Prologue

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On dit souvent que ma première mission s’est déroulée dans l’empire Ocarian. Et pour me montrer honnête, je préfère que l’on dise cela. Mais cette même honnêteté m’oblige à admettre qu’il y en avait une autre avant. Elle s’est passée dans le Cairns, ce pays où la moitié de la population est esclave. Je croyais que j’y serais bien accueillie et que je n’aurais aucun mal à repartir avec une foule nombreuse. Mais les esclaves du Cairns sont aussi dérangés que leurs propriétaires. Si j’ai pu m’en sortir sans casse c’est parce que je courrai plus vite que mes poursuivants et que même les Cairnseny ne sont pas assez fous pour violer la frontière du domaine de Panation Tonastar.

Il me fallut plusieurs mois avant que je retourne sur le terrain. Du temps consacré à l’entraînement, et à approfondir mes connaissances. Ce que je faisais, personne ne l’avait réalisé. Je ne pouvais demander de conseils à personne. J’ai dû tout imaginer. J’ai rassemblé les meilleurs de l’Helaria. Wotan m’avait autorisé à réquisitionner n’importe qui pour ma mission, je l’ai pris au mot. Quelle n’a pas été ma surprise quand Muy s’est présentée lors de ces réunions de travail où nous avons réellement mis en place la structure de la corporation. Je m’attendais d’ailleurs à me faire remonter les bretelles pour cette initiative. Mais au contraire, c’est de la fierté que je lus dans les yeux de mes pentarques.

J’aurais bien aimé avoir les jumelles avec moi lors de mes missions. Malheureusement, elles étaient trop occupées à organiser la défense de l’île. Plus tard, j’ai eu le plaisir de bénéficier de leurs compétences à mes côtés. Mais pour le moment nous nous trouvions toujours sous la menace d’une attaque de pirate. À quoi bon se lancer à la chasse aux esclaves s’il n’y avait plus d’Helaria pour les accueillir. Je ne disposais donc que de moyens réduits pour ma prochaine cible. Il m’en fallait une à la fois facile pour nous servir de mise à l’épreuve, mais suffisamment importante pour marquer le coup.

Cette mission, plus tard, les aèdes la raconteront sous le titre de « La Falaise du Grand Saut ». Pour ma part, je préfère un nom plus approprié : « Les mines de l’Ocarian »

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Larousse


Coucou tonton,
Je ne sais pas si tu m’entends, de là-haut, mais tant pis. Tu sais, depuis ta mort, j’ai gardé une photo de nous dans mon portefeuille. Elle est vieille mais je la trouve magnifique. C’est toi qui m’apprends à faire du vélo. Tu tiens mon guidon et tu m’aides à avancer et moi, je pédale en me prenant pour une reine, tellement fière de tenir sans tomber sur mon petit vélo tout rose. En arrière-plan, il y a la route goudronnée et un coin de pelouse avec l’arbre contre lequel tu aimais t’adosser quand tu me racontais des histoires. Elle est belle, cette photo. On sourit, on est joyeux. Et en vie. C’était il y a seize ans. Maintenant tu es mort, je sais faire du vélo toute seule depuis bien longtemps et… Et maintenant j’ai perdu la photo. Je l’avais encore ce matin, mais j’ai été faire des courses dans la grande surface à une dizaine de kilomètres de la maison, j’ai passé une heure et demie à acheter des tas de choses dans des tas de magasins différents et à mon retour, la photo avait disparu. J’ai rangé ce qui allait au réfrigérateur et je suis repartie immédiatement après. J’ai erré dans les rayons pendant une heure supplémentaire, j’ai été voir à l’accueil, mais rien. Et j’ai fouillé dans l’ordinateur, demandé à maman si elle savait où était sauvegardée la photo, mais c’est impossible de mettre la main dessus. Toutes les dix minutes depuis, j’ai ouvert mon portefeuille dans l’espoir puéril que la photo réapparaisse, mais tu te doutes bien qu’elle n’a pas pris ses petites jambes pour revenir se glisser à l’endroit où elle a passé les deux dernières années. J’en ai versé, des larmes. J’ai presque l’impression de t’avoir perdu de nouveau. Dans les jours qui viennent, je tâcherai de retrouver une belle photo de nous. Et je ne la perdrai pas, cette fois-ci. Promis.
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