- Tu veux jouer -

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Elizabeth.

Plus d'une semaine après sa demande, je me suis enfin décidée à contacter Kim. Il faut dire qu'après mon entrevue avec Jeff, j'ai été assez refroidie quant à remettre les pieds en dehors de la propriété des Williams. Aujourd'hui je me sens enfin prête : la nuit dernière, je n'ai pas fait de cauchemar. J'ai interprété ce message comme quoi, je pouvais enfin recommencer à affronter la vie. Attablée à la table du salon avec Grace qui fait du coloriage, je me lance. Je prends mon téléphone et ouvre WhatsApp.

[Elizabeth] : Salut Kim, c'est Elizabeth. Comment tu vas ? Lawrence m'a dit que tu souhaitais que je te donne des cours de français, je suis prête à commencer. Tu veux faire ça quand ?

J'ai à peine le temps de reposer mon portable qu'il vibre dans ma main en émettant un bruit sonore : c'est elle.

[Kim] : Helloooooo ! Je pète la forme ! On se retrouve cet après-midi chez moi ? Mes parents ont pris la voiture et la mienne est au garage, tu pourras te débrouiller pour venir ? XOXO
[Elizabeth] : Je vais voir ça, je te redis :)

Décidément, le destin n'était vraiment pas sympa avec moi. Résignée, je change de contact sur WhatsApp et envoie un nouveau message.

[Elizabeth] : Est-ce que tu peux me déposer chez Kim tout à l'heure s'il te plaît ?
[Griffin] : Non.

Je grogne en claquant mon téléphone sur la table. Ce sale petit effronté... Je relève la tête et vois que Grace me regarde, curieuse. Je lui souris et prends son coloriage pour le regarder. Elle s'est appliquée, prenant son temps pour ne pas dépasser des lignes noires du dessin. C'est un beau tracteur, aux mêmes couleurs que celui de son père.

— C'est très beau Grace ! Tu t'es bien appliquée, bravo ! m'exclamé-je, vraiment fière d'elle.
— C'est pour papa ! Il garde tous mes dessins depuis que je suis toute petite dans un carton ! m'explique la petite fille.
— Et bien, tu en as de la chance !

Personne n'a jamais gardé mes dessins. A vrai dire, je ne m'en souviens même pas en avoir fait à son âge. 

Je lui ébouriffe les cheveux et lui demande de monter avec moi afin qu'elle s'installe dans ma chambre. Cowa nous a suivies et s'est allongée à côté d'elle.

— Tiens, amuse-toi avec mes bijoux, je reviens de tout de suite.
— Ouais ! Trop bien ! Je vais être la plus jolie !

Je lui souris tendrement puis sors de ma chambre en laissant ma porte entrouverte au cas-où. J'effectue un pas pour traverser le couloir et toque à la porte de Griffin. Personne ne répond. Je recommence, toujours rien. Il commence à sérieusement m'énerver. Prenant mon courage à deux mains, je rentre. Comme la première fois, sa chambre est un bordel sans nom. Des fringues traînent, des paquets de gâteaux et de chips en tout genre sont éparpillés partout. Le point positif : il s'est mis à aérer.

Bien décidée à faire mon boulot de fille au pair jusqu'au bout, je vais chercher une bassine et un sac-poubelle. En revenant, je fourre tous les vêtements que je vois dans ma bassine et tous les détritus dans mon sac. Au bout d'une quinzaine de minutes, plus rien ne traîne ni par terre, ni sur sa chaise. Je pousse le vice jusqu'à aller faire son lit. Ou pas. Je défaits les draps pour les laver eux aussi puis je sors de sa chambre. En refermant la porte derrière moi, je me retrouve nez à nez avec le fils de Lawrence. Ce dernier me regarde bouche-bée, surpris. Je lui fais un sourire contrit et me redresse comme je peux avec ma bassine pleine à craquée sur la hanche et mon sac-poubelle plein dans la main.

— Heu... Salut, dis-je.
— Tu sais, tu n'étais pas obligé de nettoyer ma chambre pour que je t'emmène, réplique-t-il en se retenant de rire.

Il pose son épaule contre le mur et croise une jambe sur l'autre puis fait pareil avec ses bras. La situation a l'air de grandement l'amusé. Pas moi. Je me sens bête. Mais au moins, il n'est pas rentré dans une colère noire comme j'avais pensé qu'il le ferait.

— Ce n'est pas pour ça que je l'ai fait.
— Et c'est pour quoi alors ? continue-t-il en souriant.

Je tente de déglutir, mais ma gorge est sèche. Mes yeux le fuient pour ne pas atteindre à sa pudeur. Le garçon sort tout juste de la douche, une simple serviette autour de la taille. Ses cheveux sont encore humides et quelques gouttes ont réussi à échapper à l'assaut de sa serviette. Griffin n'est pas du genre à être excessivement musclé. Il est carré d'épaules certes, mais le reste, il ne le doit qu'au travail physique de la ferme. Ses muscles sont finement dessinés sans pour autant être outranciers. Ses bras ne sont pas étriqués dans ses manches et ses cuisses ne remplissent pas ses shorts. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un V et quelques tablettes apparentes. En réalité, tout ce qui fait sa beauté, ce sont ses yeux gris dissimulés par ses quelques mèches brunes.

— Parce que c'est impossible de vivre dans une telle porcherie ! Et aussi parce que c'est mon travail de faire le ménage dans cette maison ! répondis-je, agacée.

Je me reprends et passe devant lui, le bousculant au passage. À mon grand damne, il n'en a pas fini avec moi, je l'entends me poursuivre dans les escaliers.

— Et qu'est-ce qui te faire dire que je ne suis pas un cochon Betty ? m'annonce-t-il en riant.
— Tais-toi.

Je sens mes joues s'empourprer à cause de son allusion. Je ne m'arrête pas pour autant et traverse la cuisine jusqu'à la buanderie. Je m'agenouille face à la machine à laver et la remplis de tous ses vêtements sombres.

— Tu as vidé mes poches ? me questionne Griffin.
— Non, répliqué-je sèchement.
— Tu devrais.

Agacée, je me redresse pour lui faire face, un jean dans les mains.

— Très bien, dis-je fermement.

Je plonge ma main dans une première poche : rien. Je continus jusqu'à arriver aux poches arrières. L'une et vide, mais pas l'autre. J'en sors un petit carré argenté et soupire avant de lui sourire à mon tour. Il voulait jouer, très bien.

— C'est gentil, j'en avais besoin ! Tu en as dans chacun de tes pantalons ? demandé-je.

Son sourire se fige alors que je me remets à genoux à la recherche d'autres préservatifs.

— Mais c'est à moi ! Tu ne vas pas me les piquer ! Tu n'as qu'à t'en acheter ! s'écrie-t-il, pris de court.
— Bah si, tu m'as demandé de vider tes poches. Et puis ça coûte cher, tu devrais le savoir... continué-je, tout sourire.

Je relève la tête.

— Au fait, tu as encore de quoi t'habiller dans ton armoire ? Parce que ça fait quand même un bon paquet de linge sale !
— Ta gueule Davancour, réplique-t-il.

Je pouffe de rire en posant mes trouvailles sur la machine à laver. Le silence s'installe entre nous, pesant. À tel point que je commence à me sentir gênée. Je relève les yeux vers lui, observant son visage à la mâchoire carrée. Cette dernière est contractée. Interloquée, je tente d'aller trouver une réponse dans ses yeux. Ils sont ardents. Un petit peut trop. Mes joues s'empourprent et je baisse les yeux me reconcentrant sur mon linge. Une fois terminée, je me remets debout pour lancer la machine. Derrière moi, j'entends Griffin s'approcher, jusqu'à se plaquer dans mon dos. Mes muscles se contractent et je ferme les yeux. Je peux sentir son souffle dans mes cheveux.

— Je viens juste récupérer ça avant que tu ne me les voles pour de bon... murmure-t-il à mon oreille.

Je rouvre les yeux et le vois attraper les quelques protections que j'ai trouvées dans ses bas. Il se décolle ensuite et part, me laissant seule, avec son linge sale, et une sale sensation dans le ventre.

— Betty, on part quand tu veux ! Oh et Grace est toujours dans ta chambre avec Cowa ! me crie-t-il depuis le premier étage.

Sa porte claque. Moi, je fulmine.

J'espère que ce chapitre vous a plu !

Que pensez-vous de ce rapprochement entre Griffin et Elizabeth ? On ne va pas se le cacher, ce type, c'est quand même un sacré emmerdeur... Et vous, est ce qu'il vous rend chèvre comme Betty ou bien vous appréciez ses sautes d'humeur ? 

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Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
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