- Les deux-pattes -

4 minutes de lecture

Cowa.

Je me mets à geindre et m'enfuis vers le coin le plus reculé du salon. Le Solitaire est en colère. Je peux sentir chaque parcelle de son corps frémir sous l'effet de sa rage. Je me tapis contre le sol, la queue entre les jambes. J'aimerais disparaître. Mes yeux dorés se baissent, reconnaissance de ma soumission envers lui. Je suis mon instinct qui me crie de lui montrer mon ventre. Je me propulse sur le dos jusqu'à avoir les quatre pattes en l'air et je lui offre la partie la plus vulnérable de mon corps.

Je reste ainsi de longues minutes, jusqu'à ce que la situation se calme. Je tends l'oreille lorsque j'entends des sanglots. C'est La Petite. J'ose me redresser et je relève le bout de ma truffe pour lui jeter un coup d'œil. Ses yeux sont remplis de ce qu'ils appellent larmes. Je n'ai pas besoin de cette démonstration pour savoir à quel point La Petite est triste. Je suis une éponge, absorbant absolument toutes les émotions des deux-pattes. En ce moment même, j'ai l'impression que mon cœur se déchire dans ma poitrine.

La Petite finit par s'enfuir. Elle court et monte les escaliers le plus vite possible pour disparaître. Mon cœur me picote. Je me remets debout pour lui courir après afin d'aller la réconforter, mais un claquement de langue de la part du Solitaire m'oblige à me recoucher. De là où je suis, je peux observer leurs pieds. Ceux de La Nouvelle n'ont pas bougé d'un poil. Le choc la clouant au sol fait de bois. Ceux de Griffin battent le sol dans un rythme effréné, synonyme de son énervement.

Je ne peux m'empêcher de gémir, ce qui me vaut un regard aussi sombre qu'une tempête de neige par une nuit d'hiver. Je recule jusqu'au mur et ferme les yeux. La Nouvelle apostrophe Le Solitaire. Je les ignore, profitant de cette diversion pour ramper jusqu'aux escaliers. Je m'y engage en trottinant, mes griffes claquant sur le parquet ciré. Arrivée en haut, je me glisse par l'embrasure de la porte de la chambre de l'enfant. Elle pleure dans son lit. Je saute avec aisance à ses côtés sur le matelas et m'allonge auprès d'elle. La jeune deux-pattes a la tête enfouie dans son oreiller. Je fourre ma truffe contre sa joue, tentant d'atteindre son cou. J'inspire son odeur douce. Elle est sucrée et forte. J'ai toujours apprécié le savon qu'elle utilise pour se laver. Un mélange de framboise et de noix-coco... Je m'amuse toujours à la lécher lorsqu'elle sort de la douche. La Petite en rit toujours beaucoup, L'Alpha, moins. Il dit que ça ne sert à rien de se doucher si c'est pour que la barbouille de salive juste après. Seulement, je ne peux pas m'en empêcher ! C'est plus fort que moi !


Ses petits bras se referment autour de ma nuque. Elle me sert fort, comprime ma gorge, m'étouffe. Je me laisse faire.

Les deux pattes sont des êtres extraordinaires. J'ai beau vivre avec eux depuis ma naissance, ils continuent de m'impressionner. Ils sont capables de tant de choses. Ils sont aussi effrayants qu'appréciables. Mon amour pour les membres de cette famille n'a pas de limites. Je serais capable de tout pour rester avec eux. Capable de tout pour les rendre heureux.

Je n'aime pas voir La Petite, Le Solitaire ou encore l'Alpha tristes. La gaieté doit régner dans cette maison. Comme quand La Défunte était encore de ce monde... Je me souviens des odeurs alléchantes s'échappant de la cuisine, des rires du Solitaire qui se mêlaient à ceux de l'Alpha et de la plus jeune. C'était avant que les secrets ne soient dévoilés. Avant que la mort ne frappe cette maison. La Faucheuse avait réduit à néant cette famille unie et heureuse, la plongeant dans la douleur.

— Hein Cowa, c'est faux ce qu'il vient de dire ?

Ses grands yeux innocents se perdent dans les miens. Je lui donne un grand coup de langue pour la réconforter. Si seulement elle savait l'entière vérité...

Je suis la confidente de chaque membre de cette famille... Ma famille. Combien de fois mon poil a été mouillé par leurs larmes ? Combien de fois j'ai été serré contre leur poitrine, leurs lèvres me chuchotant leurs plus sombres secrets... Quand les deux-pattes ne savent plus vers qui aller, ils se tournent vers nous, leurs bêtes, leurs plus fidèles compagnons. Ils savent que nous ressentons énormément de choses. J'irais même jusqu'à dire que notre empathie est bien plus élevée que la leur. Il suffit simplement qu'ils plongent leur regard dans le nôtre pour y trouver toute notre compassion. Tout notre amour... Tout.

Je me souviens notamment d'une révélation. C'était il y a quelques années. J'avais trouvé la Défunte observant des photos de son fils, le regard mélancolique. Ce qu'elle m'avait alors confié était terrible. Aucun membre de la meute n'avait été mis au courant. Pas L'Alpha. Pas Le Solitaire. Pas La Petite. La Défunte, un après-midi, dans un élan de détresse, avait décidé de me partager la lourde charge qu'exerçait son secret sur ses fines épaules.

Elle m'a tout raconté depuis le début. J'ai compris l'essentiel et retenu une chose : l'Alpha n'est pas le géniteur du Solitaire. Son vrai père est au courant de la situation. Je le hais : c'est un enragé. Je ne l'ai jamais aimé. Son père, c'est Le Fou. 

________________________________________________________

Bonjour, bonsoir ~

J'ai voulu tenter quelque chose d'original et écrire du point de vue du chien. Dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires histoire que je sache ou non si je dois recommencer. Ce serait surtout grâce à elle que je vais pouvoir vous dévoiler des petits indices sur le background de la famille Williams.

Dites moi également si vous arrivez à vous retrouver avec les surnoms que Cowa leur donne. Il n'y en a qu'un que vous ne connaissez pas : Le Fou.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Recommandations

Défi
OD'UN

Adelaaaaaaa! Adela degeerella! Vite, il faut que tu apporte ta coquille d'or
Ce n'était pas un poisson d'avril. Une Venus rouge, annoncée sur RTL, devait naître sur une nacre, comme un trésor. 
- Emmènes Adèle avec toi, elle fera une splendide sensuelle contralto 
Quelqu'un comme toi, séduira les beautés de l'amour dans un roman-photo
Toi, la chrysalide qui était chenille. Sur le fleuve amour de l'érable, tu as dénudée le Canada, le mimosa s'est pris pour Vivaldi et ses quatre saisons
Tu as Casta sa feuille d'origine du monde pour corser tes émotions
Tu t'es croustilles une baguette de pain, et même Babar s'est trompé de pied! 
Faire du rafting sur le papayer et palmier une queue de poisson, rien ne t'as arêtee...
Et micocoulier l'abricot de Provence, tout en faisant une chorégraphie partouzee de LFMAO avec des perruques
Tiens, le sketch avec Olivier de Bohême, tu en as fait craquer des chenillettes, en suçant les pucerons sur leurs nuques! 
Je garde un merveilleux souvenir de ta toile microcosmos avec des fusains d'Europe
Tu ne t'es pas noyée avec Cathay, mais à Panama, tu as eu un savonnier, fan de pop
Oh, le concert avec Épicéa, belle voix de soprano! Parce que Newton, il a Apple à l'aide. C'était grave!
Sur les grands arbres, tu t'es enrichies de 40 écus en faisant du Yoga scandinave.
La chrysalide est devenue papillon, riche de mille et une histoires des cinq continents.
A Ibiza, les yeux bleus de Mélissa, toujours dévêtue, azuraient Malina d'un sourire volcan 
T'as azurée avec Dan Brown et Marie: tu as trouvée le code du Da Vinci
D'un battement d'ailes, tu as Battus devilliers qui était trop mouillère avec un bombyx myope, en photo dans Voici
Le bombyx plumait des ocelles aveugles avec un Agus sanguinaire à chaque aurore, une vraie barbarie
J'avais demandé aux belles dames, de te chanter " Ma cabane au Canada", devant les saumons roses, cachés dans la trésorerie
A Tahiti, tu as Flambée les bananes qui se vahinaient sur les hanches ondulantes
Le Parnassius apollo a déposé sa rose sur les seins des belles succulentes
Un miracle se produisit: tous les papillons se rejoignirent et dans une symphonie inachevée, battèrent et batterent des ailes pour offrir un arc-en-ciel magique, qui n'avait ni début, ni fin à toutes les Miss du monde
Cette acoustique lumineuse ont donnée le pouvoir aux anges-gardiens de les protéger des violences, du tiers-monde aux Joconde!  
2
6
0
2
Anna22
Blue Harmony. Un havre de paix, une véritable corne d'abondance où chacun peut réaliser ses rêves. Fifth en est une anomalie, un imparfait. Tentant alors de trouver sa place dans les légendaires combats d'arènes, et cela malgré ses piètres performances, le jeune homme ne cesse sa quête d'identité, soutenu par sa seule amie, la jolie Height.
Toutefois, quand pour une raison obscure, Fifth accepte de fuir la sphère utopique de BH, il ne se doute en aucun cas que cette décision provoquera un tournant radical dans son existence.

« Elles furent au nombre de huit, mais suite à la Grande Guerre, il n'en resta que quatre. Un fragile traité de paix fut alors signé, reposant sur l'existence d'un coffre dont personne ne connaissait le contenu. Ce coffre, il ne peut s'ouvrir qu'à l'aide de quatre clés... »

Le résumé est plutôt pourri, l’histoire l’est sûrement également, car c’est l’une de mes premières. Elle est d’ailleurs basée sur le jeu Clash Royal, mais je fais en sorte du mieux qu’en je puisse pour que l’on puisse la comprendre sans même connaître le jeu. Pour éviter tout quiproquos, j’ai publié le début de cette histoire sur Wattpad, même si je compte sûrement le supprimer sur cette plateforme (Wattpad) et continuer l’histoire petit ici.
9
6
35
16
Défi
Lean Mildon

Comme le dit la légende
Le phoenix renaît de ses cendres
Mais toi qui parle tout bas
Tu ne peux plus aimer ça

Cette vie, qui te fait souffrir
Mais qui finira par t'éblouir
Car je te redonnerai tant de confiance
Que tu iras bien même en mon absence

Abandonnée à la naissance, tu seras fière de me choisir
Toi ma chère amie à qui je ferais découvrir
L'envers du décor, des ruines chargées d'or
Dont toi seule connaîtra la clé, sacre de ton sort

Je te montrerai le ciel comme jamais tu ne l'as vu
Pour que chaque jour tu t'émerveilles moi qui ai toujours su
Que ton voyage commencerait par un premier pas
Ainsi où que tu ailles je te guiderai à travers toi, et te prendrai dans mes bras...

Toi mon amie qui veut tout oublier
Je ne te laisserai pas abandonner
Tu ne mérites pas que je te laisse passer de la lumière à l'ombre,
C'est pourquoi je resterai là pour toi à t'aimer les jours sombres.


12
26
1
1

Vous aimez lire Laulkhel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0