CHAPITRE 48 : « Royaume d’Anglia » « Sam »

6 minutes de lecture

CHAPITRE 48 : « Royaume d’Anglia » « Sam »

Cette simple question déclenche une suite d’événements pour le moins inattendus, les deux gardes en faction devant l’entrée entrant sous la tente épée en main, prêts à en découdre devant toute personne pouvant représenter un danger pour leur maître.

Florian a le réflexe de les stopper avant qu’il n’arrive un accident occasionné par ce simple excès de zèle, se faisant la réflexion que si danger il y avait, ce dernier serait déjà arrivé depuis longtemps.

Messire Rod se reprend également, surpris par l’apparition soudaine des deux gardes à peine avait-il terminé sa question pourtant dite sur un ton n’amenant pas une réaction aussi excessive.

- Vous pouvez sortir, j’ai cru entendre un bruit mais c’était sans doute une erreur de ma part.

Les deux gardes ne semblent pas l’entendre, restant plantés là l’épée toujours menaçante et Florian comprend alors qu’ils n’écouteront que ses paroles, étant pour eux celui pour qui ils mourraient sans hésitation aucune.

- Merci de bien vouloir nous laisser maintenant, comme l’a dit messire Rod, ce n’était rien d’autre qu’un bruit venant très certainement de l’extérieur et qui nous a fait sursauter.

Les deux hommes rengainent leur épée et sortent à reculons avec force courbettes, Florian attend que tout soit rentré dans l’ordre avant de reporter son regard vers l’origine du bruit.

- Vous pouvez sortir maintenant !!

Voyant que rien ne se produit.

- Faut-il que je rappelle les gardes ?

La tenture bouge tandis qu’apparaît un jeune homme honteux de s’être fait prendre comme un débutant, son père qui bien sûr le reconnaît au premier regard l’interpelle.

- Sam !! Que faisais-tu là à nous espionner ?
- Je n’espionnais pas père, juste j’étais là et j’ai tout entendu.
- Et comme on parlait justement de toi, tu ne t’es pas montré juste par curiosité ?

Sam plonge alors son regard dans celui du jeune rouquin, regard qui le traverse de part en part en lui envoyant un long frisson incontrôlable.

Un bref instant, il lui semble que les iris d’un magnifique vert prennent la forme de ceux des félins qui suivent la caravane à la recherche d’une nourriture facile.

Il en est tellement troublé qu’il en reste muet, ce qui a le don de mettre son père dans tous ses états.

- Réponds quand le maître te parle, ai-je donc élevé un enfant irrespectueux ?

Heureusement que Florian voyant l’orage venir se permet d’interrompre la dispute.

- Sans doute acceptera-t-il de nous laisser terminer nos affaires ? J’ai trouvé cela plutôt amusant alors inutile d’en faire un drame familial, heureux de te revoir Sam, heureux et surpris de voir combien tu as changé.
- En bien j’espère ? Par contre vous, non !! Vous êtes resté exactement comme la première fois que je vous ai vu !!
- Sam !! Comment tu peux… !! Sors tout de suite, nous aurons à parler tous les deux et après cela tu devras aller demander son pardon à maître Yo.

Sam commence à craindre pour lui, n’ayant jamais vu son père dans une telle colère et seul le petit clin d’œil du maître l’empêche de s’agenouiller pour demander de suite son pardon.

Florian le laisse quitter la tente, en s’empressant ensuite de revenir au pourquoi de sa visite afin de désamorcer la colère sans doute légitime, mais qu’il trouve quand même un peu excessive venant de messire Rod.

***/***

Ce n’est que plus tard dans la journée qu’il revisualise cette incartade et en sourit bien malgré lui, le jeune Sam restant dans ses pensées depuis lors.

Il sent bien l’attirance qu’il éprouve déjà pour le garçon, une attirance différente de quand il était plus jeune mais qui déjà rendait ce gamin important à ses yeux.

Son cœur battant bien trop vite pour qu’il n’en prenne pas conscience, pourtant il ne veut pas brûler les étapes et malgré le besoin de relations intimes pour se maintenir en vie dans ce monde étrange, l’idée de lui laisser la main et que ce soit lui qui fasse les premiers pas le satisfait entièrement, donnant du piquant à une vie en manquant singulièrement depuis son arrivée.

***/***

« Quelques mois plus tard. »

La caravane marchande tel un serpent sillonne les chemins de villes en villages les plus reculés, achetant et vendant au plus offrant les marchandises venant des autres royaumes.

Chaque halte que ce soit en boutiques ou en entrepôts du groupe marchand est l’occasion d’une fête en l’honneur du maître des lieux leur rendant visite, mais aussi la source de déception de rester sans nouvelle de Kim.

Florian visitant chaque marché aux esclaves et chaque seigneur en ayant fait achats durant ses huit dernières années, pourtant nulle trace de son ami qui à son physique aurait dû se démarquer suffisamment pour qu’on s’en souvienne.

Les rapports venant des autres royaumes n’amènent hélas pas plus d’espoirs, aussi commence-t-il à se demander s’il ne serait pas arrivé quelque chose de grave lors de l’attaque occasionnant son kidnapping.

Alexandre ne sait plus quoi dire ou faire pour l’aider à garder un peu d’espoir, ayant pour sa part déjà fait le deuil de son ami depuis bien longtemps.

Tim s’approche de lui pour lui parler, ayant lui aussi remarqué l’état dépressif de Flo.

- Il commence à perdre espoir !! C’est malheureux de le voir comme ça à broyer du noir !!
- Huit années viennent de passer sans qu’il y ait eu un seul signe de vie, ce n’est pas faute pourtant d’avoir utilisé tous les moyens humainement possibles pour ce faire.
- Qu’arrivera-t-il si vous ne le retrouvez pas ?

Devant le mutisme d’Alexandre, Tim comprend qu’il s’agit là du secret de leur existence en ce monde.

- Flo m’a dit un jour qu’il était le seul à pouvoir vous renvoyer chez vous.
- C’est pour cette raison qu’il ne baisse pas les bras.
- Pourquoi ai-je l’impression que tu ne te sens pas non plus concerné, n’as-tu personne qui t’attend là d’où tu viens ?
- Le temps efface beaucoup de choses et puis je vous ai vous maintenant, n’est-ce pas suffisant pour ne plus chercher l’impossible ? De plus là d’où je viens n’était pas non plus chez moi, donc…
- Si tu te plais ici, pourquoi ne lui fais-tu pas entendre raison dans ce cas ?

Alexandre tourne la tête vers son ami chevauchant près de lui, reconnaissant qu’il avait pris autant d’importance dans sa vie que Raphaël à une époque et que de toute façon même si la possibilité de rentrer arrive un jour, ce sera dans si longtemps, qu’il aura sûrement disparu depuis longtemps de ce monde où il vivait.

Alexandre comprend que son idylle de quatre ans n’a rien à voir avec celle de Florian et de Thomas, Lorgan et Antonin, qui elle date de la nuit des temps, traversant des épreuves qui n’y ont rien fait d’autre que d’attiser encore plus cet amour qu’ils ressentaient les uns pour les autres.

- Tu ne comprendrais pas, leur histoire est tellement ancienne que rien jamais ne pourra les lui faire oublier et il n’aura de cesse que de les serrer à nouveau contre lui.
- Les ?? J’avais cru comprendre qu’il n’y avait qu’une personne pourtant.
- Flo a les mêmes besoins là-bas qu’ici, c’est génétique même si je doute que tu comprennes ce mot. Un seul amour ne conduirait qu’à sa destruction.
- Je comprends !! Déjà la façon dont il nous épuise alors que nous sommes plusieurs, par contre je n’ai jamais compris pourquoi tes « besoins n’étaient pas aussi forts que les siens, même si vous n’êtes pas du même monde.
- C’est plus compliqué et tu en sais déjà beaucoup sur notre compte, pourtant tu ne comprendras jamais vraiment ce que nous sommes !! Attention, pas qu’on te trouve idiot mais parce que nous ne le savons déjà pas nous-même.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Défi
Roméo.JW

Je suis mort, évidemment. Tout le monde y croit dur comme fer. J'adore ce sentiment de liberté. J'ai décidé de commencer par ma famille.
-Pourquoi ?! Il ne peut pas être mort, c'est impossible...Commenca ma mère.
-C'est la vie...Mais si tôt, continua mon père.
-Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Rose, ma soeur.
-Rien ma chérie, va dormir ! Il est tard, soupira la femme de la maison.
Disons chez mon meilleur ami.
-Mon pote, je pensais pas que t'allais crever si facilement, souffla l'ami.
Tu l'as dit ! Bon, chez ma copine. Elle pleure. Et si...J'allais la voir ? J'hésite. Non, reprends toi !
-Damien...Tu vas tellement me manquer, Dit-elle. Je n'ai pas eu la chance de te le dire mais je t'aime vraiment.
Aie, une corde sensible. Je DOIS lui parler.
-Je suis là. Ne pleure plus, s'il te plait, lui dis-je en entrant par la fenêtre.
- Da...Damien ?! T'es pas mort !
Elle me sauta dans les bras.
-Attends un peu. T'es pas mort !
Cette fois ci, elle me gifla.
-Je l'ai méritée, avouais-je. Mais pas si fort ! ça fait mal !
1
2
0
1
Défi
AlineCara


J’ai exploré tous les continents, voyagé dans le temps, découvert des peuples éteints depuis des siècles, observé des arbres grandir en quelques secondes, vu des espèces maintenant disparues naître en pleine nature. J’ai senti l’odeur des bois, le froid de la glace et la fournaise des volcans. Entendu l’éboulement d’une avalanche, vécu la violence d’un tsunami, mesuré la force d’un cyclone. J’ai couru parmi les loups, nagé au milieu des récifs, volé si haut que j’en ai touché les nuages. J’ai tout vu. J’ai fait le tour du monde. Du monde, oui, mais pas celui d’aujourd’hui. Pas celui de l’année 2593.
Je suis né il y a quarante-et-un ans, formé comme mes parents l’avaient souhaité : les yeux verts, couleur adorée par notre population, la chevelure la plus foncée possible pour contraster avec la pâleur de ma peau. Je suis un homme comme on a voulu que je sois : intelligent, vif, aimant découvrir… J’ai du potentiel coincé dans ma boite crânienne, voici le meilleur éloge que ma mère m’ait fait. Je n’ai ni frère ni sœur. Ces mots n’existent plus dans notre quotidien. L’enfant unique et parfait est devenu la seule alternative pour nous tous. Après un premier né en bonne santé, les parents sont immédiatement stérilisés.
L’humain contrôle tout, comme il l’a toujours voulu. À force de s’acharner à exterminer toute menace, il a fini par y arriver. Hélas.
Je n’irais pas jusqu’à dire que nous vivons la fin du monde, bien au contraire ; d’après ce que l’on raconte, la Terre est saine et nous avons trouvé des substituts contre tout ce qui pouvait la détruire. Exploitation, pollution, surpopulation… Je vis à l’époque où tout semble enfin paisible. Trop calme.
L’ennui. L’ennui a poussé notre race à tirer profit abusivement des sciences et des technologies seulement pour combler ce manque d’occupation. Des abominations créées en laboratoire font la une de nos informations. Mélangeant des espèces animales que l’on ne voit plus dans notre nature. Cela amuse tellement la foule qui en redemande. Surprise, peur, curiosité. Elle aime tant ces sensations.
Bien sûr, il y a des inventions bien plus pertinentes que ce cirque des temps modernes. Le développement de la réalité virtuelle a atteint son paroxysme. Toutes les données des siècles passés, les images, les sons, les odeurs… Tout cela peut nous être retransmis via une machine complexe et unique à chaque métropole. Je l'ai surnommée "La Mémoire de la Terre".
L’homme a au moins compris la valeur du partage et du savoir, voilà pourquoi cette machine est accessible à tous. Une fois par jour, depuis que j’ai atteint l’âge de pouvoir m’y rendre, je fais la queue comme nombre d’entre nous. Une attente de plusieurs heures pour une extase de dix minutes chrono. On choisit le programme et on se laisse guider. C’est de là que j’ai tout appris, je connais la Terre comme si je l’avais créée. Mais jamais rien du monde d’aujourd’hui n’est passé devant mes yeux.
La mondialisation a été jetée aux oubliettes, et aujourd'hui, nous jurons que par une seule chose : l'autosuffisance. Ma ville est fortifiée de hauts murs sur lesquels sont placardés des kilomètres d’écrans qui envoient constamment un paysage idyllique. Ce qui se trouve de l’autre côté ? Je n’en ai pas la moindre idée. Même en prenant de la hauteur dans les plus grandes tours, on ne voit pas ce qu’il y a derrière. Peut-être que nous recouvrons la surface entière de la planète et que nos agglomérations sont en réalité collées les unes aux autres. Peut-être qu’il n’y a strictement rien et que les forêts, montagnes, déserts, océans, ont tous disparu et n'existent plus que dans cette si précieuse machine.
Peut-être.
L’année 2593 n’est pas celle qui me fait vivre. Oh non, toutes, mais pas celle-ci. La machine est ma façon de fuir ? Certainement. Celle de m’accrocher ? Absolument.
Il y a une chose qui n’a pas changé depuis toutes ces décennies : l’Homme est trop intelligent pour rester passif. Cette paix ne durera pas et je préfère ne pas y songer.
Les gens autour de moi sont si parfaits. Pas de handicap, pas de défaut. Nous nous ressemblons tous. En des milliers de recherches s’étalant sur des siècles et des siècles, la clef de la jeunesse éternelle n’est toujours pas entre nos mains. Nous vieillissons toujours un peu plus, prenant conscience de la nature éphémère de notre vie. Certains craignent la moindre ride, moi, cela ne me fait pas peur. La Terre sera toujours là après mon départ et c’est tout ce qui m’importe.
Aujourd’hui, je veux seulement regarder les aigles voler, déployer leurs ailes majestueuses du haut de leurs arbres. Les voir planer dans le ciel parfait, fendre sur leur proie avec une aisance déconcertante et les observer repartir nourrir leurs aiglons. Je veux sentir la brise d’un vent frais, l’odeur des pins et des fleurs. Caresser la mousse humide qui recouvre la forêt. À cet instant, je ne pense qu’à ça et c’est tout ce que je souhaite.
C’est à mon tour d’entrer dans "La Mémoire de la Terre".
12
7
8
4
Tristan Kopp (The old one)
Petite nouvelle à l'humour grinçant. Si vous aimez, réagissez. Si vous n'aimez pas... faites de même !
36
19
0
3

Vous aimez lire laurentdu51100 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0