Chapitre 22

20 minutes de lecture

Hello ma gang de psychos ! Je suis de retour avec la suite ! Yep ! Je vais poster plusieurs chapitres par jour désormais, je vais essayer de vous en mettre au moins plus que 5.

À savoir

( Monster sera publié en entier sur Scribay, mais prendre note que contenu que l'histoire est éditée par une maison d'édition, je dois retirer Monster de Scribay le : mercredi 10 juin ! Ce qui veux dire que : passer le mot autour de vous pour ceux qui veulent avoir la chance de le lire avant son retrait.

Pour ce qui est de la sortie en livre papier et en numérique, c'est prévu pour Septembre 2020, je vais officialiser la date des pré-commandes sur ma page facebook C.Havendean, lorsque mon éditrice me fixera une date. Pour le moment, Monster par en correction/révision/traduction pour tout l'été !

Bonne lecture ! xx

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Seyvanna


Je ne sais pas où est parti Jonas, mais j’ai trouvé une assiette de steak et de légumes dans le frigo que j’ai réchauffée et dévorée tellement j’avais faim. J’ai pris le temps de me doucher, de me brosser les dents et d’enfiler un sweat noir à capuche, trouvé dans la penderie de Jonas. J’avais froid et ce sweat est hyper confortable, chaud et sent divinement bon. Les manches sont beaucoup trop longues, mais ce qui est bien, c’est que le bas aussi et m’arrive jusqu’ aux genoux. C’est le mieux que je puisse faire compte tenu que je n’ai pas de culotte et Jonas ne va certainement pas s’empresser de m’en acheter une ! Si je ne fouillais jamais dans ses tiroirs, je passerais mes journées entièrement nue dans son penthouse.

Vers deux heures du matin -comme je suis éveillée la nuit et que je dors une partie de la journée- j’ouvre une bouteille de vin, me verse un verre et décide de m’installer sur le canapé. Sur l’écran plasma d’au moins soixante douze pouces, je fais défiler le menu de films de Jonas :

Horreur.

Horreur.

Horreur.

Porno.

Horreur.

Porno.

C’est comme ça jusqu’en bas de la liste. Il ne connait pas la diversité ? Je parie qu’il n’a jamais regardé de romance de sa vie. Quoi que ce serait marrant de le forcer à regarder un film à l’eau de rose, juste pour voir ses réactions et le voir saigner des yeux. Je finis par arrêter mon choix sur « ÇA » de Stephen King, la nouvelle version et en VO. Je dois mettre les sous-titres pour arriver à comprendre certains passages.

Vers le milieu du film, étendue sur le canapé, entamant mon deuxième verre de vin, je vois Jonas entrer dans le penthouse. Il a encore bu. Ça se voit. Mais il n’est pas au bord de l’ivresse. Il marche droit, il semble lucide.

J’ai repensé à ce qu’il m’a dit : que je suis attiré par lui parce qu’il se trouve à être mon héro d’une certaine manière, puisqu’il est la seule personne assez puissante pour me libérer de l’emprise de mon frère. Il n’a pas tord... J’aime Mikhaïl, je suis attachée à lui, on a un lien de sang, seulement l’amour que j’ai pour lui est aussi fort que la haine qui coule dans mes veines à son égard. Secrètement, j’ai toujours nourris mon envie de le tuer. Un fantasme qui caresse mes rêves la nuit depuis trop longtemps… Est-ce le moment où je dois le regarder mourir et juste, accepter ? Pour être tout à fait honnêtre avec moi-même, Jonas me fait passer les meilleurs moments au lit de toute ma vie, mais j’avais dans l’idée, une fois de retour chez moi, de rester fidèle à ma famille. À Mikhaïl. Mais j’avoue que je ne sais plus dans quel camps je me situe. Je ne sais pas encore exactement ce que je fais faire…

Il retire sa cravate, sa veste et remonte les manches de sa chemise avant de venir s’assoir sur le canapé. Il vient même prendre mes jambes et les poses sur lui. Puis, il plonge sa main dans sa poche pour en ressortir un paquet de clopes.

—Parmi tous mes films, tu as pris Pennywise ? bafouille-t-il tout en allumant sa cigarette. Tu es sage ce soir.

—Il y a Bill Skarsgård…

—Qui ?

—L’acteur sous le rôle de ÇA.

—Et alors ?

—Bah…

Je décroche un sourire salace qui veut tout dire. Il comprend aussitôt que souffler le nom de l’acteur ainsi d’une petite voix mielleuse, c’est qu’il ne me laisse pas indifférente.

—Je vois… fait-il en plissant les yeux comme s’il était intrigué, ou alors c’est à cause de la fumée de sa cigarette.

Il poursuit avec :

—Tu le kiffe avec son costume de clown glauque ou c’est juste le mec en dessous qui te fait mouiller ?

Je jette un œil à la télé. C’est la scène où ÇA invite Henry Bowers à tuer son père d’un couteau dans la gorge.

J’ai envie de titiller un peu Jonas juste parce que, dans son regard est passé une émotion qui ressemble légèrement à de la jalousie et j’avoue que ça m’intrigue.

—Les deux. Je me ferais bien l’acteur. Et c’est un plus s’il porte son ensemble de Grippe-sou.

Je lui fais un clin d’œil.

—Tu m’étonnes… fait-il en serrant les dents. Tu sais… t’as qu’un mot à me dire et je réalise tes fantasmes. Dans la zone rouge, au sous-sol, je t’envoie un mec avec ce costume de déglinguer quand tu veux.

Juste pour le piquer une fois de plus :

—Nan… ce ne sera pas Bill. Je préfère vraiment… Bill.

On se fixe. Il pince les lèvres. Ça se confirme : il n’apprécie pas, puisqu’il prend lentement la télécommande sur le bras du canapé, tire sur sa clope en même temps et, éteint l’écran. Tel un gamin qui n’a pas toute l’attention qu’il désire.

—Oh… c’est pas gentil de faire ça, dis-je avec sarcasme.

Après avoir déposé doucement la télécommande - comme s’il réfléchissait et que du coup, ses mouvements étaient au ralenti- il tourne la tête vers moi et son regard sombre me tétanise.

—Et si c’est moi qui le porte ce costume… ? Ça te ferait quoi ? Imagine un peu que je l’enfile et que durant la nuit tu te réveilles avec Pennywise en train d’abuser de toi… Le pied. Il n’y a rien de meilleur que de mélanger l’horreur et l’adrénaline avec le sexe. Les sensations sont décuplées. À l’apogée. De toute manière, même si ta réponse était non, je serais le gens de mec à le faire quand même et au moment où tu ne t’y attendrais pas.

Il me sourit malicieusement.

Je m’apprête à répliquer, mais mes mots restent en suspens… Je voulais vérifier si c’était vraiment de la jalousie qu’il ressentait du fait que je lui partage mon désire sur un acteur, et au lieu de ça, il tourne la situation vers lui et se met une fois de plus en avant-scène pour que je ne vois que lui et ne pense qu’à lui, tel le parfait narcissique. Typique.

La pulpe de ses doigts chatouille ma jambe tout en remontant pour ensuite vouloir se faufiler sous le sweat, là où il sait que je ne porte pas de culotte. J’écarte rapidement sa main !

—Du calme, je veux juste vérifier.

—Vérifier quoi ?

—La température…

—La température ?!

—Je veux analyser à quel point t’es tordue, et savoir comment ton corps réagit en regardant ce film d’horreur… Je suis sûr qu’il fait chaud et humide là-dessous.

—Tu prends tes doigts pour des thermomètre ?!

Sa main plonge entre mes cuisses et aussitôt, je repousse son bras avec une de mes jambes !

—Arrête !

Son sourire grandi à la minute où j’ai prononcé une interdiction. À croire que se faire repousser l’excite et allume un feu brûlant dans son pantalon.

Il jette sa clope dans mon reste de verre de vin sur la table devant lui.

—Allez, Seyv, fais pas ta coincée. Dis-moi ce que tu aimerais. Je suis ouvert à tout. Aucune limite. Les jeux pervers qui coulent dans tes veines sont réalisable… C’est mon domaine après tout. Je peux te faire vivre n’importe quel scénario. Je sais que tes envies ne tournent pas autour du romantisme et du sexe soft et doux, je sais que t’as envie de découvrir des jeux insolites qui te feront vibrer.

—Quoi, si je te dis ce que j’aimerais, tu vas me faire signer un contrat et m’envoyer dans une cellule pour qu’on s’occupe de mes fantasmes déviants ?

—Non, pas de contrat. Dis-moi juste ce qui te fait frissonner juste à y penser ? À part ton Grippe-Bill.

Il a terminé sa phrase en marmonnant, comme s’il n’aimait pas cet acteur. Pourtant il est le genre de mec à adorer partager les filles, non ? Il n’a pas de mal à me voir au pieu avec Dom. Non ? Je repense aux mots de Katerina, son ancienne régulière, m’avait dit : qu’il n’était pas jaloux, qu’il partageait ses plans cul, mais m’avait aussi dit « attention, s’il s’attache à toi, en dehors du pieu, il sera si jaloux qu’il arrachera les yeux du premier mec qui tentera quoi que ce soit avec toi. »

—J’ai pas vraiment de fantasme, Jonas. Tu le sais, je crois. Je suis encore au stade de… la découverte. Mais tu me cernes bien, je ne suis pas attirée par le sexe conventionnel. Ce qui m’allume c’est de découvrir des tas de choses que je n’aurais jamais pu avant. Que j’aime ou pas, je veux suis prête à tout essayer.

—Si tu te retrouves entre mes mains, dans une cellule, tu préfères ne pas savoir quel jeu je pourrais te réserver ? Ni savoir ce que je vais te faire ? Tu veux être surprise, pour mieux ressentir, tu veux le vivre sur le moment, que ça te plaise ou non ? Peu importe le jeu ?

—C’est ça…

Je n’ai tellement rien connu dans les bras de mon frère, ni rien ressenti au pieu que je suis prête à essayer n’importe quel jeu, tant que c’est intense.

Dans son regard brûle un désir comme si je l’avais invité à me conduire, là, tout de suite dans cette fameuse zone roue…

Je me racle la gorge et détourne les yeux pour retourner la question :

—Et quel genre de pratiques sexuelles tu as, toi ? À part abuser, et être un voyeur ? C’est plutôt banal pour un type dans ton genre, non ? Je me serais attendu à pire venant du mec le plus dérangé que je connaisse. Surprends-moi… dis-moi ce qui te branche. Je ne vais pas te juger.

Il pince les lèvres avec un sourire narquois.

—Effectivement, je suis le mec avec le plus de déviances sexuelles que t’auras connu dans ta vie. T’es pas prête à connaître mes autres fantasmes… ou mes fétichismes.

—Tu ne sais pas… comme je suis aventureuse et audacieuse, je pourrais me laisser tenter par tes pratiques…

—J’en doute fort, Seyv… Mes « pratiques » sont le résultat d’un trouble psychiatrique. D’un désordre mental. T’as pas ce problème à ce que je sache ? Même si je sais que t’es pas saine d’esprit, mais je ne sais encore jusqu’où va ta folie cachée… Mais ma liste de paraphilies risque de te faire peur.

—Je te parie que non. T’as pas encore compris que vous ne me faites pas peur, toi et tes démons ?

—Okay… Seyv, voyons ensemble une partie des dommages psychiques qui m’ont amené à plusieurs déviances sexuelles. D’abord j’ai le fétichisme de l’asphyxiophilie : celui de ressentir de l’excitation à étouffer ou à étrangler. Mettre simplement ma main sur la bouche d’une femme et la regarder perdre son souffle peu suffire à me faire jouir dans mon froc sans même que je me touche. Ça t’intéresse ? Sinon, Raptophilie, l’idée même de penser à violer ou à regarder une agression, me fait éjaculer. Partante ? Dacryphilie, j’ai une érection en entendant des pleurs, des supplications ou en voyant des larmes. Tout ce qu’il y a de plus normal… Érotophonophilie, prendre mon pied à tuer la personne que je suis en train de baiser. Alors partante pour celui-là ? Sauf que tu risques de jamais te réveiller cette fois. En voilà un autre : la Ménophilie, baiser une meuf qui a ses règles, m’allume. Une pratique que j’adore. Et crois-moi, je suis loin d’être le seul. Alors fais-moi signe quand tu as tes menstruations. Rajoute à la liste, urophilie, j’urine là où ça me fait envie, dans ta bouche, dans ton cul, dans ta chatte et rien qu’à t’imaginer me branler pendant que j’urine sur son visage, m’excite en ce moment… Sinon, je suis sadique, mais ça tu le sais déjà, j’aime plus que tout faire souffrir les gens. Je t’enchaîne et je te mutile pour faire jaillir ton sang. Je te frappe jusqu’à ce que ton visage ne soit plus qu’un hématome. Je te masturbe avec le canon d’une arme jusqu’à faire saigner ta chair. Ça te plairait ? Non je ne crois pas… Sinon, oh ! Tu veux de l’insolite ? La zoophilie ? J’ai déjà attaché une nana au sous-sol, sur un matelas poisseux, j’ai recouvert son corps de miel et j’ai fait venir deux Dobermann pour la lécher partout. Je l’ai laissé dans la cellule durant des jours et tu peux imaginer la suite ? Après deux semaines sans gamelle, les chiens ont commencé à arracher des bouts de chair de la nana, au niveau de la cuisse, de la fesse et… Mais bon… toi, je t’imagine plus enchaînée dans mon lit, les extrémités bien écartés, et je ferais glisser un mamba noir pour que l’adrénaline monte en toi, vu que c’est le serpent le plus vénéneux, une seule morsure te paralyse avant de mourir. Je me branlerais en le regardant glisser contre ta jambe, frôler ton sexe et te voir te trémousser sous chacun de ses mouvements langoureux. Oh, j’ai tellement d’idée… Et je ne te raconterai pas tout ce que j’ai fait dans ma vie, mais si tu veux savoir quelle était ma première expérience avec une bête, c’était à l’adolescence, avec le chien de mon frère, Box. Ouais… je regardais gentiment la télé, quand il a fourré son nez entre mes cuisses. J’ai eu la brillante idée de sortir mon sexe et de regarder ce qui allait se passer. Et devine quoi ? Ce bâtard m’a léché la verge jusqu’à l’orgasme. Le plus merveilleux c’est qu’un fois que j’ai éjaculé, il a tout astiqué jusqu’à la dernière goutte. Mon gland était tout propre et lui, il se léchait encore les babines. C’est là que j’ai découvert que j’avais aucune honte de mes déviances sexuelles et que je ne m’en suis pas privé par la suite. Je pense même que tout homme qui a un chien dans sa maison se laisse lécher la bite un jour ou l’autre… Mais attend, ce n’est pas tout, j’ai gardé le meilleur pour la fin, mon petit cœur. La pratique qui me fait le plus triper, qui me met en transe, qui me procure des orgasmes intenses et -c’est assurément sans surprise, vu que tu as lu mon dossier-, c’est la nécrophilie. Alors, il y a des pratiques qui te font envie là-dedans, Seyv ? Ou tu as les jetons…

Il termine en me balançant un clin d’œil…

Il cherche à me faire frissonner… Mais… je crois qu’il ne s’attend pas à ce que ce soit exactement le genre d’atrocité auxquelles je m’attendais de sa part. C’est exactement lui en tout point. Je n’arrive même pas à être choquée puisque ça se voyait sur sa gueule de connard qu’il était exactement taré à ce point. Et il ne me dit pas tout, je sais qu’il y a des tas d’expériences qu’il a essayé, puisque Jonas n’a aucune notion des limites.

—Tu ne me fait toujours pas peur, Jonas Somber Jann… Tu me confirmes juste ce que je m’étais imaginé sur toi.

Je lui retourne son clin d’œil. Et là, à ce moment précis, il est pris au dépourvu. Il s’attendait à ce que je gerbe, à ce que je le juge. Mais nan, je ne lui donnerai pas ce plaisir. Au contraire, il voulait m’impressionner, se vanter de ses exploits et avec moi, ça ne marche pas et ça l’intrigue… Je ne suis pas bête, je sais très bien qu’il est abominable, car son père lui avait appris que plus il serait ignoble, plus il serait être aimé de ce dernier.

On se contemple longuement. Un moment qui me semble perdurer. Mais ni lui ni moi ne rompt le regard. C’est au bout de quelques secondes que Jonas lance :

—Puisqu’on est dans les révélations intimes, dis-moi pourquoi tu ne t’empares pas de mon arme, là tout de suite, pour abattre la bête devant toi et fuir et avoir ta liberté ? Si tu t’échappes d’ici, loin de tout, même de Mikhaïl qui ne sait pas où tu es, tu as l’avantage de pouvoir aller où tu veux.

—Parce que mon désir pour le monstre que tu es, est plus intense encore que mon envie de fuir…

Oh. Bon. Sang. De. Putain. De. Merde.

Pourquoi j’ai dit ça ?!

Je sens le rouge me monter au visage. C’est sorti tout seul, comme si la réponse était d’une telle évidence.

Cette fois, il me jette un regard d’incompréhension. Il ne dit rien durant plusieurs longues minutes, avant de rompre le silence :

—Je te révèle mes pratiques sexuelles et je t’allume encore… Finalement, j’ai la confirmation que t’es timbrée. À peine arrivé ici, tu saignes un de mes hommes à blanc, tu t’évades de l’immeuble, tu couches avec l’ennemi et en plus, t’adores ça et tu prends ton pied. T’es folle, il n’y a pas d’autres explications. T’es sûre que la nécrophilie ne te rebute pas ?

—Pas vraiment. Jonas, je ne viens pas d’un monde de bisounours. Les hommes qui sont fêlés, j’en ai croisé toute ma vie dans le milieu. Par contre, j’aimerais bien savoir comment t’as supporté ça, la première fois. Comment tu l’as vécu ?

—J’en ai parlé vaguement au psychiatre du cartel, tu penses vraiment pouvoir obtenir plus de ma part ?

Il semble être partagé entre l’excitation d’en parler enfin à quelqu’un et l’angoisse de révéler d’autre chose sur lui, sans savoir comment je vais les percevoir. Il s’allume une nouvelle clope, puis enchaine d’une voix basse et l’attitude décontractée, comme si ce passé ne le rongeait pas alors que je sais très bien que ça le tourmente :

—Eh bien en gros, je ne servais à rien dans ma famille. Mon père faisait participer Jaylen, dans son boulot, et croyait beaucoup en Joshua, mon jumeau. Il misait tout sur eux. Moi je n’étais rien. Oui, il a toujours martyrisé ses fils, mais j’étais celui qu’il m’méprisait le plus. J’étais toujours à part. Sauf le jour où il a ramené une fille de dix ans à la maison et a déposé le corps direct sur mon lit et en riant. Il a dit : fais-toi plaisir. J’étais toujours puceau et il ne voulait pas que je le reste. À ce moment-là, j’ai accepté car je voulais qu’il soit fier de moi. J’avais le désir de prouver que rien ne me faisait peur et que je pouvais relever tous les défis. J’ai toujours fait tout ce qu’il m’a demandé et cela ne l’a jamais satisfait. Ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’en fait il voulait m’humilier et rire de moi.

Jonas me contemple avec une telle intensité que j’arrive presque à lire la lueur du regret qui traverse ses yeux.

—De toute manière, je n’aurais pas pu refuser. Il nous menaçait souvent en disant que si l’un de nous provoquait une déception familiale, il devait en subir les conséquences, qui était de se faire couper un doigt ou la main, dépendamment de l’ampleur de la déception. Quand j’étais ado, il a répété ce petit manège à plusieurs reprises, m’apportant des corps de femme qu’il avait étranglé. Parfois c’était encore une gamine, d’autre fois c’étaient des belles femmes de trente ans et plus. Je ne sais plus combien. Mais il a fait mon éducation sexuelle de cette manière. J’ai toujours eu un grand appétit sexuel, j’assouvais mes pulsions de cette manière. Puis mes besoins ont pris de l’ampleur… Je voulais coucher avec des vraies femmes, en vie, de la chair chaude… Alors vers quinze ans, je m’amusais à suivre des jeunes filles qui sortaient du cinéma ou qui marchaient dans la rue. J’épiais et repérais leur maison, puis dans la nuit, je pénétrais par effraction. Muni d’une bouteille de chloroforme pris dans les affaires de mon père, je l’utilisais pour que mes victimes ne fassent pas de bruit quand elles se réveillaient en me voyant dans leur chambre. Le fait de savoir que leurs parents dormaient dans une autre pièce, augmentait mon adrénaline et du coup, mon plaisir. Plus je prenais de risque, plus l’idée m’excitait.

Jonas tire sur sa clope et ne me regarde pas quand il poursuit :

—Mes frères l’ont découvert et ils ont tout fait pour que j’arrête d’agresser des nanas. Ils avaient surtout peur que je me fasse choper. J’ai toujours été du genre imprudent, qui n’en fait qu’à sa tête. Jaylen a commencé à me suivre et à jouer au père, vu que personne ne me disciplinait. Mais plus mon putain de frangin cherchait à me discipliner et à m’éduquer, plus je me rebellais. Ce n’était pas son rôle et je refusais qu’il me dicte comment vivre. Néanmoins, j’ai fini par arrêter de violer des filles justes parce que le fait qu’il me prenait sur le fait ou avant d’entrer par effraction dans une maison, m’enlevait tout mon plaisir. J’avais toujours des besoins très fort à assouvir, des pulsions incontrôlables, alors j’ai dû me tourner de nouveau vers… les cadavres. C’était devenu ma pratique courante. Quand mon père ou Jaylen tuaient, ils ramenaient les corps au sous-sol de la maison pour couper les membres et les amener ensuite dans un entrepôt où on les dissolvait dans des barils d’acide. Mais parfois le corps restait sur la table t’autopsie, et moi j’y allais en douce pour avoir mes relations sexuelles avec le cadavre ou… les morceaux potables... Enfin, il me fallait un truc.

—Les… quoi ?

—Bah, parfois le corps était intact. D’autre fois les extrémités étaient déjà coupés… Seyv, fait-il en souriant. Tu te fais une image, là ? Ça toujours été normal pour moi ce genre de truc… C’était et c’est ma sexualité. Tu comprends ? Donc s’il y avait une main coupée, je la prenais pour me branler. S’il n’y avait qu’un tronc, ça m’allait aussi… Ou même une jolie tête décapitée.

Il rit, voyant mon expression lorsque j’ai eu l’image en tête.

—Tu vas vomir, maintenant ? s’amuse Jonas.

—Non pas du tout.

—Tu tiens le coup… quelle endurance. Tu me plais de plus en plus…

—Et si on changeait de sujet ? Parle-moi plutôt de Engy Sinclair. T’as réellement violé la copine de ton frère ?

Ses yeux brillent de malice.

—Oh… et plus d’une fois…

—Quoi ? Et Jaylen t’as pas dévissé la tête ?!

—Non, il ne l’a pas su. La première fois que je l’ai violée, on était dans une vieille maison en Arizona. On se cachait d’un réseau qui nous traquait. Engy était dans sa chambre et se changeait. Et je passais par là… Je l’ai vu toute nue et suis entrée dans la chambre. Elle a voulu aller alerter mon frère de mes intentions, mais, juste avant, je lui ai enfoncé une seringue de sédatif dans le cou. Elle s’est écroulée dans mes bras, je l’ai déposé sur le lit. Je l’ai pénétré, mais je n’ai pas pu terminer, car à peine cinq minutes après, j’ai entendu la porte d’entrée s’ouvrir, alors j’ai tout arrêté et j’ai filé. Je crois qu’Engy a toujours su ce que j’ai fait. Ou du moins, elle a eu un doute qui a perduré longtemps même si je lui disais que je ne l’avais pas touchée. Après cette tentative, j’ai eu grave envie de recommencer pour terminer ce que j’avais commencé. De plus, Engy commençait à avoir une attirance physique pour moi alors j’ai joué avec ça. J’ai attendu qu’elle me désire assez pour me faufiler dans son lit une nuit que Jaylen était pas là. Ainsi il ne pouvait pas s’en prendre à moi. Il savait que sa copine avait un faible pour moi. Cela dit, avant qu’il soit un couple, j’ai tenté de la violer quand elle était séquestrée par mon frère, je ne savais pas qu’il avait des sentiments pour elle… il m’a donc coupé le doigt, ce fils de pute.

Jonas me montre son index qui a été recousu laissant une énorme cicatrice qui confirme ses dires.

—T’es vraiment un bel enfoiré.

—J’aime quand tu me complimentes comme ça… souffle-t-il d’une voix chaude.

Et je parie que je n’ai pas encore tout vu de lui… Ceci n’est que la pointe de l’iceberg de son état mental. Ses frères doivent trouver Jonas complètement incontrôlable.

—Est-ce que t’avais des sentiments pour elle ?

Pourquoi je demande ça ? J’ai l’air jalouse.

—Pas le moins du monde. Quand mon frère m’a coupé le doigt et averti de ne pas toucher Engy, ça n’a fait qu’accroitre mon envie. J’ai vu cela comme un défi… Que j’ai fini par gagner. Ainsi, j’ai repris le pouvoir sur ma vie, mes décisions, sur mon frère… Je n’aime pas les règles. Je n’obéis à personne.

—Tu as commis des tas de crimes… lequel était le plus atroce ?

Certes, en affaire, il n’y a pas de place pour la pitié. Ma famille elle-même ne s’est jamais gênée de commettre des meurtres de toutes sortes. Les enfants sont souvent des dommages collatéraux. Mais les tueurs qui se chargent des enfants ne sont pas nombreux à accepter de se salir les mains de sang de gamin. Jonas a-t-il, volontairement ou non, lui aussi dépassé cette limite ? Ou il n’est qu’un chef qui donne des ordres pour que les autres s’en chargent à sa place ?

Il ne répond pas, alors je prends les devants :

—T’as tué des enfants ?

—Je ne répondrai qu’en la présence de mon avocat, ose-t-il répondre.

Il m’offre un effroyable sourire digne d’un psychopathe suivi d’un clin d’œil horripilant.

—OK… Jonas… tu remportes la palme de l’être le plus cynique et sans empathie que je connaisse.

—Merci.

Il a tout fait. Toutes les choses les plus horribles. C’est un désaxé jusqu’au fond de son âme. Moi je ne ferais jamais une telle chose. Je n’ai pas de remords à tuer, mais si je touche à un enfant, je crois que je ne me le pardonnerai jamais.

—Combien… ? osé-je demandé.

—Secret professionnel. De toute manière, tu ne veux pas vraiment le savoir. Pas vrai ? C’est réel, Seyv, il n’y a aucune limite à ma folie.

Mon regard sur lui fait accélérer son pouls et sa respiration, tout comme la température de son corps, puisqu’une sueur froide naît dans son cou et c’est la même chose de mon côté.

—D’accord, Jonas… tu ne connais aucune limite. Alors laisse-moi te demander une chose… Je veux voir la sincérité dans tes yeux. Même si tu me promets la liberté si je trahi mon frère, qui me garantit que tu ne me tueras pas lorsque je ne te serai plus utile ?

Il déglutit lentement…

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