- Sortez de ce corps -

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Le paysage défile à vive allure derrière la vitre. J’observe ces montagnes qui se profilent à l’horizon et la verdure qui s’étale encore et encore, en harmonie parfaite avec le bleu du ciel. Je ne m’attendais pas à ce que l’on parte avec un chargement aussi important. Je me retourne pour observer le van. Tout semble calme à l’intérieur. Nous transportons Rhys, le mustang de Griffin et Cloud, l’étalon quarter-horse de Lawrence. Ils se sont tous les deux inscrits à un concours de barrel racing. Si un jour, on m’avait dit que j’allais vivre ce rêve éveillé, j’aurai simplement ri.

— Kim vient non ?

Je tourne la tête vers mon compagnon de voyage qui a décroché ses yeux de la route pour me parler. Depuis quand il daigne faire la conversation au volant ?

— Oui, elle est déjà arrivée, répondis-je.
— Ça ne m’étonne pas, ses parents font des dons tous les ans et aident à la mise en place de la fête, m’explique-t-il.
— J’ai l’impression qu’ils font pas mal de choses pour maintenir les traditions en place…
— Oui, de vrais conservateurs !

J’observe Griffin qui semble bien plus jovial qu’à son habitude. Depuis quelques jours, une force nouvelle s’est emparée de lui. Il s’est mis à aider aux tâches de la maison, à aller de lui-même rendre service à son père et il a même pris un peu de son temps pour le passer avec Grace et jouer avec Cowa. Nous nous sommes tous demandé quelle mouche l’avait piqué.

— Tu vas voir, c’est vraiment chouette comme événement ! Il va y avoir des rodéos à dos de chevaux et de taureaux, des courses de chevaux, des concerts, des expos agricoles et d’animaux et le meilleur… Des stands de dégustation ! Il y a même un grand parc d’attractions ! s’exclame Griffin.

Je reste figée sur son sourire sincère. L’idée a l’air de vraiment lui plaire. Sa bonne humeur finit par me gagner et je me détends un peu. Il n’a plus l’air de chercher à vouloir me piquer à vif.

Le silence s’installe et j’allume la radio. Je me laisse bercer par la musique country, jusqu’à ce que Griffin, encore plus excité reprenne la parole.

— Il y a aussi une grande piste de danse en extérieur, devant l’estrade principale où chantent les célébrités les plus connues. Tous les soirs, ça devient la folie et on se retrouve tous pour danser et faire la fête ! Tu sais danser Betty ?

Je tourne la tête pour croiser son regard qu’une lueur malicieuse a allumé.

— Pas vraiment non. Je connais le Madison… Autrement mes talents de danseuse se résument à danser comme un sims, lâché-je en me grattant le sommet du crâne, gênée par cet aveu.

Il pouffe de rire.

— C’est déjà pas mal le Madison… J’espère que tu apprends vite sinon tu risques de passer la soirée assise !
— Comment ça ? demandé-je, interloquée.
— Les mauvais danseurs ne font pas long feu sur la piste… Tu verras bien ! On arrive !

On tourne à droite tandis que tout le reste du convoi nous dépasse pour continuer à rouler vers le Montana ExpoPark. Je fronce les sourcils tandis qu’on se gare face à un joli petit cottage en bois qui donne sur une prairie verdoyante.

— Allez Betty ! Ne fais pas cette tête, on va les rejoindre après ! Viens m’aider à descendre les chevaux ! ordonne-t-il gentiment.

Je sors et claque la portière de la voiture pour le rejoindre jusqu’à l’arrière du van. Il a déjà ouvert l’imposante porte en métal.

— Tu vas les détacher s’il te plaît ? Je vais les réceptionner à la sortie.
— Ok.

Je rentre dans le van par l’ouverture à l’avant et tire sur les nœuds des longes avant de poser les cordes sur les encolures des équidés. Ces derniers reculent d’eux-mêmes jusqu’à se retrouver à l’extérieur. Griffin prend en charge Rhys et me tend la longe du cheval de son père.

— Enlève-lui ses protections, on va les lâcher derrière la maison, poursuit-il, toujours sur un ton doux bien qu’il soit direct.

Il me sourit et je ne peux m’empêcher de faire de même. J’ai l’impression de découvrir un tout nouveau garçon et c’est assez étrange. Je prends la corde du cheval palomino et enlève les mousses qu’il a aux quatre membres ainsi qu’un la queue. Je suis ensuite Griffin jusqu’à la prairie où nous lâchons les deux chevaux. On les observe renifler leur nouvel habitat. Rhys finit par envoyer un coup de cul phénoménal, rapidement suivi par Cloud. Ils partent au grand galop, la queue en panache et ronflant de plaisir face à cette pseudo-liberté. Ils sont magnifiques. Le soleil fait briller leur robe. Leurs muscles saillants rappellent leur puissance sauvage.

— Jamais je ne me lasserais d’un tel spectacle… chuchote Griffin pour ne pas rompre le charme du moment.
— Moi non plus…

On se lance un regard entendu et nous détournons de la scène.

— J’ai un petit quelque chose pour toi Betty, annonce-t-il.

Je m’arrête, surprise. Ce n’était pas possible, quelqu’un d’autre avait pris possession du corps de Griffin Williams !

— Tu ne m’as tout de même pas acheté une boîte de préservatif ! m’exclamé-je en riant.
— Tu n’en auras pas besoin ici. Je t’assure que tu ne souhaites pas te retrouver dans le lit d’un de ces cow-boys puants ! répond-il sèchement, les joues rouges et les poings serrés.
— Mooooh bah alors Griffin, finalement, on a un petit faible pour les lionnes ? répliqué-je, acerbe, le prenant de court à son petit jeu.

Il l’avait bien mérité celle-là ! Je me remets en route et passe devant lui tout sourire.

— Alors, ce petit quelque chose ? Tu ne veux plus me l’offrir ? demandé-je le plus effrontément possible.

Il grommelle dans sa barbe et finit par me rejoindre à la voiture. On sort nos affaires respectives puis nous entrons dans le cottage après qu’il ait déverrouillé la porte. La maisonnette ressemble plus à un chalet qu’autre chose. L’intérieur est ravissant, tout en bois. Les couleurs vives du mobilier permettent de le faire ressortir sur le bois sombre. C’est parfaitement cosy. Une grande baie vitrée donne sur la prairie où sont désormais en train de paître Rhys et Cloud. Les deux chambres sont quasiment identiques : l’une à un lit double et l’autre, deux lits simples.

— Vous prenez le lit double avec Grace, me dit Griffin.
— Oui, Lawrence m’avait prévenu. Désolée, tu ne pourras pas faire dodo avec papa…
— Tais-toi Betty.

Je ris et rentre dans ma chambre. Normalement, je suis censée rester toute la semaine pour surveiller Grace ici. Lawrence allait assurer une permanence au stand de la ferme tous les jours. C’étaient les employés qui allaient gérer la ferme pendant son absence.

Je range mes affaires dans la penderie en prenant soin de prendre les étagères du dessus pour laisser celles du bas à Grace.

— Tiens.

Griffin me tend un sac en papier kraft. Il s’est changé, abandonnant ses éternels vêtements trop grands et sombres pour une chemise en coton bleue, un jean noir, des bottes et un chapeau de cow-boy. Le contraste est saisissant. Ses habits sont parfaitement taillés et le bleu de son haut met en valeur le gris de ses yeux.

— Si tu continues, tu vas finir par baver sur le tapis Betty, dit-il ironiquement.

Je me reprends et lui arrache le sac des mains.

— Tu as de la chance d’être venu avec un présent sinon je vous aurai foutu dehors toi et ton impertinence ! lâché-je, prise en flagrant délit de reluquage.
— C’est cela même ! Ouvre maintenant !

Il a les yeux qui brillent d’excitation. J’ai presque peur du contenu du sac. J’écarte le papier et plonge ma main à l’intérieur pour en sortir plusieurs vêtements ainsi qu’une paire de bottes et une ceinture. Je lève les yeux vers Griffin, interdite face à ce geste.

— Kim m’a aidé à choisir… ça te plaît ? demande-t-il.

Je dépose mes cadeaux sur le lit, découvrant une chemise comme la sienne, verte. Il y a également une robe jaune, à manches longues, avec un décolleté ravissant et dont le dos est couvert. La ceinture en cuir est dotée d’une grosse boucle dorée. Tout est absolument parfait.

— J’adore ! Merci infiniment ! m’exclamé-je, sincère.

Je me jette sur lui, sautant dans ses bras. Il me rattrape au vol et me laisse me presser contre lui. Son étreinte est douce, son odeur, boisée, vient chatouiller mes narines.

— Avec plaisir Betty… chuchote-t-il à mon oreille.

Je le sers une dernière fois puis le délaisse pour retourner observer les différents tissus colorés. On ne m’a jamais fait de cadeaux de la sorte. A part mes parents j’entends. Je reconnais le style de Kim pour la robe. Pourtant, j’ai l’impression que c’est Griffin qui a choisi les couleurs.

— Je te laisse te changer, je t’attends dans la voiture.
— J’arrive ! Merci encore, c’est parfait ! dis-je en me retournant.

Mon regard ne rencontre que la pièce vide de toute présence. Le fils de Lawrence s’est déjà volatilisé.

J'espère que ce chapitre vous a plu ! Le prochain sera posté samedi !

Et sinon ce Griffin de bonne humeur ? Il est chou et prévenant pas vrai ? N'oubliez pas comment il était sinon vous allez vite tomber de haut hihi !

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Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
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