- Hebgen Lake -

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Elizabeth.

Après deux longues heures de route, Kimberley gare enfin son van familial sur un parking déjà bondé. Dehors, différentes musiques me parviennent aux oreilles. Les voitures sont nombreuses et continuent d'arriver. Je ne sais plus où donner de la tête. J'ai l'impression qu'il y a déjà un millier de jeunes sur place. Je n'ai aucune idée de ce dans quoi je viens de m'embarquer. Je tourne la tête vers mon amie et je crois qu'elle y lit mon désarroi.

— Rhoooo, mais arrête de t'en faire Beth. Tout va bien se passer. On va s'installer avant de faire quoi que ce soit... Sinon on risque de le regretter, me sourit-elle.

Elle passe à l'arrière de notre véhicule et ouvre la tente sur le toit. Je la laisse faire, observant chacun de ses gestes. C'est moi qui vais dormir en haut : Kim préfère le lit du bas. Ça ne me dérange pas. Nous avons fait le plein de provisions sur la route : nouilles instantanées, gâteaux, chips... De quoi garder la ligne. J'ai insisté pour que nous achetions au moins quelques fruits.

— Allez, viens te changer, on va tester ton super maillot de bain comme ça ! Et puis on t'a trouvé une excellente excuse si jamais on te pose des questions sur les manches longues, tu te souviens ? Alors souris !

Je lève les yeux au ciel et la rejoins. J'ai l'impression d'être une petite fille dont la mère tente de la motiver. J'ouvre mon sac et en sort mon dernier achat : un maillot une pièce avec des manches longues et un dos couvert. Kim avait insisté pour que je prenne le modèle avec un décolleté vertigineux, m'arrivant jusqu'au ventre. J'avais rechigné jusqu'à ce qu'elle me dise que si je ne le prenais pas, elle me l'achèterait. Ne souhaitant pas qu'elle gaspille son argent, j'ai fini par céder. Je n'irai pas jusqu'à dire que je n'aime pas ce maillot. Il est magnifique avec sa couleur jaune. Je ne suis juste pas certaine de la femme que je suis en train de devenir. Je n'ai jamais autant exploré ma féminité que depuis que je côtoie cette fille. Je monte dans mon lit et me change, enfilant par-dessus le maillot une jupe à fleurs m'arrivant aux chevilles et ouverte sur les côtés. Lorsque je redescends, Kim est prête avec son bikini et cette exacte même jupe accrochée à sa taille.

— Oui, je la trouvais tellement jolie que je suis retournée l'acheter... Et puis comme ça, on est habillée presque pareil ! C'est chouette non ? Allez viens, allons-nous chercher à boire ! Le but, c'est quand même d'être bourrée pendant trois jours non ?
— Mouais... Personne ne s'est jamais noyé ?
— Non, jamais ! Il y a des agents qui nous surveillent ne t'inquiète pas !

On sort et la chaleur nous écrase. J'abaisse immédiatement mes lunettes de soleil sur mon nez et remonte mon épaisse crinière en un chignon haut. Bon, peut-être que j'irai mettre les pieds dans l'eau finalement...

Nous suivons les panneaux qui indiquent les buvettes. Nous marchons sur des centaines de mètres, longeant le lac, jusqu'à ce que nous arrivions dans une forêt où tout un tas de stand ont été installés. Les queues ont l'air de s'éterniser, s'allongeant toujours plus au fur et à mesure que les gens sont servis.

— Pourquoi on a ramené notre propre alcool si on ne le boit pas ? demandé-je en me tournant vers mon amie.
— Pour le soir. Ce n'est pas très drôle d'aller faire la queue la nuit. Et en journée, je connais le gars qui sert. Tiens, viens voir ! s'exclame-t-elle en m'attrapant par le bras pour que je la suive.

On se dirige vers une buvette et Kim s'infiltre derrière la table. Elle saute littéralement sur le serveur, un blond aux yeux sombres. Il est mignon avec ses mèches retombant devant ses yeux et ses deux fossettes autour des lèvres, marquant un sourire aux dents parfaites.

— Thomas, je te présente Elizabeth, elle est française ! lui lança Kim en me pointant du doigt.
— Salut ! répondit-il, une main autour de la taille de mon amie.
— Salut, répliqué-je, légèrement intimidée.

Je les laisse discuter un peu et m'éloigne de quelques pas pour apprécier le paysage. Le lac est magnifique, miroitant sous le soleil. Des centaines de jeunes se baignent, font du paddle ou encore du jet-ski. Dans les bois, des tentes ont été dressées. Elles éclosent au fur et à mesure, tel des champignons, donnant une allure très moderne et colorée à cette forêt centenaire.

— On va s'installer sur la plage ? Thomas nous rejoindra plus tard, à la fin de son boulot, m'informe Kim.

Sortie de mon observation, je prends le verre qu'elle me tend et lui emboîte le pas jusqu'au bord du lac. On installe nos serviettes sur le sable chaud et je commence à siroter mon cocktail. On dirait de la limonade... Je ne sens absolument pas le goût de l'alcool avec tout le sucre.

— Qu'est-ce que c'est ? demandé-je.
— Je ne sais pas trop à vrai dire. Une spécialité de Thomas. C'est fait avec du rhum, je crois... C'est bon hein ?
— Oui, c'est pas mal du tout !

On s'échange un sourire. Je commence enfin à me dérider un peu. Je me laisse emporter par la musique et les rires.

— Dis, je ne t'ai pas demandé mais tu sais si Griffin vient ? s'enquit-elle.
— Non, aucune idée. Ça fait un moment qu'il est parti.
— Il n'a jamais loupé ce week-end, il va bien finir par apparaître.
— Et bien je n'espère pas. Lâché-je, sèchement.

Kim savait très bien que je n'avais toujours pas digéré le fait qu'il parte plusieurs jours, sans rien dire à personne. Je trouvais cette manière tellement lâche. S'il n'était pas capable de se confronter à ses propres erreurs et à sa propre souffrance, comment allait-il pouvoir continuer de grandir ?

Nous continuons de papoter de tout et de rien tandis que l'astre solaire poursuit sa course inlassable. Je me sens bien, assise sur le sable, à discuter. J'en oublie beaucoup de choses. Les poussières de mes pensées s'envolent avec la brise légère, mes épaules se détendent et l'espoir d'être, un jour, heureuse refait surface.

Nous finissons par ôter nos jupes et on va goûter à l'eau du lac. Je m'avance jusqu'à ce que les vaguelettes viennent lécher ma taille. Je n'irai pas au-delà, ayant trop peur de me noyer. Kim a déjà plongé et sort la tête de l'eau un peu plus loin, un sourire éclatant sur son visage fin. Ses yeux sont incroyables avec le reflet de l'eau et du soleil.

— Allez Beth, viens ! Détends-toi, t'es chiante... soupire-t-elle, exaspérée par mon attitude résignée.
— Toi viens ! Faut que je t'avoue quelque chose... soufflé-je sur le ton de la confidence.

Elle se rapproche jusqu'à ce que seulement quelques centimètres nous séparent.

— Quoi encore ? Ne me dis pas que tu ne sais pas nager...
— Je ne sais pas nager.
— Putain Beth !

Elle m'observe et finit par exploser de rire. Je ne vois pas ce qu'il y a d'amusant à ça, mais je ne peux m'empêcher de la rejoindre. Nos éclats de voix s'élèvent dans l'air, puissants et clairs.

— Tu ne finiras jamais de me surprendre... dit-elle en se calmant. Bon, tant pis, tu ne sais pas ce que tu rates ! Après, on peut aussi aller te chercher des brassards ou un gilet de sauvetage si tu veux ? ajoute-t-elle en pouffant.

Je lui réponds en l'éclaboussant. Cette fille n'avait honte de rien ! Une bataille d'eau s'ensuit et nous recommençons à rire. Des pas précipités dans notre direction nous font stopper. Juste à temps pour apercevoir Thomas plonger vers nous. Il réussit le plus beau plat que je n'ai jamais vu jusqu'alors. Le bruit que fait son ventre au contact de l'eau me fait grimacer. Il ne tarde pas à émerger entre nous deux, un grand sourire étendant ses lèvres, fier de sa connerie.

— Ça va ? m'enquis-je auprès de lui.
— Oui, les plats sont ma spécialité ! Même pas mal ! répond-il la mâchoire serrée.

Son ventre n'a pas l'air de tenir le même discours. À chaque seconde qui passe, il devient de plus en plus rouge.

— Alors mesdemoiselles ? Vous avez apprécié vos cocktails ? Je vous en ai apporté une bouteille chacune, j'ai mis ça sur vos serviettes, annonce-t-il.
— Tu gères Thomas ! s'exclame Kim.

Mon amie lui saute au cou pour lui claquer un bisou sonore sur la joue. Je le remercie, les joues roses de plaisir.

— Bon, je sors moi, j'ai eu ma dose d'eau pour la journée !
— À tout à l'heure ! me répondent-ils à l'unisson.

Je leur fais un signe de la main en sortant et je retourne m'asseoir à notre place. Je les observe de loin s'amuser à se balancer dans l'eau. Je ne peux m'empêcher de sourire face à ce retour en enfance. Je me gorge de leur bonheur en espérant pouvoir combler mon vide intérieur. Peut-être que si j'étais allée à la piscine avec mes camarades de classe, je n'aurais pas eu cette relation avec l'eau. Peut-être que si j'avais appris à nager et à montrer mon corps dans un maillot de bain, je n'en serais pas là, assise sur le banc de touche, à tenter de me cacher aux yeux du monde. Malheureusement, tous les parents que j'ai eus ont préféré de loin cacher les violences que j'avais subies plutôt que de les montrer au grand jour, évitant ainsi de dévoiler la face cachée de certains foyers.

J'espère que ce chapitre vous a plu ! Le prochain, c'est maintenant !

Un petit chapitre un peu plus tranquille qui nous permet d'en apprendre plus sur le passé d'Elizabeth ! Vos théories avancent comme vous le voulez ? :D

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Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
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