CHAPITRE 67 : « En route vers Kallania » « Tomoya »

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CHAPITRE 67 : « En route vers Kallania » « Tomoya »

Pourtant au moment d’entrer dans le télé-transporteur, Tomoya hésite visiblement à faire le dernier pas et c’est Alan, celui des deux élus avec qui le courant passe le mieux, qui l’encourage à les suivre.

- De quoi as-tu peur ? Nous nous sommes servis d’appareils similaires à celui-là depuis que nous avons appris à marcher.

Toshio comprend bien les réticences de son ami.

- Ne le brusque pas, n’oublie pas que tout cela est nouveau pour lui et bien loin de sa culture tout comme de ses connaissances. Pour ma part je préférerais nous y envoyer directement mais hélas je ne connais rien de Kallania.
- Même si tu savais où la planète se trouve, il te serait impossible de t’y rendre sans le don de déplacement temporel !! Il serait trop dangereux de t’y risquer sans en avoir les connaissances suffisantes.
- Alors comment allons-nous quitter le système solaire puisque j’avais entendu dire jusque-là qu’il n’y avait que le « Kinnn » qui en était capable.
- En vrai ce n’est qu’une demi-vérité.
- Comment ça ??

Alan sourit devant le jeune coq prêt à donner du bec comme à chaque fois qu’il s’impatiente.

- Ce n’est pas le « Kinnn » qui a ce pouvoir, mais l’appareillage spécifique qui a été depuis son départ laissé sur votre lune, gardé par un vaisseau traditionnel en orbite basse sur sa face cachée.
- Je comprends mieux le besoin de ces… scaphandres !! Pourtant il me semble que sur « PENN » il n’existe pas d’installation comme celle-ci ? J’avoue avoir du mal à comprendre !!
- Crois-tu que ce soit le moment pour ce genre de cours ? Pour faire bref et clore le sujet, il faut savoir que la cabine n’est pas réellement nécessaire mais qu’elle est juste là pour qu’il n’y ait aucun risque d’erreur qui serait fatal, nous aurions pu être pris en charge depuis le vaisseau mais l’ordre a sûrement été donné de minimiser les risques au maximum pour garantir notre sécurité.

Alan soupire de soulagement quand les lèvres de Toshio prêtes à reprendre la parole se referment, sa curiosité semblant avoir été suffisamment renseignée pour le moment.

Chacun des quatre garçons met alors en place le « scaphandre » pour ensuite actionner la fermeture de la porte qui envoie le signal de transfert.

Le changement de décor surprend autant Tomoya que Toshio, le paysage lunaire aride à perte de vue étant des plus impressionnants surtout en se sentant quasiment nus sans protections, le halo gazeux du scaphandre les entourant étant complètement immatériel.

Heureusement pour eux, cela ne dure que les quelques secondes nécessaires au vaisseau pour les prendre à son tour en charge.

Cette fois encore le dépaysement est total pour les deux garçons qui se retrouvent à l’intérieur du poste de pilotage, Toshio ne reconnaissant en rien du peu qu’il s’en était fait l’idée avec celui accidenté sur « PENN », la technologie étant ici infiniment plus avancée, tellement qu’il n’y reste aucun repère pour reconnaître les éléments qui pour lui semblent incontournables comme le système de navigation par exemple.

Pour Tomoya l’affaire est tout autre, n’ayant à part du visionnage de quelques films de fiction aucune idée de ce que peut-être un vaisseau spatial, aussi découvre-t-il avec de l’émerveillement dans les yeux la beauté technologique où il a mis les pieds.

- Veuillez-vous diriger vers les caissons de stases !!
- Qu’est-ce que…

Mickaël le renseigne sur l’identité de cette voix sans visage.

- C’est l’IA du vaisseau.
- L’IA ?? Où est donc l’équipage ?
- L’équipage est déjà entré en stase, nous n’attendons plus que vous pour rejoindre le système Kallanien !!
- Tu as ta réponse !! Allons prendre place dans nos cellules !!

Toshio ne s’en laisse pas conter, trouvant rapide, voire trop rapide cet accueil au demeurant des plus froids qu’il n’ait jamais connu.

- Nous partirons quand j’en aurai décidé !! Ce n’est pas cette… « bécane » malpolie qui va me donner des ordres !!

Mickaël ne sait plus quoi répondre, manifestement surpris par la mauvaise humeur soudaine de Toshio, étant pour sa part tellement habitué aux IA quels qu’ils soient pour ne plus prendre ombrage de leur façon de parler.

- Qu’est-ce que tu nous fais là ?? Le temps est précieux alors pourquoi en perdre inutilement ?
- Je veux savoir où je vais et à quoi m’en tenir, partir à l’aveuglette n’est pas pour me rassurer et encore moins pour « Tom » qui est devenu blanc comme un linge depuis qu’il a entendu la… « chose » nous donner ses ordres !!

En entendant parler de Tomoya, les deux élus prennent alors conscience que ce dernier est bien dans un état de fort stress et qu’ils vont devoir dorénavant être plus attentifs à ce qui pour eux n’est rien de plus qu’une technologie qu’ils utilisent depuis toujours, mais qui pour « Tom » en bon terrien lambda a de quoi lui retourner la tête.

Toshio s’adresse alors à l’IA sur le même ton qu’il ou elle a mis pour leur parler.

- Montre-moi une carte représentant les deux systèmes, je veux me rendre compte par moi-même du trajet à parcourir.

Une sphère représentant l’univers connu apparaît alors, un petit point brillant à l’extrémité représentant le système solaire et un autre quasiment à l’opposé, représentant le système Kallanien et son vaste espace de vide sidéral qui en fait l’une de ses principales particularités.

Une ligne parabolique vient ensuite relier les deux points, tandis que l’IA donne les renseignements généraux sur le voyage.

- Les deux systèmes sont éloignés de mille huit cent vingt-huit de vos années-lumière terriennes, il nous faudra six mois standard pour nous y rendre avec le vaisseau mais seulement une dizaine de jours par le jeu des télé-transporteurs, vos nacelles de stases sont autonomes et sont équipées pour ce genre de transport rapide tout en protégeant votre intégrité cellulaire.

Alan voit bien que tous ces chiffres et toutes ces explications semblent tellement faramineux pour ses amis que ces derniers en ont la tête qui tourne.

- Vous saisissez maintenant quelles avancées il vous reste à faire avant de pouvoir intégrer l’empire !! Comprenez la nécessité absolue du déplacement rapide dans l’espace et que cela a été le seul moyen d’unifier tous ces mondes, imaginez sinon un aller-retour d’un système à l’autre où ceux des familles d’équipage restées sur leur monde d’origine seraient morts depuis des générations à leur retour.
- Hum !! Oui mais bon… mille huit cent et des brouettes d’années-lumière ce n’est pas la porte à côté quand même !!
- Vous vous y ferez croyez-moi !! On peut y aller maintenant ?
- Encore une question ! Hi ! Hi !

Le ton tout comme l’expression de Toshio lors de cette dernière demande amène la suspicion à ses trois amis, comprenant qu’il avait eu les réponses attendues et que maintenant il cherchait à détendre l’atmosphère, visant à tous les coups Tomoya pour qu’il retrouve un semblant de couleurs.

- Oui ?? Laquelle ??
- Il y a des prises de recharges rapides dans ce vaisseau ??
- ??? Mais de quoi tu parles ? Pour quoi faire ? Si c’est pour ton portable c’est inutile et d’ailleurs cela ne te servira à rien de l’avoir emmené !! Hi ! Hi !
- Prends-moi pour un « gogol » tant que tu y es !!

Sa main droite part direct vers son bas-ventre pour se soupeser le paquet à plusieurs reprises, faisant bien comprendre sans risque de se tromper le sens de ses prochaines paroles.

- Je parlais de ces batteries-là, il me semble qu’elles ne sont plus qu’à mi-charge et comme on ne sait pas ce qui nous attend, je me demandais s’il ne serait pas bon d’avoir une charge complète avant de partir.
- En plus je connaîtrais la véritable signification du terme s’envoyer en l’air ! Hi ! Hi !

Les trois se tournent vers Tomoya pour qui l’idée ne semble pas mauvaise, son visage redevenu souriant leur amenant une soudaine et forte bouffée de chaleur.

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