Le peintre

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Celui-ci est brun, quarante par soixante, sans cadre, contre un tas d'autres tableaux posés par terre. Brun, mais pas que brun. Il y a des touches discrètes de rouge, d'orange, de jaune très sombre. C'est un coucher de soleil froid, un soleil d'automne qui traverse avec peine le brouillard et des branches de marronniers trop grands pour l'angle choisi. Les lampadaires ont une allure de métal rouillé, le ciel d'un champ de boue. Des fumées qui s'échappent des toits on imagine les cheminées qui tournent à plein régime et, de l'autre côté du chevalet, les doigts crispés du peintre aux gestes cassés par l'air froid.

« Chier ! »

Derrière cette toile, une autre, plutôt bleue, quarante par soixante : un ciel clair et des pavés gris, des murs sombres et des reflets presque verts aux fenêtres. Des gouttières tombent des ardoises comme des stalactites. On voit un jeune garçon qui a l'air de courir, une dizaine de mètres devant un couple de dos, paisible dans sa marche. Les passants discrets ne sont plus que des silhouettes anthracites. Les fleurs aux rares balcons sont gris-bleu. Tout a l'air neutre, figé, bétonné.

« Chier ! Chier ! »

Et d'autres toiles, et d'autres teintes, mais toujours une couleur qui domine sur le rectangle tendu, comme si on avait voulu développer une petite portion du spectre lumineux, pris un point bien précis et cherché autour.

« Merde ! »

Celui-là est rouge, quarante par soixante - car c'est toujours ce même format, standardisant, sécurisant, qui porte les regards du peintre. Cette fois, on tombe dans son cœur. Il palpite, s'étire, s’impose sur l'oeil de l'amateur et ne lui donne que quelques cercles abstraits pour se raccrocher à de la matière. Rouge, mais pas que rouge. Des traits noirs et des espaces blancs viennent compléter cet imaginaire, souligner son existence. Des veines orangées parcourent le support de part en part, comme d'infinies diagonales, incassables courbes, filets de vie qui viennent irriguer cette immense terre bordeaux.

« Putain, merde ! Merde ! »

Derrière, en voici un tellement pâle qu'on le dirait vide. En lui donnant le temps, l’oeil y perçoit les arêtes des toits, noyés dans un matin d'hiver où la brume recouvre la ville et ne laisse ressortir que ses contours. C'est un blanc très précis, très pur, presque sacré, qui vient donner à chaque trait une importance capitale. L'image d’une ville aussi absente que majestueuse.

Assis sur une chaise en bois, les coudes sur une table, la tête dans les mains, lui n'ose plus tourner la tête vers ces tableaux. Il les garde suffisamment loin de ses yeux. Camaïeux, dégradés, dilutions ; d’abord, pas assez ; puis, non, trop, merde ; juste, équilibre ; et la fin d'une envie. Il ne se voit pas continuer cette série qu'il a vue comme une palette. Une étude sur les couleurs, certainement une ou deux années de travail pour des presque-monochromes. Le presque : ce qui le lasse maintenant.

La poussière s'efface sous des traces de pas, le parquet retrouve parfois sa couleur. Dans certains coins on distingue à peine le bois, mais il brillerait presque sur le chemin entre la porte, la table, l'évier et le matelas posé par terre. Ce chemin dessiné dans la poussière forme une sorte de croix qu'il doit arpenter quotidiennement, sans raison et avec toutes les raisons du monde, des allers-retours aux buts aussi clairs que le sol.

« Merde ! Merde ! Chier, putain ! »

Un autre. Orange, avec une trainée en diagonale qui vient croiser un moulin sombre posé en arrière-plan. Un ruban clair, comme une mandarine pas assez mûre, qui cache des ailes presque marron. Des grains sépia qui s'écrasent sous une meule précise. Une campagne de traits très fins, baignant dans l'élégance des céréales, dans la pierre et la technique, et surtout dans l'orange.

Encore un, cette fois plus sage, lent, à la limite du triste, mauve. Des instruments accrochés sur un mur noyé dans le noir, une femme assise à une table de cuisine. On voit ses mains et c’est triste. Posées sur le bois, paumes vers le plafond, elles n'ont à recevoir que l'air de la pièce qu'elles portent comme les débris d'une vie ouvrière. Les épaules sont lourdes et cassées. Les jambes ne sont pas dans l'angle de vision, mais rien qu'à voir ces pieds qui dépassent, on imagine des rotules immenses et abîmées. Il n'y a pas de visage, comme si on n’avait pas fini ou comme si on n'avait pas osé, mais sûrement qu'on n’avait pas voulu. Il fallait que ce corps n'ait pas de visage, juste un espace vide en guise de tête, comme pour mieux montrer ce fond violet qui avale tout l'oxygène de l'image.

« Rhaaa ! Chier ! »

Pour chaque toile, il n'aura donc utilisé qu'une couleur. Et si quelques traits ou effets font exception, ce n'est que pour renforcer l'objet du tableau, l'objet, le but, l'origine, le pourquoi et le comment : la couleur. Une noire, une jaune, une rouge, une blanche ; les toiles adossées au mur continuent sur ce même principe. Alors qu’il créait au hasard, qu’il préparait une exposition, qu’il se donnait le temps de la recherche, il en a fini de cette collection aujourd'hui. Il reste une autre infinité de couleurs à explorer, mais son projet s'achève maintenant. Il ne sait pas trop pourquoi, comme il ne sait pas trop pourquoi il a commencé. C'est un coup de tête, de génie, de folie, peu importe ; c'est un coup de pied dans la chaise, un orteil qui fait mal, et une décision aussi absurde qu'il se doit de la prendre. Ce sera un portrait.

Il finit de se tenir l'orteil, il sort deux immenses cartons vides du placard de l’entrée et les traîne jusque dans le séjour. Il prend les toiles posées à terre et les laisse aux cartons. Il se redresse.

Il est brun, la trentaine, porte le même jeans sans forme depuis le début de la semaine et un tee-shirt qui devait être noir avant d'être d’un gris inégal. Une barbe de quelques jours, mais coiffé d'une raie sur le côté qui ne laisse rien au hasard, comme si le reste de sa tenue n'était qu'une mise en scène et que ses cheveux trahissaient son souci de l'apparence, fût-elle soignée ou négligée, tant qu'elle est contrôlée.

Grégoire Lanchant est debout devant sa table. Grégoire Lanchant ne fait plus attention au vent qui pousse les volets par intermittence et les frappe contre le crépis de son immeuble. Grégoire Lanchant ne songe pas à réparer le crochet qui doit les retenir, Grégoire Lanchant s'en fout. Grégoire Lanchant s'en fout de ce bruit et de ces volets comme Grégoire Lanchant se fout de tout le travail que Grégoire Lanchant a pu faire jusque là et qui tient dans des cartons d'anciens aspirateurs ou de n’importe quoi d’autre du même volume. Grégoire Lanchant se fout de tout. Ce qui compte, c'est l'attitude à adopter une fois que Grégoire Lanchant a fini de s'en foutre.

Une fois qu'il aura fini de s'en foutre, Grégoire Lanchant trouvera un modèle. Grégoire Lanchant peindra cette personne. Grégoire Lanchant fera un portrait incroyable, plein de perfection, germé de génie. On parlera de Grégoire Lanchant, on saura son nom.

En attendant, il pousse ses cartons qui ne ferment pas dans un coin de la pièce, balance son manteau par dessus pour cacher les peintures qui dépassent, et s'arrête au milieu de la pièce, la tête légèrement penchée. Il ne pense pas, il est comme vide, en pause entre deux étapes de son action.

Il redresse sa tête, commence à penser. Il ne sait plus trop quel est son plan et s'il avait un but bien précis, mais pour simplifier la situation il va se raccrocher à la prochaine tâche que sa mémoire peut lui rappeler. Il lui faut être inspiré, il lui faut une humeur, il lui faut un modèle. Trouver un modèle.

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J’ai trente ans, je suis né près de Cardiff.
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16 : Qui sont ou étaient tes parents ? Parle-nous un peu d’eux.
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20 : Quel est l’événement qui t’a le plus marqué jusqu’ici dans ta vie ?
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26 : As-tu des problèmes ou des difficultés dans certains domaines de compétences ?
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28 : Es-tu en couple ou as-tu des vus sur quelqu’un ?
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29 : Es-tu du genre à juger rapidement les autres ? Combien de temps mets-tu pour.
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32 : Es-tu plutôt du genre à argumenter ou essayes-tu plutôt d’éviter les conflits ?
Cinq minutes de discussions, en général si cela ne mène à rien, tant pis je fonce.
33 : Aimes-tu passer du temps seul ?
Oh que oui, j’adore flemmarder. Cela m’arrive pas souvent par contre. PERSONNALITÉ :

34 : Es-tu plutôt optimiste, réaliste ou pessimiste ?
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35 : Aimes-tu prendre des risques ou préfères-tu jouer la sécurité ?
La sécurité. C’est mignon de jouer aux héros, mais une fois mort, on ne peut plus faire grand-chose. Par contre, démolir quelques vampires ne m’a jamais fait peur.
36 : Aimes-tu faire des blagues ou préfères-tu rester sérieuse ?
Moi ? Des blagues ? *s’esclaffe et redevins sérieux* Question suivante.
37 : As-tu des peurs ou des phobies ? Quelle est ta plus grande peur ?
C’est bon, j’ai donné. Voir les gens que j’aime disparaitre. On passe à autre chose là ou bien ?
38 : Suis-tu un code de conduite qui guide ou régit ta vie et tes actes ?
Je régis ma vie et mes actes selon mes propres codes, rassurez-vous je suis capable de faire preuve de civisme. La plupart du temps.
39 : Es-tu du genre à faire des promesses ? Si oui, les tiens-tu ?
Rarement, mais oui, je m’y tiens.
40 : As-tu de lourds secrets ? Est-ce que quelqu’un les connaît et si c’est le cas, comment les a-t-il découverts ?
Bah au risque de me répéter, vu ma nature de changelin, oui. C’est assez pesant. A présent, tout le monde le sait, et j’ai appris à vivre avec.
41 : As-tu des vices quelconques ?
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42 : Si tu devais décrire ta personnalité en trois mots...
Perfectionniste, flemmard, ironique. CROYANCES :

43 : Es-tu croyant ? Si oui, de quelle religion, croyance ou dieux ?
Houla joker.
44 : Es-tu superstitieux ?
Non. Sauf quand un vampire m’annonce le retour de son maître, j’ai tendance à le croire.
45 : Quelle valeur accordes-tu à l’argent ?
Ce qu’il vaut, il permet d’acquérir le nécessaire. Il n’apporte pas l’essentiel.
46 : Que penses-tu de la politique ?
Pfff… corrompue, malléable. Question suivante.
47 : Soutiens-tu une cause particulière ?
Celle de mon espèce et de sa survie.
48 : Que penses-tu du fait de voler ?
Plutôt pratique pour surveiller l’ennemi. Ah vous ne parlez pas de cette façon de voler. Bouh ! C’est mal !
49 : Que penses-tu du fait de tuer ?
J’ai fais le serment d’Hippocrate donc… mais les vampires n’y figuraient pas.
50 : Considères-tu que certains groupes ou genres de personnes sont inférieurs ou supérieurs à toi ?
Sur le plan humain non. Au niveau de la compétence, c’est une autre affaire. GOÛTS PERSONNELS :

51 : As-tu des hobbies ? Quel est ton passe-temps favori ?
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52 : Quelle est ta nourriture/boisson préférée ?
Les trucs salés qu’on picore sur le pouce. Le café. La tarte au citron depuis quelques temps.
53 : Quel genre de musique aimes-tu ?
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    Mais seule, ça devient compliqué. Je voudrais te raconter ce choc. Ce choc qui a boulversé ma vie. Ce choc qui a fait naître en moi une haine si forte, une peur si immense. Je voudrais te raconter mes combats de chaque instant, contre lui, contre eux, contre la société, contre le monde. Je suis révoltée contre tant d'injustices. Ces injustices que l'on voit tous les jours : le harcèlement, les escroqueries, les vols et j'en passe. J'ai cette profonde volonté de changer le monde qui m'entoure, pour l'améliorer, le rendre meilleur. Je mets tout en oeuvre, constamment, je te le promets. Il faut que tout soit organisé, que tout corresponde à cette volonté. Que les gens se respectent, et qu'ils respectent les autres. Du bonheur, de la joie, à chaque rencontre, à chaque sourire. Je veux organiser tout ça. Je veux que tout soit plus léger, plus doux, que la vie soit simplement plus agréable à vivre pour tous. Améliorer ce monde. C'est ça l'idée.




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