- Introspection -

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Griffin.

Je plante mes prunelles dans ses yeux. Que pouvais-je bien répondre ? Lui mentir ne servirait à rien. Lui dire la vérité serait révéler mon côté le plus sombre. Celui qui me dégoutait. Celui dont je voudrais me défaire pour l’enterrer.

Je me contente de la regarder en silence, jusqu’à ce qu’elle comprenne.

— T-tu aimes faire du mal ?

Je lève les yeux au ciel. Les gens pensent toujours que la violence apporte une certaine satisfaction. Pas pour tout le monde. Pas pour moi. Je soupire et recule, rompant tout contact entre nous.

— Non. Absolument pas. Je ne frappe pas dans des sacs pour mon plaisir. On va dire que ça draine mes émotions, qu’à chaque impact, j’arrive à en faire sortir un morceau. Jusqu’à ce qu’il ne me reste plus rien, juste mon corps, vidé. Je ne sais pas comment l’expliquer.

Elle m’observe en silence. Je n’arrive pas à deviner le fond de sa pensée. Comment lui faire comprendre ? Je ne dirais jamais que je suis quelqu’un de bien. J’ai fait des erreurs. Beaucoup même. Je ne cherche pas à me faire bien voir auprès des autres. Mes actes sont injustifiés et impardonnables. Le pire dans tout ça, c’est de vivre avec ce poids sur la conscience.

J’ai toujours été un gosse plutôt turbulent. Incapable de se contrôler. Comme un animal, c’était mon instinct qui parlait à ma place. Je ne réfléchissais pas, j’agissais. Ce comportement m’a valu de sévères punitions à l’école, des périodes d’exclusions au collège et au lycée et de bonnes engueulades à la maison. Jusqu’à ce que mon père se décide à m’enseigner l’art des sports de combat ainsi que l’équitation. Rhys n’a pas été qu’un simple cadeau. Ce cheval m’a aidé à me canaliser et à me recentrer sur moi-même. Ces êtres sont tellement sensibles… De véritables éponges qui absorbent toutes nos émotions. Nos débuts n’ont pas été faciles. Le mustang refusait que je reste en selle. Puis j’ai appris à canaliser ma colère. Cependant, lorsque mes excès de rage étaient trop importants, mon père m’emmenait dans cette même petite maison afin que je me défoule sur un sac. Que l’on soit à cheval ou prêt à se lancer dans un corps à corps, c’est pareil. Mon père me répétait sans cesse : “Si tu ne te maîtrises pas et fonce dans le tas, tu es sûr d’aller droit à ta perte”.

— Rien d’autre ne fonctionne ? Je veux dire, une activité qui n’implique pas forcément de violence ?

Une phrase bien salace traverse mon esprit et une ébauche de sourire apparaît sur mon visage.

— Mais non pas comme ça ! s’insurge-t-elle.

J’explose de rire et le calme trop sérieux qui s’était installé entre nous se dissipe.

— Si, l’équitation et le boulot avec les animaux en général. Je vis bien mieux depuis que je n’ai plus à aller me frotter aux gens en ville.

— Alors pourquoi tu as commencé à traîner avec le gang si tu avais une solution toute faite ? Sur ta propriété qui plus est !

Un éclair de tristesse me traverse. Betty a le don pour appuyer là où ça fait mal. Je ne peux pas lui en vouloir. Elle cherche juste le pourquoi du comment je suis comme ça. Même moi j’ai du mal à me comprendre. Peut-être qu’en parler me permettra enfin de réaliser certaines choses.

— Ma mère voulait une ferme. C’était son rêve à elle. Mon père n’a fait que l’aider à le réaliser. Aujourd’hui il a trouvé un certain calme dans ce métier. Il a appris à aimer les bêtes et après toute la violence qu’il a vécu quand il était dans l’armée, je crois qu’il a trouvé son havre de paix. Surtout, continuer l’activité ça lui permet de rester proche de ma mère.

Je m’assieds sur le tatami. Elle fait pareil.

— Quand elle est morte, j’ai refusé son départ.

Ma voix tremble, je ravale mes larmes comme je peux.

— Rester à la maison c’était la voir partout. J’avais ce poids sur les épaules. Sa mort sur la conscience. Je ne pouvais pas rester au ranch. Donc je suis allé m’installer chez mon oncle.

Je claque la langue de dépit.

— Une grosse erreur. J’étais tellement obnubilé par ma propre douleur que j’en ai oublié les sentiments des gens. J’ai commencé à boire et à prendre de la drogue pour apaiser ma souffrance. Ça marchait au début et puis, ça n’a plus été assez. Alors je suis allé plus loin, j’ai pris part aux affaires du gang et j’ai sauté le pas : je les ai rejoints. Je pensais que la violence allait atténuer mes propres maux. Je me suis tellement trompé. Ensuite, elle est devenue comme une punition : elle me rappelait mes erreurs et ce que je suis devenu.

Betty a les larmes aux yeux. Ça me révolte.

— Je ne mérite pas tes larmes tu sais. J’ai fait des choses ignobles. Je ne souhaite pas être pardonné. Je veux juste réparer le mal que j’ai fait. Alors n’aie pas de pitié. Je n’ai pas été quelqu’un de bien. Ma souffrance ne justifie en rien mes actes.

Elle hoche la tête et essuie ses yeux. Je renifle. J’ai les joues humides à cause de quelques larmes avides de liberté que je n’ai pas eu le courage de contenir. Je respire un grand coup. Je ne m’étais jamais confié sur mon ressenti. Cette introspection à deux m’a fait du bien. J’ai pu mettre des mots sur qui je suis.

— On va prendre l’air ?

La Française hoche la tête et nous remontons à la surface. Je déverrouille les portes et nous sortons. La brise fraîche me fait un bien fou. Il a plu pendant que nous étions en bas. L’odeur des feuilles humides pénètrent dans mes narines. La forêt bruisse de sons en tout genre. Les animaux vivent. La terre continue de tourner.

— Tu sais, je trouve ça bien que tu sois capable de te remettre en question et de réaliser que ce que tu as fait, c’est mal.

Je me tourne pour poser mes yeux sur elle.

— Regarde ton cousin ou Steve par exemple. Ils vont continuer à agir comme ils le font jusqu’à leur mort et c’est terriblement triste. Toi tu essayes de te déconstruire Griffin. Je ne suis pas en train d’excuser tes actes.

Je baisse les yeux, peu fier.

— Au moins, tu essayes de devenir quelqu’un de mieux. De bien. Tu as un bon fond. Tu es né avec un bon fond. Ta famille t’aime et je sais que tes parents t’ont inculqué les bonnes valeurs. Il faut juste que tu te retrouves. Que tu te reconstruises… Et surtout que tu reconnaisses ce que tu as fait pour pouvoir aller de l’avant.

On se regarde, yeux dans les yeux. Je ne sais pas quoi lui dire. C’est elle qui finit par rompre notre échange silencieux.

— Bon, un coup d’eau et on y retourne ?

— Ok.

Je la suis à l’intérieur. Nous redescendons, buvons dans nos bouteilles respectives et reprenons l’échauffement.



Whooops j'ai été tellement occupée que j'en ai oublié de poster hier ! Enfin ! Voilà quelques révélations de la part de Griffin ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, le ressenti que ça vous laisse vis-à-vis de Griffin :D

Je ne vous remercierai jamais assez pour vos votes et vos commentaires qui me donnent toujours plus envie de continuer l'aventure ! Et je tiens à remercier encore plus @Ladaline, @KanedaDkaaen et @ClarysOrm pour leur aide à la rédaction de ce chapitre ainsi que le suivant ! N'hésitez pas à aller les lire, ils ont une plume superbe ! 

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Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
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