- Ballet d'étoiles -

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Griffin.


Je n'en reviens pas. Personne n'a jamais osé remettre Jeff à sa place de la sorte. Absolument personne. Sa popularité est grande en ville et tous savent qu'il ne faut pas lui dire non. Jamais lui dire non. C'est un sale gosse qui a été élevé avec un semblant de cuillère en argent dans la bouche.

Bien installé dans l'herbe, j'observe du coin de l'œil la Française un peu plus loin. Elle s'est assise. Les yeux rivés sur le ciel illuminé. Les nuits dégagées sont belles dans le Montana et ce soir n'y fait pas exception. Le ballet des étoiles orchestré par la lune est beau. Moi, j'ai l'habitude, mais pour une fille comme elle, ça doit être nouveau. À vrai dire, je n'en sais rien. Je sais juste qu'elle vient du sud de la France où ses parents tiennent une ferme. Je ne sais même pas de quoi et à vrai dire, je m'en balance. Ce qui me préoccupe dorénavant, c'est la sécurité de cette nana. Elle n'a aucune idée de ce dans quoi elle vient de se fourrer. Moi par contre, je sais. Jeff allait se venger, c'était certain. J'ai déjà ma petite idée de comment... Elle allait devoir faire attention.

Un mot sortant de sa bouche me fait tressaillir. Cela fait bien longtemps que personne ne m'a remercié. Je ne réponds pas, touché. Depuis que ma mère est morte, je n'ai fait qu'enchaîner connerie sur connerie. J'ai rejoint la bande de mon cousin sans vraiment me poser de question. Jeff, c'est le fils de Steve. Le grand Steve Williams dont le prénom fait frémir toute la ville de Livingston. Ce sale type, frère de mon père, et donc, mon oncle, n'est pas un mec bien. Il est à la tête d'un petit gang de moins-que-rien. Ils dealent, vendent des armes illégalement et surtout, tiennent un bar peu recommandé où les strip-teaseuses font aussi office de prostituées. Tout l'argent finit dans les poches de Steve et de ses lieutenants. Evidemment, ils ont corrompu l'entièreté de la police du comté grâce à des pots de vin.

Mon oncle, il a fait de la taule plusieurs fois et il y est encore aujourd'hui. Ce coup-ci, on parle d'une vraie prison avec sécurité maximale. Les mêmes où l'on enferme les plus gros criminels du pays. Steve s'est retrouvé là-bas après avoir assassiné toute une bande de petits jeunes qui lui devait de l'argent. Ce type, il a la « neige » qui lui est monté au cerveau et qui lui a grillé le peu de neurones que la nature avait daigné lui donner à la naissance. Il n'a absolument aucun savoir vivre et les seules règles qu'il respecte éventuellement, se sont les siennes.

Jeff suit ses pas à la trace. C'est devenu un vrai petit con sans cœur et il a déjà fait beaucoup de mal. Le sang ne lui fait pas peur et infliger de la douleur est devenu une passion pour lui. Du moins, quand il n’a pas à mettre la main à la pâte. Il ne faudrait pas qu’il salisse ses petites mains d’héritier.

Pendant un temps, me mêler de leurs affaires m'a semblé une bonne idée pour oublier ma propre souffrance. Sauf qu'une fois que tu es pris dans l'engrenage d'un gang, il est très difficile d'en sortir : non seulement, tu sais trop de choses, mais quand, en plus, quand tu te trouves être un bon élément alors personne ne veut te laisser partir... Ça fait quelques mois que j'essaye pourtant. Steve est fermement opposé à l’idée. J’ai laissé les choses traînées en longueur, jusqu’à ce que je me fasse arrêter pour le deuxième fois. Là j’ai pris réellement conscience de la dangerosité de la chose. Je ne voulais pas de casier judiciaire et encore moins finir en taule. Alors je profite de l’absence de mon oncle pour me la couler douce et faire comme si j’étais parti : Jeff ne peut rien contre moi.

Lorsque mon père est venu me récupérer au commissariat, juste avant de partir chercher Elizabeth à l'aéroport … J’ai eu encore plus honte que la première fois. Nous n'en avons jamais parlé, mais la déception dans ses yeux a suffi à m'anéantir. J'avais bien déconné dans la nuit et, finalement, je m’étais fait embarquer.

Comme Betty, je m'allonge, mes iris gris plantés dans le décor céleste. Une étoile filante passe, accélérant les battements de mon cœur. Précipitamment, je fais un vœu. Je ne crois pas à ses conneries, mais si seulement... Enfin bref, ne dit-on pas que l'espoir fait vivre ?

— Griffin ?

Je tourne la tête vers elle. Elle me scrute et je fronce les sourcils. Qu'est-ce qu'elle me veut maintenant...

— T’étais ami avant avec les gars bizarres ?

— Ouais.

— C’est pour ça que t’es aussi con ?

— Ouais.

Le silence s’installe quelques secondes entre nous. On ne se quitte pas des yeux, j’attends la suite.

— C'est bon, on peut rentrer.

— T'as fini de dessaouler ? ricané-je en me remettant debout.

— Oui.

Elle se lève à son tour avant de se ramasser dans l'herbe. Elle n'avait pas complètement terminé apparemment. Je m'approche d'elle et lui tend la main. Ses mèches brunes recouvrent son visage qui semble avoir perdu de ses couleurs. Je retiens un soupir puis me baisse à son niveau afin d'écarter les cheveux de son visage. Nos yeux se rencontrent et je peux lire dans les siens un grand mal-être.

— Tu veux vomir peut-être ?

Je ne peux m'empêcher de sourire, amusé par la situation.

— Ce n'est p-pa...

Je m'écarte de justesse pour éviter ce que son estomac renvoie et je la contourne pour attraper le reste de sa crinière. Je ris intérieurement et patiente jusqu'à ce qu'elle ait terminé pour reprendre de plus belle.

— Bah alors Betty, on n'a pas l'habitude de boire ?

— Ta gueule Griffin.

Je ris encore plus. Elle se dégage de moi et se lève, le regard noir. Elle n'est vraiment pas contente, mais surtout, je décèle dans son comportement autre chose. Encore de la peur ? Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ça arrive. Elle avait lancé ses mêmes signaux, le lendemain de son arrivée, lorsque je l'avais coincée sans arrière pensée dans la cuisine. Puis lorsque nous étions rentrés des courses. Il y a vraiment un truc qui cloche chez cette fille. Un coup elle est toute pimpante, prête à affronter le monde et la seconde d'après on dirait une souris effarouchée à la recherche d'un trou pour se terrer.

— Allez, on rentre Betty.

— Et arrête de m'appeler Betty ! Je ne suis plus une enfant !

— Non mais c'est tout comme : tu es petite et tu as la même réaction qu'une gamine quand on l'emmerde. Alors je vais continuer par pur amusement.

Je souris comme un con en l'observant rejoindre le pick-up. Je lui emboîte le pas et monte côté conducteur. Elle est déjà attachée et regarde droit devant elle, la moue boudeuse. Ça m'allait très bien ainsi. Je démarre et prends le chemin du retour. Nous ne sommes vraiment pas loin de la maison alors lorsque j'arrête la voiture et me tourne vers elle pour lui annoncer que nous sommes arrivés, je suis surpris de la voir endormie. La lune éclaire son visage apaisé et je me mets à l'observer sous toutes les coutures. Elle a un grand front avec une implantation de cheveux qui fait comme un haut de cœur. C'est mignon. Elle a aussi des sourcils épais et fournis, un petit nez rond, mais pas en patate, une bouche aux lèvres fermes et pulpeuses et des taches de rousseur fines qui sont très certainement apparues à cause du soleil d'été. Elle est jolie. Sans être une bombe qui fait retourner les têtes sur son passage dans la rue. Betty, elle était belle dans sa simplicité et son naturel.

Je finis par lui secouer l'épaule assez durement, jusqu'à ce qu'elle grogne pour me signifier qu'elle est réveillée.

— On est arrivé. Tu peux dormir dans ma caisse, je m'en fous, mais je pense que tu seras quand même mieux dans ton lit. Et ne compte pas sur moi pour t'y porter.

J'ai à peine fini de parler que je suis déjà dehors. Elizabeth quant à elle, n'a pas bougé d'un pouce. Qu'elle plaie.

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