Dimanche 2 juin

5 minutes de lecture

Julie

— Reste au lit, dis que tu as vomi toute la nuit… Ils ne viendront pas, tout le monde a horreur des gastros ! propose mon amie au téléphone.

— Ça ne ferait que repousser le problème. Tim l’apprécie beaucoup, il finira par le réinviter. Non… Autant régler ça le plus vite possible. Déjà ma fuite l’autre jour n’était pas très… adulte ! Je te laisse, je file sous la douche avant de m’attaquer à la cuisine ! A mardi, Christine, dis-je en raccrochant.

La journée s’annonce très chaude, la tenue légère est obligatoire. Tim s’occupe déjà de la piscine et des transats. Je sens qu’il ne va pas tarder à réclamer mon aide pour sortir les coussins et installer l’apéritif près de l’eau. Il adore son petit coin tranquille à l’ombre du chêne. Je me dépêche de me laver, tout en me disant que ce soir, je devrai recommencer, pour retirer la crème solaire et le chlore.

J’enfile mon bikini noir, c’est mon préféré, celui que je garde pour les vacances et pour les dimanches avec nos amis. Je sais qu’en toutes circonstances, il ne bouge pas de sa place initiale. Il a une coupe parfaite et son confort me rassure. Par-dessus, j’enfile une petite robe à fleurs. Je dépose déjà de la lotion sur mes bras, mon visage, mon cou et mes jambes. Pour le reste, je le ferai le moment venu, si je suis suffisamment à l’aise pour me déshabiller.

À peine ai-je commencé à éplucher les légumes que Tim débarque dans la cuisine me disant que la table est toute sale et que les chaises méritent un sacré coup de patte.

— Prend le seau et demande à Tristan de les gicler avec le jet. Il faut que je finisse l’apéritif. Je viendrai t’aider après, dis-je en regardant l’heure.

Soudain, je panique… Dans une heure… un peu moins d’une heure, même… Emmanuel sera là. Chez moi, dans ma maison. Tant que je n’y pense pas, j’arrive à oublier les détails de notre fameuse rencontre, mais dès que mon esprit replonge… mes mains se mettent à trembler et cette fois, Tim s’en aperçoit !

— Toi, tu n’as encore rien mangé ce matin ! Avale un croissant… pour une fois que je suis allé en chercher.

Ça n’a rien à avoir avec ça… mais je ne peux pas le lui dire ! Je croque à pleines dents tout en continuant d’éplucher mes carottes. Tim m’agace à chercher dans tous les placards de la cuisine de quoi rendre propre notre mobilier de jardin, alors que je lui dis depuis cinq minutes d’aller regarder dans le garage. Il soupire fortement. Eh oui, les affaires pour le jardin se trouvent dans le garage, comme la tondeuse ou les râteaux. Je ne vais pas utiliser les mêmes torchons pour la vaisselle que pour nettoyer les chaises d’extérieures !

— Ça ne sert à rien d’avoir un apéro à déguster, si on a aucune chaise de propre, s’exclame-t-il. Tu aurais pu t’en occuper cette semaine !

Je lâche tout dans l’évier dans un geste brusque et le précède sur la terrasse après être passée au garage prendre le matériel nécessaire. Je m’occupe de mettre la bonne dose de produit dans le seau pour éviter que cela mousse trop. Tim se charge d’apporter le tout, alors que je le suis avec les éponges. Une fois près de la petite table, il me regarde d’un air de dire : « puisque tu es là, ma chérie… tu veux bien t’en occuper ? » Et finalement pourquoi pas ? Si l’apéro n’est pas prêt… J’aurai au moins une excuse pour rester loin de… d’eux.

Je commence par la table, puis frotte les chaises une à une, alors que Tristan se fait un malin plaisir de gicler les dossiers sans m’épargner. Je m’exclame que c’est froid, mais devant son sourire malicieux, je comprends qu’il l’a fait exprès.

— Tu n’aimes pas ma robe ? C’est pour ça que tu la mouilles ? Pour que je sois obligée d’en changer ? dis-je en riant.

— J’aime mieux la rouge, c’est vrai, rit-il.

Alors que mon fils m’asperge entièrement, et que je m’élance à sa poursuite, j’entends Tim me crier :

— Chérie… Les Roucal sont arrivés !

Je cesse de courir, rassemble le tuyau laissé à l’abandon par Tristan qui se cache derrière un massif de fleurs, ferme le robinet et m’approche de nos invités. Mince… Je suis toute mouillée. Il faut même que je me change. Je souris, tente de paraître aussi détendue que je l’étais il y a à peine cinq minutes.

— Décidément, je vous salue toujours les mains humides, dis-je en riant nerveusement.

Manu me sourit malicieusement en m’embrassant les joues avant d’ajouter :

— Cette fois, il n’y a pas que les mains.

De suite son contact me réchauffe et je me crispe. Charlotte me fait aussi la bise, pendant que je salue de loin leurs deux enfants qui sont déjà près de la piscine, en compagnie de Tiphaine, Tristan et de Théo. Alors que Tim me demande d’aller me changer, je m’excuse maladroitement.

— J’ai mis une bouteille de vin au frais. Tim, tu t’en occupes ? Les verres sont sur le buffet.

— Oui… oui, je fais visiter d’abord.

Je retire ma robe d’un geste rapide dès les premiers pas sur le carrelage de peur qu’elle ne goutte et que le sol devienne glissant et monte à l’étage. Depuis la fenêtre de notre chambre, je les observe. Charlotte s’extasie dans chaque recoin de la propriété, alors que Manu parait moins enthousiaste. Il sourit, sans réellement participer. Il se retourne une fois, puis deux en regardant la maison, lorsque soudain, il relève son visage et me fixe intensément. Je rougis d’avoir été surprise à l’observer à la dérobée. Je recule immédiatement. Mais trop tard… il m’a vue !

J’enfile rapidement la robe proposée par Tristan, même si je la trouve un peu trop sophistiquée pour un après-midi au bord de la piscine. En même temps, c’est la première fois que nous recevons les Roucal, je peux bien faire un petit effort. J’attrape une pince, enroule mes longs cheveux humides en un chignon négligé avant de redescendre dans la cuisine.

Ils ont contourné la maison et j’entends des voix provenir du garage. Je m’active pour terminer d’éplucher les légumes et enfourne rapidement mes mini-quiches aux légumes que j’avais heureusement préparé la veille. Encore quelques tranches de baguettes que je toaste avant de les tartiner de tapenade à la tomate et aux olives. Je dépose mes grandes assiettes parfaitement dressées sur la table de la cuisine, sors un plateau et y place cinq verres à limonades, deux bouteilles de soda, ainsi que quatre verres à vin, un grand bol de popcorn salé pour les enfants et la sauce pour les dips de légumes.

Annotations

Recommandations

thalina4
- Je suis un paradoxe ambulant, rétorqua Daisy.

- J’avais remarqué. Le jour où tu as parlé de Coco Chanel et de Sun Zu dans un même sujet, j’ai été bluffé. Encore plus en remarquant que ta playlist va d’Ariana Grande à Metallica en passant par Aerosmith, répondit Matt.

- Comme le disait en effet cette grande dame que je respecte tant, Coco Chanel : « pour être irremplaçable, il faut être différente » ajouta-t-elle.

- Ça tu l’es, ma belle. Et c’est cela qui fait ton charme.


Etudiante en droit et fashionista dans l'âme, Daisy Nod, vingt-ans est une bourgeoise au tempérament bien trempé des beaux quartiers de Manhattan.

Issue de parents très conservateurs et un brin snob, ses relations sont conflictuelles avec ses derniers qui peinent à ce qu’elle se conforme au moule de la petite fille parfaite.

Quand elle rencontre Matt Keller, la pop star internationale aux multiples conquêtes, elle ne s’attendait pas à cette collision amoureuse ni au tourbillon dans lequel il allait la transporter. Leur attraction est immédiate. Leur amour rapide. Peut-être même un peu trop.

Mais leur idylle ne sera pas de tout repos.
236
341
858
183
XiscaLB
On dit "jamais deux sans trois", ça vaut aussi pour nos récits ;)
Bienvenue à vous sur ce nouveau 4 mains !
Lecossais et moi vous souhaitons une bonne lecture !
_______________________________

Rien ne les destinait à se rencontrer.
Militaire de carrière, Julia est caractérielle, indépendante et prête à tout pour se faire respecter.
Responsable Financier d’une ONG, Arthur est rêveur, utopiste et déteste tout ce qui porte une arme ou un treillis.
Le destin les réunit sur le terrain, au milieu des bombes et des réfugiés. La guerre fait rage en Silvanie et ils vont devoir travailler ensemble, mettre de côté leurs différences. Leur objectif commun : sauver le plus de réfugiés possible et leur offrir un espace où vivre et survivre en attendant la fin de la guerre. Et c’est sans doute le seul point sur lequel ils s’entendent.
Malgré une rencontre mouvementée et un contact électrique, il l’énerve autant qu’il l’attire, elle l’agace autant qu’elle l’hypnotise. Elle résiste à tout prix, quand lui ne veut qu’une chose : qu’elle craque.
Tous deux sont bien loin de se douter qu'au-delà de leur attirance mutuelle se joue bien plus. C’est le sort du pays tout entier qui est en jeu, c’est l’avenir de la Silvanie que leurs actions vont influencer. Leur relation survivra-t-elle à tant de pression ?
241
379
27
119
Défi
Lina2402
Réponse à Feuille blanche

Défi lancé par ⠨⠏⠁⠞⠭⠁⠗⠁⠝ [pat.ʃa.ʁan] ꜽꜿꝘꝍꜽꝕ
82
219
19
18

Vous aimez lire Méline Darsck ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0