Ce que l'on voit – Ce que l'on croit – Ce que l'on sait …

de Image de profil de Patrice LucquiaudPatrice Lucquiaud

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- Ce que l'on voit … ce que l'on pense avoir bien observé... (suppose / se représente)

- Ce que l'on croit … ce que l'on pense être la vérité... (admet / imagine )

- Ce que l'on sait … ce que l'on pense avoir compris... (pense / conçoit)

 

Réalité / Vérité, le grand duo gagnant de notre temps … La préoccupation de tout un chacun avide du moment présent, de l'information du jour, des assertions et des contre-vérités qui font se délier les langues, se déchaîner les passions et surchauffer les têtes pensantes bien ou mal ...

Être et paraître...  l'autre duo en vogue également au siècle de l'egoïté persistante  et de l'affichage de soi sur tous les tableaux ou écrans de la vie, nous trempons là dans le jus de la quête  et aussi, des conquêtes, pour renforcer nos convictions, notre confiance en nous-mêmes au détriment de la confiance en les autres que soi-même …

Et, de ce fait, tout est bon pour chacun, justifier ses conceptions, ses mobiles d'actions, ses desseins même les plus hasardeux ...

Vini, vidi, vici ... eh oui, prenant à César le propos qui lui appartiendrait, on est bien   venu, mais est-on sûr d'avoir bien vu et qu'avons nous vraiment vaincu (saisi ou possédé) ?...

Paradoxalement, en ces temps où tout ce qui, grâce aux multiples et considérables progrès techniques, est scientifiquement admis comme connaissances incontestables, on reste constamment dans le doute au sujet de la parole donnée quelle qu'en soit la bouche émettrice... 

Partout, autour de nous et jusqu'à chez nous, voire en nous, la polémique fait partie de notre quotidien...  Être assuré ou rassuré sur le moindre fait, devient notre hantise de chaque instant... 

 

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Perception - Représentation - Conception, seraient les trois degrés de la Connaissance...

Au stade premier de cette triade, on se rend vite compte que la qualité de ladite perception dépend déjà de l’organe faisant office. Faut-il alors que soit bien au point et fonctionne correctement l’organe en question pour que la perception soit fiable. Se pose alors la question des critères retenus pour la mise au point et le bon fonctionnement de l’organe de la perception et là, on est déjà dans le flou… ( focale et objectivité !...)

Au deuxième stade, ayant donc admis que l’organe percepteur soit fiable, nous considérons, à son tour, le sujet entrain d’observer et intériorisant l’objet de sa perception  pour s’en faire l’image intérieure (la représentation). Nous nous trouvons alors dans la situation de la pure subjectivité, déjà par la situation dans l’espace et dans le temps du sujet entrain d’observer et surtout par le fait que cette représentation est personnelle et varie suivant les capacités individuelles de se représenter (recréer intérieurement l’image qui, avant l’acte de perception, était tout à fait, extérieure et donc étrangère au sujet percevant). 

Au troisième stade, il s’agit de désigner et de qualifier puis de répertorier l’objet de notre observation. C'est-à-dire que notre observation alors enrichie par les d’expériences faites sur l’objet nous renseigne sur les propriétés inhérentes à sa nature puis sur son rapport avec d’autres objets eux aussi observés selon le principe de cause à effet faisant loi. Cette dernière veut que l’on ait déjà conceptualisé ce qui est désigné comme « cause », ce qui est désigné comme « effet » et le rapport entre ces deux concepts faisant loi… A la base de toutes ces réflexions se situe l’aptitude à concevoir de façon abstraite ce qui est rentré dans le champ de nos observations en phase avec les capacités intellectuelles du sujet observateur et pensant. 

 

La question est alors : quel rapport existe entre la chose observée et les transformations qu’elle subit ou provoque sur d’autres objets observables qu’on désigne par phénomènes et la loi se dégageant de la nature même de ces transformations ?

Formulée d’une façon plus simple : où se tient la réalité entre la chose observée (tangible) et les concepts qui s’y rattachent (eux par essence, immatériels) ? S’agit-il d’une seule et même chose ?

Si je tiens comme étant une réalité l’objet de ma perception ce que j’en conçois intellectuellement se dégageant comme loi lui étant appropriée, dois-je le tenir pour aussi véridique ?

 

Restons-en d’abord au concept… nous posant la question : qu’est-ce qui fait que le concept « œil » je ne le confonds pas avec le concept « bol », que ce dernier je ne le confonds pas avec le concept « sucre ». Chaque terme employé correspond à une des choses ou objets observés que j’identifie aussitôt en les apercevant ou en me les représentant.

Il y a la « chose en soi » et cette même chose rentrant dans le champ de ma conscience via l’observation ou la représentation que l’on désigne par « concept »… s’agit-il de même chose ?

La réalité d’une chose ou objet tient-elle à sa présence dans l’espace/temps hors mon observation ou bien à la conscience que j’en ai par l’observation ponctuelle, la représentation et ce que j’en ai conceptualisé consécutivement ?

 

  La rose que je me représente de façon abstraite en l’évoquant dans une conversation en quoi serait-elle différente de celle que j’ai admirée quelques instants plus tôt dans mon jardin ? Il n’empêche qu’à ce moment, je sais de quelle réalité, en l’occurrence celle de la rose, je témoigne.

Autre cas : Si l’on me parle d’une rose et que je n'en ai jamais vue, puis-je tenir pour réalité ce qui est désigné par « rose » dans le propos ouï ?

 

Dans la première situation exposée là, j’ai le concept qui correspond à l’objet « rose » que j’associe à l’observation faite de la rose ce qui devient alors pour moi une réalité.

Dans la situation suivante, il est question d’un terme « rose » que je ne peux conceptualiser n’ayant jamais vu de rose… jusqu’alors, dans ma conscience la rose ne correspond à aucune réalité ne l’ayant jamais observée et donc ne pouvant me la représenter.

La réalité d’un objet ne tiendrait-elle qu’à la chose perçue ?  

 

L’expérience que tous nous faisons, passant par le sommeil du soir au matin, nous permet de faire ce constat intéressant : ce que la veille, nous avions comme cadre de vie incluant le champ des perceptions et les concepts se rapportant à leurs contenus, étant passé par le « black-out » du sommeil où tout ceci n’existait plus, en l’absence d’un état de conscience diurne, nous le retrouvons à l’identique dès que nous nous réveillons. Le jardin que j’aperçois à la fenêtre était déjà là hier au même endroit. Je le reconnais même si ce nouveau matin, au rosier blanc, un bouton a produit une nouvelle rose. Je retrouve non seulement les « objets » constituant le jardin mais aussi j’en découvre les changements liés à la croissance des plantes s’y trouvant…

Le monde, ses êtres et ses objets continuent d’exister hors ma présence et hors la conscience tenant à ce que j’en perçois et conçois lorsque j’y prête attention.

 

Me viennent alors ces questions : La rose sait-elle qu’elle est une rose ? Le rosier qui les produit, par quel miracle se développe-t-il ? Faut-il qu’il ait connaissance de ce qu’il doit produire et de comment le produire. Alors moi, être humain, faudra-t-il que je devienne rosier moi-même pour comprendre cela en pénétrant au cœur de sa genèse ?

 En fait, du dehors, je vais par la pensée résultant de mes observations répétées, établir intellectuellement les étapes de la métamorphose des plantes, dégageant les lois de germination, de croissance, feuillaison, floraison et fructification en lien avec les éléments indispensables à la vie et survie de ces plantes. Tout ça je le trouve consigné dans ce qu’en la science s’y rapportant on nomme botanique.

J’y apprends alors qu’un rosier ne saurait être confondu avec un lilas ni avec un épi de blé sur sa tige…  Chaque plante reproduit ce qui lui est inhérent quand le territoire qu’elle occupe lui permet de vivre et évoluer.  

 

En dépit de tous les apports de la science on reste souvent sur sa soif, s’agissant de connaissances… Par l’intellect, je ne perçois et saisis que des « temps morts », ces moments arrêtés d’une évolution par le concept… Je n’ai pas cette vision et une conception du vivant intégral qui, d’une micro seconde à la suivante, me fait éprouver ce changement perpétuel lequel, en continu et pas seulement graduellement, métamorphose les espèces vivantes auxquelles j’appartiens aussi…

 

Pour accéder à une connaissance complète et authentique de tout ce qui nous entoure dans le cadre de nos existences, n’y aurait-il pas une autre qualité de perception à développer, n’y aurait-il pas une autre sagesse* (*forme de connaissance supérieure dépassant le stade de l’intellect) à découvrir ?

 

Pour comprendre un mystère ne faudrait-il pas être soi-même ce mystère et, le concevant comme tel, vouloir le pénétrer ?...

Essai
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