- Le gage -

6 minutes de lecture

Elizabeth.

— Ton gage maintenant princesse.

D'une main, il attrape mon visage afin que nos yeux se rencontrent. Furieuse, je lui lance un regard noir. Comme si le contact de ses doigts sur mes joues m'avait réveillé.

— J'irai à la police dès que j'aurai mis les pieds dehors ! vociféré-je.
— Oh, tu peux. Il ne se passera absolument rien. La police est avec nous. Si on ne tue pas, tout va bien. Et je n'ai pas l'intention de te tuer sinon je t'aurai fait venir en dehors de ce comté.

Tuer ? Ils avaient déjà tué ? Mais c'était quoi ce bordel ?

— Avant toute chose jolie Elizabeth, je dois juste m'assurer que tu vas faire l'affaire, dit-il en s'approchant encore plus, lorgnant ouvertement mon décolleté.

Appliqué, il vient faire sauter les boutons de ma robe un à un, du haut vers le bas, jusqu'à ce que mon corps soit dévoilé. Je ne suis pas grosse, mais je ne suis pas fine non plus. J'ai des formes tout en restant relativement plate au niveau du ventre. Les garçons laissent leurs yeux embrasser mes courbes et moi, rouge de honte, je sens les larmes se mettre à rouler sur mes joues, puis jusqu'à mon menton. Dans le silence qui s'est installé, je pourrais presque croire que je les entends s'écraser sur le sol. En tout cas, leurs brûlures sur mes joues finissent d'allumer le brasier de mes souvenirs. Celui que j'avais réussi à éteindre en venant ici. Je ferme les yeux dans l'espoir que les images du passé disparaissent. Mais rien n'y fait. Les scènes se rejouent inlassablement, mes larmes continuent de perler pour rouler : elles connaissent le chemin par cœur.

Mon désarroi est grand. Tout aussi grand que mon incompréhension. Venir ici, dans le Montana, devait m'aider à oublier la perversité de certains hommes. J'avais vraiment dû être une sacrée connasse dans une vie antérieure pour mériter ça.

— Ton gage ça va être de venir travailler un vendredi soir ici. Sur la scène. Tu ne seras pas seule, je te rassure et ton identité sera dissimulée. Qu'en dis-tu ?

Je les sens toujours me dévorer du regard. Je n'ose pas relever la tête pour les regarder. C'est trop pour moi. Mais Jeff n'est pas de cet avis et du bout de son couteau qu'il glisse sous mon menton, il me force à redresser la tête. Fuyante, je n'ose pas affronter son visage et je laisse mes iris dévier sur la droite pour aller fixer un point imaginaire. Dans cette position, je n'étais pas en capacité de refuser quoi que ce soit. Je ne suis même pas certaine d'avoir bien compris ce qu'il vient de dire.

— Alors Elizabeth ? insiste-t-il, impatient.
— Oui... soufflé-je.

Je ne préférais pas imaginer ce dont ils seraient capables de me faire là, maintenant, tout de suite, si je disais non.

— Très bien. On t'enverra la chorégraphie et toi, tu nous enverras tes mensurations bien que je devine déjà ton tour de poitrine... ricane Jeff en se tournant vers ses acolytes qui font de même.

D'un coup sec, il vient couper la corde qui me retenait prisonnière jusqu'à maintenant.

— Tu claqueras la porte derrière toi, lance-t-il à mon attention en sautant à bas de l'estrade.

Les cinq garçons disparaissent dans ce que je devine être l'arrière du bar. J'ai l'impression d'être en train de me faire chasser par un amant qui ne veut plus jamais me revoir. Sauf que l'amertume que ce moment me laisse est bien plus désagréable.

Précipitamment, je récupère chaque bouton de ma robe sur le sol. Je ne réfléchis plus. Je veux nous sauver, moi, ma dignité et ma robe. C'est là que je me rends compte que je ne peux pas sortir comme ça. Le vêtement est ouvert de part et d'autre de mon corps. Mes larmes recommencent à jaillir. Je sens toujours les brûlures de leurs yeux pervers sur ma peau. Cette sensation de salissure que j'avais tant espéré ne plus jamais ressentir revient au grand galop. Il fallait que je prenne une douche. Maintenant.

Enragée, je sors mon téléphone de ma poche. Griffin allait me tuer. Puis il irait s'occuper de ces connards. A moins que ça ne soit l'inverse. Peu importe. Je l'appelle, priant pour qu'il décroche rapidement. Ce qu'il fait.

— Betty ! Tu as fini d'échanger tes ragots avec Kim, c'est ça ? s'esclaffe-t-il à l'autre bout du fil.
— Viens me chercher rue Washington Griffin. Vite, murmuré-je, la voix tremblotante.

Un craquement derrière moi me fait sursauter. Je manque de lâcher mon téléphone en me retournant. Je balaye la pièce sombre du regard à la recherche de mes harceleurs, mais il n'y a rien. Seulement le silence et ma solitude oppressante.

— Je suis là dans cinq minutes. Tu es où exactement ? enchaîne-t-il, toute trace de plaisanterie ayant désertée sa voix.
— Au Titty Twister.
— J'arrive. Ne raccroche pas.

Le temps se fait interminable. J'ai mis l'appel en haut-parleur. J'entends le moteur de la voiture ronfler et Griffin insulter les autres usagers de la route. Le regard vide, j'attends. Jusqu'à ce qu'il me dise qu'il sera là dans trente secondes.

Les mains sur ma robe, je tente tant bien que mal de cacher ma nudité. Je ne pleure plus. Je suis vide. Je me sens sale. Bête. Nulle. Conne. Je m'en veux et en même temps, j'en veux à la terre entière. Je n'ai pas le temps de m'apitoyer plus sur mon sort que j'entends quelqu'un secouer la porte d'entrée du bar. Je m'élance pour l'ouvrir et tombe nez à nez avec Griffin. Il attrape mon visage pour l'observer sous toutes les coutures. Il me tire dehors une fois qu'il est sûr que je n'ai rien et claque la porte. Comme si Jeff lui avait demandé à lui de le faire et non à moi. Je ne m'en formalise pas. Il a très bien pu agir sous le coup de l'énervement.

Il me prend par la main et m'entraîne jusqu'à sa voiture où il me fait monter. Il va ensuite à sa place et un silence pesant s'installe. Il ne me regarde pas. Je le sens bouillir. Une veine est apparue sur son front et ses mains tremblent. Prenant une grande inspiration, je me lance.

— Ça va... Ils ont juste enlevé tous les boutons de ma robe... C'était pour se venger de ce que j'ai fait et dit à la soirée de Kim, expliqué-je, honteuse.

Je ne le regarde pas non plus, mal à l'aise.

— Et ça, c'est quoi ? demande-t-il en pointant du menton une estafilade sur ma cuisse que ma robe ne protège plus.

Vivement, je pose ma main dessus, laissant ma robe tomber de mon épaule pour en dévoiler plusieurs autres, sur le haut de mon bras et qui continuent vers l'arrière, sur mon omoplate et dans mon dos.

— Ça ne te regarde pas, lançé-je froidement.

C'était trop tard. Il avait vu. La seule autre personne qui soit au courant était Grace. À sa question, je lui avais simplement répondu que c'était la vie qui avait décidé de marquer mon corps afin que je n'oublie jamais d'où je venais. Elle avait trouvé ça beau et espérait, elle aussi, avoir un jour sa propre histoire gravée dans sa chair. J'avais croisé les doigts à se demande, priant intérieurement pour que personne n'ait entendu son rêve de gamine.

Le fils de Lawrence a les lèvres pincées en m'observant une dernière fois de haut en bas, sans doute à la recherche d'une blessure qui aurait pu lui échapper. Il se penche ensuite entre nos deux fauteuils et prend son sweat à capuche qu'il me tend, sans un mot. Je le prends et l'enfile sans attendre, le tirant le plus possible, jusqu'à ce qu'il me recouvre jusqu'aux cuisses.

Il finit par démarrer afin de nous ramener à la maison. Sur la route, je me mets à pianoter sur mon téléphone pour changer les informations à propos du contact de Kim. Entre temps, j'ai reçu le message de Lawrence. Quelle ironie... De nouvelles larmes perlent au coin de mes yeux : dieu m'avait définitivement abandonné.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
OD'UN

Adelaaaaaaa! Adela degeerella! Vite, il faut que tu apporte ta coquille d'or
Ce n'était pas un poisson d'avril. Une Venus rouge, annoncée sur RTL, devait naître sur une nacre, comme un trésor. 
- Emmènes Adèle avec toi, elle fera une splendide sensuelle contralto 
Quelqu'un comme toi, séduira les beautés de l'amour dans un roman-photo
Toi, la chrysalide qui était chenille. Sur le fleuve amour de l'érable, tu as dénudée le Canada, le mimosa s'est pris pour Vivaldi et ses quatre saisons
Tu as Casta sa feuille d'origine du monde pour corser tes émotions
Tu t'es croustilles une baguette de pain, et même Babar s'est trompé de pied! 
Faire du rafting sur le papayer et palmier une queue de poisson, rien ne t'as arêtee...
Et micocoulier l'abricot de Provence, tout en faisant une chorégraphie partouzee de LFMAO avec des perruques
Tiens, le sketch avec Olivier de Bohême, tu en as fait craquer des chenillettes, en suçant les pucerons sur leurs nuques! 
Je garde un merveilleux souvenir de ta toile microcosmos avec des fusains d'Europe
Tu ne t'es pas noyée avec Cathay, mais à Panama, tu as eu un savonnier, fan de pop
Oh, le concert avec Épicéa, belle voix de soprano! Parce que Newton, il a Apple à l'aide. C'était grave!
Sur les grands arbres, tu t'es enrichies de 40 écus en faisant du Yoga scandinave.
La chrysalide est devenue papillon, riche de mille et une histoires des cinq continents.
A Ibiza, les yeux bleus de Mélissa, toujours dévêtue, azuraient Malina d'un sourire volcan 
T'as azurée avec Dan Brown et Marie: tu as trouvée le code du Da Vinci
D'un battement d'ailes, tu as Battus devilliers qui était trop mouillère avec un bombyx myope, en photo dans Voici
Le bombyx plumait des ocelles aveugles avec un Agus sanguinaire à chaque aurore, une vraie barbarie
J'avais demandé aux belles dames, de te chanter " Ma cabane au Canada", devant les saumons roses, cachés dans la trésorerie
A Tahiti, tu as Flambée les bananes qui se vahinaient sur les hanches ondulantes
Le Parnassius apollo a déposé sa rose sur les seins des belles succulentes
Un miracle se produisit: tous les papillons se rejoignirent et dans une symphonie inachevée, battèrent et batterent des ailes pour offrir un arc-en-ciel magique, qui n'avait ni début, ni fin à toutes les Miss du monde
Cette acoustique lumineuse ont donnée le pouvoir aux anges-gardiens de les protéger des violences, du tiers-monde aux Joconde!  
2
6
0
2
Anna22
Blue Harmony. Un havre de paix, une véritable corne d'abondance où chacun peut réaliser ses rêves. Fifth en est une anomalie, un imparfait. Tentant alors de trouver sa place dans les légendaires combats d'arènes, et cela malgré ses piètres performances, le jeune homme ne cesse sa quête d'identité, soutenu par sa seule amie, la jolie Height.
Toutefois, quand pour une raison obscure, Fifth accepte de fuir la sphère utopique de BH, il ne se doute en aucun cas que cette décision provoquera un tournant radical dans son existence.

« Elles furent au nombre de huit, mais suite à la Grande Guerre, il n'en resta que quatre. Un fragile traité de paix fut alors signé, reposant sur l'existence d'un coffre dont personne ne connaissait le contenu. Ce coffre, il ne peut s'ouvrir qu'à l'aide de quatre clés... »

Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
9
6
35
16
Défi
Lean Mildon

Comme le dit la légende
Le phoenix renaît de ses cendres
Mais toi qui parle tout bas
Tu ne peux plus aimer ça

Cette vie, qui te fait souffrir
Mais qui finira par t'éblouir
Car je te redonnerai tant de confiance
Que tu iras bien même en mon absence

Abandonnée à la naissance, tu seras fière de me choisir
Toi ma chère amie à qui je ferais découvrir
L'envers du décor, des ruines chargées d'or
Dont toi seule connaîtra la clé, sacre de ton sort

Je te montrerai le ciel comme jamais tu ne l'as vu
Pour que chaque jour tu t'émerveilles moi qui ai toujours su
Que ton voyage commencerait par un premier pas
Ainsi où que tu ailles je te guiderai à travers toi, et te prendrai dans mes bras...

Toi mon amie qui veut tout oublier
Je ne te laisserai pas abandonner
Tu ne mérites pas que je te laisse passer de la lumière à l'ombre,
C'est pourquoi je resterai là pour toi à t'aimer les jours sombres.


12
26
1
1

Vous aimez lire Laulkhel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0