- Titanic -

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Griffin.

La vie a repris son cours comme si de rien n'était après le week-end à Hebgen Lake. J'ai ramené Betty et nous avons retrouvé notre éternelle distance. Mon père, Grace et Cowa sont rentrés de leur périple chez mes grands-parents et ce fut comme s'il ne s'était jamais rien passé. Que je n'étais jamais parti. Personne n'a rien dit. Nous avons échangé des civilités et tue les douleurs. Ouais, c'était reparti et nous avons laissé le temps nous filer entre les doigts.

La fin du mois de juillet a toujours annoncé le plus grand événement annuel de l'état : The Montana State Fair. Pour mon père, c'est le moment de l'année tant attendu où il peut présenter à l'entièreté du pays la qualité de sa viande bio et surtout... Tenter de vendre son plus beau taureau pour la saison suivante de rodéo. Il est le seul dans sa catégorie à proposer de telles bêtes et il est rare qu'il parvienne à faire partir ses mâles considérés trop faibles comparés aux autres, élevés au maïs OGM. Cependant, ça ne l'avait pas empêché de continuer à croire en lui, affinant d'année en année son élevage jusqu'à avoir des bêtes immenses aux longues cornes et aux muscles apparents. C'était toute l'histoire de sa vie, sa passion. Je l'admire énormément pour ça.

Cette année, le taureau que nous allions présenter était le plus bel animal que l'élevage n'avait jamais engendré. Du haut de son mètre soixante au garrot, la bête entièrement rousse n'était composée que de muscles avec ses presque neuf cents kilos.

— Griffin, viens m'aider à faire monter les vaches dans le camion s'il te plaît !

Malgré tous les événements passés, je ne pouvais m'empêcher de ressentir une excitation certaine. Elle avait envahi tout mon corps, faisant palpiter chacune de mes cellules. J'avais incroyablement hâte d'y être.

Le camion avait été positionné en face de l'ouverture du parc où cinq vaches, les plus belles, avaient été mises en attente. Avec mon père, on ouvre la porte arrière du véhicule que l'on pose sans délicatesse sur le sol. On installe des barrières pour éviter que les demoiselles à corne ne sautent sur les côtés. J'entre dans le paddock, me mettant derrière les animaux tandis que mon père ouvre la barrière.

— Allez ! crié-je.

Je tape dans mes mains avec force et les vaches se mettent en route nonchalamment, gravissant la plateforme pour aller s'installer au fond du camion dans un nuage de poussière.

— Bien joué, fiston. Ce sera moins évidant avec Titanic, félicite mon père, un grand sourire rayonnant sur son visage.

Je me mets à rire, jetant un coup d'œil au monstre. Si pour le moment, il a l'air paisible, les yeux mi-clos au fond de son enclos, ça ne va pas durer. Nous n'avions jamais torturé cette bête, mais nous n'avions pas non plus fait en sorte qu'il est l'habitude de nous, êtres humains. Bien au contraire.

Le deuxième camion est approché, conduit par l'un des employés. On reproduit les mêmes gestes, abaissant la porte puis installant des barrières. Cette fois-ci, on les double et on les attache bien plus fermement. Titanic nous observe dorénavant d'un œil mauvais, appréciant peu qu'on vienne le déranger dans sa sieste matinale.

— Tu fais attention Griffin... s'inquiète mon père alors que je suis en train d'enjamber la barrière.
— Oui papa... tu sais bien que j'ai déjà fait du rodéo... Titanic a beau être énorme, il ne me fait pas peur, soupiré-je en levant les yeux au ciel.

J'avais gagné quelques trophées qui avaient fait la fierté de ma famille. J'avais délaissé ce sport assez vite, le trouvant bien trop dangereux pour ce que c'était. Ce qui ne m'empêchait pas, de temps à autre, de remonter sur une vachette pour m'amuser.

La porte moustiquaire qui claque contre le chambranle me fait tourner la tête en direction de la maison. Betty et Grace sont en train de terminer de charger la voiture avec les caissettes de viande congelée. Je crois bien que les filles sont aussi excitées que moi. Je leur fais un signe de la main, ce qui fait froncer les sourcils de la Française et plisser les yeux de ma petite sœur. Elles me répondent timidement, peu certaines de savoir comment réagir à mon trop-plein d'engouement. Je ne leur en veux pas.

Je saute dans le sable de l'enclos du taureau roux. Ce dernier ne me quitte pas des yeux, ronflant d'énervement et frappant le sol du sabot. Oui, il était incroyablement agacé. Derrière lui, la porte s'ouvre, mais il ne bronche pas, toute son attention rivée sur moi. Je respire lentement, me mouvant le plus doucement possible. L'animal n'allait pas tarder à charger avec toute la hargne du monde. Je le fais tourner sur lui-même, jusqu'à ce que le camion se trouve dans mon dos et donc, en face du taureau. C'est le moment que je choisis pour l'exciter. Je me mets à bouger, lançant mes bras dans tous les sens et criant. Titanic ne se fait pas prier et s'élance, la tête baissée, ses cornes bien mises en avant pour m'embrocher s'il en a l'occasion. Je me mets à courir, bondissant dans le camion pour qu'il y monte à ma suite. Arrivé au bout, je saute par la porte avant et referme derrière moi. Lawrence a également clos le battant arrière. Le taureau, furieux, bouge dans tous les sens, faisant tanguer le véhicule dans un bruit sourd.

— Voilà qui est fait ! Merci Griffin. Va préparer tes affaires, je m'occupe de faire monter les chevaux dans le van.
— Avec plaisir papa !

Je lui fais un salut militaire et me détourne de lui pour courir jusqu'à la maison. Les filles ont disparu et je les soupçonne d'être, elles-mêmes, en train de finir leurs bagages. Je monte dans ma chambre où mes vêtements sont à moitié fourrés dans un sac de voyage. J'y entasse le reste qui traîne sur mon lit. Je ne suis pas encore très sûr du nombre de jours où j'allais rester là-bas : les festivités s'étendent sur toute la semaine. Mon père s'était fait attribuer une petite maison, comportant deux chambres. Il était prévu que les filles dormiraient ensemble dans l'une et les garçons, dans l'autre.

— Depuis quand Griffin Williams déborde d'énergie et de bonne humeur ?

Je sursaute et me tourne vers l'entrée de ma chambre. Betty est posée sur une épaule dans l'embrasure, les bras croisés. Elle m'observe de son regard printanier, un fin sourire étendant ses lèvres rosées. Je ferme mon sac, la laissant poireauter quelques secondes puis je me retourne pour lui faire face, armé du sourire en coin qu'elle déteste tant.

— Je pensais que tu avais saisi... Mon truc, ce sont les taureaux, répliqué-je.

Son front se plisse alors qu'elle tente de comprendre le double sens de ma phrase. Je ne la quitte pas des yeux, admirant avec plaisir ses joues s'empourprer alors que sa bouche s'ouvre et se ferme.

— Oh... je... je n'avais pas compris, balbutie-t-elle.

J'explose de rire face à sa tête décomposée. Je ne peux m'empêcher de me rapprocher d'elle afin de la déstabiliser encore plus.

— Je déconne Betty... T'es mignonne quand tu perds tes moyens... Ne t'en fais pas, je préfère les jeunes pouliches encore vertes dans le travail, lui soufflé-je en plongeant mes yeux dans les siens.
— T'es vraiment trop con Griffin ! grogne-t-elle en me repoussant de toutes ses forces avant de faire volte-face pour disparaître à l'intérieur de sa chambre.

Amusé par la tournure de la situation, je l'y poursuis pour la trouver en train de fermer son sac.

— Pourquoi tant de haine Betty ? Tu es déçue parce que toi, tu fais partie de la catégorie des lionnes, c'est ça ? poursuivis-je en riant.
— T'es qu'un idiot à oser ranger les femmes dans des cases en fonction de leur comportement ! Hors de ma chambre ! Va-t'en ! gronde la Française en tentant de me chasser.
— Tu ne pourras pas me repousser éternellement ma belle, la route on la fait ensemble... Grace monte avec notre père. Nous n'avons pas eu la chance d'avoir des pick-up quatre places.

Face à la décomposition de son visage, je suis obligé de me mordre la lèvre inférieure pour ne pas exploser de rire.

— Rhooo ne fait pas cette tête Betty, je te promets que l'on va s'amuser tous les deux ! Ce n'est que trois heures de route après tout ! poursuivis-je, hilare.

Je sors de sa chambre juste avant qu'une chaussure ne s'écrase contre la porte que j'ai claquée derrière moi. Grace arrive à ce moment-là, son petit sac sur le dos.

— Qu'est-ce que tu as fait à Beth encore ? s'enquit-elle, les sourcils froncés.
— Rien ma belle, allez viens, on descend, c'est l'heure de partir ! la rassuré-je.

Je la prends dans mes bras, attrape mon sac sur le lit ainsi qu'un autre, en papier, sur le sol, et dévale les escaliers avec ma petite sœur dans les bras. Cette dernière me regarde avec le plus beau des sourires, ravie de notre promiscuité nouvelle. Mon cœur se serre et pendant un instant, j'hésite à la reposer à terre. À la place, je lui retourne son sourire et l'embrasse sur la joue. En sortant, je balance mes sacs dans la benne de ma caisse puis je la dépose à l'arrière du pick-up de mon père.

— Toi, jeune fille tu vas voyager ici. Un bon bol d'air frais ne te fera pas de mal et peut-être qu'il t'aidera à perdre cet air idiot que tu as sur le visage ! dis-je en la plaçant à côté des sacs.
— Je ne suis pas une idiote ! s'écrit-elle, outrée.
— Je n'ai pas dit ça ! répondis-je, un nouveau fou rire me prenant à la gorge.
— Les enfants on ne commence pas ! intervint mon père.

Il nous contemple depuis le haut du porche, les yeux pétillants d'amusement face à cette situation insolite. Elizabeth sort derrière lui puis il ferme la porte à clef. Le voyage peut commencer !



J'espère que ce chapitre vous a plu ! Le prochain, sera posté mercredi !

Nouvel évènement qui se prépare ! Il annonce beaucoup de choses et notamment la fin de l'été ! La fin de la première partie approche grandement ! Alors surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de mon histoire jusque là ! Votez et commentez ça me met toujours du baume au coeur de vous lire !

Bon, sinon, petit moment tranquille de début de voyage ! J'essaye d'apporter un peu plus de lumière et de cesser un peu le drama pour un temps ahah ! Alors profitez de ce nouveau Griffin tout pimpam et sympa parce que ça ne va pas durer héhé.

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