- Titty Twister -

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Elizabeth.

Griffin a les yeux fixés sur la route. Finalement, il a accepté de m'emmener. Je savais que son intention de ne pas le faire avait été fausse. Depuis que je suis arrivée, il ne fait que me tester, me poussant jour après jour dans mes retranchements. Je ne sais pas ce qu'il attend de moi et à vrai dire, je n'ai pas vraiment envie de le savoir.

— Tu veux que je te dépose où ? me demande Griffin en me jetant un coup d'œil.
— A-au Starbuck s'il te plaît, répondis-je, incertaine.

Il ne relève pas mon petit bégaiement et mon regard fuyant. Je ne veux pas lui dire où je vais. Une vieille habitude sans doute. Je me crispe légèrement en repensant à tous les mensonges que j'ai dû inventer durant les trois dernières années de ma vie. Tout ça pour sauver ma peau. Tout ça pour maintenir ma tête hors de l'eau. Et puis finalement, la seule et unique solution qui s'était révélée être la meilleure pour me protéger avait été la fuite.

— Voilà Betty. Je reviens te chercher à quelle heure ? poursuit-il en enclenchant le frein à main.

Je me tourne vers lui, affrontant ses iris grises. Nous nous sondons l'un et l'autre, à la recherche d'un je ne sais quoi. Je flanche la première, baissant les yeux, les joues rouges, intimidée par la profondeur de son regard.

— Je...Heu... Je ne sais pas, bégayé-je de plus belle.

Il soupire et me demande de sortir mon téléphone. Il me dicte son numéro puis me fou dehors sans attendre, me poussant presque pour que je déguerpisse hors de sa vue. Quel étrange spécimen... Il repart ensuite, dans une direction qui n'est pas celle du Ranch. Je ne sais pas où il se rend et, à vrai dire, ça m'est égal : ce ne sont pas mes affaires.

Mon téléphone dans la main, je lance Google Maps pour rejoindre le fameux Titty Twister. J'arrive devant une bonne dizaine de minutes plus tard. Je fronce les sourcils en observant le bâtiment. Il a exactement la même façade que sur la photo que j'ai visionnée un peu plus tôt dans la journée. Les grosses lettres en néon rose et bleu sont éteintes et aucune lumière ne filtre à travers les fenêtres. Curieuse, je me penche quand même jusqu'à coller mon nez sur la vitre. À l'intérieur, les chaises sont sur les tables, je vois aussi un bar mais... personne. Peut-être que je me suis trompée ? Peut-être que le café a déménagé ? Pour en avoir le cœur net, j'envoie un message à Kim.

[Elizabeth] : Je suis là mais je pense que je me suis trompée de café. Je suis devant ce qui ressemble à un bar, rue Washington.

Sa réponse ne tarde pas, mon téléphone émettant un bruit sonore dans la seconde.

[Kim] : Je te vois, j'arrive.

Je sonde la rue, mais personne à l'horizon : je suis bel et bien seule. Un bruit de clef qui tourne dans une serrure me fait relever la tête. Quelqu'un ouvre la porte d'entrée de l'établissement. Peut-être que ça appartient à la famille de Kim ? Je m'approche et, au moment où la porte se met à grincer sur ses gonds, j'ouvre la bouche de stupeur. Je n'ai pas le temps de crier. Je n'ai pas le temps de m'enfuir. On me pousse de l'extérieur, me faisant trébucher vers l'avant. C'est Caleb qui m'attrape avant que je ne me rétame sur le parquet ciré du bar. La personne qui m'a bousculé referme la porte derrière nous. Elle passe ensuite devant, m'offrant un vilain sourire : Max.

Je ne comprends pas tout à fait ce qu'il se passe. Matt et Zeke finissent par faire leur apparition. Il n'en manque plus qu'un pour que le groupe soit au complet.

— Je ne pensais pas qu'il serait aussi facile de te tromper ma chère Elizabeth.

Il est là. Jeff. Pourtant, je ne le vois toujours pas. Max et Caleb, les plus proches de moi, m'empoignent par les bras. Mon cœur s'emballe dans ma poitrine, je suis tétanisée par la peur. Si bien que je n'arrive même pas à hurler, encore moins à me débattre. Je me laisse traîner jusque sur une estrade où se trouve Matt. Ce dernier m'attache les poignets dans le dos, à une barre de pole dance.

Je ne comprends rien à ce qu'il se passe. Et encore moins pourquoi. Mes yeux s'habituant à l'obscurité, je finis par deviner que ce que je croyais être un bar lambda est en fait un bar bien plus érotique. Je peux très bien deviner les strip-teaseuses danser sur les estrades, leur corps tournant encore et encore autour des barres en métal. Un peu plus loin, tout au fond de la salle, se tient une grande scène dont les lourds rideaux de velours sont fermés. Dans quoi m'étais-je encore fourrée ?

— Et bien, tu n'as rien à dire aujourd'hui ma belle ? ricane Jeff.

Il apparaît enfin dans mon champ de vision. Il ne me regarde pas. Ses yeux sont rivés sur un objet dont le métal miroite à la lueur du jour qui transperce les vitres des fenêtres. Je devine que c'est un couteau. Je ferme les yeux un instant et inspire longuement. Ma peur est tangible : tout mon corps tremble. Je suis incapable de prononcer le moindre mot. Mes pensées sont accaparées par les souvenirs et la douleur. Ma poitrine se fait marteler par mon cœur emballé. J'ai l'impression d'avoir un troupeau de chevaux sauvages lancé au grand galop dans ma cage thoracique.

Je sens mon pouls pulser dans mon cou. Je suis certaine qu'ils entendent tous aussi distinctement que moi les pulsations folles envoyant mon sang dans mes veines. En tout cas, moi, ça me fait l'effet d'un coup de marteau s'abattant sur une enclume, à même l'intérieur de mon crâne. J'ai la gorge sèche et serrée à en avoir l'impression que quelqu'un m'étrangle. Je ne peux m'empêcher de me demander ce que je vais devenir.

— Ce n'est pas grave, je n'ai pas besoin que tu parles. Tu es bien trop impertinente à mon goût. J'ai d'abord pensé à te couper la langue et puis je me suis dit que si on devenait plus que de simples amis, tu risquerais d'en avoir besoin... Tu me suis ? poursuit-il sur un ton sec.

Ses paroles me sortent de ma torpeur. Son sourire est mauvais. Tellement mauvais que j'arrête de respirer un court instant. Il s'est rapproché et est maintenant sur l'estrade, trop proche de moi. Doucement, il se met à me tourner autour, laissant glisser son couteau sur ma robe rouge.

— Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi à ce que tu m'as dit l'autre soir. Et je t'ai trouvé bien grossière pour une si jolie fille... Tes parents ne t'ont jamais appris les bonnes manières ?

Je serre les dents à m'en briser la mâchoire. Il est à nouveau devant moi. Il me scrute de ses yeux sombres. Je suis toujours incapable de dire quoi que ce soit. Alors il reprend, satisfait de son effet.

— Tu n'as pas bu le verre que je t'ai préparé l'autre soir, ce qui fait que tu me dois un gage. Si tu le fais, j'oublierai les vilaines paroles que tu as prononcées à mon égard ainsi que ton geste très déplacé. Autrement, tu risques d'avoir de sérieux problèmes avec moi... Avec tout le gang même, annonce-t-il, très sérieux.

Le gang ? Je cligne des yeux, perdue. Je ne suis au courant de rien et pourtant, ça semble logique. Les jeunes à la soirée qui sont terrorisés dès que lui et ses sbires rentrent dans une pièce. Les réactions brusques de Griffin au supermarché afin de me protéger. Oui, ça fait sens.

— Tu n'as toujours rien à dire ? Tu ne veux même pas savoir comment j'ai réussi à obtenir ton numéro de téléphone ? continue-t-il avec acharnement.

Je baisse les yeux et tourne le visage alors qu'il vient de mettre le sien à ma portée. Je sens son haleine chargée de marijuana caresser ma peau. C'est dégoûtant. Mon rythme cardiaque, qui s'était un peu calmé remonte en flèche, rendant ma respiration difficile.

— Ça a été assez facile, je dois dire. Lawrence, mon oncle, m'avait parlé du site où il cherchait quelqu'un pour l'aider. Ton profil était toujours en ligne, avec ton numéro de téléphone, lâche-t-il, un sourire triomphant étirant ses lèvres.

Jeff a l'air plus que satisfait de sa petite manigance. Quel con.

— Ton gage maintenant princesse.

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