Homicide

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- Ça commence à bien faire !

Hortense piquait une crise lors de la réunion secrète des sept. Vu le manque de résultats des opérations précédentes, un conciliabule avait été organisé.

- Vous êtes tous des incapables ! cria-t-elle.

- Oui, ce n’est qu’un homme. Il n’est pas si difficile à tuer. Ajouta Simone.

- J’attends de vous voir à l’œuvre ! s’exclama Madeleine.

- Je vous jure ! protesta Francis. Je vous jure ! Un cocktail de poisons ! Dieu sait combien j’en ai utilisé, et il… il est encore vivant.

- Vous l’avez mis dans le thé, votre « cocktail » ? demanda Madeleine.

- Traitez-moi d’abruti ! s’indigna Francis.

- C’est exactement ça.

- Enfin, vous avez constaté sa mort !

- C’est Madeleine qui l’a constaté. Fit remarquer Martin.

Regard énervé de Madeleine.

- Ça veut dire quoi ? demanda-t-elle.

- Et si vous vouliez juste le faire sortir de la course ?

- Pauvre nouille ! Je suis déjà out !

- Mais si personne ne réussit… commença Hortense.

- N’exagérez pas ! s’indigna Marcel.

- Je n’exagère pas ! Trois ! Trois ! Vous vous en rendez compte ? Trois d’entre nous, des spécialistes des homicides, des experts en toxines, des génies en matière d’empoisonnement, ont échoué pour tuer qui ? Un homme ! Un seul ! Et pas le plus solide ! C’est humiliant !

- Puisque vous râlez tant, je vous propose d’être la prochaine. lança Francis.

- Avec joie ! Je meurs d’impatience de vous démontrer votre incapacité !

- Ne mourrez pas trop vite, je vous prie… souffla Marcel.

* * *

- C’est une nouvelle manie de m’inviter ?

- Un peu…

« Elle a abusé du rouge à lèvres.

En effet, Hortense n’avait jamais été douée pour se maquiller. Par exemple, lors d’un essai de mise d’eye-liner, tous avaient cru qu’elle venait de passer une semaine sans dormir au vu de la taille de ses cernes. Ce jour là, elle venait d’user la moitié de son rouge à lèvre en prévision de la visite de François. Le résultat n’aurait pas pu être plus comique, même en faisant exprès.

- Alors, comment vont les affaires pour vous en ce moment.

- Vous savez, je ne suis l’avocat que de vous sept.

- Ah bon ?

« Elle n’était même pas au courant. C’est désespérant !

- Au passage, j’ai vu un trou dans votre haie.

- Il y en a un autre.

- D’où viennent-ils ?

- Entre collègues, l’ambiance n’est pas toujours bonne…

- J’imagine…

Silence.

- Vous n’avez pas changé, en dix ans.

« Et revoilà !

- Ça vous étonne ?

- Un peu.

« C’est sûr qu’après dix ans dans un cercueil, je me serai attendu à le voir tout pourri.

- Vous non plus n’avez pas changé.

« Toujours autant de ride et de maquillage par-dessus.

Regard méfiant d'Hortense.

- Vous pensiez quoi, là ?

- Comment ça ?

- Vous étiez à deux doigts de rire !

- Non, mais pas du tout !

- Ne me mentez pas !

« Zut ! Elle lit dans les pensées ?

- Je pensais juste à… un bobard exprès ! Marcel ! Oui, vous savez, la tête qu’il a faite à mon enterrement. Avant-hier… Vous vous souvenez ?

« On dirai moi quand j’ai dit que Théophile m’a pincé les fesses.

- Oui, oui… très drôle…

Hortense, légèrement contrariée, claqua des doigts. Mélanie pénétra dans le salon assez rapidement avec un regard assassin vers sa patronne. Elle tenait dans ses bras le fameux plateau à thé. Elle le posa sur la petite table au centre du tapis. Après avoir rempli deux tasses en porcelaine, François lui indiqua par une gestuelle approximative qu’il prenait son thé nature. Après divers essais de compréhension du pantomime, Mélanie décida de lui tendre tout simplement le thé sans sucre ni lait.

- Merci bien.

« J’espère qu’il est bon, cette fois ci.

- Dites-moi, Hortense… Votre thé…

- Qu’est ce qu’il a, mon thé ?

« Elle s’énerve vite !

- Du calme, du calme… Je voulais juste vous demander si vous mettiez quelque chose de spécial dedans.

- Spécial ?

- Du café, du Jin ou ce genre de trucs ?

- J’ai une tête à boire ces cochonneries ?

« Oui.

- Bien sûr que non, qu’allez vous vous imaginer ?

Regard suspicieux vers François.

« Je ferais bien de boire son thé, sinon elle va encore se mettre en colère.

François bu sa tasse d’un thé, puis poussa un soupir de contentement qui sonnait trop faux pour ne pas être un mensonge, tout en souriant. Il déposa ensuite la tasse sur le plateau. Du moins, il essaya : la tasse tomba sur le tapis et se brisa tandis que François s’affalait à côté.

« Génial ! Même en mourant, il m’a sali le tapis !

Elle n’hésita par contre pas une seconde pour sauter sur le téléphone et taper le numéro de Francis. Malgré la haine mutuelle entre tous les membres, Hortense avait un léger faible pour Francis.

- Allo, ici Francis à l’appareil.

- C’est Hortense. Il est mort !

- Qui ?

- Le pape !

- Comment ça ?

- François est mort, andouille !

- Ah ! Parfait, j’arrive !

Hortense s’apprêtait à taper le numéro de Martin quand elle entendit gémir dans le salon. François s’était coupé au front avec un des éclats de la tasse et essayer d’éponger le saignement avec son mouchoir.

- Vous n’auriez pas du sparadrap ?

Gros soupir et lâchée du combiné.

- Si, si. Venez…

Quand Francis arriva cinq minutes plus tard, il constata seulement que pus personne ne se trouvait dans l’étage inférieur.

- Qu’est ce que vous faites chez moi ? lui lança Hortense en descendant les escaliers.

- Mais, vous m’aviez dit que Fr…

François apparu derrière la maitresse des lieux, un pansement sur sa blessure.

- Mais, Hortense, ce n’était pas nécessaire d’appeler quelqu’un pour une si petite coupure.

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