Chapitre 19

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De douces caresses sur mon visage me réveillèrent. Doucement, j’ouvris les yeux et souris en croisant le regard de Véra. Le soleil était dans mon dos, ses magnifiques yeux verts reflétaient la lumière du soleil. Ses longs cheveux argentés retombaient sur ses épaules, légèrement ébouriffées. Elle me sourit à son tour, tout en jouant avec mes cheveux. On se regarda pendant une bonne minute, sans prononcer le moindre mot. Quand ses doigts glissèrent son mon bras découvert, elle rompit le silence.


— Je préfère te voir avec le sourire, mon ange.

— Vous m’avez manquée, Ma dame.

— Toi aussi tu m’as manquée Élia. Je suis contente que tu sois revenue parmi nous.

— Je ne voulais pas vous blesser cette semaine, mais…

— Tu n’as pas besoin de t’expliquer. Le médecin m’a dit qu’il te fallait du temps alors j’ai attendu.

— Merci. Merci de m’avoir laissé le temps.

— C’est normal. J’ai une mission pour toi et j’espère que tu accepteras.

— Je vous écoute.

— J’aimerais que tu prépares une chorégraphie pour le mariage de Marcus et Isa. Tu la leur apprendras ensuite, pour qu’ils puissent danser. À ce que j’ai compris, Isa n’a jamais eu beaucoup d’occasions d’apprendre à danser. La tradition veut que la première danse soit faite par les mariés et Marcus y tient beaucoup.

— Je peux faire ça.

— Tu pourras t’entraîner avec eux les après-midi.

— Pendant que vous travaillerez dans votre bureau ?

— Exactement. Et si j’ai besoin de toi, je t’enverrais un message.

— J’ai combien de temps ?

— Deux semaines.

— C’est limite, mais je devrais y arriver.

— Merci, mon ange.


Elle s’approcha de moi et hésita à m’embrasser, ses lèvres à quelques centimètres des miennes. Ses doigts me caresser la joue délicatement.


— Qu’est-ce qui vous fait hésiter, Véra ?

— Me donnes-tu ton autorisation ?

— Possible.


Prenant enfin une décision, elle m’embrassa rapidement avant de repousser la couverture et de sortir du lit. Je sortis à mon tour et préparais sa tenue. Je l’aidais à s’habiller et dès qu’elle sortit de la chambre pour ses obligations impériale, je m’occupais du ménage de la chambre. Je changeais les bougies, enleva les fleurs fanées et me rendis aux jardins pour récupérer une rose fraîche. Je la plaçais sous l’oreiller de Véra avant de rejoindre Marcus et Isa dans leurs quartiers temporaires.


— Bonjour princesse, m’accueillit Marcus.


Depuis que Véra m’avait évité la corde, je m’étais renfermé sur moi, rompant tout contact. Marcus m’observait attentivement, cherchant le moindre signe prouvant que j’étais encore affectée par ce qu’il s’était passé.


— Véra m’a dit pour la danse de votre mariage et je suis ravie de vous aider.

— Véra ? s’interrogea aussitôt Marcus. Dis-moi d’abord comment tu vas.

— Je vais bien Marcus. On a discuté toutes les deux cette nuit et je vais beaucoup mieux.

— C’est à dire ?

— Margot avait tort. J’aime Véra et je ne peux plus faire semblant, renier mes sentiments pour elle. Elle m’a dit qu’elle avait viré Margot et j’ai accepté de devenir sa dame de chambre.

— Content que tu sois revenue parmi nous, princesse.

— Bref, je vous attends dans la salle de bal dans une heure. Et pas une minute de plus !

— Compris Princesse !

— Vous avez choisi une musique ?

— Pas encore, on te laisse faire.

— Je prends note.


Les laissant derrière moi, je rendis dans la grande salle et sélectionna pendant une dizaine de minutes une musique qui serait adaptée. Une fois la musique déterminée, je commençais à réfléchir à une chorégraphie. Je testais plusieurs mouvements avant de faire un choix définitif. Isa et Marcus arrivèrent à l’heure, en tenue de sport.


— Parfait, vous êtes à l’heure.

— Tu croyais quoi ? Élia, la prof de danse nous a dit une heure, on respecte l’horaire, rigola Marcus.

— C’est très bien. Parce qu’on a qu’une semaine et beaucoup de travail.

— Élia la tortionnaire, chuchota-t-il.

— Je t’ai entendu idiot. Commencez par vous échauffer, c’est très important.

— Ce serait dommage qu’on se blesse avant le mariage, enchaîna Isa.

— Nous sommes d’accord là-dessus.


Je leur montrais diffèrent exercices d’étirement avant de commencer à leur apprendre les premiers pas de la danse que j’avais créée pour eux. Même si je ne l’avais pas encore imaginé entièrement, j’avais déjà les bases et suffisamment pour ce qu’ils avaient à apprendre aujourd’hui. Après une heure et demie d’entraînement, je les laissais prendre une pause et en profitais pour me promener un peu dans les jardins. Au moment où je traversais les parterres de roses, je croisais Véra en sens inverse, accompagnée d’une fille plus jeune que moi.


— Ma dame, la saluais-je.

— Élia, je te présente Martine. C’est la fille d’une des cuisinières et elle a un exposé à faire sur la famille impériale. Je lui ai proposé de passer pour qu’on discute ensemble.

— Enchantée, répondis-je.

— Élia est ma dame de chambre. C’est elle qui s’occupe de moi, de ma chambre, de mes affaires. C’est aussi qui gère d’annuler mes rendez-vous si j’en suis incapable.

— Ce qui n’arrive pas souvent, heureusement.

— Comment ça se passe avec Marcus et Isa ? m’interrogea-t-elle ensuite.

— Ça s’annonce bien. Ils apprennent vite et sont réactifs. Ils sont d’excellent élève.

— Tant mieux alors. Surtout que tu n’as que deux semaines pour les préparer.

— Ils seront prêts à temps. Ne vous faites pas de soucis là-dessus.

— J’ai confiance en toi, Élia.

— Je dois y retourner maintenant, ils vont m’attendre sinon.

— Je ne te retiens pas.


Je continuai mon chemin et elle me sourit au moment où je passais à côté d’elle. Je me dépêchais de retourner dans la Salle de bal pour ne pas faire attendre les futurs mariés. Mais je compris vite qu’ils n’avaient pas l’intention de reprendre immédiatement.


— Qu’est-ce que vous fabriquez tous les deux ?

— Avec Isa, on est les seuls à se ridiculiser depuis le début. Du coup on s’est dit que c’était à toi de nous faire une démonstration maintenant.

— Surtout que je ne t’ai jamais vu danser, renchérit Isa.

— J’ai compris, je vais danser pour vous. Mais après on reprend, on n’a pas de temps à perdre.

— Oui chef ! s’écria Marcus pour se moquer de moi.


J’attachais mes cheveux en une queue de cheval, retirais mes chaussures et me dirigeais vers la chaîne hi-fi pour choisir une musique et en lancer une. Marcus frappa dans la main de sa fiancée en rigolant. Je lui tirais la langue et commençais à danser, à improviser tout en suivant la musique que j’avais choisie au hasard.

Au milieu de la musique, je sentis un courant d’air chaud dans mon cou, faisant voler mes cheveux. Je tournais la tête et aperçu que c’était Marcus qui avait ouvert les portes-fenêtres de la salle de bal, exprès pour me déconcentrer. Mais je ne me laissais pas faire et enchaîna avec la suite de ma chorégraphie improvisée. J’avais l’habitude de danser das un champ, dans une forêt et même pieds nus sur de l’herbe. Rien ne pouvait me déranger et surtout pas un simple courant d’air. Quand la musique se termina, Isa applaudit et Marcus se cacha derrière elle.


— Bien, tentez Marcus, mais tu as oublié que j’ai appris à danser au milieu d’un champ. Ton petit courant d’air, ce n’est rien comparer à ce que j’ai déjà connu.

— Dommage, j’aurais essayé au moins.

— Maintenant que le spectacle est fini, on retourne au travail tous les deux. Et on se dépêche, ne perdons pas plus de temps.

— Oui chef !


Deux heures plus tard, ils avaient déjà en mémoire la première minute de chorégraphie. Ils devront les répéter tous les jours, mais ils apprenaient vite. Dès qu’ils connaîtront la chorégraphie, je pourrais me concentrer sur ce qu’il fallait améliorer dans leur technique et surtout retrouver mon rôle auprès de Véra. À elle aussi je voulais lui apprendre à danser. Étant l’une de mes activités préférer, il me paraissait normal de vouloir en faire profiter la femme que j’aimais.

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