CHAPITRE 18 : « Quelque part » « Florian »

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CHAPITRE 18 : « Quelque part » « Florian »

Les deux vieillards sortent du cabanon sans se douter le moins du monde que leur conversation a été entendue par celui-là même qu’ils étaient venus visiter.

Florian pourtant a préféré ne pas montrer qu’il était conscient et ce pour la bonne raison qu’il n’est pas encore prêt à retrouver l’usage de son corps.

Ce dernier perd tout ou partie du peu d’énergie que lui donne la substance riche dont il est recouvert et cela dès qu’il tente quoi que ce soit d’autre que de simplement se maintenir en vie.

Une peur inhabituelle et insidieuse commence à le prendre de ne plus pouvoir retourner là où se trouvent ceux qui comptent le plus pour lui.

Du peu qu’il a pu observer depuis le ciel une fois la nuit venue, l’amène à se faire plusieurs remarques non sans conséquences pour son avenir immédiat, déjà la brillance des étoiles qui de plus sont une multitude bien visible et qui tenterait à prouver que cet univers où lui et ses deux amis ont atterri, n’en est qu’au tout début de sa formation, voire de son expansion.

Il lui donne alors un âge estimatif de juste quelques dizaines de milliards d’années suivant les connaissances qu’il en a et il en faudra encore au moins plusieurs fois autant, pour que le ciel se retrouve plus dégagé et ressemble à celui vu depuis une planète lambda de son propre univers.

« Tout cela est bien joli » pense-t-il, « mais ça ne me donne pas de solutions pour retrouver au moins l’usage normal de mon corps ».

Florian ne sent plus depuis longtemps déjà les piqûres incessantes qu’il reçoit sur tout le corps, l’action du venin conjugué à celui du miel dont il est recouvert maintiennent pourtant ses fonctions vitales au strict minimum, suffisamment en tous les cas pour que son cerveau puisse raisonner efficacement afin d’en sortir une solution.

Le manque de ses amis l’a tout d’abord surpris et effrayé qu’il leur soit arrivé quelque chose, heureusement les conversations autour de lui l’ont très vite rassuré sur leur sort mais hélas, cette séparation est sans doute la première cause de son impuissance actuelle.

Il ne fait nul doute pour Florian qu’Alexandre aurait vite compris comment lui redonner l’énergie qui lui manque désespérément aujourd’hui, trouvant le moyen de rester seul avec lui et Kim pour une série de galipettes qui lui auraient redonné la pêche.

Quoiqu’en y repensant, sa « batterie sexuelle » ne se rechargeait déjà plus avec eux deux comme elle le faisait avec ses amants, d’où cette pensée qu’Alexandre étant comme lui l’effet devait s’annuler ou tout du moins perdre une grande partie de sa puissance régénératrice.

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir profité de chaque occasion pour s’éclater tous les trois et cela durant des heures, cette pensée lui en amène une autre sur la question qu’ils s’étaient posée avec Alexandre, celle sur les dangers de leur nature non humaine sur la santé de Kim.

C’est alors comme une illumination qui lui vient, de nouvelles pièces de ce gigantesque puzzle que sont sa vie et des questions qu’il se pose encore, commencent à s’assembler.

« Et si… mais oui c’est cela !! Les salops nous ont bien eus !! Ils savaient que nous serions attirés par lui et que nous ferions de lui notre amant, nous épuisant petit à petit sans nous en rendre compte et ils ont su profiter du bon moment pour nous envoyer encore plus loin, reste à comprendre quel intérêt ils en retirent à faire une chose pareille ».

De se parler dans sa tête lui amène une certaine compréhension du plan insidieux qu’ont utilisé les cinq pour le prendre dans leurs filets, alors que justement c’est lui qui pensait les y avoir pris.

Du coup il voit Kim et cet univers où ils ont atterri d’un autre œil, un univers beaucoup plus jeune sans doute que celui d’Alexandre où « l’unique », Kim pour ne pas le citer, n’en est qu’au balbutiement de sa vie et de la découverte de son identité.

Le temps alors que Florian est plongé dans ses réflexions passe inexorablement, les jours succédant aux nuits avec une régularité monotone.

***/***

Le grand chaman termine son rite de trois jours d’offrandes et de prières destinées aux augures, attendant de recevoir en retour des réponses aux nombreuses questions qu’il se pose.

La grande prêtresse s’est jointe à lui le dernier jour et tous deux à genoux devant l’autel, ils prient de concert alors que la nuit revient.

L’air à l’intérieur du temple semble soudainement prendre consistance, alourdissant l’atmosphère environnante et faisant frissonner les prêtresses et novices se tenant silencieusement derrière leur maîtresse et son illustre et puissant invité.

Les yeux du grand chaman comme ceux de la grande prêtresse se révulsent soudainement quand entre dans leur esprit un kaléidoscope d’images qu’il leur faudra déchiffrer ensuite et montrant la misère et les pleurs du peuple des cinq royaumes jusqu’à l’instant où sortent de l’ombre ce chevalier entouré de ces centaines d’hommes vêtus de rouge, ramenant la paix et l’ordre là où ne régnaient plus que la faim, la terreur et la mort.

La vision sort ensuite du contexte et de leur compréhension, n’arrivant plus à interpréter des images se chevauchant à une vitesse folle et semblant n’avoir aucun lien entre elles.

Cinq stèles où cinq vieillards semblent détenir eux aussi un pouvoir divin, une immense ombre noire planant au-dessus du monde, cachant le ciel et d’autres encore, sortant trop de leur vécu pour qu’ils puissent en comprendre le sens.

Un visage apparaît juste à la fin avant que l’ombre ne disparaisse et qu’ils retrouvent la sérénité du temple, perdue durant ce bref instant où ils ont été reliés à leurs dieux tout-puissants.

Le visage gravé dans la pierre de lave qui amène un hoquet d’étonnement à la grande prêtresse, tandis que le grand chaman admire toute cette beauté des traits si bien rendue par un sculpteur de talent.

Le silence se rompt quand prêtresses et novices, commencent à commenter leur impression sur ce à quoi elles viennent d’assister, sortant de leur état hypnotique les deux maîtres Taoïstes qui chacun après un regard appuyé sur l’autre, se séparent sans éprouver le besoin de s’exprimer sur ce à quoi ils viennent d’être témoins.

Ce n’est que le lendemain matin qu’ils se rencontrent de nouveau pour tenter de mettre en commun l’expérience qu’ils viennent de vivre et la compréhension qui va devoir aller avec.

La seule information nouvelle que lui apporte cette analyse, amène un sursaut de surprise au grand chaman.

L’un des trois garçons est l’image parfaite de cette représentation divine.

N’ayant pour sa part jamais vu les deux compagnons du troisième garçon, il ne peut que se faire la remarque que déjà il ne s’agit pas de celui qu’il connaît mais bien de l’un des deux autres et regrette d’autant plus qu’ils ont été séparés, bien qu’il en comprenne la raison essentiellement sécuritaire qui a poussé à le faire.

C’est donc quelques heures plus tard qu’il reprend le chemin de chez maître Wong, profitant du voyage pour tenter de faire le point sur ce qu’il a appris.

***/***

« Maison marchande de maître Wong. »

Deux silhouettes se glissent subrepticement tandis que les gardes regardent ailleurs et entrent là où, bien entendu, il leur était interdit d’entrer.

Leur premier geste est de s’enfuir de terreur en comprenant ce que sont ces bourdonnements incessants, retenus néanmoins par un sentiment de curiosité très vite remplacé par un changement brusque de leur corps quand le bas-ventre se tend de façon aussi rapide que douloureuse, déclenchant un orgasme aussi inattendu que soudain qui noue les reins des deux novices, leur faisant déverser leurs gourmes avec une puissance encore jamais atteinte et ce faisant, les laissant s’écrouler au sol sous le manque de force soudaine de leurs jambes.

Alors qu’ils sentent que ce n’est pas fini et qu’ils vont de nouveau retrouver cette pulsion intense de plaisir, une voix entre dans leurs esprits pour les mettre en garde.

- Sortez tout de suite !! Vos vies sont en jeu et je n’ai pas retrouvé suffisamment de la force mentale nécessaire afin de pouvoir me contrôler. Ne revenez pas avant d’être parfaitement reposés, grâce à vous deux je sens mon énergie revenir.

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