Chapitre 7

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En à peine deux semaines, j’avais déjà la réponse de ma mère à la lettre que je lui avais écrite. Véra avait-elle envoyé l’un de ses messagers pour faire parvenir ma lettre à ma mère ? Pour que la réponse arrive aussi rapidement malgré la distance. Alors que la Reine et Margot étaient dans la salle de bain, je lisais la lettre de ma mère, assise sur mon lit.


« Ma chérie,

Je suis soulagée d’avoir de tes nouvelles. La vie au village est difficile sans toi. Le Duc m’en demande toujours plus, mais je fais avec. J’ai été surprise de voir un messager impérial m’apporter ta lettre, mais ça me rassure de te savoir en sécurité au palais impérial. Si tu es heureuse là-bas, je suis heureuse aussi. Je sais qu’après la disparition de ta sœur je n’ai pas été très présente pour toi et j’en suis désolée. C’était aussi une période compliquée pour moi et j’espère que tu le comprends. Dorénavant, tu es l’unique famille qu’il me reste et je tiens à faire le maximum pour toi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, demande-moi. Je travaillerais plus dur s’il le faut.

Je t’aime Élia, ne l’oublie jamais.

Maman. »


Rassurée que ma mère allât bien, j’allais mieux. J’allais pouvoir reprendre mon travail, comme si je n’avais jamais eu cette baisse de moral. Je remis la lettre dans son enveloppe, la rangeais dans mes affaires avant de rejoindre Margot et Véra dans la salle de bain.


— Ta mère va bien ? m’interrogea-t-elle, dans son bain.

— Oui, Ma dame, merci.

— Viens donc me laver les cheveux au lieu d’attendre bêtement.

— Oui, Ma dame.


Ses cheveux argentés étaient déjà mouillés. Ils étaient aussi raides que des bâtons, un peu comme les miens en fait. J’attrapais son shampoing à la rose et versais quelques goûtes dans ma main avant de commencer. Quand mes doigts se mêlèrent à ses cheveux, je la sentis se détendre, penchant légèrement la tête en arrière. Après avoir massé son cuir chevelu pendant près de cinq minutes, j’ouvris le robinet et dirigeais le jet d’eau délicatement sur les cheveux pour les rincer.


— Margot, va voir en cuisine s’ils ont besoin de ton aide.

— Vous êtes sûr, Ma dame ? Vous…

— Dépêche-toi.

— Oui, Ma dame.


Margot se sécha les mains et sortie de la salle de bain, la tête baissée.


— Pourquoi l’avoir renvoyée, Ma dame ? osais-je demander.

— Pour être seule avec toi, Élia. Plus le temps passe, moins j’aime la savoir à mes côtés pendant mon bain. Viens ici, ajouta-t-elle en désignant là où était Margot juste avant.

— Excusez-moi, Ma dame, mais je crains de ne pas comprendre.

— Aimerais-tu que ta mère soit là lors de tes bains ?

— Non, Ma dame.

— Voilà pourquoi je l’ai renvoyé. À partir de maintenant, tu seras la seule à t’occuper de moi à ce moment-là.

— Vous êtes sûr ? Je ne sais pas si…

— Ait confiance en toi Élia. Tu es douce, attentionnée et tu fais toujours en sorte de ne pas me regarder.


À ce moment-là, mon regard glissa sur ses lèvres, dans son cou et enfin sur sa poitrine cachée par la mousse du bain. Comprenant ce que je venais de faire, je détournais aussitôt le regard vers mes mains.


— Et je préfère que ce soit toi qui me regardes plutôt qu’une vieille femme de soixante ans, reprit-elle en relevant ma tête du bout des doigts.

— Pour… pourquoi ? demandais-je d’une voix tremblante, absorbée dans les yeux verts de la Reine.


Dans ma poitrine, mon cœur ne cessait de s’accélérer. Elle avait fini par poser sa main sur ma joue, qu’elle caressait du bout du pouce. Les vapeurs du bain chaud dans cette pièce sans fenêtres me faisaient transpirer et rosir mes joues. Je déglutis difficilement quand elle se mit à sourire, dévoilant une magnifique dentition et qu’elle replaça une mèche de cheveux derrière mon oreille.


— Tu ne devines pas ? souffla-t-elle en s’était rapproché de moi.


Je pouvais sentir son souffle sur mon visage, son haleine fraîche et mentholée. Son regard se déplaça entre mon front, mes yeux, mes lèvres et mon cou. Elle souriait toujours, j’avais de plus en plus chaud.


— Non, Ma dame, répondis-je perdue dans ses yeux.

— Tant pis, enchaîna-t-elle en s’allongeant de nouveau dans la baignoire. Tu comprendras bien un jour ou l’autre. Apporte-moi mon peignoir, je vais sortir.

— Oui, Ma dame.


Je me levais pour attraper le peignoir, accrocher derrière la porte avant de revenir près de la baignoire. Véra c’était levée et je baissais les yeux et le lui tendant. Une fois qu’elle l’eut mis sur elle, je lui tendis ma main pour l’aider à sortir. Quand nous doigts entrèrent en contact, un léger frisson me parcourut de la tête au pied. Elle s’assit sur la chaise, devant le miroir et je commençais à lui sécher les cheveux avec une petite serviette blanche. Je pris ensuite sa brosse pour lui démêler les cheveux. Dans le miroir, elle m’observait, me mettant mal à l’aise. Pourquoi avait-elle voulu que nous soyons seules toutes les deux ? Qu’avait-elle essayé de me dire, dans ce bain, sans que je comprenne ?

Une demi-heure plus tard, Margot revint et sortit une robe de nuit propre pour la Reine et l’aida à l’enfiler. Elle étudia attentivement ses cheveux, cherchant le moindre détail prouvant que j’avais mal fait mon travail, en vain. Véra s’installa dans son lit et attrapa mon poignet quand je passai à côté. Elle me tira à elle et je pris appui sur le lit, juste à côté de ses jambes pour ne pas tomber.


— Réfléchie à ce dont on a parlé, mon ange, me chuchota-t-elle à l’oreille, me faisant frissonner de nouveau.

— Oui, Ma dame.


Elle déposa un baiser sur ma joue, ce qui me fit rougir, avant de me lâcher. Je m’éloignais et commençais à éteindre les bougies parfumées pour la nuit sans lui accorder le moindre regard. Je n’y arrivais pas. Je ne comprenais pas pourquoi elle agissait ainsi avec moi.


— Tu peux éteindre la lumière Margot. Bonne nuit Élia.

— Bonne nuit, Ma dame, répondis-je en m’installant à mon tour dans mon lit, qui n’était toujours qu’un simple matelas par terre.


Cette nuit, je mis beaucoup trop de temps à m’endormir. J’avais trop de questions en tête et aucune réponse. Je savais qu’il s’était passé quelque chose en moi pendant ce bain, ce frisson quand elle avait attrapé ma main, la chaleur quand on se regardait dans les yeux, sa main posée sur ma joue, ses yeux hypnotisant. Et pourtant je n’arrivais pas à savoir quoi.

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