Chapitre 24. Claire / Troubles et hésitation

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Je te fuirai

J'éviterai ton regard

De tes yeux je ne veux plus voir

Car souffrir

Je n'en veux plus

Je ne sais si le temps

Sera ami ou ennemi

Je le supplie

Et me replie

Mais dans les heures qui restent

À compter, une litanie

Pour te maudire

Pour t'oublier

Et toujours ton souvenir

Se déplie

Dans mon esprit

Ce sont ces mots qui me viennent quand je pense à Gustave. Je ne peux nier que sa présence me trouble et que je ne peux m'empêcher de chercher sa compagnie mais du peu que j'ai su par Vincent et de ce que j'ai remarqué, j'ai beaucoup d'interrogations qui me recommandent de rester sur mes gardes.

Cette Anne-Sophie lui colle trop, bien trop pour quelqu'un qui se marie bientôt. Tout en elle me hérisse, sa voix, sa façon de parler, son écrasante opulence, je me sens petite, fade, transparente.

Je recule et me recroqueville dans ma bulle.

Depuis la nouvelle du décès de Jules Ragot, l'ambiance est morose dans le village ce qui n'aide pas à égayer mes journées. Mon sourire est devenu figé, je crois que même le pain a perdu de son craquant. Je me déteste et cherche à me sortir de cet état.

Je passe une main sur le visage, je me sens fatiguée et mon énergie coutumière semble être envolée.

J'ai besoin de me plonger dans ma forêt.

L'après-midi étant plus calme, je demande à Gaëlle de veiller sur la boulangerie et je pars pour une promenade.

Sur la route je rencontre Ahmed qui marche à grands pas, le visage sombre et fermé. J'hésite entre l'éviter ou le saluer. Mais je n'ai pas le temps d'agir, il semble que c'est moi qu'il cherche.

— Claire ?

— Bonjour Ahmed, j'ai l'impression que vous me cherchez ?

— Oui, j'ai besoin de votre aide. Ma femme s'est blessée et la route est impraticable. Pouvez-vous aller demander de l'aide du côté des chasseurs alpins ? J'ai besoin de descendre à Grenoble.

Il me donne ses coordonnées et m'indique qu’il habite au bout du village, la maison aux volets verts.

Je dis que je m'en occupe et saisis mon téléphone en priant pour que la ligne téléphonique soit rétablie.

Je cours vers le rond-point où en général les militaires sont postés et négocie l'ouverture d'une voie de secours, mais ils sont intransigeants et me renvoient vers l’équipe médicale du village.

J'acquiesce et cours dans le sens inverse en tentant de joindre Ahmed mais la ligne sonne dans le vide. Je me mets à sprinter.

Du coin de l'oeil, je vois Anne-Sophie sortir d'un préfa, tirée à quatre épingles et je m'arrête, ébahie, en la voyant embrasser à pleine bouche Gustave !

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