Chapitre 18

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Cette fois encore, je fis le même rêve. Sauf qu’au lieu de me faire égorger, un couteau apparaissait dans ma main pour s’enfoncer dans le flanc de Véra, sans que je ne puisse rien y faire. Tout ça parce qu’elle m’avait dit qu’elle m’aimait. Chaque nuit, les deux rêvent se mélanger. Jamais je ne me réveillais, calmée par Véra qui chantait la berceuse de ma sœur.

Une semaine passa. Je faisais mes taches, m’occupais de l’Impératrice sans aucune émotion. J’évitais le plus possible de la regarder, mes sentiments pour elle étaient toujours présents alors qu’ils ne devraient pas l’être. J’avais toujours l’impression d’être un monstre, de ne pas mériter ma place.


Cette nuit-là, c’était différent. Cette fois-ci, je m’étais réveillée. Voir Véra au-dessus de moi, son bras autour de ma poitrine et ses doigts qui jouaient avec mes cheveux, je craquais. Je l’aimais toujours et elle aussi, malgré Margot qui avait essayé de me persuader du contraire. La repoussant, je me levais du lit et me dirigeais vers la fenêtre. Je n’en pouvais plus. J’avais besoin de lui dire que je l’aimais, besoin de me blottir dans ses bras. Pourtant nous n’étions pas seules dans cette chambre, Sandra était là et je savais qu’elle m’observait. Tous les soirs, mes hurlements l’avaient réveillée, comme avec Véra.


— Élia, souffla Véra en se levant à son tour.

— Non, répondis-je en croissant mes bras sur ma poitrine, n’avancez pas.

— Parle-moi, mon ange.

— Arrêtez, m’exclamais-je en tombant à genoux, ne m’appelez pas comme ça. Je suis un monstre, je n’aurais jamais dû…

— Calme-toi Élia, calme-toi.


Elle voulut me prendre me prendre dans ses bras mais je la repoussai en me relevant.


— Vous auriez dû me laisser mourir ! Vous auriez dû.

— Ne dis pas de bêtise, mon ange.

— Arrêtez !


Je m’écroulais dans ses bras, laissant couler mes larmes dans son cou. Quand son parfum de rose emplis m

es narines, je voulus la repousser, à nouveau mais elle m’en empêcha, me coinçant entre ses bras.

— Je t’aime Élia, me chuchota-t-elle.

— Taisez-vous ! On n’a pas le droit, on n’a pas le droit.

— Regarde-moi Élia, regarde-moi.


Elle posa ses doigts sous mon menton pour relever ma tête. Quand je rencontrais ses yeux, je me mordis la lèvre. Je voulais l’embrasser mais je ne le pouvais pas. Je n’en avais pas le droit.


— Je t’aime, Élia, ajouta-t-elle en me regardant droit dans les yeux.


Cette fois-ci, je ne pus résister, ça faisait trop mal d’être si loin d’elle. Oubliant que Sandra était là, j’attrapais sa tête entre mes mains et l’embrassais. Quand elle me rendit mon baiser, mon ventre se tordit et mes larmes reprirent de plus belle.


— Moi aussi je vous aime, Ma dame.

— C’est fini maintenant Élia. Je ne laisserais plus jamais personne te faire du mal, je te le promets.

— Margot… elle m’a convaincu que j’étais un monstre, que je n’avais pas le droit de vous aimer.

— Tu n’es pas un monstre, Élia. Tu es la fille la plus gentille et incroyable que j’ai jamais rencontrée.

— J’ai passé une semaine enfermer dans cette cellule humide et froide. Elle m’avait attaché à une chaise, les yeux bandés avec une voix en boucle qui me disait que j’étais un monstre. Juste avant qu’elle veuille me faire exécuter, elle…

— Je suis désolée, mon ange. Je l’ai virée, elle ne te fera plus de mal.

— Vous l’avez virée ?

— Oui, elle n’avait pas le droit de te faire ça.

— Mais vous n’avez plus de dame de chambre !

— Prends sa place.


Face à cette proposition, un sourire illumina mon visage et surtout mes yeux. Si l’Impératrice aimait une femme, m’aimait moi, alors j’avais le droit de faire pareille. Cette simple phrase avait ravivé en moi tous les sentiments que j’éprouvais pour Véra.


— Avec plaisir, Ma dame, lui répondis-je en souriant

— Et bien, je crois que je vais vous laisser, commenta alors Sandra.

— Ce qui s’est passé dans cette chambre doit rester dans cette chambre Sandra, comprise ?

— Oui, Ma dame.

— Merci de m’avoir aidé en tout cas.

— De rien, Ma dame.


Dès que Sandra fut sortie de la chambre et la porte fermée, Véra me regarda à nouveau et attendit en souriant. C’était à moi de faire le prochain pas. Je ne devais plus avoir honte de qui j’étais, de qui j’aimais, parce que j’étais aimée en retour. Lentement, alors que mon cœur ne cessait de s’accélérer, je passais mes bras dans son dos, sans la lâcher du regard. Osant, enfin, je rapprochais mes lèvres des siennes, délicatement, jusqu’à ce qu’elles se rencontrent. Ce baiser-là était incroyable. Tout en douceur, je savais que désormais, plus rien ne pouvait nous séparer. Par ce baiser, nous étions liées, pour toujours.

Je finis par me relever et on s’allongea dans le lit. Elle m’entoura avec l’un de ses bras et je posais ma tête sur sa poitrine, m’endormant au rythme des battements de son cœur dans sa poitrine. Au moindre mouvement de ma part, même léger, je l’entendais accélérer. Calant ma respiration sur son pouls, je finis par m’endormir avec le sourire. La première fois en deux semaines.

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