- Barrel Racing -

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Elizabeth.

— Bah alors, tu ne me souhaites pas bonne chance Betty ?

Je plisse les yeux en observant son visage. Je sais qu’il me cherche. Encore. Cet homme ne changeait absolument pas. Je croise les bras sur ma poitrine, une lueur de défi dans les yeux.

— Non.

Je lui pique son mot favori et commence à sourire. Voilà ! Que ça lui fasse les pieds ! Je m’approche de son cheval, Rhys, et viens caresser son chanfrein. L’animal ferme les yeux sous la douceur de ma main, appréciant ce moment de plénitude. Je finis par venir embrasser le velouté de ses naseaux.

— Cours le plus vite que tu peux Rhys et surtout… Fais attention à toi dans les virages, ne va pas te blesser… murmuré-je à l’animal.

Il rouvre les yeux pour m’observer. J’aime penser que les animaux nous comprennent. Je lui offre un sourire ainsi qu’une dernière caresse et me retourne vers Griffin qui finit d’accrocher son numéro de participant à sa chemise. Son chapeau de cow-boy est vissé sur sa tête. Je me tourne ensuite vers Lawrence qui s’approche de nous, Grace perchée sur ses épaules.

— Je te laisse Grace ? Vous devriez aller dans les tribunes, ça va bientôt être à notre tour, m’annonce-t-il en attrapant sa fille dans les bras avant de la poser au sol.
— Oui, bien sûr ! Vient là ma puce, répondis-je en prenant sa main. Bonne chance Lawrence ! Faites attention à vous ! repris-je en lui offrant un sourire.
— Ne t’inquiète pas pour moi, je fais ça depuis des années. C’est plutôt à ce gamin qu’il faut souhaiter bonne chance, dit-il en riant tout en donnant une tape sur l’épaule de son fils.

Griffin répond en grommelant et se détourne pour vérifier la sangle de son mustang. Cloud, l’étalon de Lawrence est prêt lui aussi. Les deux hommes se mettent en selle et après un dernier signe de la main, disparaissent dans les couloirs autour du paddock de compétition. Je me hâte, Grace sur mes talons. On gravit les marches et on finit par trouver une place juste en face d’un des tonneaux. Les cavaliers défilent, chaque tour ne prenant que quelques secondes. Les chevaux sont magnifiques. Ils dégagent puissance et précision. Les hommes et femmes sur leur dos renvoient l’image de simples feuilles. Ils ont l’air si léger, parfaitement en harmonie avec leur partenaire à quatre pattes.

Enfin, Lawrence entre en scène, au grand galop. Le soleil fait briller la robe champagne de son cheval palomino. Ses crins blancs virevoltent dans l’air tandis que ses membres puissants s’étendent loin devant lui, le propulsant en avant. Il passe le premier tonneau, l’animal se mouvant avec aisance alors qu’il fait presque demi-tour sur lui-même, projetant un nuage de sable dans un bruissement. Il enchaîne les deux autres barils, Lawrence tenant à peine les rênes de son quarter-horse qui semble connaître le parcourt par cœur. La dernière ligne droite est parcourue en une fraction de seconde. C’est terminé. C’est passé beaucoup trop vite. Seulement, nous ne sommes pas en reste, Griffin fait son entrée juste après son père. Rhys, bien que sa robe soit plus banale, est tout aussi beau que Cloud. Son bai cerise reluit et ses très longs crins sombres aux pointes rousses lui donnent un air sauvage. Un vrai mustang. Pur et dur. Le parcours est enchaîné tout aussi rapidement, mais avec moins d’aisance. Ils perdent quelques secondes en touchant le dernier tonneau. Dommage… Il a quand même fait un très joli parcourt.

— Mince ! J’avais parié avec papa que Griffin allait faire un meilleur temps que lui… soupire l’enfant.

Je baisse les yeux vers Grace, amusée.

— Tu fais des paris toi ?
— Bah oui ! Tous les ans ! s’exclame-t-elle comme si c’était évident. D’habitude, je gagne… Parce que c’est Griffin qui réussit tout le temps ! C’est injuste ! bougonne-t-elle.

Je me mets à rire face à la fillette insurgée.

— Allez, viens, tu vas pouvoir aller réconforter ton frère et féliciter ton père !
— Non, c’est nul ! J’ai perdu mes bonbons !

Je l’observe râler tandis qu’elle descend les escaliers à côté de moi.

— Ne t’en fais pas, je vais t’en acheter d’autres !

Son visage s’illumine tandis qu’elle retrouve toute sa joie de vivre ! Elle part devant, sautillant au lieu de marcher.

— Tu vois que tu aurais dû me souhaiter bonne chance Betty… Je vais devoir te demander réparation, c’est de ta faute si j’ai perdu…

Je lève les yeux au ciel en me rapprochant du fils de Lawrence.

— Tu me passe son licol s’il te plaît ? me demande Griffin.

J’attrape l’objet convoité. Il enlève la bride de son cheval et lui passe son licol en cuir puis me tend la longe. Je la prends et le regarde enlever la selle, le tapis et les protections de l’animal.

— Tu peux l’emmener à la douche derrière toi ? J’arrive, je vais poser mon matériel.

Je hoche la tête et m’exécute. J’attache Rhys à l’anneau en métal à côté du tuyau d’arrosage. Il a bien transpiré, l’écume blanche recouvre son poitrail et ses reins. Je m’éloigne ensuite un peu pour laisser la place à Griffin qui revient. Il attrape le tuyau d’arrosage et commence à rincer l’équidé qui ne bronche pas. L’eau efface toute trace de transpiration. C’est incroyablement satisfaisant à regarder. Son poil se ternit, lui donnant une nouvelle allure. Je m’adosse à la barrière en bois qui délimite la douche. Mes yeux finissent par dériver sur Griffin. J’observe ses gestes précis. Il est concentré sur ce qu’il fait. Jusqu’à ce qu’il capte mon regard et qu’un sourire taquin vienne étirer ses lèvres. Je sais ce qu’il va faire. Je comprends, mais le temps que mon cerveau envoie les informations à mes jambes pour que je puisse m’enfuir ou me cacher, il est trop tard.

Je suis littéralement trempée de la tête aux pieds. La fraîcheur de l’eau m’a arraché un cri puissant. Ma chemise blanche et le t-shirt de la même couleur en dessous n’attendent pas pour devenir translucides. La panique me gagne, mais Griffin est encore plus rapide. En un tour de main, il a éteint le jet d’eau et il se trouve à mes côtés. Il m’attrape par le bras et me traîne jusqu’au van où il me pousse à l’intérieur avant de refermer la porte derrière nous.

— Je suis vraiment désolé, je n’ai pas réfléchi… Enlève ta chemise, m’ordonne-t-il.

Tétanisée, je le regarde déboutonner son propre vêtement.

— Betty ? Tout va bien, je te prête juste mon haut, le temps que le tient sèche ok ? tente-t-il de me rassurer.

Je ne suis plus là. Je suis sûre que tout le monde a vu. Les gens ont deviné. Ils vont me regarder avec pitié. Je sens les doigts de Griffin défaire mes boutons. Il me débarrasse de ma première couche trempée.

— Betty ? Faut que tu enlèves ton t-shirt aussi… Betty ?

Il claque des doigts devant mon visage et je reviens à la réalité. Je lui offre un sourire timide, retrouvant un peu de ma vigueur.

— Quoi ?
— Ton t-shirt ?
— Oh ! Oui ! Mais… tourne toi…

Je ne mets des soutiens-gorges que pour des occasions particulières. Et se promener tout simplement n’en faisait pas parti. J’attends qu’il se tourne et ôte le dernier bout de tissu qui me recouvre. J’attrape ensuite sa chemise et l’enfile. J’apprécié le côté rêche et sec du coton sur ma peau. La chemise est trois fois trop grande, mais tant pis. Je retrousse les manches, rentre le bas dans mon short et laisse ouvert les premiers boutons pour un style oversize.

— C’est bon.

Il se retourne et m’observe longuement.

— Ça te va bien.
— Merci. Et ne va pas t’imaginer que je t’appartiens parce que je porte un vêtement à toi !

Il explose de rire.

— En parlant des fringues que je te prête… Mon sweat, tu l’as toujours ?

Je m’empourpre. Si seulement il savait… Il me sert de doudou. Son odeur m’apaise et m’aide à m’endormir. D’ailleurs, j’en profite pour inspirer longuement. Son parfum vient faire frétiller mes narines… C’est frais et chaud à la fois. Boisé avec un peu de sueur et une fine odeur de déodorant pour mâle. Le genre de truc qui te dégomme les poumons quand tu oses le respirer lors de l’activation du spray. Étrangement, là, j’aime bien.

— Oui… répondis-je en détournant le regard.
— Tu comptes me le rendre un jour ?
— Non… tenté-je.
— Ok. On y va ?

Je hoche la tête, hésitante. Je ne suis pas certaine de vouloir retourner dehors et il semble lire ma peur dans mes traits.

— Betty, personne n’a rien vu. Ne t’en fais pas. Et au pire, tu t’en fous. Tu ne reverras personne ici et eux, ils t’auront oublié dans dix minutes. Viens. Tu me fais confiance non ?

À nouveau, je fais oui de la tête. Nous sortons et on retourne auprès de Rhys qui semble s’être endormi, la tête appuyée contre le mur et le soleil réchauffant son dos.

— Allez mon gros, on va rentrer.

Je l’aide à charger l’animal et Lawrence arrive quelques minutes plus tard pour faire monter Cloud dans le van. En passant, il me sourit, un sourcil relevé. Je sais que c’est pour la chemise. Il ne fait aucun commentaire à ce propos. Je crois que ça lui plaît que Griffin et moi soyons devenus amis.

— Pourquoi tu as la chemise de Griffin !? s’enquit Grace qui accompagne son père.

Les enfants dans toute leur splendeur. Incapables de tenir leur langue !

— Parce qu’il m’a arrosé avec le tuyau d’arrosage pendant qu’il douchait Rhys… répondis-je.
— Ooooh, mais moi aussi, je voulais faire une bataille d’eau !
— Une prochaine fois… lui dis-je avec un sourire.

On rentre tous ensemble à la maison. Encore une nouvelle journée de terminée.

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