- Boite à secrets -

7 minutes de lecture

Griffin.

Je me suis levé tôt pour rien et ça me fait chier. En plus de ça, j’ai loupé le petit déjeuner. Je ne suis pas du genre à prôner la place de la femme dans la cuisine. Je m’en fou que ce soit Betty ou untel qui cuisine. Je veux juste que ce soit bon, et putain Betty fait les meilleurs petits déjeuners du monde… Après ceux de mon père évidemment. Seulement, il n’a plus trop le temps de cuisiner depuis la mort de ma mère. Je ne me débrouille pas trop mal derrière les fourneaux, mais j’avoue que c’est quand même plus sympa quand je me fais servir… Si je suis parfois un branleur ? Absolument.

Je range la cuisine une fois que j’ai terminé de manger. Comme je n’ai pas de cours d’équitation western à donner à Betty aujourd’hui, je n’ai aucune idée de ce que je vais bien pouvoir faire. Je remonte dans ma chambre et la balaye du regard en soupirant. Je sors mon téléphone de ma poche et vais m’affaler sur mon pieu. J’ai une dizaine de messages non lus de Jeff et de sa bande de dégénérés. Je ne compte même pas les appels manqués et les messages laissés sur mon répondeur… Ils sont chiants putain. Je supprime les messages de mon cousin sans les lire. Je sais qu’un jour ils vont finir par me tomber dessus au détour d’une rue. Je fais toujours parti du gang après tout. Tant que Steve ne m’aura pas dit que je pouvais partir… je resterais l’un des leurs.

[Jeff] : Mec, tu devrais vraiment venir, on a une grosse surprise pour toi.

Mon portable vibre dans ma main en même temps que je lis le message qui vient d’apparaître dans mes notifications. Je soupire et éteins mon écran. Qu’il aille se faire foutre. Il n’allait pas réussir à me déloger aussi facilement. J’ai l’impression de revivre depuis la foire. Depuis que je reste loin d’eux. Il faut que ça continue ainsi. Je me connais. Je suis un funambule qui manque de sombrer au moindre faux pas. Aujourd’hui j’arrive à marcher droit, à garder la tête hors de l’eau. Malheureusement je ne suis pas aussi fort que j’aime à le faire croire.

Je me lève et alors que j’avais l’intention de descendre pour me mettre devant la télé, je suis indéniablement attiré par la chambre de Betty dont la porte a été laissée grande ouverte. Je pénètre sur son territoire sans autorisation. Son odeur fraîche et fruitée embaume la pièce. Mon cœur se met à battre plus rapidement dans ma poitrine et je me traite d’idiot. Je laisse mes yeux apprécier la décoration de la pièce. Des photos sont venues parsemer l’un des murs de la chambre. Ses meubles se sont vu recouvrir de babioles en tout genre. C’est coloré et chaleureux. Sur son lit défait, j’aperçois sa fameuse boîte à bijoux : celle que Grace aime tant. Je m’en approche et laisse mes doigts glisser sur les perles brillantes étalées sur les draps. Bracelets, colliers, boucle-d’oreilles, il y a de tout. Je suis incapable de dire si les pierres sont précieuses ou non. Curieux, je prends la boîte pour ouvrir les autres compartiments, à la découverte des bijoux qui ont pu orner son corps.

Le craquement du plancher dans le couloir de l’étage me fait sursauter. J’en lâche le contenant, rouge de honte, prêt à me répandre en excuse mais il n’y a personne dans l’embrasure de la porte. Ce n’est que le bois du parquet qui travaille. Fait chier. Je me penche et récupère l’objet. Heureusement, les tiroirs sont restés fermés et rien ne s’est répandu sur le sol. Je décide que j’ai suffisamment empiété sur la vie privée de Betty et repose la boîte sur son lit, là où je l’ai trouvé. C’est à ce moment que je remarque un nouvel angle qui sort sur un côté. Il n’y était pas avant, j’en suis certain. Les sourcils froncés, je viens tirer dessus et un nouveau compartiment se dévoile. À l’intérieur, j’y découvre deux bagues. Je ne suis pas un professionnel en termes d’anneaux mais je suis presque certain que je ne me trompe pas. La panique s’empare de moi un instant et je jette un coup d’œil à l’intérieur du cercle doré. Les inscriptions fines en italiques annoncent « C & J ». Le mariage a eu trois ans plus tôt. Si je tiens l’alliance entre mes doigts c’est que l’autre, dans ma paume, doit être la bague de fiançailles. Cette dernière est très jolie, ornementée d’un saphir et d’un rubis très fins. Je réfléchis à qui pourraient être ces « C & J » mais je ne connais pas assez le passé de Betty pour mettre des visages sur ces lettres. Sans doute des amis à elle qu’elle aurait perdu ? Ses parents ? Pourtant ils sont toujours en vie. Étrange…

— Tu fous quoi !?

Je me retourne en sursaut, pris sur le fait. Elizabeth est rouge de colère. Ses yeux d’habitude si clairs et pétillants sont complètement obscurcis par la rage. Elle se rue sur moi et m’arrache les bagues des mains.

— DEHORS !

— Betty j-je…

— DÉGAGE !

Elle me pousse avec force, droit vers la sortie. Putain. Je me sens comme un con. Penaud, je me retrouve dans le couloir. Elle claque le battant tellement fort que le mur en tremble. J’ai vraiment mis le doigt sur un sujet sensible. Je ne sais pas si je dois essayer de m’expliquer maintenant. L’impuissance qui me parcourt face à cette situation est violente. Je ferme les yeux un instant pour essayer de me calmer. J’ai le cœur qui bat vite, le stress a envahit chaque parcelle de mon corps. C’est la surprise et la honte.

Je finis par descendre et m’installer dans le canapé. Cowa ne tarde pas à m’y rejoindre et pose sa tête sur mes genoux. Elle plante ses yeux dans les miens, attendant je ne sais quoi.

— Qu’est ce que tu veux ma belle ?

Je caresse sa tête. Évidemment qu’elle n’allait pas me répondre.

— Tu sais ce qu’elle cache toi ? Elle t’a confié ses secrets ?

Cowa ne bronche pas, sa queue continue de battre le canapé dans un rythme rapide. Je suis vraiment trop idiot. Je soupire et allume la télé. Je tombe sur un documentaire à propos de l’Alaska. C’est très bien.

Une heure plus tard, mon père pointe le bout de son nez. Je n’ai pas revu Betty. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée d’aller la confronter maintenant.

— Eli n’est pas redescendue ? demande-t-il.

— Non, elle est dans sa chambre, j’ai merdé. Je ne pense pas qu’elle descende, osé-je avouer.

— Ok. Je ne te demande pas ce qu’il s’est passé ? tente-t-il.

— Non. On se fait des sandwichs ?

— Oui. Tu viendras m’aider après ? On rentre les bêtes dans l’étable cet après-midi. Le premier veau est né. On ira à cheval, je n’ai pas envie de les effrayer avec les voitures et les quads.

— Pas de problème.

On se fait à manger rapidement. Jambon, cornichons, tomates, mayonnaise. On fourre le tout entre nos tranches de pain de mie. J’en prépare aussi un pour Betty. J’attends que mon père soit sorti pour attraper un post-it et un crayon. Dessus, j’écris assez maladroitement quelques mots.

« Je suis désolé Betty. Bon appétit.

Griffin »

Je le colle à côté de son déjeuner et je monte me préparer dans ma chambre. J’enfile ma tenue de travaille et redescends rejoindre mon père à l’extérieur. En passant j’attrape mon sandwich et en croque une bouchée tout en marchant droit vers l’écurie. Je salue les deux employés de mon père de la main. Ils ont déjà sellé leurs chevaux ainsi que Rhys et Cloud. Ils n’attendent plus que nous. Je prends les rênes de mon cheval et monte avec souplesse, mes tranches de pain coincées entre les dents.

— Tu as oublié ça !

Mon père me balance mon chapeau que j’attrape au vol et je le visse sur ma tête.

— Merci !

— Lawrence, on fait quoi de Automn ? demande l’un des employés.

— Ah oui… Elizabeth était censé venir avec nous… Il faut la desseller. Ensuite on y… commence-t-il.

— Je suis là ! Désolée pour le retard !

Betty court vers nous, son déjeuner dans une main, en train de boutonner sa chemise par-dessus son t-shirt et sa bombe non attachée sur la tête. Elle a les yeux gonflés et les joues rouges. Mon cœur se serre : tout ça c’est ma faute. Mon père me lance un coup d’œil peu amène. Merde. Sans un mot, je descends de mon mustang et je l’emmène jusqu’à Betty. Automn avait été préparée pour moi à la base. La jument était gentille mais pas du tout adaptée à la monte d’Elizabeth. Elle n’était pas encore prête pour des chevaux un peu plus chauds, qui n’avaient jamais été sous la selle de cavaliers lambdas.

J’arrive à la hauteur de la française. J’essaye d’accrocher son regard, mais elle fuit tout contact visuel. Je retiens un soupire et attends qu’elle se mette en selle. Je me dirige ensuite vers Automn et je me hisse sur son dos. Un claquement de langue plus tard de la part de mon père et nous partons droit vers la position du troupeau.


***

Hello chers lecteurs ! Je tenais à vous remercier pour vos likes et vos petits commentaires ! On a dépassé les 2k de vues ! Je suis très touchée, mais surtout ravie que les aventures de Betty et Griffin vous plaisent autant !

Aujourd'hui c'était un chapitre plus chaud avec à nouveau une petite révélation sur le passé d'Elizabeth ! Notez bien tous ces petits indices pour vos théories hihi :3 À bientôt pour la suite :D

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
OD'UN

Adelaaaaaaa! Adela degeerella! Vite, il faut que tu apporte ta coquille d'or
Ce n'était pas un poisson d'avril. Une Venus rouge, annoncée sur RTL, devait naître sur une nacre, comme un trésor. 
- Emmènes Adèle avec toi, elle fera une splendide sensuelle contralto 
Quelqu'un comme toi, séduira les beautés de l'amour dans un roman-photo
Toi, la chrysalide qui était chenille. Sur le fleuve amour de l'érable, tu as dénudée le Canada, le mimosa s'est pris pour Vivaldi et ses quatre saisons
Tu as Casta sa feuille d'origine du monde pour corser tes émotions
Tu t'es croustilles une baguette de pain, et même Babar s'est trompé de pied! 
Faire du rafting sur le papayer et palmier une queue de poisson, rien ne t'as arêtee...
Et micocoulier l'abricot de Provence, tout en faisant une chorégraphie partouzee de LFMAO avec des perruques
Tiens, le sketch avec Olivier de Bohême, tu en as fait craquer des chenillettes, en suçant les pucerons sur leurs nuques! 
Je garde un merveilleux souvenir de ta toile microcosmos avec des fusains d'Europe
Tu ne t'es pas noyée avec Cathay, mais à Panama, tu as eu un savonnier, fan de pop
Oh, le concert avec Épicéa, belle voix de soprano! Parce que Newton, il a Apple à l'aide. C'était grave!
Sur les grands arbres, tu t'es enrichies de 40 écus en faisant du Yoga scandinave.
La chrysalide est devenue papillon, riche de mille et une histoires des cinq continents.
A Ibiza, les yeux bleus de Mélissa, toujours dévêtue, azuraient Malina d'un sourire volcan 
T'as azurée avec Dan Brown et Marie: tu as trouvée le code du Da Vinci
D'un battement d'ailes, tu as Battus devilliers qui était trop mouillère avec un bombyx myope, en photo dans Voici
Le bombyx plumait des ocelles aveugles avec un Agus sanguinaire à chaque aurore, une vraie barbarie
J'avais demandé aux belles dames, de te chanter " Ma cabane au Canada", devant les saumons roses, cachés dans la trésorerie
A Tahiti, tu as Flambée les bananes qui se vahinaient sur les hanches ondulantes
Le Parnassius apollo a déposé sa rose sur les seins des belles succulentes
Un miracle se produisit: tous les papillons se rejoignirent et dans une symphonie inachevée, battèrent et batterent des ailes pour offrir un arc-en-ciel magique, qui n'avait ni début, ni fin à toutes les Miss du monde
Cette acoustique lumineuse ont donnée le pouvoir aux anges-gardiens de les protéger des violences, du tiers-monde aux Joconde!  
2
6
0
2
Anna22
Blue Harmony. Un havre de paix, une véritable corne d'abondance où chacun peut réaliser ses rêves. Fifth en est une anomalie, un imparfait. Tentant alors de trouver sa place dans les légendaires combats d'arènes, et cela malgré ses piètres performances, le jeune homme ne cesse sa quête d'identité, soutenu par sa seule amie, la jolie Height.
Toutefois, quand pour une raison obscure, Fifth accepte de fuir la sphère utopique de BH, il ne se doute en aucun cas que cette décision provoquera un tournant radical dans son existence.

« Elles furent au nombre de huit, mais suite à la Grande Guerre, il n'en resta que quatre. Un fragile traité de paix fut alors signé, reposant sur l'existence d'un coffre dont personne ne connaissait le contenu. Ce coffre, il ne peut s'ouvrir qu'à l'aide de quatre clés... »

Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
9
6
35
16
Défi
Lean Mildon

Comme le dit la légende
Le phoenix renaît de ses cendres
Mais toi qui parle tout bas
Tu ne peux plus aimer ça

Cette vie, qui te fait souffrir
Mais qui finira par t'éblouir
Car je te redonnerai tant de confiance
Que tu iras bien même en mon absence

Abandonnée à la naissance, tu seras fière de me choisir
Toi ma chère amie à qui je ferais découvrir
L'envers du décor, des ruines chargées d'or
Dont toi seule connaîtra la clé, sacre de ton sort

Je te montrerai le ciel comme jamais tu ne l'as vu
Pour que chaque jour tu t'émerveilles moi qui ai toujours su
Que ton voyage commencerait par un premier pas
Ainsi où que tu ailles je te guiderai à travers toi, et te prendrai dans mes bras...

Toi mon amie qui veut tout oublier
Je ne te laisserai pas abandonner
Tu ne mérites pas que je te laisse passer de la lumière à l'ombre,
C'est pourquoi je resterai là pour toi à t'aimer les jours sombres.


12
26
1
1

Vous aimez lire Laulkhel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0