais-tu ton enfance ?
Pas terrible, j’ai assez mal vécu l’abandon de ma mère. J’ai pris ça pour moi, que c’était de ma faute. Ça m’a pourri la vie longtemps. De ce fait, j’étais assez souvent dans mon coin, m’écartant des autres.
20 : Quel est l’événement qui t’a le plus marqué jusqu’ici dans ta vie ?
Un seul ? Pas évident. Mon entrée à la Fac de médecine ? La fuite de ma copine lorsqu’elle a su ce que j’étais, la mort de mon père, celui de ma petite amie. Non, soyons un peu plus optimistes pour le coup. Ma rencontre avec Manon, la naissance de notre fils. Elle a chamboulé toute ma vie et m’a apporté ce qu’il me manquait.
SITUATION ACTUELLE :

21 : Où vis-tu actuellement ?
Dans la périphérie de Londres, au manoir Rockwell. C’était un vieil ami de mon père, il m’a tout légué à sa mort.
22 : Que fais-tu dans la vie ?
J’ai commencé comme médecin urgentiste et je le suis toujours, mais des bruits courent sur une éventuelle promo.
23 : Appartiens-tu à un groupe ou à une organisation particulière (guilde, société secrète, équipe, armée, secte, etc) ? Y as-tu un rang particulier ?
Alors là… Oui, et ce malgré moi. Je me suis retrouvé à la tête de la résistance changeline contre vampire. Au départ, il s‘agissait surtout de nous regrouper pour empêcher d’autres meurtres. Puis on s‘est un petit peu fâchés.
24 : Quel est ton but dans la vie, tes objectifs à plus ou moins court terme ?
Après cette espèce de guerre interespèce, ce sang, ces morts, ces magouilles politiques : qu’on me foute la paix ! Je veux juste vivre pénard avec ma femme et mon fils. COMPÉTENCES :

25 : Possèdes-tu des capacités ou des compétences particulières ? Quelle est ta spécialité ?
Je me transforme en lion. Ouais, moi aussi ça m’a surpris la première fois. Vous voulez voir ?
26 : As-tu des problèmes ou des difficultés dans certains domaines de compétences ?
Oui, je suis très peu sociable et j’en ai conscience. Mais je me soigne. RELATION :

27 : Qui est la personne la plus importante dans ta vie et pourquoi ?
A présent, Manon ma compagne ainsi que mon fils.
28 : Es-tu en couple ou as-tu des vus sur quelqu’un ?
Je suis en couple et malgré ma nature, je n’ai besoin de rien d’autre de ce côté-là.
29 : Es-tu du genre à juger rapidement les autres ? Combien de temps mets-tu pour.
Environ une bourde et demie. Je horreur de l’incompétence, dans ces cas la, oui je suis prompt à juger. Je suis médecin, une gaffe peut entrainer des conséquences irréversibles, je ne plaisante jamais avec ça.
30 : As-tu des rivaux ou des ennemis ? Si oui, de quelle nature ?
Les vampires. Je déteste ces saletés. Même si la plupart aujourd’hui se tiennent à carreau, qu’ils se tiennent loin de moi. Mon principal ennemi, hormis moi-même, fut celui à l’origine de l’infestation de Londres, un certain Lugosi.
31 : As-tu des amis ? Qui sont-ils ?
Oui. Et je les plains un peu de me supporter parfois. Jonah, Richard, Mike et d’autres. J’en ai perdu également.
32 : Es-tu plutôt du genre à argumenter ou essayes-tu plutôt d’éviter les conflits ?
Cinq minutes de discussions, en général si cela ne mène à rien, tant pis je fonce.
33 : Aimes-tu passer du temps seul ?
Oh que oui, j’adore flemmarder. Cela m’arrive pas souvent par contre. PERSONNALITÉ :

34 : Es-tu plutôt optimiste, réaliste ou pessimiste ?
Réaliste. Et ça me fait chier.
35 : Aimes-tu prendre des risques ou préfères-tu jouer la sécurité ?
La sécurité. C’est mignon de jouer aux héros, mais une fois mort, on ne peut plus faire grand-chose. Par contre, démolir quelques vampires ne m’a jamais fait peur.
36 : Aimes-tu faire des blagues ou préfères-tu rester sérieuse ?
Moi ? Des blagues ? *s’esclaffe et redevins sérieux* Question suivante.
37 : As-tu des peurs ou des phobies ? Quelle est ta plus grande peur ?
C’est bon, j’ai donné. Voir les gens que j’aime disparaitre. On passe à autre chose là ou bien ?
38 : Suis-tu un code de conduite qui guide ou régit ta vie et tes actes ?
Je régis ma vie et mes actes selon mes propres codes, rassurez-vous je suis capable de faire preuve de civisme. La plupart du temps.
39 : Es-tu du genre à faire des promesses ? Si oui, les tiens-tu ?
Rarement, mais oui, je m’y tiens.
40 : As-tu de lourds secrets ? Est-ce que quelqu’un les connaît et si c’est le cas, comment les a-t-il découverts ?
Bah au risque de me répéter, vu ma nature de changelin, oui. C’est assez pesant. A présent, tout le monde le sait, et j’ai appris à vivre avec.
41 : As-tu des vices quelconques ?
La cigarette.
42 : Si tu devais décrire ta personnalité en trois mots...
Perfectionniste, flemmard, ironique. CROYANCES :

43 : Es-tu croyant ? Si oui, de quelle religion, croyance ou dieux ?
Houla joker.
44 : Es-tu superstitieux ?
Non. Sauf quand un vampire m’annonce le retour de son maître, j’ai tendance à le croire.
45 : Quelle valeur accordes-tu à l’argent ?
Ce qu’il vaut, il permet d’acquérir le nécessaire. Il n’apporte pas l’essentiel.
46 : Que penses-tu de la politique ?
Pfff… corrompue, malléable. Question suivante.
47 : Soutiens-tu une cause particulière ?
Celle de mon espèce et de sa survie.
48 : Que penses-tu du fait de voler ?
Plutôt pratique pour surveiller l’ennemi. Ah vous ne parlez pas de cette façon de voler. Bouh ! C’est mal !
49 : Que penses-tu du fait de tuer ?
J’ai fais le serment d’Hippocrate donc… mais les vampires n’y figuraient pas.
50 : Considères-tu que certains groupes ou genres de personnes sont inférieurs ou supérieurs à toi ?
Sur le plan humain non. Au niveau de la compétence, c’est une autre affaire. GOÛTS PERSONNELS :

51 : As-tu des hobbies ? Quel est ton passe-temps favori ?
Quand j’ai du temps libre, c’est simple, je récupère. Je dors.
52 : Quelle est ta nourriture/boisson préférée ?
Les trucs salés qu’on picore sur le pouce. Le café. La tarte au citron depuis quelques temps.
53 : Quel genre de musique aimes-tu ?
Les vieux trucs qu'écoutait mon père. J’évite depuis quelques mois, ça me fout le cafard.
54 : Quel est ton genre de divertissement de masse préféré ? (cinéma, sport, jeux vidéos, concert, etc.)
C’est pas trop ma tasse de thé.
55 : Comment gères-tu le stress ? Y a-t-il quelque chose qui t’aide à te relaxer ?
Dormir. Ou alors, je laisse faire ma compagne, elle possède un effet relaxant inné. Et ce n’est pas ce à quoi vous pensez.
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Depuis 2012, parfois un haïku par mois, parfois un par jour, je m'essaye à cueillir ces micro aquarelles d'éphémères beautés. Ne sachant comment vous les présenter, j'ai adopté la méthode de @Romain Niam@ : un seul recueil d'haïkus, constitué d'un chapitre par poème, que je complèterai au fil des jours, s'ils vous plaisent, jusqu'à 30. Bonne découverte !
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    Ces cauchemars reviennent chaque nuit. Je me réveille en sursaut, en sueur, en pleurs, à la recherche de quelqu'un, de quelque chose, qui pourrait me calmer. Cette violence me renverse, me bat, me tue à petit feu, chaque jour. Je n'y arrive plus. J'essaye de continuer pourtant mais je boite. On m'a toujours dit que la vie était faite d'obstacles, et que l'objectif était de les surmonter un à un. Tu étais le premier à me dire de sourire à la vie, de tenter et d'oser. La vie est faite d'imprévus permettant d'embellir la vie. Tu étais le plus bel imprévu de ma vie.
    Mais seule, ça devient compliqué. Je voudrais te raconter ce choc. Ce choc qui a boulversé ma vie. Ce choc qui a fait naître en moi une haine si forte, une peur si immense. Je voudrais te raconter mes combats de chaque instant, contre lui, contre eux, contre la société, contre le monde. Je suis révoltée contre tant d'injustices. Ces injustices que l'on voit tous les jours : le harcèlement, les escroqueries, les vols et j'en passe. J'ai cette profonde volonté de changer le monde qui m'entoure, pour l'améliorer, le rendre meilleur. Je mets tout en oeuvre, constamment, je te le promets. Il faut que tout soit organisé, que tout corresponde à cette volonté. Que les gens se respectent, et qu'ils respectent les autres. Du bonheur, de la joie, à chaque rencontre, à chaque sourire. Je veux organiser tout ça. Je veux que tout soit plus léger, plus doux, que la vie soit simplement plus agréable à vivre pour tous. Améliorer ce monde. C'est ça l'idée.




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