Mardi 4 juin /2

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Charlotte

— Pas une machine ! m'exclamé-je tremblante. Ce sont ses mots… Même s’il n’accepte pas toujours, jamais Manu n’avait dit ça. C’est insultant, Docteur.

— Revenons aux faits, Charlotte. Quand aviez-vous fait l’amour la dernière fois ?

— Euh… cette nuit.

— Et quand a-t-il refusé ?

— Ce matin… avant de partir travailler.

Le Doc relève son attention sur moi, un sourcil arqué plus qu’habituellement. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui je lui trouve un petit air de George Clooney. Peut-être ces cheveux gris, ou son regard sombre… La première fois, j'avais vu une ressemblance avec Michel Blanc dans les Bronzés… Charlotte, tu délires !

Je m’oblige à préciser :

— Parfois juste une caresse ça me suffit, mais ces jours…

— Charlotte… Qu’y a-t-il de changé ?

— Je m’ennuie. Et quand je m’ennuie… j’ai envie de baiser.

— Vous m’avez parlé de vos sexe-friends. Les voyez-vous encore ?

— J’ai couché avec Allan la semaine dernière, mais j’en ai aucun dans la région et ici… c’est pas comme à Lausanne.

— Je ne vais pas mentionner la normalité, Charlotte, pas avec vous et la normalité, vous savez ce que j’en pense, mais pour que je puisse bien comprendre, que je puisse vous aider au mieux, donnez-moi un ordre de grandeur sur le nombre de vos ébats sexuels avec votre mari durant la semaine dernière.

Pioufff. Il est fou lui, s’il croit que je tiens les comptes.

Réfléchissons. Il y a eu dimanche soir après le pique-nique, au milieu du salon, heureusement les enfants ne se sont pas réveillés. On les avait un peu oubliés dans le feu de l’action. Le lendemain matin rien que pour moi, il était déjà vêtu et ne voulait pas être en retard. Puis rien jusqu’à ma parenthèse sexe à Lausanne. Le soir même, j’avais raconté mon escapade à mon homme et comme à chaque fois, son égo de mâle reprenait le dessus.

Je me frotte les doigts sur les cuisses en me disant que j’étais vraiment en compote ce soir-là… Après être passée entre les mains d’Allan puis l’ardeur de Manu, mais quel bonheur. Nous avions fini la semaine sur un rythme plus fort, avec le jeudi férié, ascension oblige et les enfants chez ma belle-mère jusqu’au samedi soir. Ils n’avaient pas râlé, trop heureux de revoir leurs anciens copains à Nyon.

Grasse mat', sexe, petit déjeuner à poil à la cuisine avec des caresses toutes sauf sages, siestes crapuleuses, on a même inauguré la terrasse. Après le retour des enfants c'était devenu plus calme, mais le dimanche matin j’avais réclamé un câlin avant d’aller chez les Chablot. Le soir, les préliminaires sur notre lit, la pommade, le caramel et la glace… mon acte avorté… OK j’avais joui puis m’étais endormie et le lendemain au réveil, Manu avait été tout chaud, presque autant que moi, mais depuis… plus rien.

— Je pense que la semaine dernière environ quinze fois, grâce aux jours fériés et à l’absence des enfants, le samedi trois, le dimanche matin et soir… ça doit faire vingt fois docteur, annoncé-je mi-fière, mi-confuse, ne sachant pas trop si pour le commun des mortels ce chiffre est exagéré ou au contraire normal.

Je l’observe rédiger une note sur son bloc avant de poursuivre :

— Mais le problème c’est qu’en début de semaine… enfin hier et aujourd’hui rien, docteur. Mais quand je dis rien, c’est rien. Même pas une caresse, un doigt ou une léchouilles.

— Et combien d'orgasmes seule sans que votre mari ne participe ?

— Je sais pas trop… trois ou quatre… pas aujourd’hui, hein. Il est encore un peu tôt.

— Trois ou quatre orgasmes quotidiens ?

J’acquiesce. En voyant sa mine, je comprends que c’est hors norme. Zut, j’aurais peut-être dû mentir. Je vais encore une fois me retrouver avec des médicaments qui m’assomment et que je refuserai de prendre alors que Manu m’y forcera.

— Je veux pas de vos pilules Doc’, vous le savez.

— Je n’allais pas vous en proposer, Charlotte. Votre point de vue les concernant, je l’ai bien compris et je ne vous en prescrirai pas sauf si vous me le demandez.

Bon c’est déjà ça.

— Mais avez-vous testé les médecines alternatives ?

— Comme les massages ou les aiguilles ?

— Ou les plantes ?

— Les tisanes ne fonctionnent pas. Pour le reste… je vois pas comment des mains qui me caressent le corps peuvent atténuer mes envies de sexe. J’exagère, Doc ? C’est pour ça que Manu m’a rembarrée ce matin ?

— Pour avoir cette réponse, il faudra le lui demander. Je ne peux pas parler en son nom. Mais je connais peu de couples qui font l’amour aussi souvent. Sauf en début de relation. Mais après 15 ans…

— 20 ans, rectifié-je. Et pourquoi ça devrait changer ? On s’aime, on se désire… Je comprends pas pourquoi…

— Le quotidien, Charlotte. Les enfants, les habitudes. Je ne dis pas qu’il faut arrêter, ou vous contenter de moins, c’est fabuleux de s’aimer et de se le montrer de cette manière, mais comprenez bien que Manu n’est pas comme vous, et même si les hommes ont la réputation d’aimer le sexe, tenir ce rythme est épuisant.

— Et… euh…

La pilule bleue ça pourrait nous aider ? Non, je ne vais pas lui demander ça, je sens que c’est pas le moment.

— Pour vous, Doc, ça serait quoi une moyenne acceptable ?

— Il faut en discuter avec votre mari. Pour certains, une fois par semaine est suffisante, et pour d’autres…

— Vous plaisantez ? Une fois ? Autant entrer dans un couvent ! Une malheureuse fois ! Doc’ sérieusement.

— Parlez-en avec Emmanuel et si vous le désirez, venez avec lui lors du prochain rendez-vous et nous tenterons de trouver un compromis.

— Une fois ! répété-je abasourdie.

— Revenons à vous, Charlotte. Utilisez-vous toujours des accessoires ?

Encore choquée par sa dernière annonce, je cligne plusieurs fois des yeux comme pour me réveiller.

Mes jouets… oh oui, parlons des joujoux. Certains sont vraiment fabuleux, d’autres au contraire… bof.

Annotations

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thalina4
- Je suis un paradoxe ambulant, rétorqua Daisy.

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Etudiante en droit et fashionista dans l'âme, Daisy Nod, vingt-ans est une bourgeoise au tempérament bien trempé des beaux quartiers de Manhattan.

Issue de parents très conservateurs et un brin snob, ses relations sont conflictuelles avec ses derniers qui peinent à ce qu’elle se conforme au moule de la petite fille parfaite.

Quand elle rencontre Matt Keller, la pop star internationale aux multiples conquêtes, elle ne s’attendait pas à cette collision amoureuse ni au tourbillon dans lequel il allait la transporter. Leur attraction est immédiate. Leur amour rapide. Peut-être même un peu trop.

Mais leur idylle ne sera pas de tout repos.
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XiscaLB
On dit "jamais deux sans trois", ça vaut aussi pour nos récits ;)
Bienvenue à vous sur ce nouveau 4 mains !
Lecossais et moi vous souhaitons une bonne lecture !
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Rien ne les destinait à se rencontrer.
Militaire de carrière, Julia est caractérielle, indépendante et prête à tout pour se faire respecter.
Responsable Financier d’une ONG, Arthur est rêveur, utopiste et déteste tout ce qui porte une arme ou un treillis.
Le destin les réunit sur le terrain, au milieu des bombes et des réfugiés. La guerre fait rage en Silvanie et ils vont devoir travailler ensemble, mettre de côté leurs différences. Leur objectif commun : sauver le plus de réfugiés possible et leur offrir un espace où vivre et survivre en attendant la fin de la guerre. Et c’est sans doute le seul point sur lequel ils s’entendent.
Malgré une rencontre mouvementée et un contact électrique, il l’énerve autant qu’il l’attire, elle l’agace autant qu’elle l’hypnotise. Elle résiste à tout prix, quand lui ne veut qu’une chose : qu’elle craque.
Tous deux sont bien loin de se douter qu'au-delà de leur attirance mutuelle se joue bien plus. C’est le sort du pays tout entier qui est en jeu, c’est l’avenir de la Silvanie que leurs actions vont influencer. Leur relation survivra-t-elle à tant de pression ?
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Lina2402
Réponse à Feuille blanche

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