- Apprends-moi -

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Elizabeth.

Je rumine sur mon lit. J’ai une requête à faire à Griffin, mais je ne sais ni quand, ni comment lui faire ma demande. Depuis qu’il m’a mise par terre avec une aisance à en faire pâlir n’importe quel amateur de combat, je n’ai plus toute ma tête. Pourtant, il le faut. Apprendre à me défendre serait un véritable atout. J’avais passé ma vie à en voir de toutes les couleurs, incapable de réagir au moindre coup. Je m’étais laissée faire, les yeux baissés, presque en tendant l’autre joue. Il était temps que je reprenne les choses en mains. Que je devienne cette fille forte que ma mère avait toujours su voir en moi.

Je sors mon téléphone de ma poche et souris.

[Kimberley] : J’avais oublié à quel point aller en cours c’était pourri ! Help ! Tout ça pour pouvoir être capable de reprendre l’entreprise de mon père…
[Elizabeth] : Crois-moi, tu seras contente une fois que tu auras terminé ce master de gestion !

Kim avait une chance que je n’avais jamais eue : celle de faire des études. J’avais arrêté l’école à mes seize ans. Sans brevet, sans bac, sans aucun diplôme, je n’avais rien pu faire. En fait, je n’en avais même pas eu l’envie, trop dégoûtée par le monde pour me dire que je devrais faire quelque chose de ma vie. Aujourd’hui, je regrettais. J’étais en colère contre ceux qui ne m’avaient pas poussé à poursuivre. En colère contre moi-même pour ne pas m’être battu plus que ça. Malheureusement, c’était du passé. Je ne pourrais jamais le changer.

Je soupire et change de destinataire avant de me remettre à taper.

[Elizabeth] : Tu es où ?
[Griffin] : Je viens de finir à l’étable. Je rentre là. Pourquoi ?
[Elizabeth] : J’ai un truc à te demander, je te retrouve dans ta chambre.

Le vu s’active en dessous de mon dernier message. Il ne prend pas la peine de répondre. En bas, j’entends la porte moustiquaire claquer. Je me tends, le souffle court. Je sors de ma chambre et traverse le couloir qui me sépare de celle de Griffin. Le soleil inonde la pièce en cette fin d’après-midi. Sa baie vitrée est grande ouverte, la brise faisant danser ses rideaux. L’endroit a bien changé depuis la dernière fois. Tout est impeccablement rangé et ça sent bon. Ça sent lui. Un mélange boisé et frais avec une pointe d’odeur de foin et de son déodorant vient me caresser les narines, me faisant frémir.

— Qu’est-ce que tu veux ? Tu as besoin d’aller en ville ?

Je sursaute et me retourne d’un bond pour lui faire face. Il tient son t-shirt sale dans une main qu’il balance dans sa panière à linge sale. Son jean tombe sur ses hanches, dévoilant le début d’un V fin. Je sens mes joues qui s’empourprent et je me dépêche de relever les yeux vers son visage. Une ébauche d’abdos me fait rebaisser le regard : je veux être certaine que ce que j’ai sous le nez est véridique.

— Elizabeth ? me relance-t-il, un sourire étincelant plaqué sur ses lèvres et du rire plein les prunelles.
— Mmmh ? Oui ! Je voulais te demander si heu…
— Oui ?

Il a croisé les bras sur son torse et ne me quitte pas des yeux. Je cherche mes mots autant que j’essaye de retrouver de l’oxygène.

— Tu sais te battre ?

Ses sourcils se dressent et d’une main, il vient frotter l’arrière de son crâne, faisant rouler les muscles fins de son épaule et de son bras.

— Ouais pourquoi ?
— Tu penses que-heu… tu pourrais m’apprendre ?

Je me mords la langue puis l’intérieur de la joue. Il va me prendre pour une grosse cinglée. Non, pire encore, il va me demander pourquoi ! Je baisse les yeux, perdue, le cœur martelant ma poitrine dans l’attente d’une réaction de sa part.

— Si tu veux. On y va maintenant ? lâche-t-il nonchalamment.
— Maintenant… maintenant ? répété-je, incertaine.
— Pourquoi pas ?
— Ok, je vais me changer.

Je m’attendais à tout sauf cette réponse. Griffin a toujours eu un don pour me prendre de court. Je passe devant lui et sors de sa chambre. L’esquisse de son corps n’est plus qu’un vague souvenir que le méandre de mes pensées engloutit. Je referme la porte de ma chambre derrière moi et enfile un legging aux motifs tropicaux : flamants roses et feuilles géantes dans des tons verts sombres. Je l’adore. Je viens maintenir ma poitrine grâce à une brassière rose. Par-dessus, je rajoute un débardeur ample. Je saute dans mes tennis puis attrape mon sac dans lequel se trouve toujours une bouteille d’eau. Je suis prête.

On sort de nos chambres en même temps. Je lui offre un sourire timide. Il a troqué son pantalon pour un short et a enfilé l’un de ses t-shirts larges.

— Parée ? demande-t-il.
— Oui !
— Alors c’est parti !

On descend dans le salon et nous sortons. Je m’attends à ce qu’il nous emmène dans une pièce secrète au fond du garage ou du pailler, mais à la place, il grimpe dans sa voiture. Je monte côté passager et il démarre. Je ne sais pas combien de temps, j’ai passé assise dans son pick-up, mais je suis sûre que ça fait beaucoup d’heures. Peut-être même qu’on pourrait compter en jour.

— Tu as appris pour… commencé-je.
— Le gang ? Non.

Je ne sais pas si je l’ai blessé, mais le silence qui vient de s’installer dans l’habitacle est pesant.

— Mon père a fait partie des Special Forces* pendant longtemps avant d’être éleveur. C’est lui qui m’a tout appris. Je n’ai pas été un enfant facile. J’avais du mal à gérer mes émotions. Aujourd’hui encore, c’est compliqué... Tu l’as bien vu. Les sports de combat me permettent d’évacuer beaucoup de choses, explique-t-il.

Je hoche la tête, peu convaincue que la violence soit la clef de quoi que ce soit.

— Enfin, frapper dans des sacs j’entends même si casser des têtes de cons du genre celles du gang ça détend aussi ! finit-il mi-sérieux, mi en riant.
— Je ne savais pas que ton père avait fait l’armée, finis-je par dire, pas du tout à l'aise avec son discours.
— Il n’en parle pas beaucoup.

Il enclenche le clignotant à droite et tourne sur un petit chemin de terre. Si au départ nous sommes entourés par des prairies, bientôt elles sont remplacées par de la forêt. Le dénivelé change pour devenir plus important et nous finissons par nous garer.

— Alors, tu reconnais ? sourit-il, moqueur.

Je fronce les sourcils et balaye le paysage. Rien ne me vient à l’esprit.

— Tu devais être trop bourrée, ce n’est pas grave.
Il sort et je fais de-même.
— Tu as vomi juste ici ! dit-il en pointant du doigt le sol.
— Hééé ! T’es qu’un con ! crié-je.

Nous nous mettons à rire.

— Allez, viens. Par contre, ne parle de cet endroit à personne ok ? Même pas à Kimberley.
— Motus et bouche cousue !

On se met en route, chacun avec son sac sur le dos. On monte encore un peu, suivant un chemin à peine perceptible dans la végétation. Les fougères sont presque aussi hautes que nous. Les arbres, nombreux, nous apportent un camouflage idéal. Ça doit grouiller d’animaux en tout genre ici.

Au bout de quelques minutes, une petite cabane finit par se dresser devant nous, collée contre la paroi de la falaise. Griffin sort une clef de sa poche et déverrouille la porte. Il nous fait entrer et referme derrière moi. La bâtisse en bois est complètement vide de meubles. Tout est propre : il n’y a pas une seule trace de poussière sur le sol. Je me demande bien pourquoi nous nous sommes déplacés jusqu’ici. Il nous fait passer une deuxième porte que je n’avais pas vue. Elle est faite des mêmes lattes que les murs de la maisonnette et n’a pas de poignée. La serrure est dissimulée à l’intérieur d’un nœud dans le bois. Très astucieux. Griffin la referme à double tour une fois que l’on est passé et allume la lumière. Cette fois, la pièce qui s’offre à nous est meublée. C’est très rustique. Tout est en bois. Il n’y a pas de fenêtre et je remarque rapidement que les murs sont en pierre. Nous sommes dans la falaise.

— C’est quoi ?
— Notre refuge en cas d’attaque ou de fin du monde. Mon père est un brin survivaliste sur les bords…
— Je vois ça !
— Fais comme chez toi.

Je pose mon sac à dos sur une chaise, découvrant cette petite maison de survivant. Cuisine, salon, et même deux petites chambres avec lits superposés et simples pour l’une et un lit double ainsi qu’un lit simple pour l’autre.

— Ton père pourrait presque en faire un gîte, rigolé-je.
— Ouais, tu parles. Allez, viens !

Il ouvre une trappe dans le sol et me fait signe de descendre. J’attrape ma bouteille d’eau et me glisse par l’ouverture pour emprunter les escaliers. Je découvre une pièce relativement grande. Les murs et le sol sont en béton. La lumière blanche des néons finit de donner à cet endroit une atmosphère froide. Je frissonne. Au fond de la pièce, du matériel de combat a été installé : tatamis, punching-ball, sacs de frappe, étagères pleines de gants en tout genre.

— Échauffe-toi, on va y aller doucement, me sourit-il.

Lui, il est déjà parti. Il remue ses poignets et ses bras, sautillant sur place afin que le sang afflue plus rapidement dans son corps et que ses articulations s’huilent. J’essaye de faire comme lui, de suivre ses mouvements.

— Tu veux apprendre quoi exactement ?
— A me défendre surtout et puis un ou deux coups qui me permettront de mettre mon adversaire ko assez longtemps pour que je puisse m’enfuir.
— Ok. Ça va te sembler compliqué au début et puis une fois que tu auras les gestes et que ça sera devenu une habitude ça ira tout seul.

Je n’en doute pas.

— Viens en face de moi. Montre-moi comment tu mettrais ton poing pour frapper.

Je fronce les sourcils et commence à regarder mes mains. Instinctivement, je rentre mon pouce sous mes doigts et lui présente mon poing. Il sourit et l’attrape. Il se met sur le côté pour me présenter son épaule et vient y écraser l’arme que j’ai créée. Mes doigts craquent sous l’impact. C’est sans douleur, mais je comprends que je viens d’échouer.

— Si tu mets tes doigts comme ça, non seulement tu ne feras pas mal à ton adversaire mais en plus tu vas te faire du mal à toi-même. Mets ton pouce comme ça, explique-t-il en prenant ma main.

Il rouvre mes doigts et les referme puis installe mon pouce sur mes deuxièmes phalanges. Il recommence le même petit manège, abattant mon poing sur son épaule. Je sens que l’impact est différent, plus puissant.

— Bon, frapper ce n’est pas pour tout de suite mais déjà tu as la base de la base. Maintenant, à ton avis, quelles sont les cinq zones les plus sensibles à atteindre pour mettre hors d’état de nuire un agresseur ?

Je me mets à réfléchir, me repassant mentalement des films d’action.

— Heeeeu, la gorge déjà ? Les parties génitales aussi… Sinon je ne sais pas.
— Bien vu. Il y a également les yeux et les genoux.

Je ne m’attendais pas du tout à de la théorie. Je l’écoute attentivement, retenant toutes ces informations qui pourraient m’être vitales.

— Un doigt dans l'œil entraînera une douleur importante, ton adversaire aura beaucoup de difficulté à se concentrer. Et en plus, ça peut gêner temporairement la vue. Frapper à la gorge permet de couper pour un temps la respiration de ton agresseur.
Il mime en même temps, avec le plat de sa main, un coup porté à ma propre gorge puis poursuit.
— Un coup bien placé au niveau du genou lui fera perdre l'équilibre, lui provoquera une forte douleur et peut même l'empêcher de se relever ou de marcher. Pour les parties génitales des hommes, je n’ai pas besoin de t’expliquer. En revanche pour les femmes, toi-même, tu le sais. Tu peux frapper au ventre et à la poitrine en plus d’entre les jambes. Vous y êtes beaucoup plus sensibles que nous. Ça va jusque-là ?

Je hoche la tête.

— Et le dernier alors ?
— Le nez. Tu peux tuer quelqu’un si tu t’y prends bien. Avec le plat de la main, si tu viens le frapper ici, avec assez de force, ça décroche un petit os qui, avec la propulsion du coup le fera remonter jusqu’au cerveau.

Sa main sous mon nez m’a coupé le souffle. Je relève les yeux vers lui. L’éclat dans son regard est devenu plus sombre. Il a l’air amusé et en même temps il est tellement concentré.

— Tu as déjà tué ? demandé-je.

___________________

Special Forces : unités militaires spécifiquement formées, instruites et entraînées pour mener un éventail de missions particulières, allant des « opérations spéciales (en) » dans le cadre d'un conflit classique à celles relevant de la guerre non conventionnelle.

On découvre la vie des Williams au fur et à mesure ! Lawrence aussi a ses propres secrets ! Les révélations  ne sont pas terminées !  Merci pour vos petits commentaires et vos votes sur les précédents chapitres ! <3

Je remettrais un petit mot dans le prochain chapitre mais je vais m'attaquer à un sujet sensible : la violence. Et encore une fois, ce que peuvent penser mes personnages ne reflètent pas ma vision du monde. Je n'essaye pas de créer un idéal dans mon roman mais bel et bien de dépeindre la réalité (comme moi je la vis et la vois). Je ne vous demande pas de valider mes propos et encore moins de valider mes personnages. On en reparle dans le chapitre suivant :D

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