- Chiens de faïences -

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Griffin.

Ce soir, c'est le grand évènement du mois au Titty Twister. J'ai un haut-le-cœur en pensant à Betty et Kim. Elle doivent être complètement terrorisées les pauvres... Je ferme les yeux et serre les poings en repensant à comment j'ai arraché les fringues de cette pauvre fille. Je suis vraiment un connard fini. Je ne vaux pas mieux que les autres membres de ce gang pourri.

Pour une fois, mon cousin n’a pas insisté pour que je vienne. J’ai l’espoir qu’il ait enfin compris que je n'ai réellement plus envie de les avoir dans ma vie.

En début d'après-midi, je suis allé déposer Betty chez Kim. J’ai dû faire semblant de ne rien savoir. Elle ne m’a rien confié, soulignant ainsi le fait que ce n’était pas mes affaires. Soit. Pourtant, je n’allais pas pouvoir rester sans rien faire. J’avais prévenu Jeff de ne pas la toucher et il n’en avait rien fait. Rien qu’à cette idée, j'ai envie d'aller le trouver pour l'étriper. Ce que je vais faire. Je dois juste attendre encore un peu. Je ne voulais pas arriver avant la fin de leur numéro. Il était hors de question d'assister à ce spectacle. Je n'avais plus qu'à ronger mon frein et à me calmer.

Il est minuit quand je me gare sur le parking du bar. En sortant de la voiture, je lisse mon t-shirt gris un peu trop grand et remonte mon jean sur mes fesses. Je n'ai aucune dégaine, mais pour ce que j'ai à faire, je n'en ai rien à carrer de mon style vestimentaire. D'autant plus qu'il allait faire sombre dans ce trou à pervers surexcités.

Je pousse la porte du bar et pénètre dans la tanière des Skulls of Hell. L'odeur de sueur et d'alcool me prend à la gorge et mes oreilles sont assaillies de cris adorateurs. Les hommes sifflent les filles. Moi, j'ignore la scène et vais demander une bière au barman. Ce dernier me connaît bien et n'a pas besoin d'entendre ma commande pour me servir. On s'échange un sourire entendu et je file slalomer entre les hommes en rut venus pour admirer les formes alléchantes des danseuses. Au départ, ce monde m'avait plu. J'avais bien dû m'envoyer en l'air avec les trois-quarts des employées de la boîte. Et tout ça gratuitement. J'avais carrément abusé de mes droits, me comportant comme un petit roi pour qui tout est permis. Je buvais à en oublier quel jour on était. Je me défonçais au point d'être stone durant plusieurs heures. Le but était de ne pas me souvenir du passé, du présent ni du futur. Je m'étais égaré du droit chemin sans penser aux conséquences de mes actes et aujourd'hui j'en étais là... À tenter de me dépêtrer de tout ce merdier dans lequel je m'étais fourré.

Je ne supporte plus cet endroit. Je ne supporte plus mon cousin, ses larbins... En fait, je ne supporte plus cette vie de débauché. C’est pour ça que je suis parti.

— Aaaah ! Le roi de la forêt a enfin daigné pointer le bout de son nez ! Accueillez chaleureusement Griffin, nous n'attendions plus que lui pour vous dévoiler nos deux « Titty's Daughters » !

Je m'arrête net. Il n'a pas osé faire ça... Ce salopard de Jeff m'avait attendu pour que j'assiste au spectacle de Kim et Betty. Il savait que j’allais venir. Il me connaissait trop bien. Ce mec était un putain de sournois. Une rage noire m’envahit, me prend aux tripes. Je viens me mordre la lèvre inférieure en fermant les yeux et serrant les poings. Et dire que j'avais fait exprès d'arriver en retard pour louper leur numéro...

Les gens se mettent à m'approcher pour me faire des accolades ou me serrer la main. Je les repousse en leur disant d'aller se faire foutre. Personne n’était au courant du fait que je ne faisais plus partie des Skulls of Hell. Jeff essayait de le taire dans l’espoir de me récupérer avant le retour de Steve. Ce connard allait m'entendre. En parlant du loup, il ne tarde pas à apparaître sur scène pour faire sa petite annonce. Je le fusille du regard. Il est torse-nu afin que tous puissent admirer ses tatouages. Notamment le crâne de loup qui s'est installé dans son dos. Nous avons tous un crâne de quelque chose de tatoué : c'est la marque du gang. Putain, en y repensant, jamais je n'aurai dû faire le mien... J'ai choisi le crâne d'un cerf dont les bois sont encore accrochés au squelette. Le tatoueur s'est démené. Il est splendide. Malheureusement, il représente une partie de ma vie bien triste et sombre.

— J'invite toutes les Bunnies à retourner dans les coulisses pour faire place à nos deux déesses de la savane. Allez, dépêchons les filles ! continuent de crachoter les enceintes.

Je soupire. Franchement, leur petite mafia, c'est une blague à part entière. Elle est inspirée des plus gros gangs du monde entier, mais pas que... Steve s'est enfilé chaque série ou film basés sur des histoires de clans armés jusqu'aux dents. Sa préférée étant de loin « Sons of Anarchy ». D'ailleurs il a poussé le vice jusqu'à s'acheter une Harley-Davidson.

Je me souviens, quand on était jeunes, avec Jeff, on était complètement ébahis face aux histoires de Steve. On avait d'ailleurs qu'une envie : devenir assez grands pour prendre part à la vie des Skulls of Hell. Aujourd'hui, nous sommes la risée des Etats-Unis tout entier. D'ailleurs, nous ne faisons tellement pas peur aux autres gangs des grosses villes voisines qu'ils nous laissent tranquilles... C'est pour dire.

Je lève les yeux en entendant les Bunnies s'enfuir en gloussant. C'est le nom qu’ils ont donné à leurs filles. Ce soir, elles sont habillées de rayures noires et blanches, de taches brunes sur fond jaune, elles portent des cornes et des oreilles ainsi que des queues. Blasé, je porte mes doigts à l'arête de mon nez pour la pincer. Dites-moi que je rêve putain...

Déjà qu'avec Steve aux commandes les thèmes de ces soirées n'étaient pas sensationnels, mais alors avec Jeff comme leader, c'était un désastre.

— Mesdames et Messieurs, veuillez applaudir bien fort les lionnes de Livingston !

Je lève les yeux vers la scène pour voir le rideau se lever. Toutes les lumières sont éteintes. Lorsqu’elles se rallument, je fronce les sourcils : la scène est vide. Les spectateurs commencent à chuchoter entre eux. Encore quelques secondes avant qu’ils n’explosent de colère. Jeff est devenu tout pâle, il ne maîtrise absolument pas la situation. J’en aurai bien ri mais je me demande où ont bien pu passer Kim et Elizabeth. La musique finit par être coupée puis c’est absolument toutes les lumières qui s’éteignent. Les clients alcoolisés grondent leur mécontentement. Je me fais bousculer. Quelques bagarres éclatent. Certains crient afin d’être remboursés sur leurs paris. D’autres, apeurés par la situation qui dérape, hurlent leur détresse et tentent de sortir. Le coup de théâtre finit par arriver : l’alarme incendie. Les douches installées au plafond s’activent et la salle entière se fait arroser. Tout le monde se met à s’époumoner en se ruant vers les sorties de secours. Je me lance dans la foule et au lieu de suivre le courant, je le remonte, jusqu’à l’arrière du bar. Je sais parfaitement bien que ce n’est pas un exercice mais je sais aussi qu’il n’y a pas le feu. Je soupçonne fortement les deux filles d’être à l’origine de toute cette cohue.

Je monte à l’étage où se trouve le club house. Tout est en bois. Au milieu de la salle, trône un baby-foot et un billard. Sur les murs, des crânes d'animaux de toutes sortes. Il y a aussi nos photos. Tout est trempé, Jeff aussi. Tandis qu’il m’observe, le regard noir, installé dans un fauteuil en cuir, je m'approche.

— C’était le thème “mousson dans la savane” ce soir ? lancé-je en ricanant.

— Ta gueule ! réplique-t-il sèchement. Qu’est ce que tu fous là d’ailleurs ? Je croyais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec nous ?

— Tu te demandes vraiment ce que je fais là ? Tu n’as même pas une petite idée ?

— C’est pour la brunette c’est ça ? sourit-il ? Tu sais très bien ce qu’il se passe quand on nous manque de respect. Tu étais d’ailleurs toujours le premier outré quand ça t’arrivais.

Il joue avec son couteau, ne me regardant plus, comme si toute la situation commençait à le saouler.

— C’est du passé. Je n’étais plus moi-même. J’essaye de changer. D’ailleurs, la prochaine fois que tu vois ton père, je veux que tu lui dises que je suis parti, lancé-je fermement. Arrête d’essayer de me récupérer par tous les moyens. Tu ne fais qu’aggraver ton cas.

Il lève les yeux vers moi, légèrement surpris.

— Mon cas ? Et tu sais que tu dois avoir un projet pour partir ? Et que ce projet doit être une réussite si tu ne veux pas qu'on te bute ? ricane-t-il. Tu n’as rien accompli du tout mon petit Griffin, tu es coincé avec nous que tu le veuilles ou non.

— Tant que ton père n’est pas là, je ne suis pas là, c’est aussi simple que ça. Quand il reviendra, je lui fournirai ce qu’il faut pour partir. Quant à ton cas...

Sans prévenir, je me jette sur lui et écrase mon poing sur son nez. Il en lâche son couteau. Le sang gicle partout. Avant que je puisse lui porter un autre coup, des paires de bras m'assaillent de toutes parts pour me forcer à reculer.

—Jeff, quand t'as un chien aussi bon que moi. Meilleur que tous tes petits cons de larbins réunis. Meilleur que toi-même, tâche de ne pas l'énerver. Parce que ça mon pote, c'est que le début. La prochaine fois que j'arrive à te coincer, seul... Ce sera ta fête, lui dis-je en grondant, yeux dans les yeux, jusqu'à ce qu'il baisse les siens.

Je me libère de l'emprise de mes anciens camarades et, sans un mot de plus, je redescends. J'essuie mon visage et mes avants bras sur mon t-shirt tout en marchant vers les coulisses : les filles sont peut-être toujours là, planquées quelque part. Tout est mouillé. L’eau n’a rien épargné. J’avance dans l’obscurité grâce aux lumières vertes des sorties de secours. Des voix m’entraînent jusqu’à la porte qui donne dans la ruelle derrière le bar.

— Elle est bloquée je te dis...

— Fais chier… on ne peut pas sortir par l’autre porte on va se faire chopper !

— Poussez-vous, dis-je.

Kim et Betty sursautent en se retournant et me regardent, ahuries.

— Allez, poussez-vous, je veux autant me casser d’ici que vous.

Elles obéissent et se décalent, le regard plein de questions quant aux traînées de sang que j'ai sur le visage et les bras. M'essuyer n'a fait qu'empirer les choses.

J’enfonce la porte d’un coup d’épaule. Elle a toujours été capricieuse. Une fois ouverte, je m’engouffre dehors. La fraîcheur de la nuit me fait un bien fou. J’effectue quelques pas avant de jeter un coup d'œil aux filles. Agacé par leur lenteur, je les attrape par le bras et les pousse devant moi. Foutus talons de merde.

— Vous avez tout ce qu'il vous faut ? Oui ? Non ? Tant pis, je vous ramènerai ça une prochaine fois. Go, on marche, droit devant ! poursuivis-je, agacé.

Je les pousse encore. Je ne suis pas garé loin et la nuit noire camoufle leurs formes dénudées. Malgré l’obscurité ambiante, j’arrive à deviner leurs courbes. Je ne peux m’empêcher de les observer. Les deux filles ont des morphologies complètement différentes : Kim est grande, élancée, sans une once de gras sur son corps « parfait » aux yeux de la société. Elle pourrait facilement poser pour tous ces magazines à la con. Betty, quant à elle, est toute en forme. Les talons la grandissent indéniablement, remontent ses fesses musclées pour accentuer la chute de ses reins. Ses cheveux sont lâchés dans son dos, bien plus bouclés que d'habitude. Elle est renversante. Je remarque qu’elle n'a pas une seule cicatrice. Ni sur les cuisses, ni sur les bras, ni dans le dos. Pourtant, je n'ai pas rêvé la dernière fois, lorsque je l'ai récupéré au bar après son humiliation. Même qu'elle m'avait demandé de m'occuper de mon cul quand j'avais eu la désobligeance de demander ce que c'était. Je déglutis et détourne les yeux.

Je les laisse s'installer dans ma caisse et démarre. Je dépose d'abord Kim chez elle, puis je roule jusque chez nous.

— Mets mon sweat à capuche. Il devrait t'arriver aux cuisses.

Je l'attrape à l'arrière et le lui tends. Elle l'enfile, sans un mot. Je l'observe intensément. Je suis tellement en colère. Contre elle et sa prise de risque. Contre Jeff, le gang et leur connerie titanesque. Contre mon père qui l'a fait venir jusqu'ici. Elle aurait dû rester en France, auprès des siens.

On rentre, elle sur mes talons. On monte en silence. Elle rentre dans sa chambre, moi dans la mienne. Quelle vie de con.

J'espère que ce chapitre vous a plu !

Bon et sinon, Griffin qui pète un plomb..? Il a eu raison ou ça le rend encore plus con ? Après tout, lui aussi a été comme eux... On lui laisse une seconde chance ?

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