Perspective

de Image de profil de OrcraneOrcrane

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J’ouvre péniblement les yeux, comme tous les matins. La pluie m’a réveillée. Le bruit incessant de l’eau sur mes volets me sorti d’un rêve sans intérêt. La faim fini par me sortir de mon mutisme matinal. Je marche péniblement vers la cuisine, téléphone à la main. Les mêmes gestes quotidiens. Café, twitter, mail, Instagram. Les yeux encore pantouflés, je n’arrive pas à me connecter.  Ahh, je verrais plus tard. Je prends mon pc et me met en chasse d’un job. Je n’arrive toujours pas à me loger. Bon. Café fini, toilette rapide, je sors.

Malgré la pluie, j’ai besoin de sentir l’air frais dans mes poumons. Je marche cacher sous mon vieux parapluie cassé. Je croise Alex, mon pote depuis le lycée -Hey, Salut Alex !

Ses yeux, vides, se posent sur moi, avant de m’ignorer. Il ne m’a pas reconnue sous mon parapluie ? Vexée, je continue mon chemin vers nulle part. Les rues sont silencieuses, mais je sens quelque chose de palpable dans l’air. Je sors mon téléphone de ma poche. Je n’arrive toujours pas à connecter à twitter. Je pense à toutes ses blagues à deux balles que je loupe, toutes ces photos de chats trop minions. Mince ! Je décide alors d’appeler maman. Mon père décroche

-          Bonjour Papa ! Maman est là s’il te plait ?

-          Bonjour, vous avez dù vous trompez de numéro.

-          Papa… C’est moi, c’est Emy !

-          Je ne connais personne de ce nom la…

-          Papa…

Le bip du téléphone me laisse le cœur baigné d’effroi et ce rythme cardiaque m’indique que quelque chose ne tourne pas rond. Je m’assois et tente de respirer du mieux possible. Je respire 4, je bloque 2, j’expire 5. Calmée, je rentre chez moi. La porte de mon appart est grande ouverte… et cet appart, mon appart… est vide ! Le proprio est à l’intérieur. Il me voit est me gueule de dégager, que ce n’est pas un squat à clodos ! Je n’arrive plus à réfléchir. J’ai besoin d’air. La pluie a cessée et le soleil revient paresseusement. Sur un banc, je tente de nouveau de me loguer sur twitter. Rien. Mail, rien. J’ai faim. Je m’aperçois avec soulagement que mon portefeuille est dans la poche de ma veste. Il me reste assez d’argent pour manger, en espérant que la monnaie n’a pas changé elle aussi ! Et pour une nuit d’hôtel dans un endroit piteux. Je remarque que je n’ai plus de carte d’identité, ni de passeport, de carte de fidélité, de sécu, rien. Mais qu’est-ce qui m’arrive bon sang !

Nerveuse, je rentre au supermarché. Je vise le rayon snacks. Je prends un sandwich et un peu d’eau. Mes yeux vagabondes dans les rayons et tombent sur les caméras de sécurité. Ma tête, mon nom, je n’existe pas ! Une idée me traverse l’esprit. Une idée folle, interdite… Intrépide !

Je sors, sans payer et me met à courir. Loin et sans relâche, je cours. Nerveusement, je lâche un rire, puis un fou rire ! Une pointe de liberté née en moi. Déjà fatigué de cette vie vide de chômeuse, mal vue par la société qui ne m’a jamais tendue la main, je commence à voir ce qui m’arrive comme une chance. Le fil de mes pensées, limpide, me donne une réponse, un espoir. Un sourire naquit sur mon visage, alors que je croise Mr Bron, un sans-abri avec qui j’ai souvent discuté et à qui je donnais un peu d’argent, dès que je le pouvais.

-          Mr Bron, Bonjour ! Tenez, c’est pour vous !

-          Oh merci madame ! Mais il ne faut pas ! Vous avez l’air plus affamée que moi, rigola le vieil homme, à qui il ne restait plus beaucoup de dents.

-          Non, j’insiste. C’est de la part de votre amie, Emy.

-          Oh… je ne connais pas de Emy, dit-il avant d’ouvrir le paquet et de renifler l’odeur du pain.

 

6 Mois plus tard.


Je suis adossée au mur, à l’accueil de la gendarmerie. Je me déguise en femme de ménage, écoutant les inspecteurs se casser les dents sur une affaire qui date depuis 6 mois.

-          Jeanne Doe a recommencée, avant-hier ! Encore une banque ! Personne ne peut me faire un putain de portrait de cette femme ! Pas d’empreintes, ni de nom ! Pas le moindre indice ! Personne ne sait qui elle est, où elle vit, pas de traces aux impôts, a la sécu ! Rien ! L’inspecteur Stors était visiblement à cran et la pale couleur violette sous ses yeux marquaient son manque de sommeil. Je vais devenir fou…

-          On a reçu un appel de médecins sans frontières ce matin, elle leur a versée la totalité de la somme qu’elle a volé. La semaine dernière c’était pour la recherche pour le cancer et encore avant, c’était pour le Japon. Je ne sais pas, dit son collègue, on dirait une robin de bois des temps modernes. Je trouve ça plutôt culotté et au fond, elle n’a pas tort…

-          Non mais tu entends ce que tu radotes ! La loi, c’est la loi ! Et je finirais par la coincée !

-          T’es bien parti pour Stors!  Le collègue de l’inspecteur rigola, avant de me dire poliment bonjour dans le couloir où je passais le balai, satisfaite et amusée de la situation. 

 

 

 

 

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En réponse au défi

Effacement 101

Lancé par StephanieG
Situation :
Ce matin, votre identité a été effacée. Vos amis ne vous connaissent plus, vous êtes un parfait étranger pour votre famille, Vos pièces d'identité ont disparu, idem pour Facebook, twiter, etc où il n'y a aucune trace de vous. À part 100 dollars (ou Euros) dans votre portefeuille, vous ne possédez légalement plus rien.

Défi :
Rédiger un texte expliquant comment cela a pu se produire et ce que vous allez faire à présent

Limite :
Pas d'explication magique ou féérique, mais la science-fiction est acceptée

Commentaires & Discussions

PerspectiveChapitre8 messages | 5 ans

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