- Soirée -

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Elizabeth.

Depuis que Griffin a annoncé hier sans aucun scrupule à sa sœur qu'il avait tué leur mère, j'ai du mal à penser à autre chose. Je me suis sentie détruite par les émotions pleines de souffrance de Grace. Son père, Lawrence, est devenu enragé en apprenant ce qu'il s'était passé. Je pense qu'il aurait souhaité s'expliquer avec son fils, mais il avait déjà disparu.

L'eau brûlante coule sur mon corps et j'essaye de m'ôter toutes ces idées noires de la tête. Il faut que je me dépêche. J'ai laissé Grace jouer avec mes bijoux sur mon lit et dans moins d'une demi-heure, il faut que je parte. J'ai longtemps réfléchi à cette invitation à la soirée. Jeff ne m'inspire aucune confiance et à vrai dire, je n'ai pas du tout envie de le croiser là-bas. Pourtant, j'ai besoin de partir du ranch quelques heures, de rencontrer d'autres gens de mon âge. Parce qu'une chose est sûre, ce n'est pas avec Griffin que je vais pouvoir remplir mon capital social. Je me fixe donc quelques règles : ne pas me retrouver seule en compagnie de ces fous furieux et ne pas trop boire.

Je ne sais pas si Griffin a décidé d'y aller. Nous n'avons pas parlé depuis l'incident de la veille. Et puis d'ailleurs, ça m'est égal. Qu'il vive sa vie, de son côté, sans influencer la mienne et tout allait bien se passer. Cependant, il a dû vivre quelque chose de vraiment affreux... Tuer sa mère... S'il l'avait réellement fait, il ne serait sans doute plus en train de vivre ici mais plutôt en train de marcher dans les couloirs d'une prison. Serait-ce donc un accident dont il se rend responsable ? Je ne m'aventurerais jamais à le lui demander : ce ne sont pas mes affaires.

— Grace ?

J'entre dans ma chambre pour la retrouver couverte de colliers et de bracelets. Elle est vraiment adorable. Au sol, Cowa l'observe en battant le plancher de sa queue brune. L'enfant a l'air de s'en être plus ou moins remis. Elle n'a pas dû tout comprendre... ou alors, elle est vraiment très forte pour cacher ses émotions derrière son masque jovial.

— Ooooooh, tu es splendide ! Il va falloir que tu m'en prêtes !

Je m'assieds à côté d'elle. J'ai revêtu une robe noire, simple. Elle est cintrée à la taille et évasée sur le bas. Je récupère une chaîne en or avec pour pendentif une perle nacrée et enfile une paire de sandales.

— Tu reviens quand ? s'inquiète Grace.

— Demain matin très tôt, je pense. Tu seras encore en train de dormir. Mais ne t'inquiète pas, je ne serais pas loin, Grace. Tout ira bien. Ton papa sera là pour s'occuper de toi, conclus-je en lui embrassant le front avant de lui offrir un sourire.

C'est impressionnant la vitesse à laquelle je me suis attachée à elle. Après une longue étreinte pour lui dire au revoir, je descends du lit en l'entraînant à ma suite. Le chien se lève également et nous descendons dans le salon. Une surprise des plus étonnantes nous y attend : Griffin. Habillé d'un tee-shirt gris ample et d'un jean banal. Il nous ignore superbement avant de se diriger vers la porte d'entrée.

— Si t'es prête, ramène-toi. Je pars dans une minute.

— J'allais prendre un Uber, tu n'es pas obligé de me faire le taxi, répondis-je.

— Qui a dit que je te faisais le taxi ? J'y vais aussi alors autant que tu viennes avec moi.

Dans ma main, celle de Grace se resserre. La vue de son frère la fait souffrir.

— J'arrive.

J'embrasse une dernière fois Grace en lui chuchotant des mots rassurants à l'oreille.

À l'extérieur, la chaleur de ce début d'été m'enveloppe. Griffin est déjà dans la voiture. Je monte à ses côtés sans un mot, sans un regard. Rien. Seule ma froideur va à l'encontre de la sienne. L'ambiance devient électrique. Le trajet risque d'être long.

Les épaules remontées, je tape d'un rythme soutenu sur ma cuisse. Je me sens mal. Le fait d'aller rencontrer des inconnus et de me tenir là, à côté de lui, c'est de trop.

— Essaye de ne pas te retrouver coincée avec les gars de la dernière fois ce soir.

Je serre les dents.

— Arrête de faire semblant de vouloir me protéger, ok ? D'un parce que je suis assez grande pour me débrouiller seule et de deux, parce que nous savons tous les deux que tu n'en as rien à foutre. Alors tais-toi et contente-toi de conduire.

Ma réponse est sans appel. Je hais ses manières. Ses humeurs lunatiques, il peut se les garder pour lui.

— Ne me dis pas que tu es venu dans le seul but de garder un œil sur moi.

— Tu ne connais pas ces gars. Tu ne sais pas de quoi ils sont capables. Moi, oui.

Il gare le pick-up dans une grande cour où plusieurs autres véhicules attendent leurs propriétaires qui rient et boivent partout dans le jardin. La propriété est splendide. J'en déduis que les parents de Kim roulent sur l'or. J'ai bien peur de ne pas me sentir à l'aise du tout dans ce décor luxueux.

— Réveilles-toi un peu Griffin, on n'est pas dans un film d'action. Et encore une fois, je t'assure que je peux me débrouiller toute seule.

Griffin sort de la voiture en silence, complètement crispé. Il s'en va taper dans la main de plusieurs gars et serrer dans ses bras des filles. J'inspire lentement et sors à mon tour. Personne ne me remarque. Tant mieux. J'avance parmi la foule, observant les jeunes qui m'entourent. Une bonne majorité d'entre eux est déjà saoule. Je rejoins donc la maison, mes talons claquant sur les dalles lorsqu'une voix m'interpelle d'une porte de baie vitrée ouverte.

La fille est châtain avec des mèches blondes et de grands yeux bleus. Très fine, elle me rejoint avec souplesse et légèreté.

— Salut, je suis Kim. Alors comme ça, c'est toi la nouvelle... Elle me scrute de la tête aux pieds sans pudeur. Jeff m'a parlé de toi. Entre, je vais te servir un verre.

Avant même d'avoir le temps de répondre, je me retrouve traînée dans sa villa, sa main tenant la mienne. La fête bat son plein à l'intérieur. Les gens bougent en rythme sur la musique jaillissant des baffles se trouvant dans chaque angle de la maison.

— C'est très joli comme endroit, lancé-je en examinant les pièces que nous traversons.

— Ah oui, tu trouves ? Merci beaucoup. Mes parents en sont très fiers, réplique Kim, en me souriant.

En seront-ils aussi fiers en voyant le foutoir quand ils reviendront ? J'en doute fort. Mais qu'importe, elle, elle s'en fiche. On finit par atterrir dans la cuisine. Sur la table, Kim attrape un verre en plastique rouge et s'approche d'un saladier plein d'un liquide rose. Elle remplit mon verre à la louche et me le tend.

— C'est comme de la limonade, de la limonade américaine j'entends ! Avec du rhum. Tu vas voir, c'est très bon et surtout, fait maison ! Tous les citrons ont été pressés ici même !

— Tiens, tiens... Voilà la Française qui sort de son trou.

Jeff. Tatoué. Piercé. Tout de noir vêtu. Il est fidèle à son image de la dernière fois. Son petit groupe n'est pas loin et me fixe de leurs yeux perçants. Ils font bien plus vieux que les gens que j'ai pu croiser. Ils doivent avoir un peu moins de la trentaine.

À nouveau, je me sens telle une proie prise au piège par une meute de loups. Mon cœur s'arrête un instant et je tente de me calmer, de me remettre à respirer normalement. Il fallait que je réapprenne à avoir confiance.

— Il fallait bien que ça arrive un jour. Je n'allais pas rester indéfiniment chez les Williams, réponds-je, sur le qui-vive.

— C'est sûr. Ce vieux con de Griff est où d'ailleurs ?

Je hausse les épaules et plonge mes lèvres dans la limonade alcoolisée. Le goût sucré est plaisant. Je bois une gorgée. Je ne sens presque pas l'alcool. Griffin décide d'entrer dans la pièce à ce moment et la tension monte d'un cran entre les garçons. Sur l'échelle du connard fini, les deux ne sont pas loin d'avoir atteint la note la plus haute.

— Bon, viens Elizabeth. Je dois aller accueillir les derniers arrivants mais après on va faire des jeux dans le salon. me lance Kim précipitamment en m'attrapant le bras pour me traîner derrière elle.

Nous disparaissons vite, passant sous leur nez en les ignorant complètement. Un comportement étrange de la part de la jeune fille et qui me laisse perplexe. Peut-être qu'elle ne les apprécie tout simplement pas... Alors pourquoi les avoir invités ?

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