Chapitre X

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Le vent violent fouettait Azazel et Mayu, menaçant de faire s’envoler le jeune homme. Le sceptre se trouvait maintenant devant eux avec son propriétaire qui les regardait sévèrement. Les éléments l'évitaient soigneusement, comme obéissant à ses caprices. Une brise légère lui caressait les cheveux et la pluie qui s'abattait sur les deux compagnons ne le touchait pas.

Après avoir vu ses miracles, Mayu souhaitait vraiment avoir cet Artefact. En plus d'être surpuissant, il devait se vendre cher parmi les connaisseurs. La clientèle, restreinte aux plus riches des Mondes, serait prête à payer des millions pour le seul plaisir de parader devant leurs adversaires.

Mais pour l'instant, leur camarade de classe se trouvait en possession de cet immense pouvoir qu'il semblait parfaitement contrôler.

Alors que Mayu était concentrée sur le sceptre, Zel était choqué de la présence de cet homme. Pour la première il le regardait attentivement et voyait un grand gaillard à la musculature impressionnante. Les cheveux bruns en arrière, de la même couleur que ses yeux légèrement plissés, il semblait être emprunt d'une rage qui l'envahissait. Mais à part cela, il ressemblait à n'importe qui, tout en les dépassant d'une tête.

L'inconnu tapa son sceptre par terre et le Sanctuaire reprit son apparence originelle. Un deuxième coup libéra la jeune fille de son sort. Soulagée, Mayu s'étira un peu, profitant de sa liberté.

Un troisième coup, un peu plus violent, créa un tremblement de terre. Au sol, en dessous des délicates plantes qui les entouraient, sortirent deux gigantesques golems aux regards vides. Ils se positionnèrent derrière les deux intrus et attendirent sans bouger les ordres de leur invocateur. Le maître du Sanctuaire ordonna de sa voix grave :

  • Les règles sont simples, vous répondez à mes questions. Si la réponse ne me plaît pas, vous mourrez. Si je pense que vous me mentez, vous mourrez. Si je ne vous aime pas, vous mourrez. Compris ?
  • Oui, répondirent seulement Mayu et Zel.
  • Vos noms. Azazel Daitya. Mayu.
  • Un nom de famille, ordonna le propriétaire des golem.
  • Je n’en ai pas.
  • Première erreur.
  • Il tapa du pied et le géant de terre fit de même. Mayu roula par terre pour éviter de justesse le coup fatal.
  • Qu'est-ce que vous foutez ici ?
  • Franchement aucune idée, balança Mayu en tournant le dos à l'interrogateur.

Elle touchait tranquillement la jambe de son attaquant.

  • Il est magnifique.
  • Mayu ! Arrête de toucher le truc qui essaye de te tuer ! Hurla Zel en fusillant son amie du regard. Nous sommes rentrés dans une chambre et j'ai vu l'Artefact volé. Et la fille qui est ici ne le voyant pas, a trouvé que c'était une bonne idée d'essayer de l'attraper.
  • Je vois pas en quoi c'était une mauvaise idée.
  • Tu déconnes j'espère ? T'as failli crever, alors je t'ai suivi calmement mais regarde où on en est : menacés par deux golems et le propriétaire d'un des Artefacts les plus puissants de ce Monde. Alors NON, ce n'était pas une bonne idée !
  • Moi je les trouve beaux ces géants, avec toutes les fleurs qui remplissent leurs corps. Si t'étais pas content t'avais qu'à l'ouvrir avant au lieu de faire chier maintenant.

Un coup de sceptre au sol provoqua une rafale de vent qui empêcha la dispute de continuer.

Donc si je comprends bien, vous ne savez pas qui je suis ni pourquoi vous êtes au Sanctuaire?

Oui.

  • Mais si tu as vu le sceptre alors... Sans finir la phrase, il fit un signe aux titans qui se posèrent derrière leur supérieur. La seule et unique règle pour voir l'illusion de l'Artefact est d'être des miens. Tu l'as vu alors tu n'as rien à craindre de moi. Ton amie par contre, elle est insolente et ne m'inspire aucune confiance. Mais, si tu me garantis qu'elle a le même but que nous, elle pourra vivre.
  • Y a un but ? Demanda Mayu.
  • La destruction du dualisme et de tous ses dirigeants, expliqua Zel qui commençait à comprendre la situation. Elle est avec nous, j'en suis persuadé.
  • Alors laissez-moi me présenter, rétorqua le propriétaire du Sanctuaire, un sourire fier aux visages. Je suis Dominic De Lavallière, unique héritier de Pascal De Lavallière, créateur du dualisme et premier propriétaire du sceptre de Maara. Je suis là pour réparer les erreurs de mon père en détruisant cette religion et la guerre qu'elle a causée. Ah bah t’es pas franchement efficace, rétorqua Mayu.
  • Sinon t'as un plan ou ton rôle c'est juste de faire de beau discours pendant que tu traînes dans ton jardin ?
  • En fin de compte, tu m'énerves vraiment, répondit Dominic, rouge de colère. Alors pour gagner ma confiance tu vas devoir me montrer ta force et peut-être qu'après j'accepterai de t'expliquer quelque chose.

Sa phrase à peine terminée, un nouveau géant, faisant la moitié de la taille des deux autres, surgit de terre et fonça sur la jeune fille, prête à l'anéantir. Mayu courut vers Zel, tendant la main. Ce dernier sortit son katana, et un pistolet pour assurer les arrières de la brune. Avant que ce dernier puisse agir, des lianes entourèrent son corps, l'obligeant à regarder le combat déséquilibré.

Le golem faisait environ trois mètres de haut pour presque autant de larges. Les fleurs posées sur lui l'entouraient harmonieusement sans pour autant gêner ses gestes lents mais intenses. Mayu, du haut de son mètre soixante-dix n'avait pas d'autres choix que d'éviter tout les coups qui lui étaient destinés. Un seul suffirait à la réduire en poussière et elle refusait de perdre contre le sbire d'un gamin capricieux.

La maudite avait l'avantage de la rapidité et de la précision. Elle baladait le monstre dans tous le Sanctuaire sans jamais être touché. De temps à autre, elle tentait de lui asséner des coups d'épée, mais la terre qui le constituait restait intacte. Ces enchaînements durèrent longtemps, beaucoup trop longtemps pour que la fatigue ne se sente pas.

Elle avait réussi à lui infliger quelques éraflures mais le géant n'était qu'un instrument ne ressentant ni douleur, ni peur. Elle savait qu'elle devait trouver une solution avant de s'énerver et de laisser Lios prendre le contrôle. Hélas, la réflexion n'avait jamais été son fort. La jeune fille ne pensait qu'à deux choses : l'enfoiré de propriétaire qui lui infligeait ça et le golem qui ne lui laissait aucun répit. D'une pierre, deux coups.

Elle resta immobile, attendant le prochain coup de son adversaire. Quand sa main arriva près d'elle, elle prit son élan et sauta sur son poing, s'accrochant aux lianes qui l'entouraient. De nouveau debout, elle parcourait le corps du monstre, qui se frappait lui-même pour avoir l'insecte habile qui se promenait sur lui. Elle laissa son ennemi se blesser assez pour qu'il laisse tomber des morceaux de lui-même au sol.

Pour achever son plan, elle escalada le dos de son adversaire, tirant les liens qui l'encerclaient. Gêné par ce geste, le golem se secoua, laissant des blocs voler de tous côtés. Le combat, qui était éloigné jusqu'à maintenant, se rapprochait dangereusement des deux spectateurs. Quand les projectiles se mirent à tomber, certains frôlèrent Azazel qui n'échappa à la mort qu'avec l'aide de Dominic et de son sceptre.

Alors que ces derniers étaient occupés à éviter les projectiles, une ombre menaçante s'approcha. Le corps de son adversaire se décomposant, Mayu réussit progressivement à l'amener vers les deux observateurs.

Avant que son esclave tombe sur lui, Dominic entrevit l'esquisse d'un sourire sur le visage de la maudite.

Au dernier moment, Lavallière protégea lui et son nouvel allié des débris de son ancien pion. Fou de colère, il souleva tous les restes d'un coup, les projetants partout dans le Sanctuaire. La première image que les deux hommes vus étaient Mayu se tenant droite devant eux, attendant calmement la suite des événements, sans aucun signe de peur. Alors que Dominic leva son bâton pour achever la jeune fille, cette dernière prit la parole :

  • J'ai gagné, alors tu m'expliques un truc ?
  • Putain, il n'y a rien à faire, tu es complètement folle, ria Zel maintenant libéré de ses chaînes végétales.
  • Il alla prendre dans les bras la jeune fille qui se laissa faire.
  • Vous vouliez de la force, la voilà !
  • Tu sais que tu as failli mourir toi aussi ? Elle n'allait pas te sauver, elle s'en fout de toi !
  • Je ne pense pas qu'elle pense comme ça, rétorqua Zel en regardant tendrement Mayu. Vous l'avez défié alors elle fait tout pour réussir. Que je sois là ou pas ne compte pas, tout ce qui importe est le résultat. N'est-ce-pas la meilleure façon dont peut penser un soldat ?

Dominic fut perturbé par cette réponse. Il regarda attentivement Mayu, encore si jeune et pourtant si téméraire. Sa main saignait abondamment, pourtant elle ne bougeait pas, continuant à répondre aux questions de son camarade qui riait près d'elle. Son visage n'exprimait absolument rien, aucune envie ou colère quoi qu'elle dise. Elle semblait cassée, prête à tout pour survivre, ne laissant personne prendre le dessus sur elle. Une solitaire qui lui amènerait sûrement des problèmes, mais il n'avait pas assez d'alliés pour se permettre de la rejeter.

De plus, le sceptre pompait son énergie au point que sa tête tournait. Il avait trop abusé de ses pouvoirs pour le moment. Il fit disparaître l'Artefact et avec les géants immobiles qui avaient été incapables de le protéger il y a quelques minutes. Se raclant la gorge pour arrêter net la conversation entre les deux compagnons et annonça d'un ton solennel :

Je vais être clément aujourd'hui. Prenez cet acte de paix comme le fil nous liant au même destin.

  • Je me rappelle pas avoir voulu m’associer à toi, grommela Mayu, toujours mécontente.
  • Ce qu'elle veut dire, c'est que sans votre plan, nous ne pouvons pas collaborer, rattrapa Zel.
  • Je te convoquerai quand il sera l'heure, pour l'instant réussissez l'Initiation.

Sur ces mots, un portail s'ouvrit derrière eux, les menant à la chambre d’Azazel. La nuit étant sur le point de tomber, la maudite partit sans un mot dans sa chambre après avoir prit les bandages que Zel lui tendait.

Journée de merde !

Elle banda sa main tailladée, encore sanglante des batailles qu'elle venait de mener puis se posa tranquillement dans son lit jusqu’à ce que le sommeil l'emporte. Activité qui, malgré le confort du matelas, restait compliquée pour Mayu, hantée par son passé.

Bien loin du confort d'un lit douillet, Ritsu se recroquevillait au coin du feu qu'elle venait d'allumer. Au milieu du bas peuple, personne ne pouvait repérer l'encapuchonnée dans son vieux tissu bleu délavé. Elle avait fini par s'habituer à l'odeur exécrable des mendiants, se rapprochant de plus en plus de la sienne.

Une oreille toujours à l'affût, prête à fuir à la seconde, cela faisait des mois qu'elle n'avait pas connu un sommeil reposant. Son seul moment de paix était lors de ses rares rêves qu'elle pouvait se permettre. Elle se revoyait guider Mayu vers la voie du crime sous le regard désapprobateur de Haru. Dans ses songes, on pouvait l'entendre chuchoter :

  • Viens me chercher, je veux encore jouer.

Elle avait vingt-trois ans mais n'avait jamais changé, elle restait cette enfant dévastatrice qui semait le chaos. Pourtant elle s'était promis que si elles revenaient, elle se calmerait... un peu.

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