Première peur

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Fabien referma la porte du balcon derrière nous. L’air était frais, c’était tellement agréable avec toute cette chaleur que son contact me procurait.

Je m’appuyai sur la balustrade blanche et fermai les yeux.

Il ne me laissa qu’un court répit avant de reprendre ma taille pour me tourner face à lui. Ses pupilles brunes brillaient étonnement sous la lune naissante.

  • J’ai répondu à ta question tout à l’heure, tu pourrais au moins répondre à l’une des miennes.

Lui expliquer mon pouvoir, ou lui expliquer ce que je ressentais pour lui… C’était tellement compliqué.

Je fini par baisser les yeux, soufflant avant de me décider à dire quelque chose :

  • J’ai du mal avec… les sentiments… surtout les miens.

Fabien eut un léger rire. D’une main il me redressa le menton pour fixer ses iris sur les miennes.

Il était tellement beau. De ses cheveux tirés en arrière, quelques mèches rebelles s’étaient libérées pour venir piquer son front et ses joues. Sa mâchoire carrée ressortait plus encore en cet instant alors qu’il était proche, le cou courbé pour me regarder de toute sa hauteur.

Sa voix douce fut alors un murmure dans le silence de la ville :

  • Je peux t’aider si tu veux, à les comprendre.

Un frisson partant de ma nuque se propagea alors que ses mains glissaient sur ma peau, celle sur ma taille me serrant un peu plus contre lui, celle dans mon cou partant sur ma nuque pour me garder immobile alors qu’il se penchait.

Mes paupières se fermèrent sous le délice qui vient prendre mes lèvres. Il était doux, il semblait simplement caresser ma bouche sans vouloir trop en faire. Il me faisait frissonner par un simple baiser.

Un baiser… un garçon était en train de m’embrasser. Mon cœur battait à tout rompre, voulant s’échapper de ma poitrine. Mon corps entier bouillait. Etais-je embarrassée ? Gênée ? Non, j’étais heureuse… Je me sentais bien, tellement bien. Pourquoi étais-je bien ? Avec lui, dans ses bras, à cause de ses lèvres sur les miennes.

Qu’est-ce que ça signifiait ? Quels étaient mes sentiments ? Pourquoi ressentais-je tout ça pour lui ? Avais-je le droit ? Pouvais-je réellement apprécier quelqu’un ? Aimer quelqu’un… quelqu’un comme lui ?

Lorsque Fabien s’éloigna dans un sourire mon corps fut prit d’un tremblement inexplicable. Mon cœur explosa. C’était trop. Beaucoup trop pour moi. Comment réagir ? Comment devais-je me comporter face à lui après ça ? Je ne pouvais pas. J’étais incapable de le regarder, je ne pouvais pas.

Mon corps se rafraichit lentement. Une douce atmosphère m’entourait, me faisant ouvrir les yeux. Le monde de Léa ? J’étais… morte ? Non pas vraiment, ce n’était pas comme d’habitude. Les images autour de moi étaient celles de la dernière fois. Marcus, lorsque l’on s’était battu. Rien de nouveau.

Je n’étais donc pas morte. J’avais dû revenir ici de moi-même. Par peur ? Par crainte d’affronter Fabien après ce baiser.

Je levai ma main à mes lèvres, sentant encore son contact. Ça avait été agréable, plus que tout ce que j’avais pu connaître. Pourquoi étais-je incapable de lui expliquer ? Pourquoi avais-je cette peur au fond de moi, cette crainte qu’il me rejette.

Je n’avais jamais eu peur. Je n’avais jamais eu de plaisir. Il m’avait fait découvrir ces deux choses en l’espace d’un seul instant. Que devais-je faire ? Pourquoi mon esprit ne pouvait-il pas régler la situation simplement ? Pourquoi les réponses qui venaient à mes questions étaient si aléatoires et compliquées ? Pourquoi tout ceci m’arrivait ?

J’apparu directement sur mon lit. Je devais attendre Léa, lui raconter, savoir ce qu’elle en pensait.

Être une simple invocation ne m’aurait pas fait autant souffrir. Ne pas avoir de sentiment. Je n’aurais pas été moi. Je n’aurais pas été cette amie pour Léa. Je n’aurais pas été spéciale. Pourquoi tout était compliqué ?

  • Feya ?

Je levai les yeux, Léa et Batiste me regardaient avec intrigue.

Que devais-je leur dire ? Je n’avais pas parlé à Fabien, je ne lui avais rien expliqué, je m’étais dégonflée…

Je sursautai alors qu’un froid vient sur ma joue. Une larme ? Je pleurais. Pourquoi ?

Léa s’approcha très vite, venant s’assoir à côté de moi pour passer un bras sur mes épaules :

  • Hey, que s’est-il passé ?

Je levai mes mains à mes joues pour les essuyer. C’était inutile de pleurer, même si mes yeux me criaient de les libérer.

Batiste s’approcha également pour murmurer :

  • Tu peux nous raconter, on pourra t’aider.

Je soupirai. De toute façon Léa devait déjà avoir comprit en partie.

  • Il m’a embrassée…

Deux sourires apparurent, Léa se pencha devant moi :

  • C’est bien ce que je pensais, et tu as aimé, alors pourquoi tu pleures ?
  • Je suis partie… j’ai eu peur.

Batiste prit une voix moqueuse :

  • Je croyais que tu ne pouvais pas avoir peur.
  • Apparemment si…

Je levai mes mains à mon visage, repliant mes genoux pour tenter d’enfermer mon cœur qui s’était déjà remit à battre bien trop fort.

  • Je ne sais pas quoi faire…

Le garçon posa une main rassurante sur mon bras :

  • S’il ta embrassée c’est qu’au minimum tu l’intéresse, au mieux il serait même amoureux de toi.

Je me renfermai un peu plus avant de murmurer :

  • Et moi je suis quoi… pourquoi ça peut pas être simple…

Léa eut un léger rire avant de me prendre complètement dans ses bras :

  • Ça ne l’est pas Feya, tu es amoureuse de lui ça se voit, tu as juste à l’accepter.

Batiste l’appuya un peu plus :

  • Ta réaction est humaine, tu dois te laisser aller, il a fait le premier pas en t’embrassant maintenant accepte-le.
  • Ça serait vraiment dommage de gâcher ça Feya, ne pas avouer son amour est la pire des choses, surtout quand l’autre l’acceptera clairement.

Je ne pus m’empêcher de rire. Ils se foutaient de moi ? Tous les deux… Alors en relevant les yeux cette fois je ne pus m’en empêcher :

  • Ne pas avouer mon amour hein ? Tu ne peux pas me faire la morale sur ça tant que toi tu ne l’avoue pas.

La jeune fille s’éloigna rapidement, son visage blanchit en un instant. Ses lèvres s’ouvrirent mais aucun son ne sortit.

Batiste finit par se raidir également, peut-être comprenait-il.

  • Léa tu…

Mais elle se leva très vite du lit pour courir vers la porte. Le garçon se précipita à sa poursuite.

Je me levai moi aussi mais restai à la porte pour les observer.

Batiste lui tenait une main, mais Léa semblait complètement apeurée. Je le sentais bien. Ce sentiment que j’avais moi-même ressentis après le baiser de Fabien. La crainte du rejet, c’était juste ça, je le comprenais bien maintenant. J’avais peur qu’en lui disant la vérité il ne veuille plus de moi.

Un sourire vient sur mon visage alors qu’enfin Batiste se pencha sur Léa pour l’embrasser.

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