- Cours de français -

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Elizabeth.

Une semaine a passé depuis cette fameuse soirée chez Kim. Le lendemain matin, c'est sans aucun souvenir de moi gravissant les escaliers que je me suis réveillée dans mon lit. Évidemment, je soupçonne Griffin. Bien que Lawrence ait très bien pu me porter jusqu'à ma chambre tôt le matin alors qu'il sortait travailler. Je ne l'ai jamais su et je ne le saurais sans doute jamais.

La vie a repris son cours et je n'ai plus réentendu parler ni de Kim, ni de Jeff, ni de personne croisée à la fête. D'un côté, c'est tant mieux, ainsi, je peux garder ma honte pour moi. Je n'en reviens toujours pas. Je ne connais pas la fille qui a osé exploser à la face de Jeff. D'un côté, on pouvait dire qu'il l'avait cherché... Mais en temps normal, l'Elizabeth de tous les jours auraient simplement baissé les yeux et accepté sa défaite. C'était l'alcool qui avait fait des siennes, me rendant moins vulnérable au point de faire jaillir le fauve qui habitait en moi.

Griffin, quant à lui, m'ignore superbement depuis. Nous ne faisons que nous croiser en nous échangeant des regards vides d'émotion. Je ne l'apprécie toujours pas et j'ai cessé mes efforts pour qu'il s'intègre à nouveau à sa famille. Cependant, depuis que nous sommes allés le réveiller avec Grace le matin des pancakes, j'ai l'impression qu'il a mis un réveil : tous les matins, il descend prendre le petit-déjeuner à dix-heures, avec tout le monde. Certes en silence, mais il daigne au moins nous honorer de sa présence.

Pour ma part, je commence à trouver mon rythme. J'ai dit à Grace de venir me réveiller dès qu'elle sortait des bras de Morphée. Ce qu'elle fait en y prenant un malin plaisir. Son plus grand bonheur est d'entrer en trombe dans ma chambre, Cowa jappant comme une possédée sur ses talons pour venir sauter sur mon lit en criant sa joie. Finalement, c'est peut-être ça qui réveille Griffin... Après tout sa chambre est en face de la mienne.

Ce matin ne fait pas exception à la règle et Grace débarque aux alentours de huit heures. La labrador est là aussi et les deux sautent sur mon matelas : l'une pour me couvrir de léchouilles affectueuses et l'autre pour rebondir joyeusement sur mon lit.

— Bonjour Eli ! Allez debout ! C'est l'heure de se lever ! piaille l'enfant.

Je réponds en grognant et tente de chasser le chien qui envahit un peu trop mon espace vital. C'est Grace qui m'en libère, pour mieux prendre sa place. Elle se plaque sur moi, venant m'enserrer le cou et me couvrir de bisous. J'ouvre les yeux pour la découvrir en train de m'observer, les yeux brillants d'excitation.

— Qu'est-ce qu'il y a petit monstre ? lui demandé-je, la voix rauque des matins difficiles.

En bougeant pour me redresser, je sens tout mon corps me hurler sa douleur. Les courbatures sont vives et je crois même que je suis en train de me découvrir de nouveaux muscles. La veille j'ai aidé Lawrence à nettoyer son étable. J'ai passé l'après-midi avec un râteau et une pelle dans les mains, à ramasser la paille, la poussière et la terre battue du sol du bâtiment. Ça m'a littéralement cassé. Heureusement aujourd'hui je ne dois que m'occuper de la petite miss.

— J'ai faim ! s'exclame-t-elle, un grand sourire étirant sa bouche pour dévoiler ses dents.
— Je vois... Et tu ne peux pas te faire à manger toute seule, c'est ça ?
— Non, je suis trop petite et papa m'a formellement interdit de toucher à la gazinière ou au four !
— Parce que des céréales, ce n'est pas assez pour ton petit ventre de morfale ?

Je l'attrape en terminant ma phrase et commence à lui chatouiller les côtes, lui soutirant des cris à en réveiller toute la maisonnée. Lorsque j'arrête enfin, ses yeux brillent tellement elle a ri.

— Allez princesse, je vais aller me doucher pour finir de me réveiller, tu sais ce que tu dois faire n'est-ce pas ? lui lançé-je, le regard espiègle.
— Oh oui ! me répond-elle en imitant ma mimique.

Je file ensuite sous la douche, laissant l'enfant choisir ma tenue dans mon placard. C'est devenu une vraie routine et je sais que Grace prend grand plaisir à mettre mon armoire sans dessus-dessous pour choisir les affaires qui lui plaisent le plus. Je reviens dix minutes plus tard, une serviette autour de la tête et une autre enroulée autour de mon corps. Grace est sur mon lit, une robe posée à ses côtés. Je lui souris en la prenant pour la regarder et mon cœur se serre. C'est un cadeau de ma mère, le premier qu'elle m'a fait alors qu'elle m'emmenait pour ma toute première virée shopping mère-fille. J'avais dix-huit ans.

— Tu n'aimes pas ?

Je sors de ma nostalgie et souris à Grace, venant caresser sa joue rebondie d'une main.

— Si, je l'adore ! C'est un cadeau de ma mère. Et toi, elle te plaît ?
— Oui, j'aime beaucoup les couleurs ! Elle s'appelle comment ta mère ? Et ton père ? Tu as des frères et sœurs ?

Ses questions me fusillent le cœur. J'ouvre la bouche et détourne le regard pour le reposer sur ma robe. Je me perds dans les motifs floraux ornant le tissu léger de couleur rouge.

— Ils te manquent, c'est pour ça que tu es triste ?

L'innocence de cette enfant allait me tuer. Me reprenant, j'affiche mon plus beau sourire pour lui faire face, prête à lui avouer une demie-vérité.

— Oui, ils me manquent. Ma mère s'appelle Marianne, mon père Alexander et j'ai trois frères, Eden, Adrien et Maxime.

Je prononce les prénoms en français. Elle adore quand je parle en français et j'adore lui offrir ce bonheur simple. Elle essaye de répéter les prénoms de ma famille, avalant les "r" dans sa gorge comme toute bonne américaine qui se respecte.

Une fois que je suis habillée et coiffée, nous descendons ensemble pour préparer le petit-déjeuner. La petite a tenu à ce que nous cuisinions des french toast avec la vieille brioche. Ce que nous avons fait, au plus grand bonheur des papilles de Lawrence qui n'a pas manqué de le faire remarquer. Griffin, comme à son habitude, n'a rien dit, se contentant de manger en silence avant de débarrasser ses affaires pour disparaître.

En général, après le petit-déjeuner, j'ai un peu de temps pour moi puisque Lawrence emmène Grace s'occuper de Jack. Je l'utilise pour m'occuper moi-même de Teasle. Je ne suis pas encore montée sur son dos, la jument étant grosse comme une baleine. La rouquine porte la vie depuis quelques mois maintenant et elle ne va plus tarder à mettre bas : un événement qui était attendu avec impatience par tout le monde.

Alors que je finis de m'occuper de la jument qui m'a été confiée, j'entends Lawrence m'appeler du box de Jack. Je referme la porte de la stalle de Teasle après avoir embrassé ses naseaux duveteux puis je rejoins le père et sa fille. Lawrence tient son téléphone dans sa main quand j'apparais face à lui. Il me sourit, les yeux pétillants.

— Oui ? demandais-je peu certaine quant à l'annonce qu'il s'apprête à me faire.
— Je viens d'avoir Kim au téléphone. Elle m'a demandé si c'était possible que plusieurs fois par semaine, tu ailles chez elle lui donner des cours de français. Je n'ai pas de problème vis-à-vis de ça à partir du moment où c'est après seize heures et que tu es de retour pour travailler le matin. Je te laisse décider. Je t'ai envoyé son numéro pour que tu puisses lui donner ta réponse.

Je reste bouche bée. Ainsi Kim, de son vrai prénom, Kimberley, ne m'avait pas oublié, voir renié suite à ma crise lors de sa soirée. C'est une vraie surprise qui, étrangement, me réchauffe le cœur.

— Oh et je vais prendre ma demi-journée, les gars n'ont pas besoin de moi cet après-midi, donc tu peux vaquer à tes occupations, je vais prendre le relais auprès de Grace.
— Vous êtes sûr ?
— Oui, oui, file t'amuser un peu, va visiter et si besoin, demande à Griffin de t'emmener en ville s'il n'est pas déjà parti.

Je le remercie chaudement avant de partir en courant vers la maison pour y récupérer mon téléphone. Étrangement, je n'ai pas reçu le message de Lawrence contenant le numéro de Kim, mais j'ai bel et bien un message d'elle. Peut-être qu'il s'est trompé ? Peut-être que c'est à elle qu'il a envoyé mon contact ? Tant pis, le principal, c'est que l'on puisse communiquer ! J'ouvre donc WhatsApp pour y lire son message.

[Kim] : Hello Elizabeth ! Tu es dispo cet aprem ? On pourrait se retrouver au Titty Twister pour discuter, c'est un café très sympa en ville ! 18h ça te va ?
[Elizabeth] : Hey ! Ok, à tout à l'heure !

Curieuse, j'ouvre ensuite une page Internet pour voir à quoi ressemble ce fameux Titty Twister. La devanture ne ressemble en rien à un café et il n'y a aucune indication sur les horaires ou autre. Étrange. Mais je relativise, me disant que l'établissement vient peut-être d'être racheté et qu'ils n'avaient pas encore eu le temps de mettre à jour les informations sur le net. Je ferme donc la page et regarde l'heure : il est midi. Avant de redescendre dans la cuisine, je fais un détour par la chambre de Griffin. Je prends une longue inspiration avant de toquer à sa porte. Personne ne répond, pourtant, je sais qu'il est là. Ses chaussures sont dans l'entrée et sa voiture est dans la cour. Alors je recommence, plus fort.

— Quoi putain !?
— C'est Elizabeth...
— Oh ! Betty ! Je suis sur le balcon !

Je grince des dents, prenant sur moi et, au lieu de traverser sa chambre, je fais demi-tour dans la mienne, ouvre ma porte vitrée et longe le mur de la maison jusqu'à le retrouver à mi-chemin. Il est adossé à la balustrade en train de mâchouiller l'intérieur de sa joue, me fixant de ses yeux gris.

— Tu veux quoi, Betty ? me demande-t-il, son éternel sourire narquois plaqué sur ses lèvres.
— Tu peux m'emmener en ville tout à l'heure ? Je dois y retrouver Kim, répondis-je sans me démonter.
— Non.

Je reste interdite face à son arrogance. Il n'a pas bougé, nonchalant. À cet instant, je n'ai qu'une envie, le gifler. Mais je me retiens, plantant mes yeux dans les siens et j'ose.

— Pourquoi ?
— Parce que t'es malpolie, réplique-t-il du tac au tac.
— S'il te plaît, soufflé-je, excédée.
— Pardon Betty ? Je ne t'ai pas bien entendu.

Je sens mes narines se dilater sous l'effet de la colère qui m'envahit. Mais je garde mon calme malgré tout car exploser, c'est le faire gagner.

— Griffin, pourrais-tu, s'il te plaît, m'emmener tout à l'heure en ville afin que je puisse y retrouver Kimberley... recommencé-je, les lèvres pincées.
— Je vais y réfléchir, je te tiens au courant, me répond Griffin, un large sourire dévoilant ses dents blanches.

Dieu ce que je maudissais ce garçon.

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