Chapitre 1 : Renaissance (Partie 1/2)

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6 Juillet 2200

Les voilà. Après d'innombrables heures passées à les attendre, tapi dans la plus grande obscurité, enveloppé par la chaleur des nuits d'été, il peut enfin les voir. Les étoiles. Ce n'est pas la première fois qu'il guette la dispersion des nuages, parfois en vain. Il aura peut-être perdu goût à de nombreuses choses au cours de sa vie, mais pas à ça. Comment pourrait-il se lasser de cette magnificence, de ces diamants illuminant le ciel de leur splendeur sacrée ? Sacrée, oui, c'est le mot qu'il emploie. Un mot qu'hélas trop peu emploient.

Pratiquement plus personne n'en a conscience aujourd'hui, mais les étoiles étaient autrefois adulées, vénérées. Nul ne les considérait comme de vulgaires amas de poussière répartis dans l'espace infini. Ceux qui pensaient ainsi étaient perçus comme des fous, des ingrats. De nos jours, lui seul serait vu de cette manière s'il divulguait ce qu'il savait. De toute façon, pourquoi le ferait-il ? Nul ne le croirait.

L'Humanité a depuis longtemps abandonné ses croyances et ses rites, à jamais tombés dans les ténèbres. Si ce n'était que ça... Mais elle a délaissé l'essentiel : le respect qu'elle doit aux étoiles qu'elle observe, et qui l'observent. Klade, lui, n'a pas oublié. Et tant que la beauté du ciel nocturne s'offrira à lui, il n'oubliera pas.

Et cette nuit, il a de la chance : les nuages se sont dispersés vers quatre heures du matin, comme il l'espérait. Car à cette période de l'année, c'est à cette heure-ci qu'il peut voir une constellation bien particulière. Il la reconnaît aussitôt. Il n'a même pas eu besoin de concentrer son regard, ni de se perdre parmi les milliards de petits points blancs jusqu'à trouver ceux qu'il cherchait. Il connaît le ciel étoilé par cœur, et sait exactement où poser les yeux. Car hier encore, à cet endroit précis, il n'y avait rien. Parmi tous les astres, hier encore, ceux-là n'existaient pas. Ou, plus précisément, n'existaient plus depuis un très long moment.

Lui-même n'avait jamais eu l'occasion de les voir avant aujourd'hui. Mais les récits qu'on lui contait, les descriptions qu'on lui en faisait étaient si réalistes, si passionnants qu'ils se sont imprégnés dans son esprit. Depuis sa plus tendre enfance, il regarde cette partie du ciel si singulière, pour voir - ou plutôt, ne pas voir - la constellation du Capricorne, célèbre pour avoir disparu mystérieusement près de 500 ans auparavant. Et aujourd'hui, après tout ce temps passé dans l'ombre, elle brille à nouveau de mille feux, étincelante comme jamais, apportant au ciel un petit je ne sais quoi le rendant plus majestueux qu’alors.

Klade ne peut empêcher un profond soupir de franchir ses lèvres tandis qu'il observe le triangle céleste scintillant, se remémorant les événements survenus quelques heures plus tôt. Les choses auraient-elles vraiment pu se passer autrement ?

* * *

Il faisait chaud pour un début d’été. Un peu trop, même, mais ça ne l’a pas tant dérangé que ça, bien que vêtu de son éternel uniforme de cuir noir. Cela faisait des années qu’il le portait de jour comme de nuit et en toute saison, alors il s’y était habitué. Et puis, il avait plus important à penser sur le moment : il venait d’arriver. Comme escompté, un très reconnaissable colosse au crâne rasé recouvert de cicatrices se tenait devant la boutique du prêteur sur gages de la ville. Klade s’est tout de même assuré de vérifier à l’aide de ses jumelles qu’il ne se trompait pas : un petit front marqué par des rides trop visibles, de fins yeux bleus habités par une lueur malsaine, un gros nez en patate, un menton proéminent où logeait un piercing rouge, et un tatouage distinctif de cercle transpercé par de multiples lames au creux de la nuque… Pas de doute, c’était bien sa cible.

Tosel Dogorov, tueur en série russe recherché dans cinq pays pour au moins dix-huit meurtres, avait jusqu’ici réussi à échapper à tous les flics, mercenaires et autres chasseurs de primes envoyés à ses trousses. Mais cette cavale allait s’arrêter dès aujourd’hui ! Enfin, c’était ce que le jeune homme se répétait sans cesse pour se donner de l’assurance. Il avait peut-être arrêté pas mal de types dans sa carrière, mais en général, ils ne faisaient pas deux mètres trente ! De plus, Dogorov parvenait toujours à s’enfuir pour une bonne raison, et cette raison tenait entre quatre planches. Alors clairement, il fallait du courage mais surtout une bonne dose de prudence. Ça, Klade savait faire.

Il a patiemment attendu que le criminel pénètre dans la boutique pour sortir discrètement de sa voiture, une petite Mercedes noire garée sur le trottoir d’en face. La circulation dans cette partie de la ville était quasi inexistante, en faisant par conséquent un coin très tranquille. Parfait pour magouiller sans se faire remarquer. C’était pour cette raison qu’il avait choisi de surveiller ce prêteur sur gages au lieu des deux autres, le premier situé en centre-ville et le second dans une rue commerçante fréquentée. Dogorov avait l’habitude de dépouiller ses victimes et de revendre son butin dans les trois jours après le méfait, alors quand l’un des contacts de Klade l’a informé qu’il se trouvait ici, justement au terme du deuxième jour suivant le dernier meurtre en date, il a tout de suite compris où il irait. Restait à espérer qu’il n’arrive pas trop tard, ni au mauvais endroit, et maintenant qu’il avait sa cible en visuel, le plus dur allait être de la neutraliser sans trop de casse.

— Viens à moi, Helkath… a-t-il murmuré une fois devant la porte.

Sa très chère lance s’est alors matérialisée dans sa main droite, et sans perdre un instant de plus, il est à son tour entré. Surpris en pleines négociations avec le propriétaire des lieux, l’imposant homme s’est tourné vers lui pour le regarder de bas en haut, puis a commencé à lui crier dessus en russe tout en dégainant un pistolet. Et même si Klade ne parlait pas un mot de cette langue, pas besoin d’être un expert pour comprendre que Dogorov savait qui il était et que ça allait très vite mal finir. En même temps, il n’y en avait pas beaucoup, des chasseurs de prime avec une lance. C’était en fin de compte son signe distinctif, et bien sûr, ça ne se tenait pas à un rôle décoratif.

Juste avant que le criminel ne tire, Klade s’est élancé vers lui pour planter fermement Helkath dans le plancher. Il a ensuite pris appui sur elle pour se retrouver dans les airs, évitant de justesse la balle qui s’est contentée de frôler tout le long de sa jambe droite. Ses pieds ont brutalement atterri sur le sternum de Dogorov qui fut repoussé en arrière, le souffle coupé. Ce dernier a alors répliqué d’un coup de genou dans la mâchoire de son adversaire une fois au sol, l’envoyant valser sur le dos dans un très audible craquement.

Klade reprenait à peine ses esprits que Dogorov pointait déjà son arme dans sa direction. Réagissant au quart de tour, il a frappé son poignet avec le manche d’Helkath afin de dévier son tir, puis l’a déstabilisé d’un mouvement de balayette. À la suite de quoi, il s’est vite relevé pour à nouveau viser le poignet, mais cette fois-ci avec la lame. Il a toujours fait de son mieux pour ne jamais y avoir recours… Toutefois, il n’avait ici pas le choix : le manche ne donnait apparemment rien, et laisser son opposant en possession de cet engin plus longtemps était inenvisageable. La main et le pistolet ont rencontré le plancher dans une flaque de sang, tandis que Dogorov hurlait de douleur en tentant de contre-attaquer au corps à corps. Mauvaise idée : Klade l'a habilement contourné d'une gestuelle fluide avant de jeter sa lance et bondir sur son dos, pour enrouler son coude autour de son cou et serrer, serrer, jusqu'à le faire sombrer dans l'inconscience.



Sans un mot, le jeune homme a ensuite rapidement bandé le poignet ensanglanté avec le premier bout de tissu lui tombant sous la main. Le plus dur étant fait, il fallait maintenant le ligoter solidement et le porter jusqu'à la voiture... Le bougre était tellement lourd qu'il a dû demander l'aide du prêteur sur gages, resté recroquevillé derrière son comptoir depuis le début ! Celui-ci ne lui a pas adressé un regard, trop occupé à fixer l'appendice coupé d'un air blême. De toute façon, Klade n'était pas là pour faire la conversation. Une fois le « colis » chargé, il s'est poliment excusé du dérangement et s'est empressé de quitter les lieux, préférant s'en débarrasser au plus vite et si possible avant son réveil. Ce ne fut qu'une fois hors de la rue et du champ de vision du témoin qu'il fit disparaître Helkath : personne ne devait savoir qui il était réellement, car dans ce monde, pour tout le monde, la magie n'existait pas.



Grâce à la faible circulation, il ne lui a pas fallu longtemps pour trouver le commissariat. Il pouvait sentir la stupeur dans tous les regards posés sur lui, la brindille qui était venue à bout du monstre. Il n'était pratiquement pas connu par ici, alors il comprenait pareil étonnement. Après l’enregistrement de sa prise, on lui a donné sa récompense, qui le plaçait désormais à l’abri du besoin pour un bon bout de temps. Avec le peu d’argent qui lui restait, il n’aurait pas tenu plus d’une semaine s’il avait échoué (et bien sûr, en supposant qu’il ait survécu à la rencontre). D’ordinaire, Klade se tenait éloigné des contrats comme Dogorov, bien trop dangereux pour lui. Il s’agissait vraiment d’un ultime recours, et maintenant, il allait enfin pouvoir être tranquille.



Une fois sorti du commissariat, alors qu’il entreprenait de retourner prendre un peu de repos à l’hôtel où il avait loué une chambre, de nombreuses voitures ont commencé à s’agglutiner sur la route : comme par hasard, c’était maintenant l’heure de pointe. Afin d’éviter les bouchons, le jeune homme a choisi de faire un détour par une petite rue, pour finalement arriver à ce qui semblait être une université. De très petite taille, mais c'en était bien une. De nombreux jeunes gens la quittaient et s'éparpillaient sur la route, certains avec le sourire aux lèvres, d'autres non. Pour qu'il y ait autant de monde un 2 Juillet à 15h00, c'est que ça devait être le jour des résultats des partiels. Klade a donc prudemment poursuivi son chemin à vitesse réduite, faisant bien attention à ce qu'aucun étudiant inconscient ne vienne se retrouver sous ses roues... et tout à coup, il l'a vue.

Dans le plus grand calme mais non sans hâte, elle marchait sur le trottoir, ses longs cheveux châtain flottant dans le vent chaud. Elle avait un look basique, jean simple, débardeur bleu, petit perfecto aux manches retroussées… rien ne la distinguant franchement du lot. Une étudiante parmi les autres. À un détail près. Un détail infime, mais si frappant que l'on ne pouvait dévier le regard : sa peau. Jamais Klade n’avait rencontré quelqu’un disposant d'un teint aussi clair, d'une pâleur digne d'une poupée de porcelaine, et plus encore. Son visage, habillé d’un léger, presque invisible rictus, indiquait sa réussite à quels que soient les examens qu’elle avait passé.

C'était la première fois que ce genre de chose arrivait. Il n'avait jamais eu pour habitude de s'attarder sur les femmes et les plaisirs simples de la vie, mais quelque chose chez celle-ci l'attirait, l'obsédait même. Il en avait honte, mais ça l'enivrait. Il a toutefois fini par reprendre ses esprits : elle l'attirait pour une bonne raison. Mais pas dans le sens romantique ou charnel du terme. Une autre forme d'attirance, familière. Il était certain de l'avoir déjà vue quelque part. Qu'elle était plus que ce qu'elle semblait être. Jamais dans sa vie il n'avait été troublé à ce point...

Alors il a garé sa voiture un peu plus loin et s’est mis à la suivre à pied, sans qu'elle ni personne d'autre ne s'en rende compte. Il n'osait l'approcher davantage, non pas par pudeur ou timidité, mais parce que son instinct lui hurlait de rester caché pour le moment. Et il savait qu'il devait toujours, toujours écouter son instinct. Après au moins deux heures de pérégrinations, elle l’a amené hors de la ville pour s’enfoncer dans la forêt montagnarde, jusqu’à atteindre un petit chalet.

C'était un drôle d'endroit pour une femme seule… Mais lui-même pouvait ressentir la sérénité des lieux, à la fois suffisamment proches de la civilisation pour ne pas vivre en ermite et suffisamment loin pour éliminer toute tension extérieure, ce qui lui a permis de réfléchir longuement au sens de ses actes. Une part de lui savait que ce qu'il faisait était mal parce que jamais, jamais il ne se comportait en chasseur envers d’innocents civils, mais l'autre l'implorait de continuer. Inutile de préciser laquelle il a fini par choisir d'écouter. Plus il prenait le temps d'observer cette fille, plus il avait l'impression de toucher au but.

Et soudain, comme ça, il a réalisé. Il en était désormais intimement persuadé. Il l'avait en effet déjà vue : dessinée trait pour trait dans les carnets de croquis de sa mère. Il avait oublié ce détail, de même que beaucoup d'autres, durant la formation qu'il avait suivie adolescent. Et s’il s’agissait réellement de celle qu’il croyait... alors ce n’était pas le hasard, mais le destin qui le voulait en ce lieu et en ce jour. Était-il vraiment possible... qu'il l'ait retrouvée ? Elle ? Si tel était le cas, alors il fallait agir au plus vite et dans la plus grande prudence. Il devait lui parler. Lui dire tout ce qu'il savait. Lui faire prendre conscience de la vérité. Mais avec tact et beaucoup, beaucoup de bonne fortune, car les chances qu'elle accepte de lui parler et le croie auraient déjà été extrêmement minces avec un sujet normal, alors un de cette ampleur… du genre à ébranler toute une vie…

Il n’a pas pu. Pas tout de suite. C’était trop important pour prendre le risque de s’emmêler les pinceaux et oublier quoi que ce soit à cause de la précipitation. Il valait mieux se préparer d’abord, et avec grand soin. Voulant rester le plus près possible d'elle à toute heure, il a séjourné trois jours et trois nuits de suite dans la forêt au lieu de redescendre en ville dormir à l'hôtel. Ce n'était pas tellement gênant, car à défaut d’un lit, il avait un manteau à sa disposition. En général, il ne l'utilisait que l'hiver et le laissait le reste de l'année dans le coffre de sa voiture. Il n’avait besoin de rien d’autre, car il vivait la plupart du temps en nomade.

Au quatrième jour, il en avait terminé : il était prêt à tout lui dire, jusqu’au moindre détail. Il l’a donc suivie une dernière fois tandis qu’elle s’en allait faire des courses, cherchant le moment le plus opportun pour l’aborder sans jamais le trouver, comme une malédiction. Sur le chemin du retour, il ne pouvait s'empêcher d'admirer les reflets du soleil couchant dans ses cheveux, sa manière de marcher, de pencher la tête de temps en temps. S'il n'avait rien su, jamais il ne se serait douté de la vérité à son sujet. Elle semblait si normale, si... humaine. Il a patiemment attendu qu'elle soit de nouveau chez elle, puis a pris quelques minutes pour se préparer mentalement avant de finalement se diriger vers la porte d'entrée du chalet. Tout à coup, un coup violent fut porté à sa tête, lui faisant perdre l'équilibre et s'effondrer au sol.

— Enfin je te tiens !

Ça, il ne l'avait pas vu venir. Tout en massant sa tête douloureuse, il s'est retourné pour voir la jeune femme tenant une poêle dans ses mains, furieuse.

— Tu pensais vraiment pouvoir te faufiler sur mon terrain et jouer les voyeurs sans que je ne m'en rende compte ? Ça fait trois jours que je t'ai grillé, espèce de malade !

Sans crier gare, elle lui a asséné un autre coup de poêle qui l'aurait sans doute assommé s'il ne s'était pas protégé de ses bras, et a continué de lui crier dessus comme si elle avait affaire à un psychopathe. Pourtant, il ne s'est pas défendu. Il aurait pu, et il aurait largement pris le dessus. Mais il était hors de question de lui faire le moindre mal.

— Tu comptais faire quoi avec ça ? M'embrocher comme un porcelet ?

Être surpris en possession d'une arme tranchante à longue portée, en pleine nuit, sur une propriété privée, et dans un contexte plutôt délicat, n'était effectivement pas ce que l'on pourrait appeler un premier contact réussi et inspirant la confiance. Encore aurait-il fallu qu'il ait sa lance en main. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle l'ait vue. Après tout, il ne l'avait pas invoquée.

Mais, pris d'un doute, il a tourné la tête pour apercevoir Helkath posée dans l'herbe, juste à côté de lui. Comment pouvait-ce être possible ? Seule sa volonté aurait pu la faire apparaître ! Or, il n'en avait pas éprouvé le désir... Elle n'avait quand même pas pu s'invoquer toute seule ! Et pourquoi, surtout ? Il pouvait encore accepter d’être pris pour un voyeur, mais certainement pas pour un fou dangereux !

— Ce n'est pas ce que vous croyez ! Il y a une explication à tout cela, je peux vous la fournir sans attendre !

— Ça, tu peux en être sûr : j’ai appelé la police. Tu auras tout le temps nécessaire pour t'expliquer dans une salle d'interrogatoire, ou encore mieux, dans une cellule ! Et tu vas rester bien sagement ici jusqu'à ce qu'ils arrivent, a-t-elle annoncé en continuant de le menacer de son ustensile.

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