L'enquête avance enfin !

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Dead

Après être sortis de cet enfer le Boss, les gars et moi nous dirigeons dans le bar du coin pour faire un bilan des informations que nous avons recueillies. Quand nous franchissons la porte du bar tous les regards se dirigent vers nous. En même temps une bande de motards ça ne passe jamais inaperçu, mais bon, on a l'habitude. On s'installe donc comme si de rien n'était à une table dans un coin tranquille du bar.
Le Boss soupire, il a de quoi être un peu chamboulé, il est à deux doigts de pouvoir enfin retrouver sa fille, après cinq longues années de recherche. Elle s'appelle donc Hope, Hope Hawkins.
Quand je repense dans quel endroit, elle a vécu son enfance, ça me colle la chair de poule, comment peut-on traiter des enfants comme cela. C'est une honte, tout dans cet établissement était malsain, des murs au personnel. Pauvres gosses.
- Bon les gars, dit le Boss. On a une description physique qui est donc brune cheveux long, je suppose et des yeux vairons comme les miens. Il faut faire le tour des boutiques et bar du coin pour demander si quelqu'un la connaît ou l'a déjà vu. Je vais demander au barman en allant faire notre commande, je suppose que des bières pour tout le monde vous convient ?
Tout le monde acquiesce.
Le Boss part donc passer commande et se renseigner.
Nous nous regardons tous avec une certaine peine, ce que nous avons vu dans cet orphelinat nous a tous marqués. Nous qui avons l'habitude de traiter nos enfants et nos femmes comme la prunelle de nos yeux, voir cela nous a donc tous choqués. Je mettrais ma main au feu qu'une fois que nous aurons retrouver la fille du Boss nous nous occuperons de cet établissement géré par des abrutis.
Le Boss revient et me sort de mes pensées.

-J'ai réussi à avoir quelques infos. Ils connaissent bien Hope ici, il m'a dit qu'elle habitait au-dessus d'un salon de tatouage nommé Devil's Ink aux dernières nouvelles. Mais ça fait un moment qu'il ne l'a pas vue. Ça nous fait déjà une piste, je veux que vous alliez voir en début d'après-midi, c'est à quelques rues de là. Pourquoi l'un d'entre vous n'en profiterait pas pour se faire tatouer ! Mêlons donc l'utile à l'agréable ! Nous dit-il avec un clin d'œil et un sourire en coin.

Nous sommes tous fortement tatoués dans le club et nous adorons cela, et en recouvrir notre corps un peu plus chaque année devient généralement une drogue. Je lève la main pour signaler que j'accepte de rajouter un tatouage à ma collection, et que j'irais donc avec quelques gars pour prendre rendez-vous.
Le Boss acquiesce, nous trinquons donc à l'avancée de notre recherche et nous séparons une fois nos bières finies. Le Boss va poursuivre ses recherches dans les rues adjacentes avec quelques gars et moi, je pars direction le Devil's Ink, avec le reste de la meute.

Nous arrivons donc dans la rue du Devil's Ink, et nous retrouvons donc devant le salon. Ça a l'air ouvert, c'est déjà une bonne chose. J'entre le premier et me dirige vers l'accueil suivit de Must, Link et Tiger, les autres nous attendrons dehors. Les murs de ce salon sont recouverts de tatouages magnifiques et impressionnants. Ils font du bon travail ça se voit tout de suite, les tatouages sont de qualités. J'observe un escalier qui doit mener, je suppose à l'appartement qui se trouve au-dessus, appartement supposer appartement à Hope Hawkins.
Je m'approche donc de l'accueil et vois une fille confortablement installer sur une chaise les jambes repliées devant elle avec un carnet de croquis poser dessus. Elle est en train de dessiner. Elle porte des lunettes de soleil si grosse qu'elle recouvre la moitié de son visage et avec des verres si teintés que je ne peux même pas voir ses yeux. De ce que je vois, elle me semble très belle. Elle a des cheveux bruns attachés à l'arrache en chignon, porte un sweat décontracté avec un slim moulant noir et des Doc Martens. Elle n'a pas l'air très grande.

Quand elle nous voit, elle se lève et je constate effectivement sa petite taille. Elle me fait un peu penser à quelqu'un que j'ai déjà vu quelque part, mais pas moyen de savoir qui. Elle interrompt le cours de mes pensées en me demandant :

- Bonjour, je peux vous renseigner ? Elle a une voix légèrement rauque, sexy en diable ! Elle me ferait presque être étroite dans mon jean. Sans me laisser submergé par cette voix sensuelle je lui répond avec un sourire séducteur.
- Bonjour Mademoiselle, j'aimerais prendre rendez vous pour un tatouage, est ce que se serait possible ?
- Oui bien sûr, pour quand souhaiteriez vous le faire ?
- Si possible au plus vite. Nous sommes un peu pressés.
Elle me regarde à travers ses lunettes et me répond :
- ok, j'ai une disponibilité pour après-demain, ce sera avec moi par contre, car le patron n'a pas de créneaux libres avant la fin de la semaine prochaine.
Je réfléchis, je ne veux pas me faire tatouer par la première midinette aussi jolie soit elle, il ne faut pas abuser. Alors je lui demande de me montrer son travail avant d'accepter sans réserve.
- Je ne suis pas une débutante, me dit-elle en souriant, sur ce pan de mur vous y trouverez certaines de mes plus grosses pièces.
Je me dirige vers le mur indiqué pour voir son travail et je me retrouve sur le cul, son travail est sublime. La finesse des traits est remarquable, elle n'est clairement pas une novice ou alors elle a un sacré don. Je retourne jusqu'à l'accueil en faisant mine de ne pas être trop impressionné, et lui dit donc :
- Ouais, ça ira ! Par contre ma bande m'accompagnera et c'est non négociable.
Je vois un léger sourire nerveux apparaître sur sa lèvre.
- Je ne pense pas non, vous êtes combien ? Une dizaine ? C'est strictement hors de question, je n'accepterais pas plus de 2 accompagnants, c'est à prendre ou à laisser. Me dit-elle d'une voix ferme qui ne laisse pas de place au doute concernant son caractère. Et il m'a l'air bien trempé. Je déteste quand on ne m'obéit pas, généralement, je dis et on le fait ! Mais là, c'est un cas particulier le Boss a besoin de ce rendez vous. C'est lui qui m'accompagnera donc je cède donc cette manche-là à la demoiselle. Je lève mes lunettes de mes yeux et accepte.
- Très bien, j'accepte Beauté
Je paie donc et vois avec elle l'idée de mon tatouage, j'aimerais me faire un loup sur le pectoral gauche. En hommage au club, et à sa symbolique, avec son travail ça devrais claquer un max.
Je me renseigne aussi sur sa voisine du dessus au cas où elle sache quelque chose. Ce que je pense d'ailleurs car quand je lui pose la question son tic nerveux réapparaît.
Elle me répond que la personne qui vit en haut est rarement là et qu'elle bouge un peu partout dans le quartier. Ce qui est un mensonge, cela se voit de suite. Avec les années, je suis devenue un véritable détecteur à mensonge comme le Boss, il m'a tout appris.
Je lui dis donc à bientôt et pars faire mon rapport au Boss.

À bientôt ma beauté !

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Olivier Vetter


Juliette ne sais pas où dormir ce soir. Toute la journée elle a erré dans la galerie marchande, passant d'un recoin à l'autre afin de ne pas attirer l'attention. Les vigiles sont tellement suspicieux de nos jours.
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Mais très vite, Juliette perd ses repères. Tous les couloirs se ressemblent. Partout la même saleté, la même lumière blafarde. La descente reprend. Juliette n'a plus le choix. Elle doit suivre son guide dans des boyaux de plus en plus sombres.
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Juliette dort dans le train.
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Un peu plus tard, elle a pris un petit déjeuner à la gare.
Puis, elle a sauté dans un train, a choisi un siège dans le sens de la marche et s'est assoupie.
Là-bas, ses parents l'attendent. 
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Lyhn Adrena

J'ai écrit cette nouvelle pour un concours s’intitulant « Littérature et Musique ». Pour résumer, il s’agissait simplement d’associer une musique à ce que nous allions écrire, soit, une courte nouvelle composée de maximum 15 000 caractères espaces compris. Concours qui s’adresse à tous jeunes écrivains de moins de trente ans résidant un pays francophone.
Musique : Steampunk Opera, overture de Paul Shapera
https://www.youtube.com/watch?v=N4eshdFCpOQ
 
 
Ce n'est qu'un conte de fée          
 
"Cette classe, je ne la connaissais pas. La plupart des têtes m'étaient inconnues et tout a commencé par un cours de musique. J'ai alors compris que j'étais dans une école d'art. Je semblais bien connaitre le jeune homme avec qui je me rendais à ce lieu, cependant dans votre réalité je ne saurais dire qui il est. Lorsque nous entrions dans l'école il riait avec ses copains; je le laissais donc. En montant les escaliers interminables, la documentaliste me souri. Sourire que j'appris à lui rendre avec beaucoup de mal, ce qui malheureusement me réveilla."
 
            Elle ne cesse que d'écrire ses rêves à chaque réveil espérant devenir la même petite fille qu'elle est dans ceux-ci. Libre telle une colombe, plutôt qu'enfermée dans cette tour... Elle se leva, s'étira comme un petit chat et se rendit à sa fenêtre œil de bœuf afin d'y contempler la lune. Cette sombre lune semble si proche, c'est pourquoi on appelle cet endroit "Le château de la lune sombre". Aujourd'hui elle ne ressort qu'à peine de derrière les nuages. Le gel tombait lentement sur la grille qu'encercle la tour. Au même instant, Yona sortait. Elle était ravissante vêtue d'un long tissu bleu ciel lui servant de robe. Luna, Byra, Vina, Iuma, Ceza, Mila, Tera, Hava, Pyda, Duna, et enfin Fura suivaient Yona qui jouait du violon laissant tomber ses longs cheveux blancs. Elles étaient toutes les douze dans de belles robes qui se ressemblaient. Sous cette lune, elles dansent en douceur, elles brillent telles des étoiles qui ont déjà signé leur arrêt de mort. Ou se rendaient-elles? Etait-ce si important pour prendre un tel risque? La rêveuse retourna se coucher. « Elles croient briller, en vain ! », se répétait-elle suivit de nombreux échos envahissant son esprit.
            Un cri aigu résonnait dans sa tête au petit matin. « Un cauchemar? » se demandait-elle. Le cri se fit de nouveau entendre. « ARRÊTEZ ! », hurla-t-elle. Elle s'habilla sans prendre de toilette se cogna la tête contre le mur à côté de la petite fenêtre. Elle savait ce qui se passait; les filles se faisaient frapper. « Bien fait pour vous, mais laissez ma tête tranquille désormais, je ne supporte plus ces cris ! »
            Quelqu'un toqua à la porte.
« Est-ce toi Gabriel? », elle sauta sur son lit l'air de rien.
« Oui, c'est moi. » répondit-il. Il est toujours vêtu de blanc, ce qui perturbe Euphie qui semble apprécier les couleurs pâles.
« Je vois que vous vous portez bien aujourd'hui. Le réveil ne fut pas trop difficile?, la questionna-t-il.
–   Oh si, vous m'avez manqué.
–   C'est gentil, affirma Gabriel un peu gêné. »
            Puis il s'en alla après l'avoir enfermée dans sa cage. « Cet homme me bat, et m'interdit d'aimer. N'est-ce donc point cruel? »
            Les heures passèrent entre quatre murs blancs. La patiente se croit dans une cage depuis ces derniers jours. A quarante-quatre ans, celle qui se prénomme Euphie se prend pour une jeune demoiselle enfermée dans sa tour. Ils ne savent pas si elle a de la famille, on l'a embarqué alors qu'elle n'avait ni papier d'identité, ni de moyen de communication sur elle, dans un lieu public. Certains patients de cet hôpital psychiatrique perdu sont difficiles à traiter. Comment informer à une personne qui se sent heureuse qu'elle n’ait pas l'âge qu'elle prétend avoir? Et qu'en plus elle ne se trouve pas dans une tour en rêve d'un prince mais dans un endroit où on cherche à la soigner? Lorsque midi arriva, elle cacha sa petite cuillère dans les rubans de sa robe. « Viens Asylum, c'est l'heure d'aller manger », s'adressa-t-elle à cette cuillère. Une infirmière entra brusquement dans la chambre.
« A qui vous adressiez-vous?
–   Oh bonjour Pyda. C'est un plaisir de vous revoir. Vous n'êtes pas blessé? J'ai entendu crier ce matin. Le prêtre vous a encore dénoncé à vos supérieurs? »
Pendant ce temps, l'infirmière fouilla la femme folle. Elle trouva la petite cuillère au style particulier.
«  Cette petite cuillère de Laiton, où l'avez-vous eu?
–   Oh, faites attention à Asylum s'il vous plaît, c'est mon porte-bonheur...
–   Pourquoi avoir donné un tel nom à cet objet?
–   C'est une assez longue histoire... Il y a de ça quelques années, lorsque j'avais onze ans, je pensais beaucoup que je n'étais pas normale et qu'un jour je deviendrais folle. De plus, vous savez, dans les hôpitaux, on donne souvent à manger à la petite cuillère et “asile” en anglais c'est plus joli qu'en français. Alors s'il vous plaît, c'est Ceza qui me l'a apporté, rendez-la-moi.
–   Tenez... et venez manger. »
 
L'infirmière s'assura que la patiente aille bien en direction de la salle à manger avant de rendre compte de ce qu'il vient de se passer au psychologue Gabriel. Elle lui expliqua l'histoire d'Asylum. Gabriel était perplexe, il réfléchissait et alla manger à son tour. La patiente, Euphie, s'installa seule sur une table. Elle admirait la magnificence et la popularité de Yona qui régnait en bout de table accompagnée des onze autres demoiselles. La blancheur de ces filles l'impressionnait toujours. « Je me demande de quelles filles Gabriel a déjà abusé. Serais-je la prochaine? », s'interrogea-t-elle.
            Le temps de midi se finissait, Gabriel commença à rédiger les réflexions abouties de cette dernière heure, puis fit le point de la semaine. On pouvait lire:
            « La patiente ne s'est pas seulement construit un monde, elle est retournée dans le passé et vit une réalité différente de la notre. Tous les jours, sa propre réalité change mais  elle ne semble se rendre compte qu'elle se trouve dans un hôpital spécialisé. Lundi, elle vivait dans un monde musical. Mardi, elle s'imaginait dans un monde anarchique basé sur l'échange entre artisans. Hier, dans un monde illusoire. Ça ne fait pas d'elle une patiente violente, il est inutile d'agir pour le moment, mais il faut rester méfiant car si elle se croit battue dans une cage, il se peut qu'aujourd'hui elle vive dans un monde où la violence prend part. »
            Yona est une violoniste, éleveuse de chien-loup, Pyda est une boulangère, Tera est une illusionniste, Ceza est une voyageuse. « Mais qu'en est-il des autres... », s'interrogea Euphie. Elle décida d'aller les espionner durant l'absence de Gabriel. Avant cela, elle se devait de se changer et de prendre une bonne douche.
            Arrivée dans sa salle de bain, elle se déshabillait et s'observait dans le grand miroir face à elle. Sa maigreur accentuait ses cicatrices causées par son mari. Elle caressa sa peau regrettant de ne pas être aussi belle que ces douze demoiselles, et d'être si faible... Sous l'eau coulant le long de son corps, elle se posait diverses questions sur la réalité qui la suivait. Ces infirmières finiraient par devenir folles si elles ne peuvent être capables de comprendre leurs patients. La vapeur sortie de sa douche envahissant le miroir, l'empêchait de se voir en sortant de celle-ci.
Le soir arriva, sa journée lui a permit de découvrir que Vina est une couturière. Il est désormais l'heure de dormir.
            Le lendemain de bonne heure, Gabriel s’était isolé avec des médecins et l’infirmière chargée d’Euphie. Ils se concertaient à propos de la jeune patiente.
« Nous ne progresserons plus. Je ne peux plus rien faire pour elle, il serait peut-être temps lui dire la vérité, lui apprendre ce qu’est la réalité, proposa Gabriel.
-  Mais si elle réagissait mal ?, demanda l’infirmière inquiète.
-  Nous lui donneront de calmants avant l’entretien, affirma un médecin. »
 
Euphie a encore trop bu hier. Effectivement, c’est une collégienne jalouse de savoir que Yona traîne plus qu’elle avec Gabriel. Tout ça parce qu’elle joue du violon, c’est la triste image qu’elle a de l’époque des années 90. Elle va se rendre au bar Iuma, et va se rendre compte que Iuma est une barmaid, et Byra une serveuse. Une fois de plus, elle finit saoule quelques heures plus tard.
Il est déjà 10h30, le personnel a fini sa pause avant d'emmener Euphie dans une salle particulière. Arrivée dans la salle, on l’assoie. L’infirmière surnommé Pyda par Euphie, lui donna un verre d’eau accompagné d’un calmant. On ne la força pas à le prendre tout de suite. Gabriel prit la parole en premier car ils s’étaient mis d’accord sur le fait que Euphie se sent plus en confiance avec lui qu’avec les autres.
« Madame, je vous remercie d’être venue sans qu’on ait eu à vous forcer. Avant de vous expliquer ce que l’on a à vous dire, j’aimerai vous poser quelques questions.
-  Je crois qu’il aurait fallut choisir un autre jour, je crois que j’ai un peu trop bu ce matin. Comme hier d’ailleurs, depuis l’incendie familial ou j’en fus la seule rescapée, je ne fais que de me saouler !
-  Euphie… Ou vivez-vous ?
-  Dans la rue. Mais je vous arrête tout de suite, jamais je ne vivrai chez vous. Vous avez une femme et des enfants, vous devez rester fidèle. Surtout avec votre fille, à qui vous aviez prom…
-  Arrêtez !, s’exclama l’infirmière.
-  Que vous arrive-t-il Pyda ? Non… Ne dites rien… Ne me dites pas que vous êtes sa femme ?
-  Sophie, laissez, je m’en occupe pour le moment, s’adressa Gabriel à l’infirmière. Euphie, regardez-moi et acceptez la réalité. Vous n’êtes pas saoule, vous n’avez pas touché à une seule goutte d’alcool depuis que vous êtes ici. Vous n’êtes pas dans un bar, et vous n’avez pas quinze ans. Hier, vous n’étiez ni une esclave, ni une espionne. La semaine dernière, vous n’étiez pas une commerçante, ni une danseuse. Je ne suis pas votre amant, mais votre psychologue. Cette femme n’est…
-  Pas très compétent pour un psychologue, coupa Euphie.
-  Je vous demande pardon ?
-  Je dis que vous n’êtes pas très compétent Gabriel, vous êtes beaucoup trop fermé d’esprit.
- Pensez-vous sérieusement qu’un psychologue peut-être fermé d’esprit ?
- Bien sûr que oui. Suis-je saoule ? Non. Le sais-je ? Oui. Pourquoi jouer la comédie ? Et si je ne jouais pas la comédie ? Et si, dans une autre réalité, j’étais réellement saoule ?
- Il n’existe qu’une seule vraie et pure réalité Madame.
- On peut vous en donner la preuve, ajouta un médecin.
- On ne vous a pas sonné, vous, répliqua Euphie. C’est un duel entre Gabriel et moi. Une prise de sang ne refléterait que la réalité ici présente, dans cet hôpital psychiatrique de merde.
- Ne soyez pas vulgaire, reprit Gabriel.
- Parce que vous ne l’êtes pas, vous ? A me prendre pour une folle et me priver de ma liberté pour ça ? Nous n’avons ni liberté d’expression, ni de liberté spatiale ici. Vous êtes ignobles, tous autant que vous êtes. La seule liberté que j’ai, est celle de penser, mais ça devient douloureux à force de tout garder pour soi-même. N’êtes-vous pas censé être là pour que nous nous sentions mieux Gabriel ? Vous êtes le seul à qui j’ai laissé le prénom d’origine. Ce n’est pas une marque de respect. J’avais simplement reposé mes espoirs sur vous. En réalité, vous êtes le plus bel hypocrite, un sale personnage qui n’a de place dans aucune réalité. Pourtant, je vous ai toujours inscrit dans chacune de mes différentes réalités. Pourquoi ? Parce qu’il ne faut pas rendre le monde anarchique de la pensée comme utopique, il fallait bien incruster un connard dans l’histoire, lança-t-elle accompagné d’un radieux sourire. »
Gabriel restait sans voix, l’infirmière la méprisait du regard, tandis que les médecins s’échangeaient leur avis un peu plus loin. Quelques minutes passèrent dans un désagréable silence.
« Le fait que vous nous écoutiez et laissez parler est admirable, reprit Euphie. Mais certains d’entre nous n’ont rien à faire ici. Alors pourquoi ne protestons nous pas ? Car nous n’avons nulle part ou aller. Hélas, je ne sais ni qui je suis, ni qui vous êtes, ni personne. Comment pouvons-nous juger quelqu’un par son travail ? Vous êtes médecin car vous avez fait des études dans ce domaine et que vous avez des connaissances, ainsi, vous faites le métier de médecin. Mais si vous aviez fini agriculteur, vous aurions-nous appelé tout de même médecin ? La réponse est non. C’est parce que vous gagnez de l’argent en exerçant ce métier que l’on vous donne un titre. C’est triste à dire, car c’est ainsi que l’on nous impose une réalité, celle où l’argent est roi.
- Pourquoi ne pas l’accepter simplement ? C’est parce que vous allez trop loin que vous êtes ici. Nous sommes là pour vous guérir, vous aider à remettre les pieds sur terre. Nous avons l’impression de voir une enfant qui fuit la réalité en vous regardant.
- Mais arrêtez de dire LA réalité bordel ! Et puis, qui êtes vous pour prétendre que j’ai besoin de guérir ? Si je m’imagine telle une jeune fille enfermée dans ma tour, ce n’est pas parce que je suis folle. C’est une métaphore, je pourrai être poète ; je dis simplement que je suis enfermée dans cet hôpital ou d’autres jeunes filles ne sont pas battues, mais se font manipuler par vous, bande de tordus. Les maladies que nous avons ne viennent que de vous qui publiez tous les ans de nouvelles maladies. Comment appelez vous la mienne ? La multiréalitationneuse ? Quel nom barbare, pardon, vous allez utiliser l’étymologie de chacun des mots qui compose ce que je suis pour faire plus « scientifique ». Quoi qu’il en soit, si vous ne voulez pas accepter qu’il puisse exister plusieurs réalités, relâchez moi. Permettez moi de découvrir le monde aussi moche tel qu’on nous l’offre afin que je le rende artistique à ma façon, et sans contestation.
- Nous ne pouvons pas tant que vous ne serez guéri.
- Vous ne pouvez pas tant que vous ne m’aurez pas pris tout mon argent, lança-t-elle sèchement. Je vais hurler à tous ces prisonniers à qui vous retirer leur vie ce que vous êtes réellement. Vous n’êtes que des connards. DES PUTAINS DE CONNARDS !, hurla Euphie hystériquement.
- Bon, emmenez-la dans sa chambre avant que ça dégénère, ordonna un médecin s’adressant à Sophie.
- Non. Je refuse, contesta Euphie.
- Allez, ne faites pas de cinéma et venez.
- NON ! Lâchez-moi ! Que diriez-vous de me relâcher avant que je forme une armée contre vous ? JE VOUS DENONCERAI ! »
On l’emmena de force dans sa chambre. Plus le temps passait, plus cette femme devenait hystérique. Etait-elle vraiment folle ou est-ce l’hôpital psychiatrique qui la rendit ainsi ?
 Quelques mois passèrent.
« Aujourd’hui, je serai assassin. »,  a-t-elle pensé un petit matin en se réveillant, le jour ou elle arracha avec Asylum la petite cuillère les yeux de Gabriel qui souriait trop sadiquement selon elle.
 
Lyhn                       

 
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