Retour à la capitale

4 minutes de lecture

Mon esprit embrumé par le sommeil s’activa rapidement lorsque je sentis quelqu’un me tirer par le bras. C’était Fabien. Je me raidis très vite à la vue de son visage inquiet. Je n’eus pas le temps de poser la moindre question qu’on se retrouva plongés dans le noir, l’un contre l’autre… dans un placard. J’allais lui demander ce qu’il se passait mais il leva une main à ma bouche alors que des bruits de pas venaient près de la porte.

  • Fouillez les toilettes ! S’il nous a senti arrivé, il doit être caché quelque part !

Ils nous ont retrouvés.

Je retiens un peu plus ma respiration alors que la poignée de la porte s’abaissa. Sans un mot, Fabien s’approcha alors un peu plus, collant complètement son corps au mien. Je l’aurais immédiatement repoussé si nous avions été dans une autre situation… mais il devait bien avoir une raison pour me serrer ainsi. J’avais chaud d’un coup, à cause de la peur d’être découverts ? Ou du contact de son corps brûlant contre moi ? Peut-être les deux.

Un lourd silence s’installa.

Mon corps entier sursauta alors que Fabien se pressa un peu plus encore contre moi pour murmurer :

  • On va rester là pour la fin du trajet, c’est plus prudent.

J’hochai simplement la tête, même si dans le noir ambiant ce serait étonnant qu’il puisse me voir.

Sans prévenir, je sentis nos deux corps chuter au sol. Je me rattrapai de justesse de mes mains pour ne pas m’écraser sur lui. Tandis qu’il passait un bras autour de ma taille je compris que c’était bien lui qui nous avait fait tomber.

  • On sera plus à l’aise comme ça, dors si tu veux, on a encore trois heures de route.

Je fis la moue mais m’installai donc mieux contre lui.

Position très gênante… Pourquoi ? Parce que c’était une position… sexuelle… d’après ce que je pouvais savoir avec ma magie. J’avais mes jambes de chaque côté de lui et nos bassins étaient à la même hauteur… sérieusement. Mais dans un sens, rester debout pendant trois heures n’aurait pas été très agréable.

Je poussai un soupir en me posant sur lui, nichant mon visage au creux de son cou.

  • N’en profite pas.

Il eut un léger rire mais ne répondit pas.

J’étais bien. Une douce chaleur m’enveloppait. Où étais-je déjà ? Mes paupières se soulevèrent lentement. Mon visage était caché dans le cou de quelqu’un… Oui ! Fabien. Ses yeux étaient fermés et son visage complètement décontracté. Ça le changeait, puisqu’il semblait vouloir cacher ses émotions constamment. Mais je me raidis en me rendant compte que ses mains avaient bougé. L’un de ses bras m’enlaçait complètement la taille, me serrant fort contre lui. Son autre main était dans le creux de mon dos, profitant de mon haut court pour se poser sur ma peau.

Sentant mes joues chauffer, je me redressai vivement. Il ouvrit les yeux :

  • Qu’est-ce qu’il y a ?

Je détournai les pupilles alors que son étreinte se resserrait :

  • On arrive dans longtemps ?

Il eut un sourire et sa main dans mon dos remonta légèrement :

  • Tu veux déjà te débarrasser de moi ?
  • Non, pas du tout…

Je me raidis encore plus, j’avais parlé sans réfléchir. Mais je me repris, forçant sur mes bras pour m’éloigner et m’assoir.

  • Aucun de nous n’a surveillé si nous arrivions bientôt ou non.

Laissant ses mains glisser sur mes hanches, son sourire s’accentua encore. Mes joues chauffèrent un peu plus, heureusement que la pièce baignait dans la pénombre.

  • Moins d’une heure.
  • Comment tu le sais ?
  • Les autres passagers le savent.

Sans prévenir il se redressa, prenant ma taille pour me serrer contre lui :

  • Quelle est ta magie ?

Je restai muette, soutenant son regard amusé.

Ce fut lui qui abandonna le premier, baissant la tête dans un léger rire. Finalement, lorsqu’il releva ses pupilles vers les miennes, son visage était sérieux :

  • Pourrait-on se revoir une fois à la capitale ?

Un pincement vint secouer mon cœur.

Avais-je réellement le droit ? Etais-je autorisée à… apprécier quelqu’un ? S’il me demandait de le revoir, c’est qu’il voulait au moins une amitié.

Je sursautai alors que sa voix vint murmurer :

  • Pourquoi tu hésites ?
  • Je n’ai pas vraiment le droit de sortir…
  • Arrête, vous avez le droit le week-end, je le sais.

Je détournai les yeux, mais il leva très vite une main pour me prendre le menton :

  • Tu es une élève d’Imperie, je trouverai un moyen de te revoir.

Je fis la moue :

  • Et si je n’en ai pas envie ?

Il sourit encore plus :

  • J’ai l’habitude de lire dans la tête des gens, même si toi je n’y arrive pas je sais très bien que tu m’apprécie.

Il relâcha mon visage avant de poursuivre :

  • Je sais aussi qu’il y a quelque chose d’important qui te fait hésiter.

Je fermai les yeux.

Être franche était la meilleure solution pour beaucoup. Mais je ne pouvais pas… S’il changeait ? S’il ne me considérait plus comme une personne ? Je ne pouvais pas lui dire.

Finalement il soupira :

  • On arrive, va falloir sortir.

On se leva donc et il ouvrit rapidement la porte.

Le train était déjà presque vide. Une fois descendus sur le quai, Fabien me prit rapidement la main, me faisant sursauter alors que je me retrouvai à présent face à lui :

  • Je suis têtu, tu me plais, alors on se reverra.

Je n’eus pas le temps de répliquer que je la sentis arriver. Léa me sauta dans les bras sans prévenir.

  • J’ai eu tellement peur !

Je souris en la serrant contre moi. Mais en tournant les yeux je me raidis : Fabien avait disparu…

Un raclement de gorge me fit tourner les yeux dans l’autre sens : Derek et Johnas. Léa s’éloigna en essuyant rapidement ses joues. Derek me sourit :

  • Que s’est-il passé ?
  • Un enlèvement.

Une expression étonnée vint sur leurs deux visages.

Mais Léa prit rapidement la parole avant qu’ils ne m’interrogent plus :

  • On pourrait en discuter sur le chemin ? Elle est fatiguée.

Non, je n’étais pas du tout fatiguée… La voix de Léa vint m’expliquer :

On discutera toutes les deux de ce qu’il s’est passé avec lui.

Donc elle savait pour Fabien… Bien sûr.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Djeb
Le mage conquérant est la quête d'une magie immémoriale. Elle va conduire notre héros dans une véritable épopée à travers l'histoire. Une course contre le temps est lancée . Il ne reste qu'un objet à trouver au nécromancien pour plonger l'humanité dans une ère de ténèbres.
3
4
9
3
Défi
artisanmots

Pour ce défi je ne fais pas oeuvre personnelle, je vais citer un passage de l'histoire de Joseph :
Joseph eut encore un autre songe, et il le raconta à ses frères. Il dit : J'ai eu encore un songe ! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi.
Il le raconta à son père et à ses frères. Son père le réprimanda, et lui dit : Que signifie ce songe que tu as eu ? Faut-il que nous venions, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner en terre devant toi ?
La suite de l'histoire de Joseph confirme cette interprétation du songe, puisqu'il arrive que le père, la mère et les frères de Joseph se retrouvent dépendants de lui.
La question qu'on peut se poser : ce songe n'a t'il pas une autre signification ? Il faut rappeler que l'histoire de Joseph est une ode au pardon. Joseph parvient à pardonner à ses frères, qui ont pourtant envisagé de le tuer, et l'ont vendu comme esclave. Dans les Evangiles, la question du pardon n'est traitée que d'une manière théorique et vague. Dans l'histoire de Joseph, on se trouve au coeur du sujet. Se pourrait il alors que le songe du soleil et de la lune représente la récompense pour s'être montré capable d'un si grand pardon ?
2
3
0
1
JoyceAlias
Les lettres ce terminerons quand elles auront envie de le faire, il peu en avoir beaucoup comme presque pas.

J'ai décidé d'écrire des lettres a celui que j'aime et de les partager, j'ai besoin de me défouler et l'écriture, je pense est une bonne façon de le faire. Je sais qu'il y a plein de fautes dedans, mais me le dite pas, ça vient du coeur et c'est l'essentiel. Ce garçon existe et est pour le moment mon ex, je n'écris pas de la même façon mes lettres pour lui, que mes histoires. Surement, qu'elles sont mieux que mes histoires. Il ne les verra sûrement jamais, sinon cela voudrait dire qu'il est de retour dans ma vie.

Si vous n'aimez pas mon idée ne lisez tout simplement pas, personne vous y oblige. Il y aura une publication chaque jour, normalement.
0
0
0
8

Vous aimez lire Pierre d'âme ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0