Le petit Omar

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Je suis Yacef Omar, né en 1944 à la Casbah d’alger, d’origine kabyle. Mon oncle Yacef Saadi est le chef de la zone autonome d’Alger, la ZAA et résistants très actifs lors de la colonisation française de l’Algérie. C’est lui qui m’a élevé, j’ai grandi dans sa maison familiale où j’ai vu défiler des figures incontournables de la résistance algérienne tel que Rabah Bitat ou encore Krim Belkacem et Ali Ammar. Disons que ce que j’ai vécu de mon enfance a été bercé par l’amour du pays, la guerre, les armes, et très jeune je suis désigné par mon oncle comme étant agent de liaison entre les combattants et les chefs du FLN –Front de Libération nationale créé en 1955- . C’était un immense honneur de servir mon pays et j’éprouvais un malin plaisir à manier les armes.

Vu ma petite taille, mon jeune âge, et mon esprit assez vif, en tant qu’éclaireur et messager, j’ai réussi à déjouer tous les barrages policiers et la vigilance des parachutistes français durant la bataille d’Alger.

Je ne peux vous conter qu’une histoire assez courte car, étant recherché par les autorités colonialiste après l'arrestation de mon oncle, moi et un de mes amis de guerre : Hamid Bouhamidi, nous nous précipitâmes à la maison du 5 rue des Abderrames à la Casbah, la cache sercrète du combattant Ali la pointe . Par chance, Hassiba et Ali avait réussi à nous rejoindre sans se faire prendre peu de temps après. Depuis, nous vivions entassés à quatre dans quatre mètres carrés. Nous accompagnaient, nos archives, nos armes et les dernières bombes.

Mais une piste sérieuse a permis aux bérets verts de nous localiser, et le soir du 7 octobre, la Casbah se vit encerclées de toute part et les maisons voisines évacuées. Sous la contrainte, les deux femmes qui logeait la maison furent forcées de nous dénoncer.

On tentait alors de nous faire sortir, on entendait la voix du commandant Giraud emplifiée par le mégaphone : "Rends-toi Ali, c'est fini. Nous te promettons la vie sauve". Il insiste encore plusieurs fois pour faire sortir la femme et l'enfant : Hassiba et moi. Nul ne répondait, nul ne voulait se rendre, nul ne voulait échouer dans cette guerre et si la mort nous attendait, elle aurait été pour notre pays.

Les négociations ne menant à rien, le commandant, avec l'accord de son colonel décida de placer une charge d'explosif près de la cache. Le 8 octobre, à 6h15 précise, l'explosion est entendue dans toute la casbah et malheureusement a causé, en plus de la nôtre, la mort de plusieurs civils qui n'avaient pas été évacués.

Même si nos corps furent retrouvés le visage défiguré, nous étions heureux et fiers de mourir pour la patrie.

C'est la fin de la bataille d'Alger.

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