Chapitre III

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Au bout de deux jours, et d'innombrables monologues d'Azazel, Mayu arriva à Minda. De toutes les villes qu’elle avait vues de Pravda, cette dernière était de loin la plus impressionnante. Elle était l'opposé d'Equality : un désordre total.

Les rues étaient envahies d'herbes, de fleurs, de champignons et d'arbres, les maisons semblaient abandonnées et les murs encerclant ce décor étaient remplis de plantes grimpantes et de mousses. La nature sauvage lui fit ressentir de nouveau cette sensation de liberté.

Sa contemplation fut interrompue par le rire d'Azazel. Elle le questionna du regard. Il lui montra discrètement un jeune couple s’égosillant, coincé dans des lianes alors que quelques habitants essayaient de les calmer en essayant de les libérer.

Mayu souffla avant de prendre le bras d’un Zel hilare pour le faire avancer :

  • Si tu veux vraiment arriver à temps pour l'Initiation de cette année, il faudrait peut-être qu’on se bouge.
  • Tu comptes y aller comme ça ? Tu n'as pas l'air d'avoir de Capacité et tu veux aller dans un endroit aussi dangereux que Jumal sans aucune arme ? Tu es bien téméraire, plaisanta-t-il.
  • Venant d'une personne que j’ai mise à terre en un coup…
  • Là-bas, personne n’est aussi gentil que moi.

Azazel, n’obtenant pas de réponse, lui fit un grand sourire et la poussa vers un marchand d'armes. Assis contre un arbre, le vendeur attendait des clients potentiels. Arrivé devant le "stand", le Créateur des Arcanes lui sourit :

  • Bonjour monsieur, je cherche une arme pour cette jeune demoiselle.

Le vieil homme se leva avant de répondre.

  • Une personne aussi délicate devrait utiliser des armes légères. Hélas, je n'ai aucune arme pour une fem...

Elle saisit un fourreau noir abîmé par le temps, sortit le katana pour inspecter le tranchant, le rangea avant de tendre le tout vers le marchand.

  • Je vais prendre ça. "La femme" voit que le reste de votre armement est de la camelote bonne à jeter aux ordures.
  • Tout d'abord, fillette, mes armes sont parfaitement entretenues.

Un air narquois apparut sur le visage du marchand.

  • Ensuite, une gamine devrait se contenter d'armes avec lesquelles elle ne peut pas se blesser.

Mayu sortit en un éclair la lame de son fourreau pour la mettre juste sous la gorge du vaurien Elle accentua légèrement la pression et lui dit d'un air calme :

  • Un conseil : n'insultez jamais une gamine qui a une lame à la main car la prochaine pourrait être moins indulgente que moi.

Le visage toujours impassible, elle recula.

  • Pour cette petite leçon de vie, je le prends gratuitement, cela vous convient ?
  • Bien sûr, bafouilla le marchand.
  • Allez viens Zel, balança-t-elle en installant sa nouvelle acquisition sur sa hanche gauche avant de repartir.
  • Merci beaucoup pour cette transaction et bonne journée !

Il se tourna vers Mayu.

  • Attends-moi une seconde, j’ai une envie pressante.

Mayu ne prit même pas la peine de s’arrêter, elle continua à avancer tranquillement vers la lumière bleue qui traversait les branchements, indiquant la position du portail. Soudain, des éclats de voix sur sa gauche attirèrent son attention. Elle se cacha discrètement derrière un arbre pour observer discrètement la scène.

Une femme et une enfant étaient encerclées par une vingtaine d'hommes. L’adulte avait les cheveux bruns attachés en queue de cheval basse sur le côté, un cache-œil blanc sur l'œil droit, une blouse de la même couleur et un pantalon noir déchiré. Son œil gauche presque blanc regardait avec inquiétude la petite fille paniquée à côté d'elle. Celle-ci devait avoir une dizaine d'années, les cheveux longs, rouge feu et légèrement ondulés tenus seulement par une petite broche blanche en forme de fleur. Sa robe blanche était tachée de terre. Ses grands yeux verts ne semblaient pas comprendre la situation.

Mayu était trop loin pour entendre leur conversation. Au moment où elle allait se rapprocher, l'un des hommes attrapa par les cheveux la petite fille qui se débattait de toutes ses forces.

De toute façon, il faut que je me défoule.

Sur cette pensée Mayu se dirigea vers le groupe d'ennemis et trancha la gorge du plus proche. Après cette attaque tous les hommes disparurent : des "ombres".

Haru lui en avait déjà parlé. Des élémentalistes qui fusionnaient avec l'environnement qui les entourent, se rendant ainsi totalement invisibles. Le problème était que l'utilisation fréquente de cette modification rendait "l'ombre" folle. Ce pouvoir étant dur à appréhender une communauté avait été créé pour les gérer. Cependant, cette organisation était vite devenue une secte au but inconnu qui utilise cette Capacité comme une arme.

Un coup, deux coups, trois coups... Mayu était frappée par des hommes apparaissant et disparaissant. Elle mit un coup devant elle et tous les ennemis disparurent de nouveau. Elle se précipita vers les deux victimes pour les pousser contre un mur et se mit devant elles :

  • Venez si vous en avez le courage mais à la minute où je vous verrai, vous êtes morts, bâtards.

Cinq d’entre eux apparurent. Elle fonça, visa la tête du premier, se baissa pour éviter un coup de hache puis coupa le bras de l'attaquant. Elle évita un poignard qui se planta entre les briques du mur derrière elle, le décoinça rapidement et le lança à son tour, touchant la jambe du propriétaire qui se tenait en haut d’un arbre, de l'autre main son katana s'enfonça dans une tête.

Tout d'un coup, des bras musclés l’empoignèrent. Elle se débattit mais "l'ombre" réussit à projeter son épée un mètre plus loin. Ils étaient maintenant deux à la tenir. Malgré tous ses efforts, Mayu ne pouvait plus bouger. Devant elle, une dizaine d'adversaires s'avançaient en souriant, armes en avant.

Si je libère la malédiction maintenant, je ne pourrai pas prendre le portail…

Un coup de feu retentit et un des hommes qui la tenait tomba, raide mort.

Azazel était devant un arbre, souriant fièrement une arme ancienne à la main, plus précisément un pistolet, visant la deuxième "ombre" tenant son amie

Pas mal pour un blondinet !

Mayu reprit son arme et fonça dans la mêlée. En quelques minutes, elle réussit à éliminer cinq autres adversaires et Azazel en blessa trois. Soudainement, plus personne. Son compagnon semblait perturbé par cette disparition. Il n'avait sûrement jamais entendu parler des "ombres" auparavant :

  • Ne bouge pas Zel et prépare-toi à tirer ! ordonna Mayu d’un ton autoritaire.
  • Mais...

Le regard tranchant de Mayu le força à obéir.

Une minute. Le temps écoulé, aucun adversaire n'était visible. Mayu fit signe à son compagnon d’armes d'approcher. Il rangea son arme dans un portail et marcha tranquillement jusqu’à elle en évitant la végétation les séparant. Mayu se retourna vers les deux victimes et les fixa avec insistance. L’adulte s’approcha d’elle et la remercia avant de se présenter :

  • Nous vous remercions de votre aide. Je suis Reyn Gallia. Voici ma fille, Hope. Nous sommes deux jumaliennes qui rentrons chez nous. Merci encore, si je peux faire quelque chose pour vous remercier…
  • Jumaliennes ? hurla Zel avec une lueur de joie dans le regard. Nous nous y rendons pour l'Initiation, si vous pouvez nous guider jusqu'au lieu des admissions.
  • Je vous dois bien ça… Vous n'avez qu’à me suivre.

Elle regarda sa fille accrochée à sa main.

  • Quelque chose ne va pas, Hope ?

Elle montra Mayu du doigt avant de s’exprimer.

  • Il ne faut pas la laisser venir, elle apporte le malheur !
  • C'est vrai qu'elle est effrayante, répondit Zel en s'abaissant à sa hauteur. Mais Mayu n’est pas méchante et loin d'être dangereuse. Quant à moi, je m'appelle Azazel, à votre service.

Un petit rire s’échappa de la bouche d’Hope. Elle lui sourit et le prit dans ses bras. Mayu n'écoutait plus les mots prononcés par son compagnon, elle ne pouvait pas détacher son regard de cette petite rousse qui en un instant avait perçu son pouvoir en sommeil. De plus, elle sentait Reyn la surveiller.

Etrange de croiser des dualistes par ici…

Pendant que Mayu réfléchissait tout en surveillant ces deux guides, une voix se fit entendre au loin :

  • MASSACRE ! EQUALITY A ÉTÉ MASSACRÉE PAR LIOS !

Et merde !

Reyn se tourna vers l’agitation qui gagnait progressivement la ville. Zel et Hope n'avaient rien entendu, absorbés par leur conversation. Mayu passa devant en courant et cria à Azazel :

  • DÉPÊCHE-TOI, ON NE VA JAMAIS ARRIVER A TEMPS !

Le jeune homme prit la rouquine sur ses épaules et lui emboîta le pas. Enfin arrivés près du portail, une autre surprise les attendait. Des soldats barraient la route. L’un d'eux annonça :

  • Par ordre des représentants d'Equality, aucune femme ne sera autorisée à sortir de cette ville sans être passée devant un des spécialistes présents dans notre garde. Tout individu ayant une Capacité suspecte sera arrêté et interrogé.
  • On n’a pas que ça à faire, nous, répliqua un touriste.
  • Les décisions de nos représentants sont absolues. Personne ne passera sans avoir été sondé par nos experts.

Un murmure de terreur parcourut toute la foule, peut-être qu'à côté d'eux se trouvait la maudite. Peut-être allait-elle tuer tout le monde comme elle l'avait fait à Equality.

  • Que tous les hommes seuls ou en groupes passent.

Sur deux cents personnes, une dizaine d'hommes passèrent tranquillement, se sentant en sécurité loin de tout soupçon. La suite fut beaucoup plus longue, voire interminable. Chacun son tour, les femmes s'arrêtaient devant des soldats qui sondaient chaque pouvoir.

À ce rythme-là, je vais vraiment me faire chopper.

Plus le temps passait, plus Azazel semblait inquiet. Mayu devait agir et vite. Elle prit Zel à part et lui chuchota :

  • Je sais que la situation est extrême mais si tu veux que ton plan se déroule comme prévu nous devons être à Jumal avant demain. Vu le temps que prend chaque personne pour passer nous ne serons jamais là-bas à temps. À part si on passe à ma manière.
  • Je t'écoute.

Après cinq minutes de concertation, les deux compagnons se séparèrent leur plan en tête. Première phase, faire croire que Reyn et Hope étaient malades pour les faire passer devant avec Zel. C'était la partie facile, il alla voir un soldat et lui fit un discours de dix minutes. Fatigué par ces paroles, et sans doute un peu touché par ce mensonge, l'étape fût accomplie. Ensuite mentir sur la destination pour ne pas se faire suivre : Zel avait choisi un Monde au hasard, sans importance. Ensuite, Mayu arriva se recula du portail pour faire semblant d’arriver et cria :

  • ELLE EST ICI, COUREZ, ELLE NE LAISSERA PERSONNE S'EN SORTIR !

Sur ses mots toute la foule hurla, poussa les militaires et prit le portail d'assaut. Les soldats se séparèrent, la moitié essayant de calmer le chahut et l'autre partie cherchant la maudite. Profitant de la panique Mayu se faufila entre les gens et se trouva devant le portail où tout le monde plongeait.

Un jeu d'enfant.

Maintenant c'était à Azazel de faire le reste du travail : contrôler leur voyage dans la magie des Arcanes. En un instant lui et Mayu attrapèrent la main des deux autres et sautèrent.

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