Chapitre 3 Fuite

5 minutes de lecture

Je me redressai sans un mot, jusqu’à me lever du canapé.

  • Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Lucas.

Je m’éloignai lentement du canapé pour répondre.

  • Je dois y aller, merci de m’avoir soignée.

J’eus à peine fait deux pas vers la porte, qu’une violente douleur me pris le crâne. Les bras chauds de Lucas m’entourèrent très vite alors que je me sentis faillir.

  • Tu n’es pas en état de partir, murmura-t-il dans un sourire dissimulé.
  • Pourquoi suis-je autant fatiguée ? demandais-je alors qu’il m’obligea à me rassoir.
  • Tu as utilisé ton pouvoir pour la première fois, ton corps n’a pas l’habitude.

Je laissai un soupire m’échapper avant de lever les yeux vers lui.

  • Tu as prévenu mes frères, est-ce qu’ils viennent me chercher ?
  • Ils m’ont juste dit de te protéger pour le moment donc je ne sais pas.

Ils ne venaient pas… Pourquoi ? Il pouvait y avoir plusieurs raisons, si mon oncle était au courant de ce qu’il s’était passé, il avait dû leur demander de rester en sécurité à l’école. Il était aussi possible qu’ils soient simplement en cours ou en entraînement. Mais j’étais tout de même déçue.

J’allais parler, demander ce qu’il comptait faire, puisqu’on ne pouvait pas rester chez lui indéfiniment, mais Lucas mit rapidement une main sur ma bouche.

Je restai immobile, à attendre une explication de sa part.

Un sursaut me prit alors qu’un bruit sourd survint dans l’entrée de l’appartement. Lucas ne me laissa pas le temps de me questionner, il me prit rapidement par la taille pour me porter et couru à la fenêtre.

On se retrouva dehors en quelques secondes.

Que se passait-il ?

Je levai les yeux vers le visage de Lucas. Il avait l’air inquiet. Ses sourcils froncés et sa mâchoire contractée lui donnaient un air des plus sérieux. Pour avoir sauté par la fenêtre, pour courir ainsi dans la rue en me tenant fermement contre lui, ils avaient dû nous retrouver.

Comment ? Comment avaient-ils pu savoir que j’irais me cacher chez Lucas ? S’ils m’avaient suivie depuis le début ils auraient attaqué plus tôt.

  • Comment ils ont su ? demandai-je.

Lucas baissa les yeux vers moi et se força à sourire.

  • Il n’y a qu’une solution, me répondit-il, ils surveillent les téléphones de tes frères.

Je me raidis. Donc on ne pouvait plus les prévenir et demander de l’aide.

  • T’en fais pas, j’ai un plan, mais il faut que tu fasses absolument tout ce que je dis.

J’hochai la tête.

  • Bien, continua-t-il, appuie-toi sur moi et essaie de plus bouger.

J’obéis.

On tourna très vite à l’angle d’une rue et Lucas ralentit jusqu’à s’arrêter et se coller à un mur.

  • On les a semés.

Ayant dit ceci il sortit son téléphone.

Je fini par froncer les sourcils.

  • S’ils étaient vraiment juste derrière nous, comment on les a semés ? questionnai-je.

Un contact sur mon épaule me fit sursauter. En tournant la tête je me figeai. Lucas se trouvait juste derrière moi… avec moi dans les bras. Mon autre moi se redressa pour me sourire avant de prendre la parole :

  • C’est toujours perturbant la première fois qu’on me voit.
  • Qui es-tu ? demandai-je.
  • Le pouvoir de Lucas.

Je tournai la tête vers Lucas alors qu’il me saisit la main.

  • Assez parler, on doit se cacher, annonça-t-il.

Mais je me raidis alors qu’il voulu partir vers le fond de la ruelle.

  • J’ai pas de chaussures, me plaignis-je.

Il sourit en s’approchant pour rapidement passer un bras sous mes jambes et me soulever.

Alors qu’il reprenait sa course, j’en profitai pour le questionner :

  • C’est quoi ton pouvoir exactement ?
  • Disons une entité qui peut prendre la forme que je veux, répondit-il rapidement.

Il ne donnait pas beaucoup d’explication.

Et puis ? Si nous parvenions à leur échapper ? Que se passerait-il ensuite ? Je n’y avais pas encore réfléchi. Mes parents avaient soit été tués, soit enlevé, dans les deux cas je ne pourrais pas rentrer chez moi et reprendre une vie normale.

Ma gorge se serra en un instant. Comment tout ça avait-il pu arriver ? Pourquoi nous ? Je savais bien pourquoi en réalité… Mon oncle était admiré, il était l’un des plus grands héros de la ville, ses ennemis étaient tout aussi nombreux que ses adorateurs. Nous avions toujours caché son appartenance à notre famille, par sécurité, pour notre sécurité.

  • Tout va bien Emy ? demanda soudainement Lucas.

J’hochai simplement la tête, gardant les yeux baissés.

Sa prise autour de moi se resserra légèrement.

  • On y est, murmura-t-il.

Je levai mes pupilles et retins un hoquet de surprise à la maison délabrée devant nous. Une maison hantée, c’était bien la première impression qu’elle donnait. Toutes les vitres sans exceptions étaient brisées et noircies par les années, chaque mur donnait l’impression qu’il allait s’écrouler d’un moment à l’autre, une dizaine de tuiles tout au plus trônaient sur des poutres de bois rongées par les insectes, laissant les éléments se déchaîner au dernier étage.

  • C’est laid, avouai-je.

Lucas eut un léger rire alors qu’on pénétrait dans la demeure. On monta très vite à l’étage.

  • On venait souvent ici avec tes frères et d’autres amis lorsqu’on était plus jeunes, annonça mon protecteur en me posant doucement sur le planché accidenté.

J’évitai de marcher, pieds nues, les échardes entreraient facilement, ce n’était pas le moment de se blesser de façon stupide.

Lucas était parti se pencher près des murs, fixant leur base avec intérêt.

  • C’est quoi ton plan ? demandai-je, curieuse.

Il sourit en se redressant avant de venir vers moi. Sans un mot un pied de biche apparu dans sa main. Il entama d’ouvrir plusieurs lattes du sol. Lorsqu’il eut fini, une ouverture, assez large pour deux personnes, se dessinait dans le sol.

Mon corps entier eut une réaction de dégout.

  • Me dit pas qu’on va attendre là-dedans ?

Il me servit des yeux désolés avant de me tendre une main.

  • C’est la meilleure cachette que je puisse faire dans cet endroit.

Je déglutis mais hésitai encore :

  • Et on va y rester combien de temps ?
  • Tu as peur de rester coller à moi ?

Je fis la moue et levai mes poings à mes hanches, mais ce simple geste attira ses pupilles sur mes jambes.

  • C’est pas le moment de me draguer, marmonnai-je.

Il sourit plus encore en se redressant pour venir face à moi. Ses mains vinrent sur mes épaules alors qu’il prenait un visage sérieux.

  • Je ne suis pas encore assez doué pour te protéger en me battant contre eux, tout ce que je peux faire c’est gagner du temps. J’ai prévenu tes frères que nous sommes ici, sans leur dire clairement le lieu, puisqu’ils le connaissent, ils préviendront les héros j’en suis certain, quelqu’un finira par venir. Tout ce qu’on peut faire pour le moment c’est se cacher et attendre qu’on vienne nous aider.

J’hochai la tête. Au moins il était honnête sur ses capacités.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Vous aimez lire Améthiyste ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0