- Joyaux de la Terre -

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Elizabeth.

Lawrence et Griffin sont partis chercher de quoi ravitailler les troupes, nous abandonnant, Grace, Cowa et moi au stand. Nos ventres n’arrêtent pas de gargouiller, criant famine, ce qui nous fait beaucoup rire.

— J’espère qu’il va prendre des sandwichs au poulet et à la mayonnaise ! Ils sont trop bons ! s’exclame la gamine en tapant dans ses mains.
— Tu es bien trop gourmande Grace ! rie-je en la prenant dans mes bras.
— Comme sa mère !

Instinctivement, je me mets debout et recule avec l’enfant dans les bras. Je visse mes yeux dans ceux de l’homme qui vient de s’adresser à nous. Méfiante, j’effectue un nouveau pas en arrière. À nos pieds, Cowa s’est mise en position de défense, le poil hérissé et les babines retroussées, grognant sa haine vers l’individu.

— Voyons, n’ayez pas peur, je suis un ancien employé de la ferme. Je m’appelle William, dit très calmement l’inconnu.
— On ne m’a jamais parlé de vous, répliqué-je froidement.
— ça ne m’étonne pas, les employés vont et viennent, explique-t-il tout sourire.

Il est trop gentil. Ses lèvres étirées jusqu’aux oreilles ne m’inspirent pas confiance. Une légère brise au goût alcoolisé vient chatouiller mes narines et mon estomac se tord. Que voulait cet homme ? Je l’observe plus intensément, cherchant une réponse sur son visage. Il est grand, carré… Très massif. Son visage est plutôt rond bien que sa mâchoire soit droite. Ses cheveux bruns aux reflets roux retombent en boucles légères sur son front. Ses yeux clairs, quasi-limpides, me rappellent ceux de Griffin.

— Vous voulez acheter de la viande ? Voir Lawrence ? demandé-je en tentant de garder mon calme malgré la peur grandissant dans mon ventre.
— Oh non, non, je passais juste voir si Georgia était dans le coin ? dit-il innocemment.

La situation devient de plus en plus étrange et mon malaise ne cesse de s’intensifier. À quand datait sa dernière visite pour ne pas savoir que Georgia était décédée ? Grace finit par attirer mon attention en tirant sur ma manche et je tourne la tête vers elle. La main sur sa bouche, elle se penche à mon oreille pour y chuchoter un secret.

— Papa ne l’aime pas. L’année dernière, il est venu sur la propriété et il l’a chassé. Maman n’était vraiment pas contente de le voir non plus… Personne ne l’aimait.

Je me redresse et plante mes yeux dans ceux de William, essayant de me faire la plus grande possible.

— Je vais vous demander de partir. Vous n’êtes pas le bienvenu ici, lancé-je, intransigeante.

Instantanément, l’expression sur le visage de William change. Sa face se tord par la colère et il vient frapper de son poing la table du stand, nous faisant sursauter toutes les trois. La surprise passée, la chienne se met à aboyer avec ardeur. Je l’attrape par son collier juste avant qu’elle ne bondisse à la gorge de l’inconnu. Grace, que j’ai reposée par terre, s’est réfugiée derrière mes jambes.

— OU EST GEORGIA !? hurle-t-il.
— Je ne sais pas ce que vous lui voulez mais elle n’est pas là ! Partez ! poursuivé-je sans me laisser démonter.

Je jette un regard circulaire et vois que le vacarme a commencé à rameuter les badauds. Je prie intérieurement pour que Lawrence et Griffin ne tardent plus de trop. Je ne vais pas pouvoir gérer la situation plus longtemps.

— Je sais qu’elle est ici. Elle ne rate jamais cette foire ! Je dois la voir ! Nous devons parler d’une chose importante ! poursuit-il en baissant d’un ton.
— Et bien ça devra attendre.
— WILLIAM ! HORS D’ICI !

Tel une furie, Lawrence se jette sur l’ivrogne et l’attrape par le col pour l’entraîner loin du stand. Je les entends se hurler dessus sans comprendre le sens de leurs phrases. Peu de temps après je vois la sécurité accourir dans leur direction. Bonne chance à eux…

— Vous allez bien ? Il ne vous a pas touché ?

Je me tourne vers Griffin qui vient de poser la nourriture sur la table afin de prendre sa petite sœur dans ses bras et l’observer sous toutes les coutures. J’en profite pour relâcher Cowa que je me mets à caresser affectueusement.

— Il n’a rien fait. Qui c’était ?

— Un ancien employé que ma mère a viré. C’est un gars qui est devenu addict des paris et il a fini par s’endetter… Il a sombré dans l’alcool et est devenu super violent à la ferme. Que ce soit avec les animaux ou avec nous. Il a réussi à casser quelques dents à Cowa en lui envoyant un caillou sur la gueule. Quel connard ce type… explique Griffin, la mâchoire serrée.

Je déglutis en l’écoutant. On l’a échappé belle avec Grace.

— J’espère que ton père n’aura pas de problèmes… commencé-je.
— Non, on ne lui dira rien. William a une ordonnance restrictive. Il n’a pas le droit de nous approcher… dit-il en reprenant les sandwichs dans ses mains. Bon, j’espère que ça ne vous a pas coupé l’appétit parce que j’ai ramené des sandwichs poulet-mayonnaise !
— Ouais ! J’en avais trop envie ! Merci ! piaille Grace en levant les mains pour en avoir un.

Grace prend le sachet qu’il lui tend et je me saisis d’un autre qui se trouve encore sur la table. La chienne s’est rallongée à nos pieds, plus calme que jamais.

— Il cherchait ta mère… dis-je en ouvrant l’emballage de ma boîte.
— Il vient toujours en demandant après elle, répond-il, pas surpris le moins du monde.
— Tu sais pourquoi ?
— Non. Ma mère avait beaucoup de secrets et celui-là en est un. Même mon père n’est pas au courant.

Je ne pose pas plus de questions, consciente qu’il en a déjà beaucoup dit sur sa mère. J’ai vu son visage se fermer et je ne voudrais pas qu’il perde sa bonne humeur. Je me contente de manger en silence, attendant patiemment le retour de Lawrence.

— Bon ! Je suis vraiment désolé les filles, je ne pensai pas que cet idiot serait venu jusqu’ici pour nous trouver. Normalement, il ne reviendra plus jamais nous n’embêter. Vous pouvez être tranquille, annonce Lawrence en prenant place sur une chaise.
Mon patron n’a pas l’air d’être trop troublé non plus par cette apparition inattendue. William devait se montrer régulièrement.
— Chouette ! Je le déteste, il me fait peur avec son gros nez rouge ! grogne Grace, la bouche pleine.
— Grace ! m’exclamé-je, ne sachant si je dois rire ou la reprendre.
— Elle a raison… poursuit Lawrence, amusé.

On explose de rire et finit de manger en discutant. Cette ombre sur notre milieu de journée finit par se dissiper. Pourtant, je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il voulait à la mère de Grace et Griffin. Ce qu’il avait bien pu faire pour revenir encore et encore et vouloir s’expliquer avec elle. Mais surtout, comment cette femme avait-elle pu garder ce secret ? En avait-elle d’autres ?

Des doigts qui claquent devant mon visage me tirent de ma rêverie. Je lève les yeux pour rencontrer ceux de Griffin.

— Tu penses à quoi ? demande-t-il.

Je détourne les yeux. Je remarque que Lawrence et Grace ne sont plus là. Mince… Je ne veux pas lui parler de sa mère.

— Laisse moi deviner… À ma mère ? dis-moi ce qui te tracasse, continue-t-il.
— Comment elle a fait pour ne rien vous dire ? demandé-je timidement.
— Ma mère a toujours adoré écrire. Elle se confiait à ses journaux intimes. Elle les confectionnait elle-même. Elle écrivait page par page et à la fin de l’année, elle les reliait pour en faire un carnet. Elle peignait elle-même ses couvertures. C’était son jardin secret. Mon père l’a toujours respecté et moi aussi.
— Et qu’est-ce qu’elle a fait de ses carnets ?
— Elle les a cachés. Personne ne sait où ils sont à part elle. Mon père a juste réussi à retrouver les pages de l’année dernière, celles qu’elle n’avait pas encore relié.

Je hoche la tête.

— Tu lui ressembles beaucoup, tu sais, lâche-t-il.

Je lève les yeux vers lui, les sourcils froncés, intriguée.

— Vous dégagez une force incroyable malgré la grande mélancolie qui danse dans le fond de vos yeux. Elle disait qu’elle était un joyau de la terre. Toi aussi, tu en es un. Vous êtes des diamants que l'on a essayé de briser, mais en vain. Les fissures seront toujours là, mais vous n’avez rien perdu de votre valeur, au contraire.

Il me sourit. J’ai les larmes aux yeux. Je n’arrive pas à parler, j’ai l’impression d’avoir un couteau dans la gorge. Je suis émue et touchée. Il a mis les mots sur ce que je ressentais depuis longtemps.

— Pleure pas Betty. Garde ta sensibilité pour toi. Sinon les autres vont te penser fragile et vont abuser de toi.

Il vient cueillir le fruit de ses paroles au coin de ma paupière. J’arrive enfin à avaler. À mon tour, je lui offre un sourire.

— Je sais qu’avec toi, je ne risque rien, lui confié-je.

Et pour ponctuer ma phrase, je ferme les yeux, laissant à nouveau deux sillons chauds traverser mes joues.

J'espère que ce chapitre vous a plu ! Si c'est le cas n'hésitez pas à laisser un petit coeur ou un petit commentaire huhu ! Le prochain sera posté mercredi !

Encore un peu de stress ! Bon, il était gentil ceci-dit, il ne s'est rien passé de trop grave sur le moment ! Et sinon encore des secrets ! J'adore ça ! Que cache Georgia ? Qui est ce William et qu'a-t-il fait ?
Et sinon... Encore un chouette rapprochement entre Griffin et Betty <3

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Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
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