Chapitre 4 Infirmerie

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Ma tête me faisait mal, mon corps entier était raide. Mes paupières s’ouvrirent finalement sur un plafond blanc.

Que s’était-il passé ? Je me souvenais m’être allongée avec Lucas dans sa fameuse cachette, mais ensuite ? M’étais-je endormie ?

Je me redressai lentement. Un lit, simple, dans une petite pièce épurée de tout décore. Était-ce une chambre d’hôpital ? Non, il n’y avait aucune machine autour de moi, ils auraient au moins dû surveiller mon pouls dans un hôpital.

Bien, mon corps était fatigué mais je n’avais aucune douleur particulière.

Je me levai du lit pour me diriger à l’unique fenêtre sur ma droite. Écartant les rideaux beiges, je me détendis alors qu’une immense cour bourrée d’élèves s’étendait devant mes yeux. J’étais à l’école de mes frères, ça ne faisait aucun doute.

Mon cœur accéléra ses battements alors que je me dirigeai vers la porte de la pièce, mais lorsque mes doigts se refermèrent sur la poignée je me figeai en baissant les yeux. Uniforme, une partie du moins, j’étais en culotte et un t-shirt long couvrait le haut de mes cuisses. Qui m’avait habillée ? Dans tous les cas je ne pouvais pas sortir comme ça, mais si j’étais dans une infirmerie, cette porte ne mènerait pas au couloir.

J’ouvris timidement le battant pour regarder à côté. En effet, une infirmerie, plusieurs lits, séparés de draps se trouvaient à ma droite et dans l’un d’eux, je reconnu facilement Lucas.

Oubliant ma tenue, je marchai rapidement pour le rejoindre. Je voulu m’assoir doucement au bord du lit pour ne pas le réveiller mais il ouvrit très vite les yeux.

  • Hey, murmura-t-il d’une voix extrêmement faible.
  • Tu es blessé ? demandai-je.

Il sourit en se redressant difficilement.

  • Je ne le suis plus, l’infirmière m’a soigné, toi comment tu vas ?
  • Bien, juste fatiguée, mais je ne me souviens pas de ce qu’il s’est passé.

L’un de ses bras se leva rapidement pour m’attirer contre lui. Je me retrouvai assise devant lui, entre ses jambes, mon dos collé à son torse.

  • Mon pouvoir fait que je m’épuise très vite, j’ai besoin de quelqu’un pour récupérer plus rapidement, murmura-t-il à mon oreille.

Je fronçai les sourcils en tournant la tête.

  • Ça n’explique pas pourquoi je ne me souviens de rien.

Ses mains passèrent tout autour de moi alors qu’il se collait dans mon dos.

  • Disons que j’ai volé toute l’énergie qui te restait, donc tu t’es évanouie, dit-il.
  • Comment ça marche ? Tu as besoin de l’énergie de quelqu’un d’autre pour faire bouger ton double ?
  • Il change d’apparence déjà, il s’était mis en parquet au-dessus de nous pour nous cacher, mais oui sinon c’est à peu près ça, j’accumule l’énergie des autres pour le contrôler lui.

Un silence suivit.

Finalement, il enfouit son visage dans mon cou sans un mot et serra un peu plus ma taille.

C’était gênant, mais c’était pour son pouvoir, je crois.

On resta plusieurs minutes ainsi avant qu’enfin la porte ne s’ouvre.

  • Qu’est-ce que tu fou Lucas ! s’écria Kévin en venant rapidement près du lit.

Sam aussi était présent, bien sûr, jamais l’un sans l’autre.

Je voulu me lever pour aller vers eux mais les mains de Lucas se serrèrent plus encore alors qu’il relevait la tête pour poser son menton sur mon épaule.

  • Je me recharge pourquoi, je fais rien de mal.

Kévin s’approcha rapidement pour me prendre un bras et me tirer vers lui.

  • Pas avec notre sœur, si tu recommence t’es mort.

Je levai un sourcil en m’écartant du torse de mon frère.

  • Il faisait rien de mal, dis-je.

J’aimais bien Lucas, autant le défendre face à mes frères que je savais parfois injustes.

Sam s’approcha pour poser une main sur ma tête :

  • Laisse-nous nous occuper de ça, tu le connais pas, dit-il.

Je fis la moue et m’échappai de leurs mains pour m’assoir de nouveau sur le lit.

  • Ce que je sais c’est qu’il a été très gentil avec moi et qu’il m’a protégée alors que vous, vous êtes même pas venus, me plaignis-je.

Très vite, des mains me tirèrent en arrière pour m’allonger. Lucas se pencha au-dessus de moi avec un immense sourire.

  • Moi je suis gentil ? demanda-t-il.

Je sentis mes joues chauffer mais je n’eus pas le temps de réagir que Sam vint de l’autre côté du lit pour tirer Lucas en arrière. Kévin me reprit le bras pour me lever près de lui.

Alors que derrière moi les deux se mettaient à se chamailler, je remarquai la présence de deux autres garçons. Je savais bien qu’il s’agissait d’autres amis à eux, puisque je les avais déjà vu, mais leurs noms m’échappaient.

Kévin sourit et désigna un à un les deux garçons.

  • Alex et Gabriel, tu les as déjà vus une fois je pense.

J’hochai simplement la tête avant de lever les yeux vers mon frère.

  • Et sinon, est-ce que… il le sait ?

Il hocha la tête avant de rapidement me prendre dans ses bras.

Un silence pesant s’installa dans la salle alors qu’il murmura à mon oreille.

  • Je suis désolé Emy, j’aurais voulu être avec toi à ce moment-là, tu as dû avoir tellement peur.

Je ne pu m’empêcher de sourire. C’était mignon.

La porte de la pièce s’ouvrit de nouveau et un froid s’abattit dans l’infirmerie.

J’aurais voulu courir, vers lui, pour lui faire un câlin comme je le faisais toujours lorsqu’il venait nous voir, mais je retiens mes jambes, d’autres étaient là, d’autres qui ne connaissaient pas notre secret, et puis, je n’étais plus une enfant après tout. Cela faisait quatre ans que je ne l’avais pas vu, et j’avais bien changé.

Charles Savard, un nom de famille inventé bien sûr, afin de garder le secret. Mon oncle, le frère de mon père, l’homme le plus admiré et craint de toute la ville. Le meilleur des héros.

Sans un mot, il avança rapidement jusqu’à venir me prendre des bras de mon frère.

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