Chapitre 29

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Les jours suivant furent chargés de tension, un silence inhabituel régnait dans la vieille maison. Avril déambulait au milieu d’une atmosphère empreinte de rancune, se sentant parfois de trop, ayant l’impression qu’elle ne devrait pas être là alors que ses amis peinaient à rester dans la même pièce. Ronan sentait également qu’un changement s’était opéré et se faisait plus discret. Ses cauchemars étaient cependant moins fréquents, ce qui rassurait sa sœur.

Avril ignorait à quelle heure Hippolyte et Raphaëlle était rentrés après l’aveu d’Etienne. Le lendemain, ils ne sortirent de leur chambre qu’à l’heure du déjeuner mais elle avait pu les entendre discuter en se rendant dans la salle de bain. Tim avait quant à lui décidé d’adopter une attitude neutre envers Etienne : s’il ne l’ignorait pas, il ne lui souriait pas pour autant. Quant au premier concerné, il se faisait tout petit, évitant de se faire remarquer sans pour autant disparaître totalement afin de démontrer qu’il assumait ses actes. Il lui arrivait toutefois de s’isoler dans l’établi de son grand-père, ce qui inquiétait Avril.

Au fil des jours, l’atmosphère finit pourtant par se détendre. Tim avoua à Avril avoir réveillé son ami pendant la nuit pour parler avec lui et toute animosité entre eux semblait s’être envolée. Plus tard, Avril aperçu Raphaëlle, Hippolyte et Etienne discuter dans le jardin et son cœur se fit plus léger. De façon progressive, les habitudes reprenaient leur place et la colère laissa place au pardon.

***

Dans la lueur matinale qui illuminait la pièce, Avril se réveilla lentement d’un long sommeil sans rêves. Endolorie, elle émergea peu à peu, sentant un petit corps respirer contre le sien. Ouvrant un œil, elle découvrit le visage apaisé de Ronan, endormi. Elle observa les discrètes taches de rousseur sur son nez, ses petites mains qui pouvaient à peine serrer son doigt il y a quelques années et ses cheveux blond vénitiens emmêlés sur l’oreiller. Elle respira profondément l’odeur de pomme et de pin et songea au bébé qu’il était cinq ans auparavant, dans ce petit berceau en plastique.

Elle resta là, à le regarder dormir, pendant longtemps. Lorsqu’il se réveilla enfin, le soleil s’était levé et la maison avait repris vie depuis un moment, retentissant de craquements et de portes qu’on ouvre et qu’on ferme. Doucement, les yeux de givre s’ouvrirent et Avril sourit.

— Bonjour mon petit prince, murmura-t-elle.

Ronan remua et se colla un peu plus contre sa sœur, feignant de se rendormir.

— T’es sûr de vouloir dormir ? J’ai entendu dire que cette journée allait être grandiose, on ferait mieux de la commencer maintenant, non ?

Avril se redressa et se mit à chatouiller Ronan. Le rire du petit garçon envahit la maison, résonnant comme un carillon au milieu de la tempête. Pour rien au monde Avril n’aurait mis fin à cette mélodie.

— Je pense que mon petit prince ferait mieux de se lever, j’ai entendu dire que c’était son anniversaire aujourd’hui ! s’écria-t-elle en le prenant dans ses bras avant de sortir dans le couloir. Attention, chaud devant !

Elle dévala l’escalier, Ronan dans ses bras et courut dans la cuisine où elle fit le tour de la table en courant, le tenant comme un avion. Assis devant leur petit déjeuner, Raphaëlle, Tim, Hippolyte et Etienne sourirent devant tant de gaieté. Ils n’avaient jamais vu Avril aussi radieuse et cette vision leur réchauffa le cœur.

— Vous êtes arrivé à destination, déclara Avril en installant Ronan sur sa chaise.

— Qu’est-ce que Môsieur désire pour son anniversaire ? demanda Hippolyte en s’approchant comme un serveur. Ses désirs seront des ordres.

— Je peux avoir ce que je veux ?

— Ce que tu veux, répondit Raphaëlle.

— Des crêpes !

Hippolyte récupéra la préparation dans le frigo et entreprit de faire une crêpe qui resta collée au plafond lorsqu’il la fit sauter. La deuxième termina sur le carrelage, rapidement dévorée par Bidouille. Raphaëlle se leva au milieu des rires et en fit cuire une troisième qui parvint jusqu’à l’assiette de Ronan.

— Qu’est-ce que Môsieur désire dans sa crêpe ? demanda Hippolyte, toujours ancré dans son rôle.

— Du chocolat !

Une montagne de chocolat en poudre recouvrit la pâtisserie, rapidement engloutie par le petit garçon. Bidouille récupéra les miettes éparpillées sur le sol.

— Il paraît qu’il y a un anniversaire aujourd’hui, déclara Tim.

— Ah oui ? répliqua Etienne. Je n’en ai pas entendu parler.

— C’est le mien !

— Oh ! Vraiment ? Mais, il faut fêter ça alors !

Les chants d’anniversaire résonnèrent dans la véranda, accompagnés par les aboiements du gros chien. Raphaëlle continua de fredonner en préparant un gâteau d’anniversaire, Hippolyte cria sous la douche, Tim et Etienne s’arrêtaient chaque fois qu’ils croisaient Ronan pour chanter, la main sur le cœur, comme s’il s’agissait d’un chant national. Tant de joie pour son petit frère attendrissait Avril et l’affection pour ses amis ne s’en retrouva que renforcée.

— Ça vous dirait d’aller ramasser des champignons ? proposa Raphaëlle à la fin du déjeuner.

— Oui, c’est une bonne idée, acquiesça Avril.

— Super ! Allez-y !

— Quoi, maintenant ?

— Oui.

— Mais, vous ne venez pas avec nous ?

— Non. Emmenez Bidouille, il sera content. Et prenez votre temps. Allez, à tout à l’heure !

En moins de deux minutes, Avril et Ronan se retrouvaient sur le perron, le chien à leurs côtés et un panier en osier à la main. Ils prirent le chemin de la forêt, perplexes, et passèrent l’après-midi à ramasser les champignons. Deux heures plus tard, leur panier débordait de bolets, pholiotes ridées, lactaires saumon et nonnettes voilées. Sur le chemin du retour, Avril se remémora les messes basses qu’elle avait surprises au cours de la semaine ainsi que le clin d’œil de Raphaëlle avant qu’elle ne ferme la porte.

En sortant de la forêt, Avril l’aperçue justement qui surveillait leur arrivée par la fenêtre du grenier. Quelques secondes plus tard, la porte d’entrée s’ouvrit et Hippolyte apparut, vêtu comme un cow-boy. Surpris, Avril et Ronan se figèrent avant de rire aux éclats lorsque Tim sortit à son tour, déguisé en abeille.

— Qu’est-ce qui vous prend ? s’esclaffa Avril.

— C’est Halloween oui ou non ? rétorqua Hippolyte. Allez, rentrez !

Il les entraîna à l’étage où il les invita à monter l’échelle menant au grenier. Ronan grimpa le premier, suivit de près par sa sœur. Arrivés en haut, ils ne purent retenir des exclamations de surprise. De fausses toiles d’araignées pendaient du plafond, les simples guirlandes lumineuses avaient été remplacées par d’autres arborant des citrouilles, des figurines de créatures magiques étaient disséminées çà et là, l’oiseau empaillé portait désormais un chapeau de sorcière et des citrouilles décorées illuminaient la pièce. Vêtue d’une tenue d’aventurière semblable à celle d’Indiana Jones, Raphaëlle se tenait à côté de son frère, habillé comme un marin.

— Trop bien ! s’extasia Ronan. Moi aussi je veux un déguisement !

— Mais bien sûr que t’en as un ! répondit Raphaëlle. Viens par ici, on t’a trouvé le meilleur.

— Avril, Avril ! Regarde ! s’écria Ronan en découvrant un bleu de travail orné du blason de la NASA. Je vais aller dans l’espace !

— Où est-ce que vous avez trouvé ça ?

— Pour celui de ton frère, c’est Etienne qui a rajouté le blason, répondit Tim. Les nôtres, on les a achetés dans un magasin de vêtements, en centre-ville.

Avril chassa de ses pensées l’image de la commerçante commère chez laquelle elle s’était rendue pour le maillot de bain de Ronan.

— Si tu crois que tu vas y échapper, tu te fourres le doigt dans l’œil. Hors de question que je sois le seul à me ridiculiser.

— Quoi, tu m’as trouvé une tenue de chenille ? ironisa Avril.

— Très drôle. Non, sorcière. Rapport à tes cheveux roux.

— Très original. Et toi, pourquoi une abeille ?

— Y avait pas ma taille en rockeur. C’était soit ça, soit la licorne. Quitte à me ridiculiser, autant que ce soit pour représenter nos chères amies, si essentielles à notre planète mourante.

— Très philosophique.

Après s’être changée dans la salle de bain, Avril se joignit aux autres et ils passèrent l’après-midi à jouer à de vieux jeux de société en mangeant des bonbons. À l’heure du goûter, ils descendirent boire un chocolat dans le salon et firent griller des marshmallows dans la cheminée, pour le plus grand bonheur de Ronan.

La journée prit fin et ils passèrent à table pour déguster une soupe au potiron préparée par Raphaëlle. Au moment du dessert, Etienne éteignit les lumières et le gâteau au chocolat apparut, couronné d’une bonne quinzaine de bougies étoilées. Ils se mirent tous à chanter avant que Ronan ne plonge la pièce dans le noir en soufflant les petites flammes.

— Eh, Raphaëlle, tu t’es trompée sur l’âge du client, déclara Tim. C’est cinq ans, pas quinze, même si je sais qu’il est très intelligent !

— Et alors ? Notre client devrait attendre dix ans avant de pouvoir souffler plein de bougies ?

— Non, c’était trop bien ! s’écria le petit garçon.

— Bon, non seulement j’ai envie de manger du gâteau, intervint Hippolyte, mais je crois surtout que c’est l’heure des cadeaux !

— Des cadeaux ? J’ai des cadeaux ?

Avril se félicita intérieurement d’avoir pensé à prendre le sien lors de son départ précipité et monta le chercher en vitesse. Elle le tendit à Ronan qui s’empressa d’arracher le papier.

— Wouah, des crayons de couleurs ! Y en a plein ! Merci Avril !

Raphaëlle donna à son tour un paquet dont l’emballage disparut tout aussi vite.

— Wouah, un livre sur l’espace ! Trop bien ! Mais je sais pas lire !

— C’est pas grave, tu le liras avec ta sœur jusqu’à ce que tu puisses le lire tout seul. Il était à moi quand j’étais petite, je l’ai retrouvé dans un carton. Je me suis dit qu’il te plairait.

— Bon, celui de Tim et moi tu ne pourras le voir que demain vu qu’il fait nuit, mais regarde ce que j’ai trouvé au supermarché.

Hippolyte tendit un sac remplit de DVD des dessins animés Scooby-Doo au petit garçon.

— Wouah, Scooby-Doo ! Trop bien, merci !

— Sinon, on t’a fabriqué une balançoire, ajouta Tim.

— Wouah, une balançoire ! Trop bien, merci !

— De toute façon il faut qu’on sorte pour voir le mien, déclara Etienne.

— Dans ce froid ? demanda Raphaëlle. Ça peut pas attendre demain matin ?

— Non, il faut qu’il fasse nuit.

— Bon, tout le monde met son blouson ! Écharpe, bonnet aussi ! Allez, on se dépêche !

Ils s’entassèrent dans le couloir pour enfiler leurs vestes avant de sortir. Etienne les entraîna derrière la maison et éteignit toutes les lumières, gardant la main sur le dernier interrupteur.

— Vous êtes prêts ?

— Oui ! s’écrièrent-ils en chœur.

Il appuya sur l’interrupteur et la nuit s’illumina. Les ampoules enfermées dans les bouteilles suspendues aux branches des arbres environnants s’allumèrent, réchauffant les cœurs. Ronan ne dit rien, trop occupé à contempler le spectacle. Avril avait les larmes aux yeux. Etienne les rejoignit et observa à son tour, satisfait du résultat.

— Mais comment t’as fait ? demanda Raphaëlle en s’essuyant les yeux.

— Papy m’avait montré comment les réparer, c’est pas très compliqué.

Hippolyte rentra précipitamment dans la maison, les faisant sursauter. Il réapparut quelques minutes plus tard, le tourne-disque du salon dans les bras qu’il posa juste à l’entrée avant de le brancher et d’y poser un vinyle. La musique brisa le silence lorsque le diamant entra en contact avec les sillons et des airs de vieux rock emplirent l’espace.

Hippolyte sortit en dansant et prit Raphaëlle par la main pour l’entraîner en rythme. Ronan ne se fit pas prier pour sauter sur place et Tim fit dandiner son derrière d’abeille. Décidant de se laisser aller, Avril attrapa la main d’Etienne et le força à bouger avec elle. Ils se laissèrent gagner par le bonheur et dansèrent dans la nuit.

Ils rentrèrent ensuite se réchauffer au coin du feu en mangeant le gâteau jusqu’à la dernière miette, avant d’aller se coucher. Plus tard dans la nuit, alors que Ronan dormait paisiblement en serrant Neil contre lui, Avril se glissa discrètement dans le lit de Tim, sans réveiller Etienne juste à côté, et s’endormit dans les bras du jeune homme.

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