Le fauve dans l'arène

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Point de vu de John


Entrer dans cette arène n'était pas prévu du tout aujourd'hui, mais les gars avaient besoin de décompresser un peu avec les heures de recherches que je leur ai imposé, j'ai enfin réussi à avoir une piste sur elle, ma fameuse fille. Cinq longues années à chercher, fouiller, décortiquer le passé, de Hell sa mère, mais cette garce n'avait vraiment laissé que très peu d'indices que j'ai enfin trouvé après des années de recherches. Elle aurait accouché dans un l'hôpital dans un quartier du Bronx, l'hôpital Silver Banks, pff un nom pareil dans un quartier aussi pourri ça frôle le ridicule, mais bon que voulez vous.
Après avoir saisi cette piste, les gars et moi sommes partis direction cet hôpital, ou le registre de naissance aurait au moins dû me donner des pistes ! Mais non ! Rien ! Elle aurait accouché en total anonymat la garce, d'après la responsable, qu'on a un peu secoué pour qu'elle parle, elle ne lui aurait même pas donné un prénom et un nom de famille !
Mais le fait qu'elle ait accoucher dans cet hôpital me permet de filtrer les orphelinats du coin.

Elle m'a dit qu'elle avait foutu la petite dans le pire de sa région, il ne me reste plus qu'à faire tous les orphelinats pourris du coin. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble. La seule chose que Hell m'a dit, c'est qu'elle me ressemblait un peu... Peut-être est elle brune comme moi ? Peut-être a-t-elle aussi les cheveux bouclés ?
Me voilà bien, je m'imagine bien allez à chaque orphelinat en disant : vous n'auriez pas une fille de 17 ans brune et bouclée ? En supposant que ce soit le cas ! Bien évidemment !

Je m'installe donc au bar de l'arène et laisse les gars se détendre avant d'attaquer les choses sérieuses demain.
J'appelle Dead mon second et un des plus jeunes de mes gars, jeune, mais un des hommes les plus loyales et sauvage que je n'ai rencontré dans ma vie, ce gars va avoir 20 ans, mais à l'expérience et le vécu d'un quadragénaire !
Il est un peu comme un fils pour moi et il me rend fier chaque jour.

Point de vu de Dead


Le boss m'appelle donc je me rends à ses côtés, après la journée qu'on a eue, il mérite et nous aussi de se décontracter un peu, même si le connaissant, il n'aura de répit que quand il aura retrouvé sa gamine ! Et nous de même, car la meute, c'est la famille, et nous faisons tout pour notre famille.
Je m'approche de lui, m'adosse au bar à côté de lui et lui demande :
- Ça va allez boss ?
- Ouais ça va, tu me surveilles les gars ce soir, je ne veux pas trop de grabuge ! Tu les gères s'il te plaît me demande-t-il avec trop de sérieux,
- Même pas une ou deux petites bastons Boss ?! Ça va être dure ça ! lui répondis-je afin de le détendre un peu. Ma remarque a au moins le loisir de le dérider un peu.
- Ok, va pour une ou deux bastons, mais pas plus ! Et si ça arrive, tu m'appelles, j'ai aussi besoin de relâcher les nerfs !
Boss et moi esquissons un demi-sourire et c'est d'un air entendu que je m'éclipse auprès des gars qui regardent les combats avec passion et envie.

Dans la foule on se réunit tous ensembles, car pour nous l'union fait la force et dans cet environnement galeux, il est préférable de faire attention.

Je m'approche de l'arène avec Link, Must et Tiger, pour mieux voir le combat, les hurlements se font de plus en plus fort autour de nous, les premier combat ont déjà eu lieu donc l'ambiance est à son comble.
Tout le monde hurle « DESPAIR !, DESPAIR !, DESPAIR ! » Je ne sais pas qui est ce DESPAIR, mais il a l'air apprécié.
Les combattants arrivent de chaque côté, du côté droit un homme arrive assez balèze, mais pas non plus une armoire à glace, il doit être débutant. De l'autre côté arrive quelque chose de petit, de très petit ! Mais c'est... une fille ! Une Meuf minuscule qui va se battre contre ce bonhomme ! C'est quoi leur délire ici.
Je continue à la regarder avancer, elle porte un short de sport et une brassière de sport.
Elle a des cheveux attachés qui me semble bruns, voir noir. Elle est musclée et affûtée comme il le faut pour le combat, mais elle doit faire 1m60 à tout casser ! Quelle est donc cette inégalité dans le combat ! Je regarde les gars qui me paraissent aussi choqués que moi.
On regardes donc les deux adversaires s'avancer, l'homme regarde l'arbitre avec un air d'incompréhension, et finalement se résigne à battre son adversaire même si c'est une femme. Le lâche ! J'ai entendu que la récompense pour le vainqueur est de 1000 dollars, une récompense comme celle-ci transformerait une brebis des plus douce en fauve sanguinaire, et je pense que c'est à quoi, nous allons assister maintenant. Pauvre fille.

Je la regarde, elle sautille du place, s'échauffe, dans son regard de profil, je lis de la violence, de la détermination. Elle est incroyablement concentrée, comme si elle était seule dans cette arène, seule face à son adversaire.
C'est le gong qui interrompt mes réflexions, et je la vois alors se lancer dans l'arène.

Tel un fauve elle tourne autour de sa proie, elle avance avec lenteur et détermination. Son adversaire qui s'appelle King, je crois, la regarde avec un regard presque lubrique ! Tu m'étonnes cette fille ferait bander n'importe qui, mais j'éprouve une certaine colère envers lui de la regarder ainsi sans vraiment savoir pourquoi.
D'un seul coup, King se lance sur Despair ! Il lance un coup-de-poing, qu'elle évite de justesse, mais avec une rapidité étonnante. Elle se baisse rapidement et lui balance deux coups-de-poing dans le foie et les côtes, puis se remet en garde. Ils continuent comme cela pendant un moment, King n'a pas réussis à la toucher une seule fois. Elle est redoutable, rapide et puissante sachant taper là ou cela fait mal, jouant donc avec lui malgré la différence de force évidente.
Tout à coup King susurre quelque chose face à elle et une colère s'éveille dans le regard de Despaire, une colère si profonde qu'elle irradie de son corps.
Elle se lance sur lui et lui lacère le visage, lui met des coups-de-poing au visage, lui arrache même un bout d'oreille qui saigne abondamment maintenant ! Quelle tigresse ! Choqué par cette attaque et souffrant King recule vivement avec la main sur son oreille, perdant sa concentration et c'est à ce moment-là que DESPAIR décide de lui envoyer un coup de genou dans les parties qui, mon dieu, a dû raisonner dans tous l'être de King. Il tombe raide à genoux sous le coup se tenant les parties de sa main droite.

Ce relevant difficilement, il la surprend en lui faisant un croche-pied, elle tombe lourdement au sol, il se jette alors sur elle violemment et lui met deux droites d'affilées et des coups dans le ventre et les côtes ! Le voir la frapper fait vibrer mon être d'une colère profonde, je la sens monter en moi, létale ! J'ai du mal à ne pas intervenir et je vois les gars autour de moi tressaillir également en voyant ce connard la frapper. On a beau être des Bikers, jamais nous ne touchons à un cheveu d'une femme pour la blesser physiquement.
Quand soudain King stoppe son mouvement au vol et fait de grands yeux, on voit la frayeur dans son regard. Il se relève difficilement comme gêner par quelques choses, c'est là que vous voyons la main de DESPAIR qui a saisit ses parties, vu le regard qu'elle a, moi aussi, j'aurais peur, même très peur ! Et c'est alors que rapide comme l'éclair elle se retrouve sur son dos à lui faire un étranglement dont il n'arrive pas à se défaire, il tombe au sol pour essayer de se défaire de la tigresse qu'il a sur le dos, mais celle-ci est accrochée comme une sangsue ! Elle saigne du nez, à la lèvre fendue, mais elle a un regarde si sombre qu'elle ferait presque peur ! Plus grand chose ne m'effraie, mais il y a chez cette fille une noirceur qui ne m'est pas inconnue. Qu'à t-elle pu vivre pour avoir cette part sombre en elle. King tombe quelques minutes plus tard dans les vapes, ce qui rend DESPAIR vainqueur de ce combat.
Elle se relève essoufflée et contusionnée de partout, mais elle se relève avec fierté et force. L'arbitre la déclare gagnante et elle retourne au vestiaire comme elle est venue.
Toute la salle hurle d'excitation, l'acclame, cette fille, c'est quelque chose quand même.

Nous retournons au bar voir Boss pour lui raconter ce à quoi, nous avons assisté. On le retrouve en train de discuter avec le barman, de le questionner, sûrement sur les orphelinats du coin.

Je m'approche, et entends le barman lui dire que le pire orphelinat de coin s'appelle l'orphelinat Hawkins. Il lui dit que c'est un des pires enfer sur terre pour les gosses abandonnés, qu'il n'y a pas pire. Je vois dans les yeux du Boss une colère monter et je sais que dès demain à la première heure nous iront rendre une visite pas très amicale à cet orphelinat.

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Olivier Vetter


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–        Il a l'air lourd ton sac.
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Mais très vite, Juliette perd ses repères. Tous les couloirs se ressemblent. Partout la même saleté, la même lumière blafarde. La descente reprend. Juliette n'a plus le choix. Elle doit suivre son guide dans des boyaux de plus en plus sombres.
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–        Merci pour tout, a-t-elle dit à la femme avant de s'éloigner.
Un peu plus tard, elle a pris un petit déjeuner à la gare.
Puis, elle a sauté dans un train, a choisi un siège dans le sens de la marche et s'est assoupie.
Là-bas, ses parents l'attendent. 
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Lyhn Adrena

J'ai écrit cette nouvelle pour un concours s’intitulant « Littérature et Musique ». Pour résumer, il s’agissait simplement d’associer une musique à ce que nous allions écrire, soit, une courte nouvelle composée de maximum 15 000 caractères espaces compris. Concours qui s’adresse à tous jeunes écrivains de moins de trente ans résidant un pays francophone.
Musique : Steampunk Opera, overture de Paul Shapera
https://www.youtube.com/watch?v=N4eshdFCpOQ
 
 
Ce n'est qu'un conte de fée          
 
"Cette classe, je ne la connaissais pas. La plupart des têtes m'étaient inconnues et tout a commencé par un cours de musique. J'ai alors compris que j'étais dans une école d'art. Je semblais bien connaitre le jeune homme avec qui je me rendais à ce lieu, cependant dans votre réalité je ne saurais dire qui il est. Lorsque nous entrions dans l'école il riait avec ses copains; je le laissais donc. En montant les escaliers interminables, la documentaliste me souri. Sourire que j'appris à lui rendre avec beaucoup de mal, ce qui malheureusement me réveilla."
 
            Elle ne cesse que d'écrire ses rêves à chaque réveil espérant devenir la même petite fille qu'elle est dans ceux-ci. Libre telle une colombe, plutôt qu'enfermée dans cette tour... Elle se leva, s'étira comme un petit chat et se rendit à sa fenêtre œil de bœuf afin d'y contempler la lune. Cette sombre lune semble si proche, c'est pourquoi on appelle cet endroit "Le château de la lune sombre". Aujourd'hui elle ne ressort qu'à peine de derrière les nuages. Le gel tombait lentement sur la grille qu'encercle la tour. Au même instant, Yona sortait. Elle était ravissante vêtue d'un long tissu bleu ciel lui servant de robe. Luna, Byra, Vina, Iuma, Ceza, Mila, Tera, Hava, Pyda, Duna, et enfin Fura suivaient Yona qui jouait du violon laissant tomber ses longs cheveux blancs. Elles étaient toutes les douze dans de belles robes qui se ressemblaient. Sous cette lune, elles dansent en douceur, elles brillent telles des étoiles qui ont déjà signé leur arrêt de mort. Ou se rendaient-elles? Etait-ce si important pour prendre un tel risque? La rêveuse retourna se coucher. « Elles croient briller, en vain ! », se répétait-elle suivit de nombreux échos envahissant son esprit.
            Un cri aigu résonnait dans sa tête au petit matin. « Un cauchemar? » se demandait-elle. Le cri se fit de nouveau entendre. « ARRÊTEZ ! », hurla-t-elle. Elle s'habilla sans prendre de toilette se cogna la tête contre le mur à côté de la petite fenêtre. Elle savait ce qui se passait; les filles se faisaient frapper. « Bien fait pour vous, mais laissez ma tête tranquille désormais, je ne supporte plus ces cris ! »
            Quelqu'un toqua à la porte.
« Est-ce toi Gabriel? », elle sauta sur son lit l'air de rien.
« Oui, c'est moi. » répondit-il. Il est toujours vêtu de blanc, ce qui perturbe Euphie qui semble apprécier les couleurs pâles.
« Je vois que vous vous portez bien aujourd'hui. Le réveil ne fut pas trop difficile?, la questionna-t-il.
–   Oh si, vous m'avez manqué.
–   C'est gentil, affirma Gabriel un peu gêné. »
            Puis il s'en alla après l'avoir enfermée dans sa cage. « Cet homme me bat, et m'interdit d'aimer. N'est-ce donc point cruel? »
            Les heures passèrent entre quatre murs blancs. La patiente se croit dans une cage depuis ces derniers jours. A quarante-quatre ans, celle qui se prénomme Euphie se prend pour une jeune demoiselle enfermée dans sa tour. Ils ne savent pas si elle a de la famille, on l'a embarqué alors qu'elle n'avait ni papier d'identité, ni de moyen de communication sur elle, dans un lieu public. Certains patients de cet hôpital psychiatrique perdu sont difficiles à traiter. Comment informer à une personne qui se sent heureuse qu'elle n’ait pas l'âge qu'elle prétend avoir? Et qu'en plus elle ne se trouve pas dans une tour en rêve d'un prince mais dans un endroit où on cherche à la soigner? Lorsque midi arriva, elle cacha sa petite cuillère dans les rubans de sa robe. « Viens Asylum, c'est l'heure d'aller manger », s'adressa-t-elle à cette cuillère. Une infirmière entra brusquement dans la chambre.
« A qui vous adressiez-vous?
–   Oh bonjour Pyda. C'est un plaisir de vous revoir. Vous n'êtes pas blessé? J'ai entendu crier ce matin. Le prêtre vous a encore dénoncé à vos supérieurs? »
Pendant ce temps, l'infirmière fouilla la femme folle. Elle trouva la petite cuillère au style particulier.
«  Cette petite cuillère de Laiton, où l'avez-vous eu?
–   Oh, faites attention à Asylum s'il vous plaît, c'est mon porte-bonheur...
–   Pourquoi avoir donné un tel nom à cet objet?
–   C'est une assez longue histoire... Il y a de ça quelques années, lorsque j'avais onze ans, je pensais beaucoup que je n'étais pas normale et qu'un jour je deviendrais folle. De plus, vous savez, dans les hôpitaux, on donne souvent à manger à la petite cuillère et “asile” en anglais c'est plus joli qu'en français. Alors s'il vous plaît, c'est Ceza qui me l'a apporté, rendez-la-moi.
–   Tenez... et venez manger. »
 
L'infirmière s'assura que la patiente aille bien en direction de la salle à manger avant de rendre compte de ce qu'il vient de se passer au psychologue Gabriel. Elle lui expliqua l'histoire d'Asylum. Gabriel était perplexe, il réfléchissait et alla manger à son tour. La patiente, Euphie, s'installa seule sur une table. Elle admirait la magnificence et la popularité de Yona qui régnait en bout de table accompagnée des onze autres demoiselles. La blancheur de ces filles l'impressionnait toujours. « Je me demande de quelles filles Gabriel a déjà abusé. Serais-je la prochaine? », s'interrogea-t-elle.
            Le temps de midi se finissait, Gabriel commença à rédiger les réflexions abouties de cette dernière heure, puis fit le point de la semaine. On pouvait lire:
            « La patiente ne s'est pas seulement construit un monde, elle est retournée dans le passé et vit une réalité différente de la notre. Tous les jours, sa propre réalité change mais  elle ne semble se rendre compte qu'elle se trouve dans un hôpital spécialisé. Lundi, elle vivait dans un monde musical. Mardi, elle s'imaginait dans un monde anarchique basé sur l'échange entre artisans. Hier, dans un monde illusoire. Ça ne fait pas d'elle une patiente violente, il est inutile d'agir pour le moment, mais il faut rester méfiant car si elle se croit battue dans une cage, il se peut qu'aujourd'hui elle vive dans un monde où la violence prend part. »
            Yona est une violoniste, éleveuse de chien-loup, Pyda est une boulangère, Tera est une illusionniste, Ceza est une voyageuse. « Mais qu'en est-il des autres... », s'interrogea Euphie. Elle décida d'aller les espionner durant l'absence de Gabriel. Avant cela, elle se devait de se changer et de prendre une bonne douche.
            Arrivée dans sa salle de bain, elle se déshabillait et s'observait dans le grand miroir face à elle. Sa maigreur accentuait ses cicatrices causées par son mari. Elle caressa sa peau regrettant de ne pas être aussi belle que ces douze demoiselles, et d'être si faible... Sous l'eau coulant le long de son corps, elle se posait diverses questions sur la réalité qui la suivait. Ces infirmières finiraient par devenir folles si elles ne peuvent être capables de comprendre leurs patients. La vapeur sortie de sa douche envahissant le miroir, l'empêchait de se voir en sortant de celle-ci.
Le soir arriva, sa journée lui a permit de découvrir que Vina est une couturière. Il est désormais l'heure de dormir.
            Le lendemain de bonne heure, Gabriel s’était isolé avec des médecins et l’infirmière chargée d’Euphie. Ils se concertaient à propos de la jeune patiente.
« Nous ne progresserons plus. Je ne peux plus rien faire pour elle, il serait peut-être temps lui dire la vérité, lui apprendre ce qu’est la réalité, proposa Gabriel.
-  Mais si elle réagissait mal ?, demanda l’infirmière inquiète.
-  Nous lui donneront de calmants avant l’entretien, affirma un médecin. »
 
Euphie a encore trop bu hier. Effectivement, c’est une collégienne jalouse de savoir que Yona traîne plus qu’elle avec Gabriel. Tout ça parce qu’elle joue du violon, c’est la triste image qu’elle a de l’époque des années 90. Elle va se rendre au bar Iuma, et va se rendre compte que Iuma est une barmaid, et Byra une serveuse. Une fois de plus, elle finit saoule quelques heures plus tard.
Il est déjà 10h30, le personnel a fini sa pause avant d'emmener Euphie dans une salle particulière. Arrivée dans la salle, on l’assoie. L’infirmière surnommé Pyda par Euphie, lui donna un verre d’eau accompagné d’un calmant. On ne la força pas à le prendre tout de suite. Gabriel prit la parole en premier car ils s’étaient mis d’accord sur le fait que Euphie se sent plus en confiance avec lui qu’avec les autres.
« Madame, je vous remercie d’être venue sans qu’on ait eu à vous forcer. Avant de vous expliquer ce que l’on a à vous dire, j’aimerai vous poser quelques questions.
-  Je crois qu’il aurait fallut choisir un autre jour, je crois que j’ai un peu trop bu ce matin. Comme hier d’ailleurs, depuis l’incendie familial ou j’en fus la seule rescapée, je ne fais que de me saouler !
-  Euphie… Ou vivez-vous ?
-  Dans la rue. Mais je vous arrête tout de suite, jamais je ne vivrai chez vous. Vous avez une femme et des enfants, vous devez rester fidèle. Surtout avec votre fille, à qui vous aviez prom…
-  Arrêtez !, s’exclama l’infirmière.
-  Que vous arrive-t-il Pyda ? Non… Ne dites rien… Ne me dites pas que vous êtes sa femme ?
-  Sophie, laissez, je m’en occupe pour le moment, s’adressa Gabriel à l’infirmière. Euphie, regardez-moi et acceptez la réalité. Vous n’êtes pas saoule, vous n’avez pas touché à une seule goutte d’alcool depuis que vous êtes ici. Vous n’êtes pas dans un bar, et vous n’avez pas quinze ans. Hier, vous n’étiez ni une esclave, ni une espionne. La semaine dernière, vous n’étiez pas une commerçante, ni une danseuse. Je ne suis pas votre amant, mais votre psychologue. Cette femme n’est…
-  Pas très compétent pour un psychologue, coupa Euphie.
-  Je vous demande pardon ?
-  Je dis que vous n’êtes pas très compétent Gabriel, vous êtes beaucoup trop fermé d’esprit.
- Pensez-vous sérieusement qu’un psychologue peut-être fermé d’esprit ?
- Bien sûr que oui. Suis-je saoule ? Non. Le sais-je ? Oui. Pourquoi jouer la comédie ? Et si je ne jouais pas la comédie ? Et si, dans une autre réalité, j’étais réellement saoule ?
- Il n’existe qu’une seule vraie et pure réalité Madame.
- On peut vous en donner la preuve, ajouta un médecin.
- On ne vous a pas sonné, vous, répliqua Euphie. C’est un duel entre Gabriel et moi. Une prise de sang ne refléterait que la réalité ici présente, dans cet hôpital psychiatrique de merde.
- Ne soyez pas vulgaire, reprit Gabriel.
- Parce que vous ne l’êtes pas, vous ? A me prendre pour une folle et me priver de ma liberté pour ça ? Nous n’avons ni liberté d’expression, ni de liberté spatiale ici. Vous êtes ignobles, tous autant que vous êtes. La seule liberté que j’ai, est celle de penser, mais ça devient douloureux à force de tout garder pour soi-même. N’êtes-vous pas censé être là pour que nous nous sentions mieux Gabriel ? Vous êtes le seul à qui j’ai laissé le prénom d’origine. Ce n’est pas une marque de respect. J’avais simplement reposé mes espoirs sur vous. En réalité, vous êtes le plus bel hypocrite, un sale personnage qui n’a de place dans aucune réalité. Pourtant, je vous ai toujours inscrit dans chacune de mes différentes réalités. Pourquoi ? Parce qu’il ne faut pas rendre le monde anarchique de la pensée comme utopique, il fallait bien incruster un connard dans l’histoire, lança-t-elle accompagné d’un radieux sourire. »
Gabriel restait sans voix, l’infirmière la méprisait du regard, tandis que les médecins s’échangeaient leur avis un peu plus loin. Quelques minutes passèrent dans un désagréable silence.
« Le fait que vous nous écoutiez et laissez parler est admirable, reprit Euphie. Mais certains d’entre nous n’ont rien à faire ici. Alors pourquoi ne protestons nous pas ? Car nous n’avons nulle part ou aller. Hélas, je ne sais ni qui je suis, ni qui vous êtes, ni personne. Comment pouvons-nous juger quelqu’un par son travail ? Vous êtes médecin car vous avez fait des études dans ce domaine et que vous avez des connaissances, ainsi, vous faites le métier de médecin. Mais si vous aviez fini agriculteur, vous aurions-nous appelé tout de même médecin ? La réponse est non. C’est parce que vous gagnez de l’argent en exerçant ce métier que l’on vous donne un titre. C’est triste à dire, car c’est ainsi que l’on nous impose une réalité, celle où l’argent est roi.
- Pourquoi ne pas l’accepter simplement ? C’est parce que vous allez trop loin que vous êtes ici. Nous sommes là pour vous guérir, vous aider à remettre les pieds sur terre. Nous avons l’impression de voir une enfant qui fuit la réalité en vous regardant.
- Mais arrêtez de dire LA réalité bordel ! Et puis, qui êtes vous pour prétendre que j’ai besoin de guérir ? Si je m’imagine telle une jeune fille enfermée dans ma tour, ce n’est pas parce que je suis folle. C’est une métaphore, je pourrai être poète ; je dis simplement que je suis enfermée dans cet hôpital ou d’autres jeunes filles ne sont pas battues, mais se font manipuler par vous, bande de tordus. Les maladies que nous avons ne viennent que de vous qui publiez tous les ans de nouvelles maladies. Comment appelez vous la mienne ? La multiréalitationneuse ? Quel nom barbare, pardon, vous allez utiliser l’étymologie de chacun des mots qui compose ce que je suis pour faire plus « scientifique ». Quoi qu’il en soit, si vous ne voulez pas accepter qu’il puisse exister plusieurs réalités, relâchez moi. Permettez moi de découvrir le monde aussi moche tel qu’on nous l’offre afin que je le rende artistique à ma façon, et sans contestation.
- Nous ne pouvons pas tant que vous ne serez guéri.
- Vous ne pouvez pas tant que vous ne m’aurez pas pris tout mon argent, lança-t-elle sèchement. Je vais hurler à tous ces prisonniers à qui vous retirer leur vie ce que vous êtes réellement. Vous n’êtes que des connards. DES PUTAINS DE CONNARDS !, hurla Euphie hystériquement.
- Bon, emmenez-la dans sa chambre avant que ça dégénère, ordonna un médecin s’adressant à Sophie.
- Non. Je refuse, contesta Euphie.
- Allez, ne faites pas de cinéma et venez.
- NON ! Lâchez-moi ! Que diriez-vous de me relâcher avant que je forme une armée contre vous ? JE VOUS DENONCERAI ! »
On l’emmena de force dans sa chambre. Plus le temps passait, plus cette femme devenait hystérique. Etait-elle vraiment folle ou est-ce l’hôpital psychiatrique qui la rendit ainsi ?
 Quelques mois passèrent.
« Aujourd’hui, je serai assassin. »,  a-t-elle pensé un petit matin en se réveillant, le jour ou elle arracha avec Asylum la petite cuillère les yeux de Gabriel qui souriait trop sadiquement selon elle.
 
Lyhn                       

 
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