- Père et fils -

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Griffin.


Depuis que j'ai retrouvé Betty au Titty Twister à moitié à poil, je ne suis plus qu'une boule de nerfs à vif. Je sais très bien ce qu'il s'y est passé et ce qu'elle va devoir faire. J'ai moi-même déjà fait partie de ces plans foireux. J'ai moi-même déjà fait sauter les boutons d'un haut, d'un jean ou d'un short pour voir à quoi la nana ressemblait en dessous. Rares sont les jeunes filles de Livingston qui n'ont pas eu à danser sur la scène du bar du gang. L’avantage c’est que dorénavant, maintenant que je suis sobre avec les idées bien lucides et la honte me poursuivant comme mon ombre, je vais pouvoir agir. Il faut juste que j’attende le bon moment. J’avais prévenu Jeff de ne plus toucher à ma famille. Désormais Betty en faisait partie. Elle travaillait pour nous. Avec nous.

Une autre chose qui me tracasse, ce sont ces marques que j'ai vu sur le corps d'Elizabeth. Des belles cicatrices. Le genre de blessure à mettre plusieurs semaines avant de guérir. J'ai imaginé tout un tas de choses quant à leurs provenances et je suis presque certain qu'elle en a d'autres. Cette fille, je ne l'ai jamais vue en débardeur, en fine bretelle, crop-top ou autre connerie du genre qui dévoilerait un tant soit peu la peau de son corps. Les seules parties nues que je n'ai jamais vues étant ses jambes et ses avant-bras.

Plus les jours passent et plus j'en apprends sur Elizabeth, plus je trouve que c'est une énigme. En fait, on ne sait rien d'elle. Mon père a échangé quelques fois avec ses parents, mais sans plus. Après tout, elle est majeure du haut de ses vingt-deux ans, elle est donc tout à fait capable de prendre sa vie en main... Le pire, c'est quand on ose l'interroger sur son passé. Son regard devient plus fuyant et elle élude la question avec grâce ou alors, elle balbutie des mots qu'on ne peut que peiner à croire. On finit par la laisser tranquille. Tout le monde à ses secrets, moi le premier, mais j'ai bien peur que les siens soient plus gros qu'on ne se l'imagine. Je le sens, un jour, ça va nous exploser à la tronche sans que nous n'ayons rien vu venir.

— Griffin, viens m'aider s'il te plaît !

Appuyé sur la balustrade du balcon, je baisse les yeux et aperçois mon père qui me hèle depuis l'étable. Ce satané bâtiment n'est toujours pas propre. Tous les ans, c'est la même chose... C'est terriblement chiant. Résigné, je rentre dans ma chambre et me change pour enfiler un pantalon de travail en coton épais ainsi qu'une chemise. Il a beau faire chaud, je préfère bien me couvrir pour éviter un maximum de blessures.

En descendant, je découvre Grace et Betty attablées dans le salon, en train de jouer à l'un des jeux de société de ma petite sœur. Il faut dire que depuis qu'Elizabeth est là, Grace s'est remise à vivre. Elle ne pleure pratiquement plus et elle est même redevenue aussi chiante qu'avant la mort de notre mère. Je les regarde assez longtemps pour que la brune s'en rende compte et lève la tête. Nos regards se croisent un instant et je détourne le regard. J'enfile mes chaussures et je sors, laissant la porte moustiquaire claquer derrière moi.

Dehors, Cowa m'accueille en jappant de plaisir. Cette chienne est folle. J'ai beau la chasser à chaque fois qu'elle vient me voir, elle n'a jamais perdu espoir et continue de venir danser autour de moi dès que j'apparais dans son champ de vision. Je lui offre une caresse distraite pour la félicité de son assiduité. Ça a l'air de lui suffire, car elle retourne s'installer à l'ombre, sur le porche de la maison.

— Prends le Karcher, il faut juste arroser la chaux, m'annonce mon père alors qu'il prend lui-même un tuyau d'arrosage.

En tant qu'éleveur de vaches à viande bio, on ne peut pas désinfecter n'importe comment notre étable. Tous les ans, on retire la paille qui s'est accumulée durant douze mois puis on karcherise les murs, le couloir principal et les cornadis* à l'eau à quatre-vingt-dix degrés. La pression permet d'enlever le surplus de saleté. On désinfecte ensuite le tout à la chaux. Ce foutoir ça nous prend toujours entre deux et trois semaines. Un vrai calvaire.

— Tu sais ce qu'il lui arrive à la petite Davancour ? me questionne mon père.
— C'est le cousin qui l'a un peu secoué, mais rien de bien méchant, tenté-je de le rassurer.

Je n'ai jamais menti à mon père. Il connaît toutes mes conneries. S'il veut savoir, il n'a qu'à demander. J'ai toujours été honnête et cette qualité, je la tiens de ma mère. C'est elle qui nous a élevé comme ça, Grace et moi.

— Pourquoi il a fait ça, poursuit-il sans me regarder, arrosant la poudre blanche sur le sol.
— C'est une longue histoire, mais à la soirée de Kim, il a fait un sale coup à Betty qui lui a bien fait comprendre qu'elle n'avait pas apprécié... Il s'est vengé.
— Il lui a fait quoi ?
— Je ne suis pas certain que tu veuilles le savoir.

Il arrête l'eau puis se tourne dans ma direction. Mon père a toujours souffert de la position de son frère. Ici, les Williams sont connus pour deux choses : les histoires de gang pourries de mon oncle et la superbe qualité de la viande bio de mon père.

— Dis-moi. Tu sais très bien que dans tous les cas, je ne pourrais pas intervenir en dehors du Ranch. Mais je peux toujours aider Elizabeth ici... dit-il fermement.
— Très bien, soupiré-je.

Je lui explique en détail le jeu de la bouteille à la soirée. Je lui raconte que Jeff a pissé dans le verre de la Française et qu'elle lui a craché sa haine au visage avant de balancer le verre plein d'urine à la face de mon cousin. Lawrence se mord la lèvre pour se retenir de rire, amusé. Il allait vite déchanter... Je lui raconte, sans vraiment savoir ce qu'il s'est exactement passé dans les détails au Titty Twister, me basant simplement sur mon propre vécu. Je n'en suis vraiment pas fier. Lorsque j'ai fini, mon père me sonde de ses iris bleus, tout amusement ayant disparu des traits de son visage.

— Et toi, tu l'as déjà fait ?
— Oui, soufflé-je en baissant les yeux.

Il soupire et se détourne pour se remettre à travailler. Il est déçu. Incroyablement déçu.

— J’ai arrêté papa. J’ai quitté le gang.
— Je sais mon fils, je sais... pour le moment. Jusqu’à ce que Steve revienne, murmure-t-il à son tour.

On continue de travailler sans un mot de plus. Je crois que c'est la première fois depuis la mort de ma mère que j'ai un moment de confession avec mon père. Certes, ce n'est pas grand-chose, mais c'est déjà mieux que rien. Et pour moi, ça veut tout dire : il ne m'a pas abandonné. Il croit toujours en moi. Et surtout, il m'aime toujours.


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Cornadis : barrière placée devant l'auge. Grâce à un dispositif mobile, le cornadis permet, de bloquer les vaches devant l'aliment pendant les repas. 

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