2.

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- Merde !

Mon portable tombe sur le sol en moquette de ma chambre quand je tente d'éteindre mon réveil.

Je me suis débattue toute la nuit avec cette foutue couette qui est sans doute faite pour un enfant. Je suis minuscule mais la moitié de mes jambes étaient découvertes.

Ma douche matinale me réveille, l'eau chaude dégouline sur mes longs cheveux. L'odeur de mon gel douche à la vanille me rappelle l'odeur des muffins que faisait ma mère le dimanche matin.

J'enfile mon jean noir, et c'est la première fois que je boutonne ma chemise blanche jusqu'au cou pour y nouer mon nœud papillon. Nœud papillon aussi compliqué à attacher que de monter un meuble Ikea.

Je noue mes cheveux abîmés en natte, je ne m'attarde jamais trop longtemps devant le miroir.

Il ne me reste déjà qu'un petit quart d'heure avant le début de mon service, je m'empresse d'aller acheter un cookie ainsi qu'un chocolat chaud au Starbucks d'en face.

Comme je m'y attendais le temps est pluvieux, et les marches sont pire que glissantes. Je manque de tomber plusieurs fois. J'aperçois Stev' dans la file d'attente, il me fait un petit signe de la main que je lui rends timidement.

Le cookie finit rapidement dans mon estomac.

Je remonte dans ma chambre expressément pour tracer le trait d'eye-liner qui rend mon visage si familier.

Je tâtonne les deux poches de mon jean, sans y sentir ma clé. Je commence à paniquer en forçant la poignée de ma porte, sachant très bien que la clé y est enfermée à l'intérieur, tranquillement posée sur mon bureau.

Je donne un faible coup d'épaule contre la porte, je peux vous informer que cette technique ne marche que dans les séries policières américaines.

-Fais chier ! je jure.

Je pose ma tête contre la porte en tentant de trouver une solution au problème, tandis que l'horloge de mon portable semble vouloir me torturer en écoulant les minutes à une vitesse folle.

Je soupire et ferme fort les paupières en essayant de me concentrer le plus que je peux. C'est comme ça que mon père réglait tout ses problèmes.

-Un souci ?

La beauté de mon correspondant me coupe le souffle, mes yeux passent au peigne fin tout les détails de ce grand blond. Et en conclu que tout est parfait chez lui. Ses yeux incroyablement bleu semble être remplis de moquerie, mais son visage angélique me convint du contraire.

Ce demi-dieu me transperce du regard aspirant ma raison, les muscles de ma mâchoire n'arrivent pas à fonctionner.

Il porte lui aussi une chemise blanche, elle sculpte incroyablement bien ses muscles, décidément c'est la mode ici. Son jean noir accentue la longueur de ses jambes inhumaines. Et ses boucles blondes mi-longues aussi parfaites les unes que les autres me font questionner sur l'humanité de cet homme.

J'ai l'impression que les boutons de ma chemise vont exploser tellement ma respiration se fait rapide et forte. C'est un appel puissant à ma libido.

J'essaie de détourner les yeux, mais trop tard, il se gratte la gorge pour me sortir de cette jouissance visuelle.

-J'ai...Oubliés ma clé à l'intérieur... je dis en désignant du doigt la porte maudite.

Un sourire rapide passe sur ses lèvres sans défauts avant qu'une onde de méchanceté traverse son regard. Rendant son visage tout de suite moins amical.

-C'est dommage. il répond sèchement, je sens ses yeux parcourir mon corps me faisant frisonner.

Je sais que j'ai sûrement à un mur mais il n'y a que lui pour me sortir de cette merde.

-Est-ce que tu pourrais m'aider à trouver un double des clés ou même à forcer la porte ?, je demande gentiment, S'il te plaît... je rajoute voyant sa mâchoire se serrer.

Il me toise durement du regard, plus les secondes passent, plus j'ai envie de m'enfoncer sous terre. Il décolle son épaule du mur et un petit rire provenant du fond de son âme me prévient que la réponse ne me plaira pas :

-Oui je pourrais. finit-il par dire durement avant de passer devant moi, non sans me bousculer.

-Sérieux ? je lâche, alors qu'un sourire narquois ne quitte pas ses lèvres, les portes de l'ascenseur se referment brutalement sur lui.

Je soupire et laisse mon corps glisser jusqu'au sol. Il ne me reste que cinq minutes avant d'aller devoir travailler pour la première fois en tant que barmaid. Et je suis déjà coincée, entrain de fixer le mur d'en face, je peux même vous énumérer le nombres de chewing-gum collés sur celui-ci.

- Bah alors Berry*.. tu n'est pas encore derrière le bar?

*Jack fait référence à l'anglais "raspberry" par rapport à la couleur de cheveux de Judith, rouge framboise.

Jack sort de sa chambre en me souriant, c'est le sourire le plus réconfortant de la journée.

- Berry ?..Moi c'est Judith... je dis bêtement.

- Je faisais référence à ta couleur de cheveux ! il répond en les pointant du doigt, j'ai réussi à faire naître un air taquin sur son visage.

- Arrête de te foutre de moi ! Je suis coincé ici depuis dix minutes et le seul con que j'ai croisé à prit soin de m'enfoncer avant de me laisser en plan ! je me plains.

Il s'approche de moi en rangeant ses clés dans sa poche et en checkant rapidement son portable.

- Un grand blond, aux yeux bleus, assez bien foutu ? il sourit.

- Ouais. Je réponds avec amertume en détournant le regard.

Il rit franchement, révélant de grandes dents blanches. Il passe sa main dans ses courts cheveux bruns.

- Je vois.. Je te présente Castiel, ton référent, et en option mon meilleur ami depuis le collège ! Tu as perdu ta clé ? il demande mordant ses lèvres pour retenir son rire.

Ça pouvait pas être pire ! Ce grand idiot est mon référent ? En autre mon responsable comme le dit Stev' ! Je vais passer mes prochains jours collé à cet énergumène ? Impossible !

- Oui, je soupire, je l'ai laissée à l'intérieur ce matin en allant chercher mon petit déjeuner ! Et je ne peux pas aller travailler sans m'être lavée les dents ! je râle.

- C'est vrai, tu as quelque chose coincé entre les dents..

Je cache ma bouche avec mes deux mains et lui tourne le dos.

La honte ! Il ne manquait plus que ça ! Sa main se pose sur mon épaule et il me retourne face à lui.

- Je te taquine sale idiote ! il dit en pinçant ma joue.

Il a un air enfantin et en même temps il fait très sérieux, je remarque que sa chemise blanche ne cache pas les traits noirs de ses tatouages, comme Stev' d'ailleurs.

- Aïe ! je tape sa main en massant ma joue endommagée par ses grosses paluches.

Il m'offre un regard compréhensif et sort son trousseau de clé, en rentre une dans ma serrure. Un clic prévient que la porte vient de s'ouvrir, il appuie sur la poignée sans jamais enlever ce sourire si affectueux.

- Tu l'auras peut être un jour si tu bosses bien ! dit il en agitant le trousseau sous mon nez.

- Merci merci merci ! je l'acclame en lui offrant un câlin de remerciement.

Il émet un petit rire gêné en me tapotant l'épaule, il faut vraiment que je m'habitue à être qu'une minuscule petite poussière avec tout ces géants.

Je m'empresse de me laver rapidement les dents et tracer un fin trait noir sur mes paupières.

Une boule de stress se forme dans mon estomac, je vide la moitié de mon chocolat dans l'évier. Je regarde une dernière fois la photo de Dan et moi, ça fait deux ans qu'il est parti vivre en Australie. Nos quelques appels par mois ne comblent pas l'absence de mon frère dans ma vie.

La sonnerie de l'ascenseur indique que je suis arrivée au rez-de-chaussée; Elle sonne comme le gong de la fin de ma vie étudiante et mon entrée dans le monde du travail.

Le bar est déjà bruyant, j'entends le bruit des verres s'empiler,plusieurs voix s'entremêlent tandis que je prends une grande inspiration essayant d'évacuer mon anxiété.

- Salut ma belle, attrape ça !

Stev' me jette un grand tablier noir, son sourire est toujours autant éblouissant, son jean noir est une torture pour mes yeux qui essayent de ne pas trop s'attarder sur son corps.

Je fais deux tours avec le tablier avant de le nouer autour de ma taille. Je passe derrière le comptoir, et mes yeux ne fixent que le sol à présent.

- Hey !

Stev' se rapproche de moi et pose ses deux index sur mes joues pour créer un sourire timide sur mon visage.

- C'est déjà mieux ! On est là pour t'aider tu n'as pas de soucis à te faire ! il me fait un clin d'œil, Regarde Castiel arrive, il va t'épauler, hein tu vas l'épauler Cast' ? lui demande mon nouvel ami.

L'intéressé me lance un regard ennuyé avant de se détourner pour aller décrocher son tablier du porte manteau. Deux fois plus large que le mien bien évidemment.

- Il est un peu ronchon le matin ! me rassure Stev' en me donnant un coup de coude.

Je force mon rire pour paraître détendu, mais à l'intérieur de moi une guerre entre mon anxiété et ma raison est en phase d'être déclarée.

- Bon..Apparemment je dois m'occuper de toi.. se lamente-il.

Castiel s'approche de moi sans jamais me regarder dans les yeux, mais même sans ça, mon corps sent très bien qu'il est en supériorité.

Il soupire et attrape un chiffon usé ainsi qu'un détergent, il les pose nonchalamment sur le comptoir et lâche :

-...Le matin on doit nettoyer tout le bar, l'équipe de service s'occupe de la salle et nous du bar, nettoie le comptoir pour commencer, ça t'occupera déjà assez !

Son ton autoritaire ne me plaît pas du tout, alors je soupire à mon tour et commence à frotter les traces d'alcool qui ont collé durant la nuit sur le comptoir en zinc noir.

Je remarque qu'il me surveille pendant un moment, et qu'il vient par la suite vérifier les stocks de bouteilles derrière moi. Son parfum musqué sent incroyablement bon, il mord souvent ses lèvres et ses yeux bleus sont toujours aussi profonds que les abysses de l'océan.

Je chantonne les musiques qui passent en boucle à la radio jusqu'à ce que mon cher réfèrent se décide à l'éteindre, non sans un sourire de satisfaction quand je le fixe hargneusement.

La jointure de mes doigts commencent à devenir douloureuse, je finis ma tâche avec succès. Après une dernière vérification, je m'approche de Castiel, outils à la main, je m'essuie le front avec le dos de ma main pour lui faire prouver que j'ai donné de ma personne.

- J'ai terminé ! je dis en soufflant.

Il est en train d'écrire les cocktails du jour sur une grande ardoise,nos regards se défient pendant quelques secondes. Quand il se décide enfin à laisser son occupation de côté, il avance vers le comptoir et passe son majeur sur la surface nettoyé comme s'il cherchait de la poussière.

Sans que je ne comprenne ou que je n'ai le temps de faire quoi que ce soit, il attrape une bouteille de sirop à la menthe et en verse sur la moitié du comptoir m'arrachant un cri d'incompréhension.

- Mais qu'est-ce qu'il te prend ? je cris en attrapant son bras pour l'arrêter.

Il est carrément mal élevé celui là ! Je sais bien qu'il à l'air d'être né dans des draps en satin mais ça ne lui permet pas tout !

- Ça t'apprendra à me déranger quand je suis entrain de bosser ! il répond en reposant bruyamment la bouteille sur l'étagère.

Je suis tellement excédée que je me met à rire offrant une pièce de théâtre à nos autres collègues qui s'arrêtent quand l'ambiance commence à devenir tendue. Castiel semble décontenancé, il me regarde avec de grands yeux ronds en serrant le torchon entre son poing.

- Te déranger ? Tu es mon référent ! C'est ton rôle de t'occuper de moi ! Je ne suis pas plus ravie que toi de devoir endurer ta présence nonchalante toute la journée, mais je fais un effort moi au moins ! je me plains.

Il regarde ailleurs, quand son regard croise celui de Jack il lève les bras en montrant le sirop entrain de s'écouler dans les jointures du comptoir.

Il tape du pied comme s'il était offensé de la situation alors que lui-même l'a créé ! Je jette l'éponge sur le bar l'éclaboussant du sirop qu'il a prit un mal à plaisir à déverser sur mon travail.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ici ? dit Jack en nous rejoignant.

Castiel fait mine d'être irrité et ment :

- Je lui donne une tâche simple et elle trouve le moyen de déjà s'attirer des problèmes !

Il pince l'arrête de son nez comme pour se calmer alors que Jack m'analyse du regard pour connaître le coupable.

Je secoue la tête et me disculpe :

- Pas du tout ! Il m'a demandé de nettoyer le comptoir c'est ce que j'ai fais, quand je lui ai dis que j'avais terminé il a versé la moitié du sirop sur le bar ! Tu m'as vus nettoyer !

Castiel me lance une éponge et ajoute comme phrase de fin :

- Je suis ton réfèrent, alors fais ce que je te demande, à moins que tu ne veuilles continuer tes recherches de travail dans le journal ? il dit en faisant un signe de tête vers une table où de la presse à été déposée.

Jack m'offre un sourire d'encouragement, mais les sourires ne suffiront pas toujours.

J'offre une magnifique vue de mon majeur à Castiel avant de me mettre à éponger ce sirop bien trop collant.

Le grand blond se contente d'arborer un sourire en coin auquel je vais devoir m'habituer.

Qui aurait cru que j'allais détester le sirop à la menthe un jour dans ma vie ?

J'essaye d'éponger tant bien que mal en cherchant un moyen de me venger sans m'attirer trop de problèmes.

Un serveur aux cheveux blancs décolorés passe derrière moi récupérer des nappes, je l'interpelle pour le joindre à ma bataille :

- Dis t'aimes bien la musique ? je demande.

Il lève les yeux vers moi surpris, et se met à me sourire timidement.

- Ouais carrément ouais !

- Je pensais qu'il y allait avoir plus d'ambiance que ça dans une équipe de jeunes mais bon..

- Ah mais il y en a ! Tu veux de la musique ? C'est comme si c'était fait !

Il allume la radio et monte le volume jusqu'à ce qu'il trouve mon sourire satisfaisant.

Je le remercie et commence à danser tout en continuant de remettre à neuf ce maudit comptoir.

- Moi c'est Eliott !

- Judith ! je lui dis par dessus la musique.

Il hoche la tête et repars dans la grande salle, je cherche Castiel du regard mais impossible de le trouver. Dommage je suis sûre qu'il aurait adoré cette ambiance !

Je rigole toute seule rien qu'en imaginant sa tête de vieux bourge face à de la musique electro.

Je m'acharne sur une tâche de sirop coriace quand soudain, un grand bras musclé passe devant mon visage pour venir éteindre la radio.

Je me retourne, un sourire aux lèvres, pour faire face à monsieur le Duc.

Merde c'est Jack !

- Dis tu danses bien mais les serveurs ils sont un peu immatures tu vois donc.. , il se gratte la tête gêné en s'écartant pour faire apparaître les visages insistants des jeunes serveurs qui me regardent.

Je pique un fard et me cache derrière Jack et le supplie du regard de faire quelque chose pour me sauver de cette situation. Il secoue la tête un sourire moqueur sur son visage et se retourne vers les serveurs en leur demandant de retourner travailler.

Un rire m'hérisse les poils, Castiel caché dans un coin depuis le début de la scène se fait plaisir à m'enfoncer encore une fois. Il s'approche de moi et je bombe le torse afin d'avoir les épaules assez solides pour supporter ses prochaines réflexions.

Mais contrairement à ce que j'aurais cru il se contente de m'ignorer et de mettre de prestigieuses bouteilles de vin au frais. Je n'entends pas ce qu'il dit à Stev' mais mon ami sourit et secoue la tête. Je ne sais pas quelle est la pire sensation, penser qu'ils se moquent de moi ou le rire terrifiant mais sensuel de mon responsable.

-Bienvenue au pub Berry ! me lance Stev en riant quand il remarque que je les observe.

Fin du chapitre deux.

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