- Aux aurores -

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Griffin.

J'accuse tous ses coups sans déchanter. Mon nez me fait un mal de chien et je sens un liquide chaud se mettre à couler sur mes lèvres. L'hémoglobine glisse jusqu'à mon menton, dégageant une odeur métallique. Je ne dis rien. J'encaisse. Chaque mot équivaut à un coup de lame dans le cœur. Elle vise juste. À chaque fois. Elle retourne avec une dextérité déconcertante le couteau dans la plaie, m'affaiblissant à chaque phrase.

Je me réveille en sursaut dans la benne de mon pick-up. Je fronce les sourcils, réalisant que j'ai dormi à la belle étoile. Je finis par hausser les épaules en baillant ouvertement : ce n'est pas la première fois que ça m'arrive.

Étrangement, tout est calme dehors. Je me redresse et balaye du regard les centaines voitures garées. Quelques jeunes sont en train de vadrouiller en silence. Brusquement, tous les événements de la veille me reviennent en tête et mon cœur explose. Je grimace de douleur et porte une main à mon nez. Heureusement, il n'est pas cassé. Je n'ai pas saigné hier soir quand j'ai reçu le poing de Betty en pleine face. Le sang, ce n'était que dans mon rêve.

J'enfile mes pompes et saute à bas de l'arrière de ma caisse. Les mains dans les poches, je m'éloigne du parking, droit vers la plage. En arrivant sur le sable, je marche jusqu'au bord de l'eau. Tout est incroyablement silencieux. Une épaisse brume survole le lac. Il ne manque plus que le lever du soleil pour chasser le gris du ciel. Le paysage est magnifique. Dommage que tous les ans nous venons le saccager pendant trois jours. La nature du Hebgen Lake devient alors une vraie poubelle. Jusqu'à ce que la municipalité envoie ses employés pour tout nettoyer... Les pauvres.

— Salut.

Je tressaille, mais ne me retourne pas. Elle a toujours un don pour apparaître aux mauvais moments...

— Salut, répondis-je.

Comme si l'astre solaire avait entendu mes pensées, il décide de commencer à prendre son envol, nous offrant un magnifique spectacle.

— Je suis désolée pour hier soir.
— Arrête de t'excuser Betty. Ça arrive à tout le monde de péter les plombs. On n'a juste pas la même manière de le faire.

Cette fois-ci, je me tourne vers elle. Elle est encore vêtue de son maillot jaune et de sa jupe à fleurs, ses opales rivées sur l'horizon. On dirait Esmeralda avec ses boucles brunes lâchées dans son dos. Je déglutis, repensant à son odeur fleurie alors qu'elle était dans mes bras.

— Tu restes aujourd'hui ? me demande-t-elle.
— Oui.
— Tu me ramènes ce soir ? poursuit-elle, incertaine.
— Oui.
— Griffin ?
— Quoi ?
— Me laisse pas tomber.
Enfin, elle m'offre son visage et nos yeux se rencontrent. Je ne comprends pas trop ce qu'elle entend par « ne pas la laisser tomber ». Je devrais lui répondre que sa vie, ce ne sont pas mes affaires. Que je m'en fiche d'elle. J'ouvre la bouche pour le faire, mais je n'y arrive pas. Je lis tant de détresse dans son regard que ça me coupe le sifflet. Je retiens un soupire, exaspéré par moi-même et hoche la tête.

— Ok Betty. Je ne te laisserais pas tomber.

Elle ne me demande pas de le lui promettre et je lui en suis reconnaissant. Les promesses sont futiles. Elles font plus de mal que de bien. Il faut toujours les utiliser avec parcimonie. Ne le faire que lorsque l'on est absolument sûr et certain que nous pourrons les tenir. Autrement, mieux vaut fermer sa gueule et laisser le temps agir.

— Dis-moi, ça fait combien de temps que tu te trimballes dans cette tenue petite souillon ? lui dis-je en changeant littéralement de sujet.

Mon sourire narquois retrouve sa place alors que je la pique. Je vois ses yeux s'agrandir et, à son tour, ses lèvres s'étendent.

— Depuis que je suis arrivée... L'odeur n'a pas eu l'air de te déranger hier soir pourtant, répond-elle sur le même ton que moi.
— J'aime quand ça sent fort... Je suis un homme de la campagne, les bêtes ça me connaît...

Je la vois se mordre la lèvre tandis que ses yeux reprennent vie. Voilà qui était bien mieux.

— Et quel genre de bête je suis espèce de vagabond ! piaille-t-elle en venant me pousser doucement.
— Mmh... t'es un petit fauve ! Mignon mais dangereux !

On explose de rire face à nos conneries. Ouais, cette nana, c'était définitivement une lionne. Souple, à l'apparence douce. Belle et furtive. Et je suis certain que lorsqu'elle se sent en danger, elle ne doit pas hésiter à tuer.

— Bon allez, le spectacle est fini et j'ai la dalle. On va remonter manger un morceau... J'ai ramené de la brioche aux pépites de chocolat, annoncé-je, retrouvant un peu de mon sérieux.
— Cool ! Depuis quand tu penses au petit déjeuner ? pouffe-t-elle.

Je grogne et la pousse devant moi afin qu'elle se taise. Mais elle n'en fait rien, continuant à me taquiner en sautillant, sa jupe volant autour de ses petites jambes. Au moins, elle a retrouvé sa joie de vivre. C'était donc une mission accomplie pour moi.

J'espère que ce chapitre vous a plu !

Nouvelle scène de rapprochement entre la douce Betty et le furieux Griffin. Ils ne sont toujours pas les meilleurs amis de monde mais on commence à sentir qu'un lien les unis ! J'espère que ce moment plus doux vous a plu <3

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