Foudre

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Première semaine, très peu passionnante. Entre les cours, où on ne faisait rien, et les patrouilles où marcher commençait à m’énerver, je m'ennuyais.

Mais un vendredi, notre dernier jour de la semaine avec eux, on rejoignit Johnas et Derek dans leur bureau, ils étaient accompagnés d’un autre homme.

  • Salut les filles, asseyez-vous dans les canapés on en a plus pour longtemps.

On obéit et on écouta donc leur discussion en silence.

  • Donc c’est simple, un group à l’intérieur pour les réparations, un à l’extérieur pour sécuriser la zone, vous connaissez les risques, vous savez comment réagir.

Johnas soupira mais regarda ensuite l’homme sortir.

Derek vient s’assoir sur le canapé face à nous :

  • Bien… ça va être différent aujourd’hui.

Johnas était resté près du bureau, regardant par la fenêtre silencieusement, ça avait l’air grave… Mais je me concentrai plutôt sur les paroles de Derek alors qu’il reprenait :

  • On va en mission, un train dont les moteurs sont tombés en panne à une heure d’ici environs, notre but est de secourir tous les passagers d’une quelconque manière. Notre première solution étant de réparer les moteurs et de rentrer ici avec eux ensuite. Pour ça, une équipe à l’intérieur, Léa tu en feras partit, toi Feya tu seras dans la deuxième équipe, à l’extérieur, vous allez nous aider à communiquer, savoir s’il y a du danger par exemple. Pour le moment vous me suivez ?

On hocha toutes les deux la tête, alors il poursuivit :

  • Il y a certain protocole à respecter, que ce soit pour l’équipe à l’intérieur ou à l’extérieur, comme vous n’êtes pas encore formées pour ça l’un de nous restera avec chacune d’entre vous.

Johnas se retourna à ce moment pour venir près de Derek :

  • Je resterai avec Léa.
  • Bien… si tu veux. Donc je serai avec toi Feya, on vous expliquera à chacune plus en détail en chemin, des questions ?

Non…

Ça allait être dangereux, Léa serait là. Si jamais on se faisait attaquer, elle serait au centre, comme tous les passagers. Ça m’inquiétait. Mais dans un sens, vu comment l’attentat auquel on avait assisté s’était déroulé, on risquait simplement une attaque d’une créature de la forêt, rien d’autre. Je l’espérais.

Trente agents de la milice, sans nous compter. Sérieusement ?

Je m’occupai à regarder autour de nous alors que Derek et Johnas nous présentaient aux autres. Certains étaient étonnés de nous voir là, évidement, cela ne faisait qu’une semaine que nous avions commencé l’apprentissage. Oui c’était dangereux. Oui c’était anormale que nous soyons là. Mais d’après ce que j’avais compris c’était l’un des chefs de la milice qui l’avait demandé.

Je montai avec Derek sur l’une des motos alors que Léa prenait place derrière Johnas.

Le trajet se fit très rapidement. Le "une heure" de Derek devait être le temps pour le train, pas pour des motos de la milice.

L'engin était en plein milieu de la forêt, bien sûr, comme pour arranger les choses… Les deux équipes se séparèrent très vite. Derek resta près de moi :

  • Si jamais quelque chose se passe, n’oublie pas de prévenir Léa.

J’hochai la tête en observant tous les agents se déployer autour du train. Vingt étaient avec nous, dix à l’intérieur.

J’entendis très vite la voix de Léa dans ma tête :

D’après eux ce n’est qu’un problème léger des moteurs, pas d’élémentaire cette fois, mais ça va nous prendre au moins deux heures à réparer.

Je me tournai vers Derek :

  • Ça va leur prendre deux heures.

Il me sourit et transmit immédiatement aux autres.

Bon… et maintenant ? C’était ennuyant.

Une heure, une longue heure d'attente avant que finalement quelque chose n'arrive. Ce fut d'abord un cri, sourd et puissant, qui fit cesser toutes les discussions des agents. Quelque chose venait. Le sol se mit à trembler sous des pas rapides. Ça devait être gros, vraiment gros, oui… les arbres tombèrent pour le laisser apparaître : ses yeux rouges balayèrent le train en un instant. Un cou long semé d'épines noires, accroché à de larges épaules toute aussi menaçantes. Jusque-là sur ses quatre pattes, il se redressa vivement sur celles à l'arrière avant d'émettre de nouveau un cri menaçant.

Derek me prit rapidement la main pour attirer mon attention :

  • Dis-leur de préparer l'évacuation.
  • Quoi ? Pourquoi ?
  • C'est l'un des pires on ne tiendra pas longtemps.

J’hochai donc la tête.

Léa ? Dis-leur de préparer l’évacuation.

Un problème dehors ?

Un gros, d’après Derek on ne va pas tenir longtemps.

10 minutes pour évacuer tout le monde.

Merci.

Je me tournai donc vers Derek :

  • 10 minutes.
  • Bien, on va essayer.

On regarda tous les deux le monstre, il fixait toujours le train mais les agents l’empêchaient d’avancer.

Il y avait énormément de mages d’énergie… Soit ceux pouvant créer des boucliers, entre autres.

Je fronçai les sourcils :

  • Vous ne voulez pas le tuer ?

Derek sourit :

  • Oh si, on aimerait beaucoup, il nous cause pas mal de problème à rôder autour de la ville, mais personne n’y arrive…

Je souris :

  • Je peux essayer ?
  • Bien sûr.

Je fixai donc la créature.

Un animal, magique certes, mais un être vivant avec des cœurs. Je me concentrai donc. Oui, mais il en avait plusieurs, trois au total, battants au même rythme à des endroits différents. Hum, la lance que j’avais utilisée contre Marcus pouvait m’être utile.

Bien… Je souris en faisant apparaître mes ailes avant de transmettre un petit message à Léa :

Tu vas être populaire.

Pourquoi ?

Mais je ne lui répondis pas et m’envolai rapidement au-dessus des arbres.

Bien. Je préparai la lance puis fonçai. Rapide oui, mais pas suffisamment. L’une de ses nombreuses queues vient prendre mon coup. Trop lente. Comment faire ? Une diversion peut-être ?

Je repartis, prenant deux armes cette fois. Un plongeon rapide, l’une des lames parties vers son poitrail qu’elle protégea immédiatement. Mais je tournai dans les airs, repliant mes ailes pour me fondre jusqu’à l’un de ses flancs.

Dans le mile.

Un cri effroyable retentit dans la forêt. Tous se figèrent. La bête se tordait de douleur à présent.

Je repris très vite de l’altitude, évitant ses queues affolées qui cherchaient à me percuter.

Je l’avais énervée. Hum… Un cœur en moins en même temps. Il n’en restait plus que deux. Mais la même technique ne marcherait pas une seconde fois.

Je n’eus pas le temps de réfléchir plus longtemps. Ses yeux rouge sang se levèrent vers moi avec rage. Alors, son cri strident fut accompagné d’un grondement sourd que je reconnu. Je partis très vite, zigzaguant à présent à travers les nuages chargés de tonnerre.

Une bête de foudre ? Sérieusement ? Pas étonnant que personne n’avait encore réussi à la tuer…

Mais une idée me fit sourire. Cet orage. C’était sa magie ? Donc la foudre était magique. Je pouvais m’en servir. Je chargeai mon bouclier puis, volontairement, me laissai toucher.

Oui ! C’était tellement plaisant ! L’éclaire me traversa sans vraiment m'atteindre, chargeant mon corps en totalité. Tellement d’énergie ! Un peu trop. Alors je fonçai très vite, me laissant retomber vers mon ennemie. Elle ne me vit pas arriver. J’eus à peine fait apparaître une lance que le métal empreint de magie transperça sa chaire sans effort. Un cri plus rauque encore retentit, mais il se changea bien vite pour une plainte aigue.

Je me posai un instant au sol et souris très vite en la voyant reculer. Plus qu’un et elle serait morte.

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