Mardi 4 juin / 9

4 minutes de lecture

Julie

J’éteins la lumière de la cuisine et m’approche de Tim, allongé sur le canapé, les yeux rivés sur son téléphone, la télévision en bruit de fond.

— Tu travailles encore ?

— Non, je regardais quelques vidéos.

— Si Tiphaine te voit, elle ne comprendra pas. Tu lui interdis les petits écrans le soir.

— Je ne vais pas me coucher tout de suite et je suis adulte. Je n’ai pas à suivre les mêmes règles. Mais tu as raison, acquiesce-t-il en éteignant son smartphone et le posant sur la table basse.

Je prends un livre et m’installe dans le fauteuil près de mon mari, allume la lampe proche du siège et commence ma lecture pour la librairie. Mais je n’arrive pas à entrer dans l’histoire. L’auteur me semble un peu brouillon, à moins que cela ne soit le fait que Tim change de programme toutes les trente secondes, apparemment insatisfait des propositions du soir.

— Au fait, demain, je peux prendre ta voiture ?

— Oui, je n’en ai pas besoin.

— J’ai dit au garagiste de t’appeler quand la mienne sera prête.

— Et tu veux que j’aille la chercher ?

— Oui. Ma journée est bookée je n’aurai pas cinq minutes. Tu as le temps toi.

Le garage se trouve dans une zone industrielle avec peu de transports en commun. Comment je vais m’y rendre sans véhicule ? En vélo ? Jamais il ne rentrera dans le coffre de la berline de Tim. Je demanderai plutôt à une voisine. J’espère que je serai rentrée pour préparer le repas.

Je cherche la dernière phrase lue lorsque Tim m’interrompt à nouveau :

— Il est sympa, n’est-ce pas ?

Je tourne la tête en direction de l’écran ne sachant pas de qui il me parle.

— Manu. Mon collègue. Sympa et très imaginatif. J’adore sa manière de concevoir les projets. J’ai même parfois l’impression qu’on se comprend en un regard. On est vraiment sur la même longueur d'onde.

Sans pouvoir le contrôler, mes joues rosissent et mon cœur palpite. Et si Manu en avait aussi parlé à Tim ? Non… il me l’aurait dit.

— Oui… très.

— Par contre Charlotte…

— Quoi ? Qu’est-ce que tu reproches à sa femme ? demandé-je précipitamment.

— Elle est un peu provocante, non ? Sa tenue dimanche…

— Je n’ai pas remarqué, mentis-je.

C’est vrai que son maillot de bain était très échancré, mais j’ai trouvé ça joli et pas du tout mal placé. Je n’oserai pas en porter un identique, mais elle n’a pas ma silhouette et semble parfaitement assumer ses formes. Et son âge.

— Les fesses à l’air ? Tu n’as pas vu ? s’étonne Tim.

— Si… peut-être… un peu. Mais on était entre nous.

— Justement… c’était la première fois qu’elle venait chez nous. Elle aurait pu mettre une jupe ou un short.

— Tim… tu exagères. Ils venaient pour se baigner et elle a mis un maillot… Je ne vois pas ce que tu lui reproches.

— C’était une ficelle, pas un bikini. Quel exemple pour les enfants. Mais ce n’est pas vraiment étonnant, en fait.

— Pourquoi tu dis ça ?

— Manu m’a fait comprendre qu’elle était… très demandeuse.

Je plisse le front, ne saisissant pas le fond de sa pensée.

— Très chaude, si tu préfères.

Je repique un fard, mes joues me brûlent, ma gorge se serre et mon cœur s’accélère. Moi aussi cet après-midi je me suis sentie… très chaude, dans les bras de Manu. Il faut que je chasse cette pensée de mon esprit, que j’oublie cette parenthèse… la deuxième du genre. Il faut que je retrouve ma tranquillité… et surtout que j’arrête mes bêtises.

— J’ai du mal avec ce livre… Tu viens au lit ?

Il regarde sa montre puis claque sa langue contre son palais en disant que je suis vraiment pire qu’une poule.

— On ne se couche presque jamais en même temps, rechigné-je.

— Tu peux rester… mais moi, je n’ai pas sommeil. Si je monte maintenant, je n’arriverai pas à dormir.

Je l'observe fixement… attendant que dans sa tête ça fasse tilt, mais rien n'arrive.

— Et tu vas continuer à zapper ?

— Je vais bien finir par trouver un truc moins con que les autres à regarder.

— Et si… tu venais me faire un massage ? J’ai la nuque nouée et…

— Et après c’est moi qui aurai mal au dos. Notre lit n’est pas fait pour ça.

J’attends quelques secondes, cherchant une phrase, un mot pour montrer à mon mari que je ne pense pas vraiment à un massage et que j’aimerais juste me blottir dans ses bras pour m’endormir… Enfin non, j’aimerais un peu plus que juste me coller contre lui, mais je n’arrive pas à dire ces mots. D’habitude c’est lui qui propose… qui me caresse, me chatouille, m’embrasse, se love contre moi… Mais c’est vrai que depuis… depuis quand en fait ? Je réfléchis…

Je pose le roman sur la table et m’approche de Tim, l'embrasse sur ses lèvres en insistant légèrement et en murmurant :

— Ça fait longtemps que…

— Oui, tu as raison, acquiesce-t-il. Va te préparer, j’arrive.

Je souris, me redresse, lui tourne le dos et reçois une petite claque sur le cul. J’aime pas trop ce geste, sans vraiment savoir pourquoi. Ce n’est ni doux, ni violent, ni une caresse, ni une véritable fessée, juste un truc entre les deux… mais je ne dis rien. Ce n’est pas le moment de lancer le débat. Je vérifie les portes et fenêtres puis monte à l’étage en murmurant :

— À tout de suite.

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thalina4
- Je suis un paradoxe ambulant, rétorqua Daisy.

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Etudiante en droit et fashionista dans l'âme, Daisy Nod, vingt-ans est une bourgeoise au tempérament bien trempé des beaux quartiers de Manhattan.

Issue de parents très conservateurs et un brin snob, ses relations sont conflictuelles avec ses derniers qui peinent à ce qu’elle se conforme au moule de la petite fille parfaite.

Quand elle rencontre Matt Keller, la pop star internationale aux multiples conquêtes, elle ne s’attendait pas à cette collision amoureuse ni au tourbillon dans lequel il allait la transporter. Leur attraction est immédiate. Leur amour rapide. Peut-être même un peu trop.

Mais leur idylle ne sera pas de tout repos.
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XiscaLB
On dit "jamais deux sans trois", ça vaut aussi pour nos récits ;)
Bienvenue à vous sur ce nouveau 4 mains !
Lecossais et moi vous souhaitons une bonne lecture !
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Rien ne les destinait à se rencontrer.
Militaire de carrière, Julia est caractérielle, indépendante et prête à tout pour se faire respecter.
Responsable Financier d’une ONG, Arthur est rêveur, utopiste et déteste tout ce qui porte une arme ou un treillis.
Le destin les réunit sur le terrain, au milieu des bombes et des réfugiés. La guerre fait rage en Silvanie et ils vont devoir travailler ensemble, mettre de côté leurs différences. Leur objectif commun : sauver le plus de réfugiés possible et leur offrir un espace où vivre et survivre en attendant la fin de la guerre. Et c’est sans doute le seul point sur lequel ils s’entendent.
Malgré une rencontre mouvementée et un contact électrique, il l’énerve autant qu’il l’attire, elle l’agace autant qu’elle l’hypnotise. Elle résiste à tout prix, quand lui ne veut qu’une chose : qu’elle craque.
Tous deux sont bien loin de se douter qu'au-delà de leur attirance mutuelle se joue bien plus. C’est le sort du pays tout entier qui est en jeu, c’est l’avenir de la Silvanie que leurs actions vont influencer. Leur relation survivra-t-elle à tant de pression ?
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