chapitre 24 - partie 1

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Les découvertes qu’ils firent dans l'entrepôt et certains des tunnels proches étaient aussi insolites que terribles. Une partie des salles de celui-ci avait été découpée en petites cellules. Dans treize d’entre elles, ils y trouvèrent des prisonniers isolés et enchaînés comme des bêtes, repliés sur eux-mêmes par la peur.

On dirait que c’était ça la condition pour l‘aide des fate eater, leur servir d'entrepôt et de cache pour leur trafic d’humain et non-humain.

Faith n’avait jamais voulu faire affaire avec eux, les marchands de chairs la répugnait. Mais on dirait que ce groupe de rebelle avait été moins critique qu’elle.

Finalement, ils ne purent pas rester bien longtemps. Rémy leur annonça l’arrivé d’un groupe armé avec à leur tête un pseudo “taureau” qui semblait bien remonté et qui fonçait vers eux comme sur un toréador. Ah Ta’ron ! avait souri la détective avant d’ordonner bravement la fuite en emportant l'otage et en abandonnant les prisonniers.

Après tout Moretti saurait quoi en faire et que faire. Ce serait la moindre des choses après qu’ils lui aient mâché tout le boulot.

Elles amenèrent Tobias chez Faith qui fit intervenir un docteur sans licence pour venir le soigner. Une des connaissances du réseau de Decker. L’avantage de ce genre de docteur, c’est qu’il ne posait pas trop de questions, pouvait rafistoler quelqu’un avec un rien, et était très compétent malgré qu’il n’est pas un papier pour le prouver. Bien sûr, il y avait quelque arnaqueur maître chanteur, mais il fallait juste faire attention comme dans tout. Et connaître les bons intermédiaires, mais ça Faith savait le faire.

Après un peu de bricolage et un “C’est un faerie il s’en sortira sans problème avec un peu de repos” le doc parti après avoir demandé son paiement. Ce n’était pas un bavard, cela rappelait à Faith Eho, et ce n’était certainement pas pour lui déplaire. Les gens parlent trop pour ne rien dire. Ce genre de personnage avait le don de l'apaiser.

Eho suivit de près le doc’. Très calme malgré son massacre, elle partit rapidement en disant que quelqu’un l’attendait.

Faith la remercia chaleureusement, après tout elle avait sûrement chamboulé son planning de la journée en l’obligeant un peu à venir lui donner un coup de main.

Cependant, en son absence Faith ne s’ennuya guère entre les bandages à changer toutes les heures et une des visites les plus incongrues.

Un homme en costume noir et lunette de soleil sonna à sa porte. Faith fut d’abord très méfiante en l'apercevant à travers la persienne en particulier lorsqu’elle vit la bosse caractéristique son son blazer d’une arme à feu.

Tout de suite elle se prépara à répliquer. On l’attaquait deux fois chez elle en quelques semaines cela devait être noël. Elle prévenu son chat pour qu’il monte la garde près de Tobias. Dormant tranquillement elle dut échanger sa coopération contre une bouteille de saké. Un vrai radin celui-là.

Elle récupéra sa matraque alors que leur invité sonnait de plus belle. Après une rapide et discrète vérification depuis le toit qui lui servait aussi de terrasse, elle repéra deux autres assaillants qui l’attendaient plus bas près d’une voiture. On la sous-estimait beaucoup.

Satisfaite, elle descendit lui ouvrir.

Étonnamment, l’homme ne s’en prit pas elle, bien qu’il fut inquiété par sa matraque qu’elle tenait fermement.

D’une voix glaciale, il se présenta en tant que membre du FCM. Par logique relevant plus du sens commun:rationnel, elle lui demanda une preuve et analyse sa plaque avec attention. De nos jours, on en fait des plus vrais que vrais.

Cette démarche sembla l’agacer, mais qu’importe.

Malheureusement ou heureusement s’en était une vraie. Elle fut un peu inquiète que ce que les services des contrôles de la magie avaient contre elle. En y réfléchissant, il avait beaucoup de raisons, enfin fallait-il qu’ils soient au courant.

Mais celui-ci se contenta de lui tendre un bout de papier plié en deux.

C’était un fort joli papier : un grammage épais, des motifs incrustés. La première pensée qu’elle eut c’est : Oh quel magnifique cheval de Troie.

Ce papier était trop beau pour ne pas être un piège. Elle mit discrètement sa main dans sa poche et activa la scanphère. La laissant analyser. Pendant ce temps, Faith jouait la comédie, simulant une curiosité et fascination du papier comme une connaisseuse aguerrie. Elle voyait la patience de l’agent disparaître peu à peu. Pourtant il restait bien droit et énigmatique tel un bon contrôleur. Elle admira avec cynisme à quel point il était un bon chien de garde.

Finalement, la scanphère repéra une fine couche de magie résiduelle, mais sans plus.

Intrigant, ce n’est donc pas un piège. Je dois décidément devenir un peu trop paranoïaque, finit-elle par se reprocher avant d’ouvrir le mot.

“En cas d’accident ou de décès soudain ou inexpliqué, je prie le FPO de bien vouloir me livrer (et c’est un ordre n’est-ce pas Mr Drifour) , ou de livrer mon corps, sans poser de question à Mlle Faith Lowe et ses associés.

Respectueusement (même si je ne vous ai jamais respecté, bande crapule de gardien tortionnaire et priveur de liberté). Fiore Manfrin “

Tel était les mots écrits sur un petit bout de papier que lui avait remis un agent du FCM à l’air très contrarié. Ainsi qu’une authentification du notaire et une autorisation de récupérer d’ausculter le corps dans la morgue de son choix. Faith restait bouche bée, c’est donc ce qu’avait prévu Fiore. Et comment diable avait-elle réussi à faire accepter ça au FCM ?

La deuxième question fut : qu’est-ce qu’elle allait faire du corps ? Car s’il pouvait être une source d’indice, elle n’avait surtout aucune compétence pour les récupérer. Il lui fallait un légiste avec des connaissances en magie, où allait-elle trouver cet oiseau rare ?

Sérieusement Fiore qu’est-ce que tu pouvais bien penser en me donnant ton corps ? À moins que ce fût juste une dernière preuve de pouvoir et de contrôle face aux agents.

Bon pas la peine de faire poireauter cet idiot plus longtemps conclue-elle. Faith le remercia et annonça qu’elle les rappellerait pour leur donner la morgue qu’elle aurait choisie.

En refermant la porte, Chifer se rapprocha d’elle sous sa forme immense.

— Pas de combat aujourd’hui c’était une fausse alerte.

Il haussa les épaules avant de se diriger vers la cuisine.

Non, t’a rien fait donc pas de récompense.

Les pupilles de ses yeux se rétrécirent pour n’être plus qu’une ligne. Sa fourrure se hérissa et prit une couleur ambrée.

Non.

Menaçant de toute sa hauteur, il se mit à cracher et siffler.

Non !

Des boules de feu apparurent à ses côtés formant un cercle autour de lui.

La détermination de Faith commença à faiblir.

Non.

Elle commença à voir son plafond fumer.

Je le hais.

Très bien. Tu as gagné, espèce de boule de poil capricieuse.

Tout le spectacle son et lumière disparu, ne laissant que des marques noircies au plafond.

Elle récupéra dans un placard cadenassé une fine bouteille blanche. En la voyant, l’animal qui avait repris sa taille normale se mit à ronronner de bonheur. Il se mit debout et attrapa la bouteille et dandina jusqu’au canapé pour la boire.

Espèce d’alcoolique.

Il se contenta d’un miaulement de victoire.

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