Fuir là-bas, fuir ! Puis la disparition

de Image de profil de Stefan QinStefan Qin

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Moi, Jihad, tantôt schizo, imitant du coup un « roi » Romain connu, tantôt normal, qui sortais d'un soir tout à fait insatisfaisant, j’avais un attribut fracassant : la foi pour Allah.

La maison m'apparaissait au loin lorsqu'on m'a mis l'alcool dans mon corps. Au fond, j'avais su mon mal futur, clopinant sans raison jusqu'au but. Quittant un ami commun, j'avais dit à Marc mon souhait d'accomplir, ici, la Salat. Il dit :

– J'ai jamais compris pourquoi tu pouvais agir si mal.
– J'ai jamais compris ton chagrin pour ça.
– L'Islam, l'alcool, vois-tu la contradiction ?
– OK, ils sont pas au diapason. Mais quoi ?

Marc souffla, vaincu dans la discussion. Quant à Jihad, au sol, tournant son dos à la nuit, il lança maints saluts. Puis, à son ami :

– Voilà, tu vois ? Pas trop dur pour toi non plus. Pas d'action pour ta part.
– Fatigant ! Si tu savais ton karma...
– Sot ! L'Islam fait l'ablation du karma. La notion n'a qu'illusion à offrir.

Ad libitum, j'avais toujours raison sur tout. Marc, battu tour à tour, n'avait quasi jamais gain sur moi. Jihad prit alors sa moto, la monta, tourna sa main, puis invita Marc :

– Assis !

J'avais dit ça d'un air amical mais aussi un poil troublant. Marc avait saisi mon inquisition. Il roucoula, moquant la situation :

– Un jour, mon garçon...

La moto vibra, un bruit sourd parcourut la nuit.

– La maison, mon lit, mon plaisir à un pas !

Marc disait qu'il fallait savoir sa satisfaction avant qu'il soit trop tard. Moi, à l'instant, mon corps pouvait mourir pour dormir. Nous avancions d'un bloc.

– Coupons la « city » du nord au sud ! cria Marc, qui passait à l'anglais car il trouvait ça charmant.

Klaxons, bus ou passants, il y avait là un grand plaisir à voir la population s'ouvrir à la communication. Nous admirions la « city » paradant ainsi, quand soudain, un mal torturant mon hypothalamus surgit d'un trait. J'assimilai, tout à coup, l'alcool pris plus tôt. J'imaginais tout haut, j'allais souffrir pour sûr ; voilà mon dû pour avoir sorti Allah du plan, mon plan parfait qui aurait pu m'offrir du confort. Mon avis : l'alcool n'avait pourtant pas d'indication "anti-Islam" sur son flacon !

Faisons court : abasourdi, au sol, mon corps vomissant à tout va, Marc s'approcha, narquois, sortit un papyrus, puis lu d'un ton brutal trois (moins un) quatrains rigolos (mais pas trop).

« Toi, qui as bu trop d'alcool roux,
Rampant, râlant, croupissant,
Tapant du poing, transpirant,
Vois là ma punition sinon mon courroux

Pour un rat qui a mauvais goût,
Titubant ici tout son soûl.
Toi, qu'au tyran j'offris pour un sou,
Tu iras, tu l'as voulu, au grand loup. »

– J'ai ouï, un jour, un manant, aficionado du PSG, qui a dit : « toi, vil salaud fou, putois sournois autant qu'abruti fini, va donc mourir si j'y suis ! »
– D'accord, obtus nanti, soupira Marc, souriant au clair-obscur.

Manu militari, un mal aigu survint, six fois, huit fois, il s'agissait là d'un synopsis continu, m'annihilant sans fin. Implorant Allah, trois fois, cinq fois : tout paraissait vain. Mon mal toujours là, disparaissant qu'un brin, j'avais fait la soustraction d'Allah. Ma foi partant dans l'air froid, l'Islam mourut ici pour moi. Pur, nourrisson sans Coran, j'avais au surplus surpris Marc :

– La fin, grogna Marc, ravi, vaut pour dix vins au prix d'or ! Par toi, tu choisis, par toi, tu vis ! Pas d'Allah, nuls Judas ou Bouddha, ainsi tu vas, sans souci. Nul tu crains sinon ton action. Au jour suivant, ton mal aura disparu : sain !

Illumination car j’avais compris ! Durant tout l’an, puis avant l’an, j’avais fui au loin, j’avais fui aux bras d’Allah chinant un lapsus vital qu’à l’instant chacun pouvait voir. Au final, la maison ! Sauf qu’à mon tort, la maison fournissait plus un abri qu’un lit. Saisira mon opinion qui pourra.

Au jour suivant, Marc avait disparu. Mais au galop, passant du noir au blanc, j’avais fait mon coming-out : plus d’imposant chichi, j’aimais plus Allah ou qui ou quoi. J’aimais tout sans divin autour car l’humain avant tout – pas vrai ?

Expérimental
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En réponse au défi

1 ou 2 lipogrammes dans le sang

Vous avez un peu trop profité de l'open-bar de littérature potentielle. Vous devez renter chez vous, mais attention, vu votre état, vous n'avez pas le droit d'utiliser une ou deux lettres. Interdiction absolue !

Ensuite, tout dépend de votre frilosité. Si vous n'avez abusé que du "z" ou du "k" et qu'ils vous sont à présent défendus, vous de ne devriez pas avoir trop de problèmes. Mais la fête est plus folle lorsque vous vous restreignez sur les voyelles ou les consonnes principales.

Alors en avant, votre maison n'est pas loin, mais ne trébuchez pas en chemin !

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